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748 articles avec notes culturelles

Pas de soleil pour Dror Mishani

Publié le par Alexandre Anizy

              Que diable fait-il dans la série ?

 

 

              Gallimard vient de publier Dror Mishani (février 2020, en livrel) : on se demande d'une part pourquoi dans la collection Noire, et d'autre part l'intérêt d'un livre laborieux, fade, incolore.

 

              Dans un pays qui finira mal comme tous les États religieux, glissant maintenant vers l'apartheid (1) après avoir érigé un mur de la honte bien avant celui de Donald Trump, l'universitaire médiacrate Mishani montre vaguement  l'exploitation des étrangers dans le système de santé israélien (l'EHPAD à domicile, pour le dire simplement). C'est mince, comme son intrigue. Alors...

 

              Une, deux, trois... poubelle !

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) « Si nous ne sommes plus démographiquement et culturellement majoritaires dans un seul Etat qui aura annexé les territoires palestiniens entre la Méditerranée et le Jourdain, oui, ce sera un Etat d'apartheid qui entraînera un cycle de violences infini. C'en sera fini des valeurs qui sont à l'origine de notre déclaration d'indépendance.» Ami Ayalon, ancien chef d'état-major de la flotte de l'Etat hébreu, ex-directeur du Shin Bet , dans le JDD du 28 juin 2020.    

La vague pessoenne (et les illusions sur Macron)

Publié le par Alexandre Anizy

            Ah, si seulement la France était au bout du rouleau de la vague pessoenne...  

 

 

Enfin je suis tranquille. Et je n'attends plus rien.

Enfin sur mon coeur vide

Est descendue l'inconscience bénie

De ne pas même désirer une illusion.

 

Fernando Pessoa

(Pléiade, Oeuvres poétiques)

 

Une relecture de Roger Vailland

Publié le par Alexandre Anizy

            C'est un livre sur une époque, mais tellement au-dessus de la mélasse actuelle. Alors respirons un peu et sortons Vailland du placard !  

 

 

            A cette relecture du roman Drôle de jeu de Roger Vailland (éditions Libella, poche Libretto, novembre 2009), toujours le plaisir et le même agacement : lire ici .

 

 

Alexandre Anizy

 

Nicol au rebut (non, pas la Belloubet)

Publié le par Alexandre Anizy

            Juste un auteur sud-africain à éviter.

 

 

            Franchement, la lecture de L'agence (Gallimard série noire, 2019) de Mike Nicol a au moins un mérite :  elle met en lumière Deon Meyer (lire ici ).  

            Echantillons :

            « Ils se retrouvent sur le parking au sommet des Tampon Towers. Conformément aux ordres. Au vu et au su de tous. En fin d'après-midi. Tout en bas. Le Cap transpire dans la fournaise et l'humidité. La chaleur émane des montagnes comme d'un haut-fourneau, par pulsations. » (incipit)

            « Un avion en provenant de Joburg atterrit. Fish reconnaît certains visages : des députés, des PDG, des hommes d'affaires. Des visages souriants. Des personnes de bonne humeur. D'humeur festive. » (p.350/428)  

            Des textes de cet acabit, Jean Esch a pu en traduire 10 par an dans sa carrière.   

 

 

Alexandre Anizy

 

Matignon : le strict superflu de Prévert

Publié le par Alexandre Anizy

            Tout ça pour un casse-tête.    

 

 

Le strict superflu

 

Un beau jour

Les hommes qui fabriquent mangeront à leur faim

Et ce qu'ils mangeront sera bon

très bon

pas bon comme la romaine

ou bon pour le service

mais simplement bon

comme le bon pain

Un beau jour

Les hommes qui fabriquent dormiront leur content

et ils auront de beaux rêves

de belles amours

et des draps blancs

et de grandes orgues de Barbarie

qui marcheront au quart de tour

et qui joueront tous les jours

les plus beaux airs du monde

et

les plus difficiles

Parce qu'un jour

les hommes qui fabriquent

connaîtront enfin la musique

 

Jacques Prévert

(Textes divers, Pléiade, Œuvres complètes, vol. II)

 

La déconfiture de Rabaté (et du bankster Macron)

Publié le par Alexandre Anizy

            Le parti des godillots du bankster Macron a pris une veste aux municipales. Logiquement, compte tenu du contexte franco-allemand actuel, le président mytholepse d'une France enfumée qui vient d'endosser l'uniforme du colonel De Gaulle de mai 1940 aurait dû revêtir celui du maréchal Pétain, un père de la déconfiture.      

 

 

            La simplicité du trait et des moyens étonne, comme le sujet abordé par Pascal Rabaté dans La déconfiture (Futuropolis, tome 1 en 2016, tome 2 en 2018), parce que concernant la défaite de mai 1940, quid novi ?

 

            En tout cas, il donne l'occasion de dire le bien que nous pensons des Enfants de la Résistance (Le Lombard, 6 tomes parus) de Benoît Ers et Vincent Dugomier : dessin soigné, scénario léché, avec en fin de chaque volume un dossier qui cadre historiquement le récit. A mettre dans toutes les mains juvéniles !

 

 

Alexandre Anizy

 

Et le conseil de Charles d'Orléans

Publié le par Alexandre Anizy

 

Rondeau 151

 

Ne sois qu'à toi

Dorénavant ;

Que le restant

T'importe peu.

 

Vois ce bas monde

Péricliter :

Ne sois qu'à toi

Dorénavant.

 

Observe, écoute

Et parle peu :

Dieu tout-puissant

Décidera.

Ne sois qu'à toi !

 

Charles d'Orléans

(En la forêt de longue attente, Poésie/Gallimard, édition bilingue de Gérard Gros, novembre 2001)

 

N'oubliez pas votre autre chose selon Prévert

Publié le par Alexandre Anizy

            Bien sûr il faut essayer de changer le monde, mais chacun sans oublier son autre chose.  

 

 

Malgré moi...

 

Embauché malgré moi dans l'usine à idées

j'ai refusé de pointer

Mobilisé de même dans l'armée des idées

j'ai déserté

Je n'ai jamais compris grand-chose

Il n'y a jamais grand-chose

ni petite chose

Il y a autre chose.

 

Autre chose

c'est ce que j'aime qui me plaît

et que je fais.

 

Jacques Prévert

(Choses et autres, Pléiade, Oeuvres complètes, vol. II) 

 

Connelly en béton

Publié le par Alexandre Anizy

            De temps en temps, il est agréable de picorer chez Michaël Connelly.   

 

 

            La vie est courte et le monde foisonnant, si bien qu'il est judicieux de ne pas suivre la production métronomique d'un stakhanoviste. Mais le dernier opus, Nuit sombre et sacrée (Calmann-Lévy, 2020, en livrel), qui rassemble Bosh et Ballard, incitait au détour. Aucune déception puisque l'auteur est un bon artisan.

 

Alexandre Anizy

 

Facétie d'André Velter

Publié le par Alexandre Anizy

            Valable pour les dieux et les maîtres en toc ?

 

 

Extrait de La vie en dansant (Poésie/Gallimard, janvier 2000)

 

 

Renaître ou ne pas renaître

C'est assez de facéties

    

Dieux de tous les pays

Oubliez-nous

 

 

André Velter

   

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