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notes culturelles

Ici de Michel Monnereau

Publié le par Alexandre Anizy

              Etat d'âme au lendemain d'un débat électoral.

Ici

 

Entre le cri des graffitis et les mots d'ordre

je vais desperado

en liberté conditionnelle

boulevard de l'insoumission civile

un meurtre dans la main gauche

un suicide dans la main droite

des enfants dans les testicules

les mains nues parmi vos armes

excisé à toutes les Afriques

une révolte toujours disponible

la tendresse rétive

entre mes bals fanés et vos balles perdues

- sans rançon acceptable. 

 

Michel Monnereau

                  (Je suis passé parmi vous, La table ronde mars 2016)

 

La dernière pellicule de Gérard Laveau

Publié le par Alexandre Anizy

            Quittez les thrillers battus en lisant Gérard Laveau !

            Régulièrement, Gérard Laveau sort un livre comme on jette une bouteille à la mer, c'est à dire sans attendre de retour. Juste pour son plaisir, et c'est ainsi qu'il fait le nôtre. En février 2017, il remet le couvert avec son détective Georges Amer dans Pellicule froide.

Une idée du style ?

            « L'homme n'avait fait qu'esquisser le geste de se lever. Il désigna l'autre siège à Georges Amer. Celui-ci obéit, contrarié par sa propre docilité. Mais incontestablement, le père des petites disparues était un meneur. Georges Amer constata qu'il avait du mal à soutenir son regard. Emacié, l'œil enfoncé sous le sourcil broussailleux et le cheveu d'un blanc spectaculaire, l'homme avait une vraie présence, et une sauvagerie évidente. Sa voix était naturellement autoritaire. » (p.59)

 

Alexandre Anizy

 

Guérilla du langage chez Anise Koltz

Publié le par Alexandre Anizy

Dans la forme, en communion intemporelle...

 

 

Avec Hugh MacDiarmid, lorsqu'il écrit (rejetons néanmoins le failli Lénine !) :

Comme la politique, la poésie doit couper

Le caquet et poursuivre des fins réelles,

Infailliblement comme Lénine : pour cela

Elle est par nature mieux faite.

 

 

            (Avec) Anise Koltz

 

Ma poésie appartient

à la guérilla du langage

 

J'aiguise chaque mot

avant de l'intégrer

dans mes poèmes

qu'il devienne pierre

que je lance

contre la société pourrie

 

Oui - je fais partie

de l'intifada

 

                        (dans Somnambule du jour, Gallimard poésie)

  

Versus le pur Chainas

Publié le par Alexandre Anizy

            Quand l'alambic d'Antoine Chainas dégorge...

            En 2008, Gallimard publiait Versus dans lequel Antoine Chainas montrait son savoir-faire : une architectonique robuste, une documentation sérieuse (les armes, la médecine), un style en adéquation avec le profil psychologique du personnage central. Mais comme tout l'édifice repose sur une maison close où on réhabilite les déviants sexuels, rien n'est crédible : ce livre serait-il un fantasme ?

            En 2014, le polar Pur (Gallimard, en poche et en livrel) fut primé : Chainas manquait de rien. Mais la structure narrative alambiquée lisse le style...

 

Alexandre Anizy

Comprendre le storytelling avec Anise Koltz

Publié le par Alexandre Anizy

 

Anise Koltz

 

Le langage travestit

la réalité

 

Les mots ne couvrent pas

les objets

 

La vérité apprise

n'est qu'une fiction du réel   

 

                        (dans Somnambule du jour, Gallimard poésie)

 

Désorienté chez Négar Djavadi

Publié le par Alexandre Anizy

            Au commencement de Désorientale perce l'ennui.

 

 

            De par sa formation et son gagne-pain (l'écriture de scénario), Négar Djavadi doit savoir prendre le client pour qu'il ne quitte pas l'écran des yeux. Mais dans son premier roman titré Désorientale (Liana Lévi, juillet 2016, livrel), elle fait la maligne avec un escalator... et finit par nous agacer en moins de 23 pages (sur 290).

            Lassitude devant le roman annuel d'une autre exilée iranienne ? 

 

Alexandre Anizy

 

La farce de Jean-Loup Trassard

Publié le par Alexandre Anizy

            Quand la vieillesse gâche le temps passé.

 

 

            Pénétrant dans son hiver, Jean-Loup Trassard a entrepris un travail personnel de mémoire : évoquer une mère dans une brève tourmente de l'histoire de France. Malheureusement dans Exodiaire (éditions Le temps qu'il fait, octobre 2015, 267 pages, 20 €), il ne parvient pas à ordonner les faits et les gestes, de sorte que le lecteur se disperse dans les strates de son récit. In fine, on butine.

 

Si Milan Kundera a mis en exergue l'insignifiance des choses de la vie,

    http://www.alexandreanizy.com/article-milan-kundera-est-un-garnement-123327669.html

Jean-Loup Trassard semble prendre l'exode de 40 comme une farce : ainsi la vieillesse peut conduire à une perte des repères, enfumer le passé.      

 

Alexandre Anizy

 

NB :  dans L'Obs du 28 juillet 2016, on trouve une recension du livre signée D.J. (Didier Jacob ?) : on se demande si le publiciste a lu Exodiaire , tant son texte suinte l'extrait de notice éditoriale.  

Le sursis de Gibrat

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans un village français (Cambeyrac), la drôle de guerre de Julien. 

 

 

            Dans son roman graphique titré Le sursis (Dupuis - aire libre, 2012, en livrel), Gibrat raconte la parenthèse de Julien : il saute du train qui le conduisait en Allemagne, trouve refuge dans le grenier de l'école communale où officie sa tante Angèle qui le choie, observe la place du village à travers les persiennes, marche seul dans la campagne au cœur de la nuit, surveille jalousement les gestes de la belle Cécile, plante un drapeau rouge au clocher en hommage à Manou, embrasse Cécile qu'il part rejoindre à Paris...

 

            Durant les trois années que prit le travail des 2 tomes du Sursis, le talent de Gibrat n'était pas en vadrouille.

 

 

Alexandre Anizy

 

Davodeau au cénacle ?

Publié le par Alexandre Anizy

            A la poursuite d'Etienne Davodeau...   

 

 

 

            Après l'agréable surprise des Ignorants, nous avons tiré le trait de Davodeau. D'abord jusqu'à Chute de vélo (Dupuis, août 2013, en livrel), où la couleur fait son apparition : si cela nous rappelle des paysages de Julian Taylor, on regrette la faiblesse du scénario. Puis retour gagnant au Noir & Blanc avec Le chien qui louche  (Futuropolis / musée du Louvre, 2013, en livrel). 

 

            Force est de constater que Davodeau n'est pas loin de pénétrer notre cénacle de la BD.

 

 

Alexandre Anizy

 

Nouvelles réjouissantes de Franz Bartelt

Publié le par Alexandre Anizy

            Franz Bartelt nous régale encore une fois : il faut le lire sans modération.

 

 

            A la fin de 2016, Gallimard a publié une nouveauté dans la blanche (disponible en livrel) : Comment vivre sans lui ? C'est un ensemble de nouvelles concoctées par le "mal-aymé" ardennais Franz Bartelt, qui s'en donne à coeur joie pour notre plus grand bonheur. Cela ne l'empêche pas de nous servir quelques observations à méditer, comme :

« Pour être heureuse auprès d'un homme, songeait-elle, mieux vaut posséder des rudiments de mécanique mentale, un bon niveau de contrôle émotionnel et une science consommée des ruses les plus innommables. » (p35/181)

 

            Sur la place de Vouziers se dresse une statue d'Hippolyte Taine : que penserait-il du style de Franz Bartelt ? A quelques kilomètres de là, nous pensons que l'homme aux semelles de vent applaudirait l'artiste.  

 

Alexandre Anizy