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notes culturelles

Texaco de Patrick CHAMOISEAU

Publié le par Alexandre Anizy

Avec « Texaco » (Gallimard 1992, prix Goncourt), nous sommes face à une œuvre majeure.

 

Avec ce roman, Patrick CHAMOISEAU a écrit un grand livre du peuple antillais, depuis l'horreur des chaînes jusqu'au mensonge de la politique moderne de développement.

 

Le style est déroutant, puisque l’auteur use de mots et d’expressions créoles dans un français de bon aloi, mais c’est ce tour de magie réussi qui fait la valeur exceptionnelle de ce roman.

Exemple :

« En fin d'après-midi, passée l'effervescence, les nèg-de-terre (ou nèg-pas-bon) se mettaient à rôder dans les rues de l'En-ville, zieutant avec l'air de ne pas y croire les façades de pierres. »

 

Bon Dieu ! Pourquoi parle-t-on si peu des écrivains antillais ? 

 

Alexandre ANIZY

Raphaël CONFIANT et "l'archet du colonel"

Publié le par Alexandre Anizy

En 1998, Raphaël CONFIANT publiait son roman « l’archet du colonel » (mercure de France, 340 pages, 110 FRF).

Si l’auteur a incontestablement un style, la structure narrative de l’ouvrage nous a rebutés.

Nous lui accorderons une 2ème chance.

 

Alexandre Anizy

La route avec Cormac Mc CARTHY

Publié le par Alexandre Anizy

Comme nous revenions de Boston par la route, nous fîmes un arrêt à Providence, dans le Rhode Island. La curiosité nous guidait et non pas le hasard : autrefois, nous recevions de cette ville des composants d’une filiale de la multinationale pour laquelle nous bossions. C’était donc un dimanche. Hors du centre-ville, les rues semblaient désertes. Nous finîmes par dénicher un bar ouvert. Il y régnait une ambiance de buffet de gare, et ce n’est pas avec notre putain d’accent français qu’on allait décoincer le prolétaire américain …

Inutile de vous dire que nous ne nous éternisâmes pas.

 

« La route » (éditions de l’Olivier, février 2008, 245 pages, 21 €) de Cormac McCARTHY, né à Providence, nous parle d’une quête, celle d’un père et de son fils après l’apocalypse. La planète est dévastée, le genre humain a replongé dans la barbarie. L’Autre est pire qu’un ennemi : un festin. Ils marchent vers le sud à la recherche des gentils, fuyant les chemins dès qu’un bruit ou la trace d’un étranger apparaissent. De la civilisation, comme de l’humanité, il ne reste rien. Retour à la préhistoire, en quelque sorte.

L’Homme n’aurait donc rien appris.

 

Alexandre ANIZY

La marche au canon de Jean MECKERT

Publié le par Alexandre Anizy

Revoilà Jean MECKERT !

(lire la note du 29 juin 2008 relative à son premier roman, « les coups »)

Avec « la marche au canon » (éditions Joëlle LOSFELD, mars 2005, 105 pages, 8,50 €), comme ce titre le suggère ironiquement, il nous parle de la guerre, enfin, de la « drôle de guerre ». Un lecteur snobinard ne se portera que vers Jean-Paul SARTRE et ses « carnets de guerre – novembre 1939/mars 1940 » (Gallimard, mai 1983, 432 pages, 90 FRF), pour avoir un récit calme et reposé de l’aventure (le jeune JPS appréciait aussi Pardaillan de Michel ZEVACO) ; pourtant, s’il se tournait vers MECKERT, c’est du brut qu’il obtiendrait : l’humanité dans sa simplicité.

L’incipit donne le ton :

« Un jour, le canon a grondé. Un premier coup a secoué l’horizon. De tressautement local en pâleurs concentriques, on nous a dit : c’est la guerre !

Immédiatement et sans délai, je suis parti à la guerre. Il me fallait des allures de petit courage. Elle avait des lettres, la bonne guerre, des lettres hautes dans le journal. On avait fait sa publicité. C’était quelqu’un, la guerre aux lettres hautes. On était badaud, bon badaud moral. On allait voir la guerre. » (p.11)

 

Mais, en fait de guerre, c’est plutôt l’attente, le désœuvrement, la vinasse, les embrouilles de caserne, les transports en wagons à bestiaux aménagés pour la troupe, auxquels nous convie Augustin Marcadet, l’antihéros de cette non-bataille. 

« On parlait aussi chacun de soi, on faisait de la politique vague et générale. On causait de la resquille et des perms, on bouchait des trous, on bouffait du sous-off. » (p.20)

De l’effondrement général, Marcadet ne connaîtra que la fuite forcément pitoyable d’une armée en déroute, avec déjà un avant-goût de la rudesse à l’égard de la population civile.

« J’avais perdu tout ce qui faisait de moi un homme ! On m’avait mis en guerre contre des bombes, contre des balles, contre des chars blindés qui avaient foncé sur moi !

Je n’avais rien vu que des éclaboussures. Rien vu ! Rien ! De toute cette guerre immonde où l’on pouvait me tirer comme un simple gibier, où l’on m’avait visé à balle, bombardé et chargé au monstre blindé, je n’avais rien vu et je n’avais rien à raconter. Rien ! » (p.101)

Il y a du Bardamu chez ce Marcadet.

 

Alexandre ANIZY

Sornette d'Amos OZ

Publié le par Alexandre Anizy

Comment épargner son argent et ne pas gâcher sa journée ?

En ignorant « Vie et mort en quatre rimes », sornette d’Amos OZ (Gallimard, décembre 2007, 132 pages, 13,50 €).

 

La médiocrité du produit égale la vacuité de celui de Karine TUIL.

 

Alexandre ANIZY

Quelle TUIL !

Publié le par Alexandre Anizy

En lisant « la domination » (Grasset, août 2008, 231 pages, 16,50 €), nous nous interrogions sur les motivations de l’auteur, Karine TUIL, puisque la vacuité et la prétention de ce livre sont incommensurables.

Qu’il nous soit tombé entre les mains, quelle déveine !

 

Alexandre ANIZY

 

Les sonneries abominables de Saphia AZZEDINE

Publié le par Alexandre Anizy

Pour vous mettre dans l’ambiance, un échantillon de « confidences à Allah » de Saphia AZZEDINE (éditions Léo Scheer, avril 2008, 146 pages, 15 €), parce qu’il ne s’agit ici que d’un produit :

« Il est 4 heures du matin et je dors. Je crois que je rêve paisiblement à un truc quand une sonnerie abominable retentit dans ma chambre. Je me lève. Fait chier. Les petits cons sont rentrés. On est samedi, ces enculés sont allés à La Calypso, et La Calypso ça donne faim. Ce soir je m’en fous, je crache dans leur bouffe. » (p.57)

Comme on est sympa, on vous épargnera les pages sexuelles de ce bâton imprimé.

 

Si Saphia AZZEDINE était cornaquée par l’inénarrable Frédéric BEIGBEDER, nous comprendrions la présence de cette immondice sur le rayon de la bibliothèque municipale, mais comme ce n’est pas le cas (à notre connaissance), que vient faire l’éditeur Léo Scheer dans cette galère ?

 

En pastichant Saphia, l’auteur de cette chose ridicule, nous nous interrogeons « sur les réelles motivations d’une pétasse chébran [voir les ragots sur la Toile] qui se tape du pipole pour signer une merde pareille, hormis le plaisir de baiser les péquenots en leur faisant cracher 2 biftons pour une pseudo passe littéraire. »

 

Alexandre ANIZY

 

P.S. : appliquant les règles du marchandisage, Saphia AZZEDINE a décliné son produit en spectacle théâtral, dont le républicain Philippe TESSON (lire notre note du 29 mai 2007 « la haine de la démocratie de Jacques RANCIèRE ») dit le plus grand bien (en particulier pour la comédienne Alice BELAÏDI) dans le Figaro magazine du 2 mai 2009 : de ce réactionnaire, rien ne nous étonnera.

Le chant mineur de George CHESBRO

Publié le par Alexandre Anizy

La construction de ce polar au style sobre est crédible. Mais nous n’y retrouvons pas la richesse de « Bone » : les personnages-clés étant récurrents, la dimension psychologique est traitée rapidement par nécessité, puisqu’il ne faut pas lasser le lecteur fidèle par des répétitions.

 

Au final, on quitte le « chant funèbre en rouge majeur » avec l’idée que George CHESBRO est un bon artisan, dont le chef d’œuvre semble bien être « Bone », mais qu’il ne joue pas dans la catégorie des BURKE, ELLROY, par exemple.

 

Alexandre Anizy

L'os de George CHESBRO

Publié le par Alexandre Anizy

New York sert de décor à « Bone » (poche Rivages noir, 1993, 431 p.), le polar de George CHESBRO qui se déroule dans le milieu des Sans Domicile Fixe, des clochards qui n’ont rien de célestes.

 

C’est un très bon livre (le meilleur de CHESBRO ?) : le contexte, le style, les caractères dépeints, donnent envie de le dévorer.

 

Alexandre Anizy

Andrea CAMILLERI manque sa prise de Makalé

Publié le par Alexandre Anizy

Nous avons déjà exprimé ici notre admiration pour les polars du vieil Andrea CAMILLERI : voir les notes du 25 août 2007 « la douceur du vieil Andrea Camilleri » et du 30 novembre 2008 « Andrea Camilleri a-t-il décroché la lune ? ». Aujourd’hui, nous parlerons de « la prise de Makalé » (Livre de poche n° 30.957), qui n’est pas un roman policier.

 

La construction est savante, mais un peu « Grand Guignol ». La charge contre le clergé et le fascisme (l’histoire se passe en 1935, au moment de la prise de Makalé) n’est que suggérée, ce qui devait être l’ambition de l’auteur.

Mais sans le style de Camilleri, ce livre serait insipide.

 

Alexandre ANIZY