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notes culturelles

De bois avec Patrick Lapeyre

Publié le par Alexandre Anizy

 

Nous venons de découvrir Patrick Lapeyre avec son roman « la vie est brève et le désir sans fin » (P.O.L, août 2010, 345 pages, 19,50 €), qui obtint le prix Femina 2010.

Résumons nos impressions : histoire extraordinairement banale, style plat.

Que dire de plus ?

La lecture fut longue et le plaisir absent.

 

 

Alexandre Anizy

 

Illusions de Balzac toujours d'actualité

Publié le par Alexandre Anizy

 

En relisant les « illusions perdues » d' Honoré de Balzac (livrel gratuit à télécharger), nous faisions le constat suivant.

 

D'abord nous confirmons notre appréciation du temps de la folle jeunesse : la prose balzacienne n'a pas notre faveur (les longueurs, le style).

 

Ensuite, face à la pesanteur de certains passages des « illusions perdues », nous faisons l'hypothèse que le tapuscrit de cette œuvre serait de nos jours refusé chez certains éditeurs, réécrit chez d'autres. A Saint-Germain-des-près, d'aucuns feraient même la leçon de littérature à l'infortuné Balzac

 

Enfin, concernant le métier de journaliste, le déniaisement cruel à travers le personnage de Rubempré vaut toujours : la carrière d'un Franz-Olivier Giesbert, le changement de casaque d'un Claude Askolovitch (lire http://www.alexandreanizy.com/article-22469551.html ), l'autocritique nauséabonde d'un Eric Fottorino (lire http://www.alexandreanizy.com/article-le-monde-en-crise-virer-fottorino-60446129.html ) peuvent étayer cette analyse.

Les Rubempré n'ont jamais déserté les salles de rédaction.

 

Évidemment, nous considérons le bilan de Balzac globalement positif, selon la formule de Georges (non, pas le vendeur de café …).

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

 

 

La cloche de Claire Castillon

Publié le par Alexandre Anizy

 

En décembre 2009, Claire Castillon récidivait avec « les cris » (Fayard, 16,90 €) : elle aime parler de ses petites misères.

Lire http://www.alexandreanizy.com/article-19657392.html

 

« Je reconnais le bruit de la déflagration. Fracas de verre. Fissure interne. Accablant souvenir. Et pourtant, je respire enfin. C'est accompli. Adam, liquide, sait que sa femme peut devenir violente face à la médiocrité, alors, effrayé, il la fuit. En quelque sorte, il craint une hypothèse. Alors il précipite la conclusion. Funeste. C'est ce qui se passe de son côté. Pétoche. Trouille. » (p.11)

 

La cloche de Claire sonne mal.

190 pages à ce rythme, c'est … accablant. Liquide peut-être ?

Nous faisons l'hypothèse d'un talent médiocre enfoui sous un monticule de savoir-faire : c'est notre conclusion.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Ignorer Isabelle Mestre

Publié le par Alexandre Anizy

 

« L'arpenteuse » (Mercure de France, décembre 2007, 112 pages, 12 €) est le premier roman d'Isabelle Mestre.

Il débute mal :

« « Remonte vers la ville, c'est ta première conquête. »

Marguerite a froid. La rue est sale. Les choses sérieuses commencent. ».

 

Il se poursuit de travers, en perdant l'attention du lecteur, et il s'achève piteusement :

« J'ai ma tête, vous savez. Que reste-t-il à dire ? Je veux bien vous le dire. » (p.112)

 

Nous aussi : internautes fidèles ou de passage, ne parcourez pas cette prose.

 

 

Alexandre Anizy

 

Une couronne pour Paul Valéry

Publié le par Alexandre Anizy

 

En novembre 2008, les éditions de Fallois publiaient un recueil inédit de poésie de Paul Valéry, titré « Corona & Coronillia » (219 pages, 22 €) : ce sont les poèmes qu'il écrivait à Jean Voilier, une femme très libérée pour son époque. En préambule, l'éditeur s'interroge :

« "La poésie est une survivance", disait Valéry. C'était en 1929. Quatre-vingt ans plus tard, faut-il publier Corona ? » (page 7)

Personnellement, nous répondons non.

Et pourtant, nos aurions tant aimés être subjugués par les derniers vers de celui que nous considérons, comme d'autres, comme l'un des plus grands versificateurs français.

 

En vieux monsieur transi, Paul Valéry couche sur le papier ses mots d'amour exaltés : si, au crépuscule de sa vie, il pensait encore que « le vent se lève, il faut tenter de vivre », c'est à Jean Voilier qu'il le devait.

Malheureusement, nous sommes loin du "cimetière". Ni émotion, ni fascination.

Trois semaines avant la mort du poète, l'obscur sujet de son désir avait largué les amarres : il ne s'en était pas remis.

 

Malgré les sirènes marchandes, le lecteur averti saura rester au large de ce récif.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Autre chef d'oeuvre de Slobodan Selenić : "meurtre avec préméditation"

Publié le par Alexandre Anizy

 

Après avoir lu « l'ombre des aïeux », chef d'œuvre de Slobodan Selenić que nous vous avons déjà recommandé,

http://www.alexandreanizy.com/article-sous-le-soleil-de-slobodan-seleni-46906180.html ,

il faut enchaîner avec « meurtre avec préméditation » (Gallimard, avril 1996, 236 pages, 140 FRF), où le talent éclate à toutes les pages.

 

Encore une fois, le travail sur le style est remarquable, de même que l'architectonique. En plus, à la fin du livre, le vieil écrivain serbe ose la répétition d'un personnage et de scènes : un acte créateur pour exprimer l'absurdité de la chose.

(Il serait surprenant qu'aucune étude comparative n'ait été réalisée entre les deux livres)

 

Vous donner un aperçu du travail stylistique ?

Prenons la fin du premier paragraphe :

« Mais autant le dire tout de suite : je ne veux pas être un écrivain lettré. Je fais dans l'art brut. J'écris comme je parle. Et je parle comme ça me plaît, tu vois. Je fais aussi de la photo. Genre photo d'art. Mais ça ne me branche pas des masses. Je clique pour le fric. Quand je suis dans la dèche. »

(une traduction de Gojko Lukić et Gabriel Iaculli)

 

Alors, vous n'êtes pas encore partis emprunter ou acheter le(s) livre(s) ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

En passant par Celan (Paul)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Pour nous, le passé et le présent se sont confondus ces jours-ci en passant par Paul Celan.

 

« (…) Si venait,

Si venait un homme,

si venait un homme au monde aujourd'hui, avec

la barbe de lumière

des patriarches, il pourrait,

s'il parlait de ce

temps, il

pourrait

seulement bredouiller, et bredouiller

toujours, rebredouiller tou-

jours, jours. » (…)

(Extrait du poème "Tübingen, janvier")

 

 

Alexandre Anizy

 

La radicalité de Georges Darien

Publié le par Alexandre Anizy

 

Il faut lire Georges Darien, notamment « le voleur » (téléchargement gratuit du livrel sur www.gutenberg.org ), pour constater que la radicalité d'auteurs contemporains n'est au fond qu'une aimable plaisanterie.

 

Ce roman ne vaut pas par sa structure, dans laquelle les rebondissements invraisemblables fleurissent, mais par le style furtif et la pensée iconoclaste. Par exemple, le voleur semble plus moral que les bourgeois.

A méditer.

 

Alexandre Anizy

 

Le carrefour d'Antoine Laurain

Publié le par Alexandre Anizy

 

Récemment, nous fîmes une bonne pêche dans notre bibliothèque municipale préférée : « carrefour des nostalgies » d'Antoine Laurain (édition Le passage, août 2009, 301 pages, 18 €). Un canevas bien ficelé, une écriture sobre et agréable qui ne ralentit pas le rythme juste sont le deux grandes qualités de cet ouvrage.

 

L'histoire d'un homme politique d'envergure qui perd sa mairie aux élections municipales, après une défaite aux législatives. Il plonge dans une courte déprime, durant laquelle il tombe par hasard sur une photo de son passé (la classe de terminale) ; l'idée de partir à la rencontre de ses relations lycéennes s'impose peu à peu. Dans cette quête gratuite, il découvrira une vérité personnelle et le moyen de retrouver sa fonction sociale.

 

Un roman plaisant, sans prétention.

 

 

Alexandre Anizy

 

P.-S. : par hasard … nous apprenons à la fin du livre qu'Adrien Goetz (lire notre note précédente) est un ami d'Antoine Laurain : ensemble ils ont donc la moyenne !