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notes culturelles

Le Zéro de Pascale ROZE

Publié le par Alexandre Anizy

En 1996, en publiant son premier roman (mais son deuxième livre) « le chasseur Zéro » (Albin Michel, 164 p., 85 FRF), Pascale ROZE obtenait d’entrée de jeu le prestigieux prix Goncourt, ce qui était étonnant compte tenu de l’éditeur et du caractère novice de l’auteur : les voies du Goncourt sont parfois impénétrables…

 

Si cet ouvrage n’atteint pas le « zéro absolu » (voir Pierre JOURDE « la littérature sans estomac »), il ne reste pas graver dans nos mémoires

 

Alexandre Anizy

L'épervier de Maheux de Jean CARRIERE

Publié le par Alexandre Anizy

En 1972, Jean CARRIèRE, un proche de Jean GIONO, recevait le prix Goncourt pour son roman « l’épervier de Maheux » : ce fut un énorme succès populaire.

 

Alors que la mode était au retour à la terre, ce livre dépeint une nature sauvage, où l’homme doit lutter pour survivre : il est à l’opposé du discours idéaliste en vogue.

Le succès paradoxal n’était pas un hasard.

 

La prose de Jean CARRIèRE est absolument remarquable, notamment lorsqu’il décrit les décors naturels de son histoire : c’est un paysagiste hors pair. Le premier chapitre en est un excellent exemple.

 

« L’épervier de Maheux » est la preuve qu’il arrive parfois aux spécialistes de couronner un joyau.

 

Alexandre Anizy

"les bêtises" de Jacques LAURENT

Publié le par Alexandre Anizy

En 1971, Jacques LAURENT obtenait le prix Goncourt avec « les bêtises » (Grasset), un pavé de plus de 600 pages où un homme est examiné sous différents angles composant autant de subdivisions.

Plus connu sous le nom de Cecil SAINT LAURENT, il publiait des romans de gare qu’il écrivait en 15 jours et qui se vendaient bien pendant des mois, ce qui expliquent les facilités qu’on trouve encore dans ce livre qu’il disait le plus important de sa production.

 

A l’époque, Paul MORAND écrivait un article sympathique où il le comparaît à un touriste stendhalien, nervalien, tandis que Jean FARRAN le prend pour un stendhalien de 1ère classe, « un anarchiste d’extrême droite, une des dernières zones de la pensée où se rencontre le talent ».

Comme nous venons de relire ce roman foisonnant, nous considérons que c’est Mathieu GALEY qui en a le mieux parlé dans son article « Jacques le désinvolte » :

« Et c’est un fait que malgré la curieuse complication du plan, (…) les digressions qui nous entraînent soudain fort loin, les pages lyriques où il se perd avec ravissement (…) et le délire d’écrire et d’écrire encore (…) » ;

« quelque chose comme une forêt de Brocéliande plantée de symboles où le promeneur cherche et trouve son chemin. Il arrive qu’il s’égare (…) » ;

« Certes l’entreprise est peut-être démesurée, presque folle (…) mais elle n’en est que plus admirable. ».

 

En relecture, les facilités désinvoltes ne passent plus.

 

Alexandre Anizy

Le krach d'Emmanuel PONS

Publié le par Alexandre Anizy

L’incipit serait une réminiscence de « l’étranger » d’Albert CAMUS qui déjanterait immédiatement : « Ma mère est morte. L’autre bonne nouvelle, c’est qu’elle est morte riche. C’est une tradition dans la famille. »

On est intrigué par ce diable d’Emmanuel PONS avec « Ma mère, à l’origine » (Arléa janvier 2008, 132 pages, 14 €). Comme l’auteur donne aussi dans la peinture, nous pensons au célèbre tableau de COURBET.

Le style des pages suivantes maintient la pression d’humour : « Ils m’ont dévisagé froidement quand j’ai garé ma Ferrari jaune à côté du corbillard. Je les comprends. Moi aussi, je l’aurais préféré rouge (…) » (p. 13) Et puis en page 15 : « J’ai dit aux usuriers qui voulaient m’extorquer de la douleur que je devais rendre la Ferrari avant dix-huit heures, et je suis parti. » Ainsi s’achève les quatre premières pages du livre de PONS : une introduction excellente.

 

On imagine alors qu’on vient de tomber sur quelque chose qui aurait une parenté avec « la conjuration des imbéciles » de John Tool KENNEDY (lire notre note culturelle du 4 juin 2007).   

Ce que les pages suivantes nous donnent à croire, comme lorsqu’on lit en page 25 : « Il est à son ordinateur  toute la journée, comme à une table au casino. S’il m’entendait, il crierait : « je ne joue pas ; c’est mathématique, la Bourse. Le hasard n’y a pas sa place. »

Parce que le fils indigne a plongé dans un univers impitoyable : il est devenu « home trader », faisant fructifier sa fortune par des opérations journalières, grâce à une formation ad hoc et à un équipement domestique dont ne rougirait pas un spécialiste des salles des marchés. Il poursuit à sa manière la tradition familiale.

Et c’est là que le roman bifurque vers une approche psychologique somme toute ordinaire : le fils qui veut accumuler des avoirs pour démontrer à sa mère défunte qu’il méritait quelques signes d’affection (« Ma mère avait donc un fils : son ego. Elle le traitait avec amour et lui accordait tout son temps. C’est lui qu’elle sortait, qu’elle soignait. J’ignore ce qu’elle disait de moi. Rien sans doute. » p. 63), qui reproduit le schéma avec son fils …

Heureusement, pour tenir la distance romanesque, PONS a imaginé que son personnage créait un indice : « (…) je calcule quotidiennement le PEJ de mon fils. Le PEJ – indice des principaux événements de la journée – reflète fidèlement l’état moral d’un individu, donc de sa capacité à surmonter ou non les difficultés. Je reporte ensuite le résultat du jour sur un graphique semblable au CAC 40. J’obtiens ainsi une courbe dont le tracé m’éclaire sur les fluctuations à la hausse ou à la baisse de son état mental. » Comme vous le voyez, le home trader part en vrille …

De cette descente infernale, Emmanuel PONS aurait pu faire une représentation hallucinante du monde boursier, que l’humour et l’ironie pouvaient accentuer tout en distrayant le lecteur. C’était à notre avis l’idée originale et forte qu’il aurait fallu développer pour ficeler un roman abouti.

Emmanuel PONS n’a pas pris ce chemin. Le lecteur reste sur sa faim.

Alexandre Anizy

Le condor de Stig HOLMAS

Publié le par Alexandre Anizy

La construction du « condor » (Gallimard série noire n° 2603) par Stig HOLMAS est habile et complexe, mais pour captiver le lecteur, il aurait fallu un style à la hauteur des ambitions de l’auteur.

Ce n’est pas le cas.

 

Alexandre Anizy

Alison LURIE et les enfants

Publié le par Alexandre Anizy

En 1992, les éditions Rivages publiaient « comme des enfants » d’Alison LURIE. Il est vrai que cet écrivain américain était à son apogée dans les années 80, où il récolta le prix Pulitzer pour « liaisons étrangères » et le prix Femina pour « la vérité sur Lorin Jones ».

 

Concernant « comme des enfants », nous gardons le souvenir d’une lecture agréable. Sans plus.

 

Alexandre Anizy

Bertrand VISAGE et Bambini

Publié le par Alexandre Anizy

Bertrand VISAGE vient de publier « Intérieur Sud » aux éditions du Seuil, où il travaille comme éditeur, ce qui ne peut que fausser le jeu.

Didier JACOB en a dit du bien dans le Nouvel Observateur.

 

Parfois, nous pensons comme Morgan SPORTèS : « Morgan Sportes a dû licencier Olivier ROLIN [son éditeur, ndAA] constatant que pour de multiples raisons, ne serait-ce qu’éthique, on ne peut être à la fois auteur et éditeur. »

 

Nous avons lu en 1993 le roman « Bambini » (Seuil, 209 p., 99 FRF) de Bertrand VISAGE : nous n’en gardons aucun souvenir, même en relisant quelques phrases dans les pages feuilletées de cet ouvrage.

 

Alexandre Anizy

Un polar signé Richard HUGO

Publié le par Alexandre Anizy

Il paraît que Richard HUGO (poète réputé, avant tout) faillit obtenir le prix Pulitzer pour son polar « la mort et la belle vie » (en poche 10/18). Comme c’est le seul roman qu’il a publié, il est devenu une référence.

 

D’autant plus qu’en animant un atelier d’écriture à Missoula (Montana), il a eu parmi ses étudiants James Welch, James Crumley, etc.

 

Dans ce roman au style maîtrisé, on a donc le Montana et la Californie en toile de fond, un policier dont le caractère est bien ciselé, une intrigue complexe. Du bon travail.

 

Alexandre Anizy

Jose Luis MUNOZ un polar de patachon

Publié le par Alexandre Anizy

Né en 1951 à Salamanque, Jose Luis MUNOZ n’est pas un amateur puisqu’il a une vingtaine de polars à son actif : est-ce la raison pour laquelle Actes Sud a décidé de publier cet auteur espagnol ?

 

« La dernière enquête de l’inspecteur Rodriguez Pachon » est d’une telle banalité qu’il ne méritait pas cette sortie française. Comme la non-action se déroule à Cuba (précisément à La Havane), aucun poncif ne nous est épargné sur cette île, ses habitants, le castrisme, le tourisme sexuel, etc.

On a parfois l’impression de suivre l’enquêteur sur le parcours d’un guide de voyage. 

 

« Rodriguez Pachon » est un polar de patachon que vous pouvez ignorer.

 

Alexandre Anizy

Alessandro BARICCO fait dans la soie

Publié le par Alexandre Anizy

En écrivant son roman intitulé « soie » (Albin Michel 1997, 121 pages, 75 FRF), Alessandro BARICCO a réalisé son chef d’œuvre. 

 

Dès l'incipit, on est captivé :

« Bien que son père eût imaginé pour lui un brillant avenir dans l’armée, Hervé Joncour avait fini par gagner sa vie grâce à une profession insolite, à laquelle n’étaient pas étrangers, par une singulière ironie, des traits à ce point aimables qu’ils trahissaient une vague inflexion féminine. » (p.7)

 

Le tout est du même trousseau.

 

Même la quatrième de couverture est une dentelle finement composée.

 

Alexandre Anizy