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notes culturelles

2023-01-31 todos a la calle (pero sin piedras)

Publié le par Alexandre Anizy

            Mardi 31 janvier 2023, tous dans la rue contre le projet de loi scélérate sur les retraites.

 

Séparés, tous nous sommes peu… mais regroupés, tous nous pouvons servir à quelque chose, former le début d’un autre chemin… C’est en partie l’esprit du poème du poète espagnol León Felipe en 1920, que Paco Ibañez a remarquablement chanté.

Ecoutez-le ici .  

 

Como tú                                                                Comme toi

Así es mi vida, mi vida                                        Telle est ma vie,                 

Piedra,                                                                  Une pierre,           

Como tú ; como tú,                                               Comme toi ; comme toi,

Piedra pequeña ;                                                    Petite pierre ;   

Como tú,                                                                Comme toi,

Piedra ligera ;                                                         Pierre légère ;  

Como tú,                                                                 Comme toi,

Canto que ruedas                                                    Caillou qui roules

Por las calzadas                                                       Sur les chaussées,  

Y por las veredas ;                                                  Par les sentiers ;

Como tú,                                                                 Comme toi,

Guijarro humilde de las carreteras ;                       Humble gravier des routes ;

Como tú,                                                                 Comme toi,

Que en días de tormenta                                         Qui les jours d’orage

Te hundes                                                               T’enlises  

En el cieno de la tierra                                            Dans la boue de la terre  

Y luego                                                                    Et puis  

Centelleas                                                                 Qui étincelles

Bajo los cascos                                                         Sous les sabots  

Y bajo las ruedas ;                                                    Et sous les roues ;

Como tú, que nos ha servido                                    Comme toi, bonne à rien,

Para ser ni piedra                                                      Ni à être pierre  

De una Lonja,                                                           De Bourse de commerce,

Ni piedra de una Audiencia,                                     Pierre de Tribunal,

Ni piedra de un Palacio,                                            Pierre de Palais,

Ni piedra de una Iglesia ;                                          Pierre d’Eglise ;

Como tú,                                                                    Comme toi,

Piedra aventurera ;                                                     Pierre aventurière ;

Como tú,                                                                    Comme toi,

Que, tal vez, estas hecha                                            Qui n’es bonne peut-être

Sólo para una honda,                                                  Que pour un jet de fronde,

Piedra pequeña                                                           Pierre petite

Y                                                                                 Et

 Ligera…                                                                     Légère…

 

 

León Felipe

(Anthologie bilingue de la poésie espagnole, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, juillet 1995, p.620-21)

Hoka hey de Neyef

Publié le par Alexandre Anizy

En Angoulême, cette année, le festival de la Bande Dessinée perpétue la tradition en récompensant Riad Sattouf.

Il aurait pu se distinguer en honorant Neyef et son Hoka hey ! (label 619/Rue de Sèvre, octobre 2022), un manga se déroulant au temps de la conquête de l’Ouest : en couleurs, une histoire simple sur fond de paysages magnifiques. Original et talentueux.  

 

Alexandre Anizy  

Ethno-polar polynésien ?

Publié le par Alexandre Anizy

            Pour tester le Prêt Numérique en Bibliothèque (PNB à Paris), nous avons emprunté 2 polardeux inconnus de la maison.  

 

En lisant Rien n’est perdu (éditions Au vent des îles, 2022), un roman de métro (lire ici ) sans intérêt, l’auteur Patrice Guirao nous a laissé sur notre faim.

Mais l’ethno-polar polynésien existe-t-il ?   

 

Alexandre Anizy  

Boire aux sources de Marie-Hélène Lafon

Publié le par Alexandre Anizy

            Si la moisson n’est pas abondante, la qualité du grain est toujours excellente.

 

Terminant la lecture du nouveau roman de Marie-Hélène Lafon, Les sources (Buchet-Chastel, 2023), qui creuse encore le sillon de son enfance, exprimant cette fois-ci avec délicatesse et sans scène racoleuse les secrètes violences dégueulasses, nous ne pouvons que renouveler nos estimations précédentes (lire ici et ici ). 

            MHL est une grande écrivaine, contrairement au milliardaire propagandiste. Ecoutez le final :

« Claire s’adosse au tronc de l’érable. Elle écoute la Santoire. Elle a posé sa main droite ouverte sur le lichen roux de la façade, elle va partir, elle se souviendra de tout. Elle ne ferme pas les yeux, la lumière est douce. »

Nous le disons d’autant plus que son phrasé ne nous enthousiasme pas outre mesure. Le style colle à la terre et aux personnages qui l’habitent, mais c’est justement là l’immense talent de l’autrice.

 

Alexandre Anizy  

 

L'Albanie vue par Danü Danquigny (leçons pour la France envoûtée du bankster)

Publié le par Alexandre Anizy

            Le cadavre du dictateur Enver Hodja à peine refroidi en avril 1985, une perestroïka sans limite se mettait en branle pour le bonheur des sociopathes.

 

            Dans un polar de bonne facture, Les aigles endormis (Gallimard, Folio, 2021, livrel disponible en Prêt Numérique en Bibliothèque de Paris), Danü Danquigny raconte en toile de fond la désintégration de l’Albanie. Intéressant puisque le schéma s’est reproduit en Yougoslavie et en Russie, avec des degrés différents d’intensité violente mais la même voracité financière !  

« Celui qui jouera du pipeau plus fort que les autres, qu’il soit un imam dévoyé, un banquier en marche [c’est nous qui soulignons] ou le chantre du nationalisme nostalgique d’un jadis doré et fantasmé, celui-là trimballe toujours le troupeau d’une aliénation à l’autre sous les vivats d’une poignée d’insatiables salopards gras et avides. Ce qui est moche ici, c’est que ces fumiers, on les connaît. » (p.137/158)

 En pleine actualité française, n’est-ce pas ?

 

Alexandre Anizy  

 

Dandy bobo selon Pierre Alferi

Publié le par Alexandre Anizy

 

noir en bloc

baskets jean parka

foulard et lunettes

est l’élégance même

 

Pierre Alferi

(divers chaos, P.O.L éditeur, 2020)

 

 

Un dernier de Jim Harrison

Publié le par Alexandre Anizy

 

7

 

De coups de verres

il tua le soi

jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne

pour faire bouillir la marmite.

 

Jim Harrison

L’éclipse de la lune de Davenport. Et autres poèmes.

Table ronde, la petite vermillon, mai 2018

 

Derniers instants de Nakahara Chuya

Publié le par Alexandre Anizy

Un chouia de mélancolie au Soleil levant.


Derniers instants

Ciel d’automne si gris
Où brille la pupille d’un cheval noir
Lys fané qui n’a plus d’eau
Le cœur humain est vide

Il n’y avait pas de dieu elle n’avait pas de guide
Pour s’en aller ainsi auprès de sa fenêtre
Le ciel blanc était aveugle
Le vent blanc était froid

Elle se lavait les cheveux à la fenêtre
Que son bras était gracieux
Dans le soleil du matin qui l’inondait
Dans le bruit des gouttes qui tombaient

Dans le vacarme des rues
La confusion des cris d’enfants
Or cette âme maintenant qu’est-elle ?
Plus frêle sera-t-elle le ciel ?

Nakahara Chuya
Poèmes
(Traduction de Yves-Marie Allioux, Picquier poche, juin 2018)

 

Controverse pessoenne

Publié le par Alexandre Anizy

Cela renvoie à la question d’un manque originel.    
 

Dans Poèmes non assemblés, Fernando Pessoa écrit :

La confondante réalité des choses
Est ma découverte de tous les jours.
Chaque chose est ce qu'elle est
Et il est difficile d'expliquer à quiconque à quel point cela me réjouit,
Et à quel point cela me suffit.

Il suffit d'exister pour être complet.

    (Pessoa, Pléiade, Oeuvres poétiques)
 
Si "chaque chose est ce qu'elle est", pourquoi est-ce l'existence qui rend "complet" ? Y aurait-il un manque originel ? On peut le penser en reprenant Pessoa lui-même :

Suis-je seul ? Je ne veux pas l'être.
Entouré ? Je veux être seul.
Autrement dit, je veux toujours
Etre autrement que je ne suis.

Etre heureux, c'est être tel autre,
Et cet autre n'est pas heureux,
Car il pense au fond de lui-même,
Non au fond de qui j'ai voulu.

Nous faisons ce que nous voulons
De tout ce qui n'est rien, mais sans
Cette entreprise c'est l'échec,
Nous restons perdus sur la route.

Qu'est-ce qui nous plaît, somme toute ?

    (Pessoa, ibidem)

 

 Concernant l'espèce humaine, on peut apprécier la réponse de René Girard.

Alexandre Anizy

 

Antonio Manzini à la montagne

Publié le par Alexandre Anizy

En Italie, encore !  

 

Antonio Manzini a créé le sous-préfet Rocco Schiavone, un flic bourru et à la limite qui vit comme une déportation sa nomination en ville d’Aoste, lui le romain… Comme on y voit l’œuvre du temps et de la socialisation sur ce caractère, il est préférable de lire la série dans l’ordre : Piste noire, Froid comme la mort, Maudit printemps, 07.07.07.

 

Alexandre Anizy 

 

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