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notes culturelles

La ballade pour Aurian

Publié le par Alexandre Anizy

 

La ballade pour Aurian

 

Comme une réminiscence d’un grand mangaka.   

 

 

Dans l’enfance, autant que je me souvienne,

Il courait, fonçait, et sans crier gare,

Au milieu de la foule parisienne,

Escaladait le piton des Cathares

Et dévalait les couloirs savoyards,

Crawlait plaisamment dans le grand bassin

Tout en respectant la règle standard :

Maintenir son cap, choyer le chemin.

 

En héritage de sa jeune mère,

La patience nimbait ses constructions

De mystère dans le salon du père,

Qui coiffait ses travaux de discrétion,

Arpenteur quêtant la belle expression

Comme Issa invente son tableautin

(Grenouille sur nuphar en production) :

Maintenir son cap, choyer le chemin.

 

C’est plus tard qu’il trouva sa vocation

En mettant de côté les fantaisies :

Destinée simple et sans ostentation.

Comme celle d’un zazou apprenti

Qui, après avoir bien croqué les nuits,  

A planché en hiver sur ses dessins

Pour que s’épanouisse le génie :

Maintenir son cap, choyer le chemin.

 

 

Quel que soit le but, quels que soient les gestes,

Pour la Vie heureuse dans un écrin,  

Le secret est l’Harmonie manifeste :

Maintenir son cap, choyer le chemin.

 

 

Alexandre Anizy

(Extrait du recueil matriciel UNITERRIEN à paraître)

 

Consentir d'Andrée Chedid et en plus Jean Dehénault

Publié le par Alexandre Anizy

En exergue, nous mettons un quatrain de Jean Dehénault (1611 ? – 1682).

 

« Tout meurt en nous quand nous mourons

La mort ne laisse rien, et n’est rien elle-même ;

Du peu de temps que nous durons

Ce n’est que le moment extrême. »

 

 

Consentir

 

Derrière l'horizon

Tout au revers de soi

Nul obstacle

N'interrompt le regard

 

Tout s'accomplit

Tout s'accorde

Quand mort et vie

S'abordent.

 

Andrée Chedid

(Rythmes, poésie-Gallimard)

 

 

Pauvre comme Jakub Zulczyk

Publié le par Alexandre Anizy

Polardeux s’abstenir.

 

Eblouis par la nuit (Payot & Rivages, 2021), c’est le titre français d’un polar de Jakub Zulczyk, qui ne nous a pas éblouis.

 

Alexandre Anizy

 

Cemetery Road de Greg Iles

Publié le par Alexandre Anizy

Beaucoup de travail et du talent pour arriver à ce cimetière !

 

Greg Iles, c’est du lourd, ce qui n’est pas son style.  

« Je n’ai jamais eu l’intention de tuer mon frère. Je n’ai jamais voulu détester mon père. Je n’ai jamais imaginé que j’enterrerais mon fils. Pas plus que je n’aurais pu envisager de trahir l’ami d’enfance qui m’a sauvé la vie, ou remporter le Pulitzer pour avoir raconté un mensonge. » (Cemetery Road, Actes Sud, 2021)

            La suite est à la hauteur de l’incipit et de l’entame.   

 

Alexandre Anizy

L’œuvre de l’architecte Nicolas Kazis à Baccarat

Publié le par Alexandre Anizy

            C’est la force de l’église Saint-Rémy (1957), classée aux Monuments historiques depuis 2013. 

 

            Structure en béton armé, charpente en bois à caissons, vitraux d’artistes réalisés par la Cristallerie de Baccarat à motifs abstraits ou stylisés comme ceux des 12 apôtres : la simplicité majestueuse invite à l’élévation des cœurs.  

 

Alexandre Anizy

Les Antilles en révolte

Publié le par Alexandre Anizy

Demi-France

Honte à vous !   

 

Dans les bananeraies caraïbes…

Le chlordécone, dont des salauds

Ont prolongé l’utilisation

(Un neurotoxique qui imbibe

Les sols, bétail, légumes, ruisseaux),

Contamina la population.

 

            Douce France

            En souffrance.

 

Dans l’alimentation des Dom-Tom…

Si une loi interdit l’ajout

De sucre dans les fabrications,

Des analyses d’Etat dégomment

Les industriels qui la bafouent :

Sur-obésité en diffusion.

 

            Douce France

            En souffrance.

 

Alexandre Anizy

(extrait d'un recueil en préparation)

En 1918, les généraux restèrent en Allemagne

Publié le par Alexandre Anizy

            Pour comprendre l’Allemagne.

 

En 1932, Theodor Pliever publia un roman-documentaire titré L’empereur partit, les généraux restèrent, que les éditions Plein Chant ont la bonne idée de sortir en 2021.  

            Pour entraver les malheurs du XXe siècle, ce livre est un commencement, auquel nous ajoutons l’essai de Sebastian Haffner : Allemagne, 1918 : la révolution trahie (Agone, 2018, en livrel).

 

Alexandre Anizy

Rimbaud

Publié le par Alexandre Anizy

Fugues et fronts rimbaldiens.

 

Partir ou périr,

            Mais sans gauchir l'Idéal ―

Zist zest absolu.

 

Alexandre Anizy

(Extrait d’un recueil en préparation)

 

La réparation de Slobodan Šnajder

Publié le par Alexandre Anizy

            Heureux ceux qui découvriront ce livre !

 

            Il s’agit du roman La réparation du monde (éditions Liana Levi, 2021) de Slobodan Šnajder, un intellectuel croate qui a forcément lu le chef-d’œuvre Migrations du serbe Milos Crnjanski (lire ici ), et qui a écrit une épopée différente à commencer par le style, moins doux mais plus drôle et sarcastique.

 

Donnons quelques exemples.

« Un ami de son père lui disait : si nous autres Allemands n’y introduisons pas de l’ordre, ces tribus balkaniques finiront par s’égorger jusqu’à la dernière. Les Allemands à présent sont là, se dit Georg, et pourtant rien n’a changé sur ce plan. » (p.103 de 571)

            « Un soldat qui en pleine guerre veut être un civil est un cas exemplaire de somnambulisme. » (p.242 de 571)

            « Partout dans le monde les jeunes sont semblables, plus semblables que les vieillards qui, écrasés par la vie, la portent sur leur visage comme une empreinte, un spasme ou un tic. Partout dans le monde les jeunes sont une feuille de papier vierge. Il se peut que tout soit lié au joueur de flûte bariolé de Hamelin, que la jeunesse suivra toujours, vers le bien comme vers le mal… Elle partira telle une colonne de rats pour se noyer dans le premier torrent venu si ce n’est dans la Méditerranée comme dans la croisade des enfants. La jeunesse suit son pasteur, le joueur de flûte aux vêtements multicolores, mais la différence entre le bien et le mal est si honteusement étroite que rien n’est impossible. Pourquoi le costume de ce flûtiste est-il multicolore ? Parce qu’il est fait de tous les drapeaux au nom desquels on a tué en ce monde. » (p.465 de 571)

 

            Plutôt que le dernier viol (pardon : livre) de Christine Angot, lisez le chef-d’œuvre de Slobodan Šnajder.

 

Alexandre Anizy

 

Alikavazovic sur le chemin de la guérison

Publié le par Alexandre Anizy

Grâce à une collection, Jakuta Alikavazovic est sur une bonne voie.

 

Comme nous avions dit le talent en germe de Jakuta Alikavazovic (lire ici ), de même que ses errements tout compte fait scolaires nous avaient consternés (lire ici ), comme ses élucubrations sur la littérature transnationale (lire ici ), nous écrivons aujourd’hui que son dernier opus paraît prometteur : Comme un ciel en nous (Stock, collection Ma nuit au musée, 2021). Pourquoi ? Elle a mûri…

 

« Vous savez que vos tours et détours n’ont été qu’une spirale qui a fini par vous ramener ici, au centre de votre enfance ou au centre de vous-même. » (p.48 de 77)

« On s’efforce de grandir, de se détacher, d’exister en propre. L’ironie, il me semble, tient au fait que c’est justement cet effort-là qui finit de faire de moi la fille de mon père. Je ne lui ressemble jamais plus que lorsque je m’éloigne, lorsque je l’abandonne.» (p.72 de 77)

Oui, c’est un paradoxe ironique : plus les enfants s’efforcent de fuir leurs parents, plus ils sont sur le chemin de la ressemblance.

 

Il semble qu’Alikavazovic en ait fini avec le rejet de sa propre histoire (son amour de l’anglais  ̶  c’est son gagne-pain, alors pas de crachat  ̶  est-il proportionnel au dégoût du serbo-croate ?). Il est donc possible qu’elle soit prête pour son chef-d’œuvre. Sur la noirceur humaine, par exemple.

« La délation, cet art français [le dénigrement de soi… Jakuta ne l’a pas encore totalement laissé aux étrangers, mais elle se soigne puisqu‘elle l’a compris pour les Yougos…], il en parlait avec la légèreté que l’on réserve aux temps primitifs ; comme si rien n’en subsistait. Mais moins de dix ans plus tard, dans les années 1990, durant la guerre en ex-Yougoslavie, durant le siège de Sarajevo, c’est la porte de ma tante qui sera marquée à la craie par les voisins fuyant la ville. En précipitation, quoique prenant le temps de signaler pour l’armée en route la population à supprimer. (…) elle me dit Tu te rends compte ? Pendant quinze ans nous sommes partis avec eux en vacances. » (p.36 de 77)  

         

Alexandre Anizy

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