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notes culturelles

Philippe LABRO raconte les gens

Publié le par Alexandre Anizy

Philippe LABRO a le talent d’un Joseph KESSEL : il sait raconter une histoire, et c’est toute une époque qui passe à travers elle.

 

Avec son roman « un début à Paris » (Gallimard, 1994, 349 pages, 125 FRF), il relate ses débuts professionnels dans le milieu de la presse : un livre incontournable pour tout apprenti journaliste, une lecture plaisante pour les autres.

 

Les deux romans précédents, « l’étudiant étranger » et « un été dans l’ouest », peuvent aussi constituer un agréable détour.

 

Alexandre Anizy

"Régime mortel" d'Eric NATAF

Publié le par Alexandre Anizy

Voilà un livre pour la plage, ou pour le fauteuil près de la cheminée quand il neige et vente au-dehors.

Comme Eric NATAF est médecin radiologue, il concocte des thrillers où ses connaissances scientifiques jouent un rôle indéniable, sans pour autant négliger le schéma narratif du genre.

 

« Régime mortel » (éditions Odile Jacob, avril 2008, 559 pages, 21 €) se déroule dans le milieu de la nutrition et de l’agroalimentaire : une épidémie commence à décimer les rangs des obèses …

 

Le style est plat, mais correct : l’auteur gagnerait en resserrant son propos s’il nous épargnait les plaisanteries à deux sous (une résurgence de la période « carabin » ?) comme « in vodkas Veritas », ou bien « la Google de bois », etc.

 

On suit avec délectation cette histoire de yaourt.

Mais bien sûr, pour ceux ou celles qui luttent contre une surcharge pondérale, il est préférable de se divertir autrement qu’en lisant ce livre soigné.

 

Alexandre ANIZY

 

Double bonheur : Yann MOIX flingue Olivier ADAM et lui-même

Publié le par Alexandre Anizy

Cette note prolonge, en quelque sorte, celles du 1 septembre 2007, « Petit bonheur : Alice FERNEY flingue Olivier ADAM », et du 6 août 2007, « Olivier ADAM n’est pas tombé », puisque cet écrivassier photogénique vient de commettre un nouveau bouquin titré « des vents contraires » (éditions de l’Olivier, 255 pages, 20 €)

 

Dans sa chronique hebdomadaire du Figaro, Yann MOIX signe le 15 janvier 2009 un papier vachard, enrobé dans un salmigondis théorique sur « l’écrivain », où il apparaîtrait qu’un SOLLERS vaudrait Lou REED, bien qu’il n’ait jamais rien ébranlé, quand l’ADAM n’égalerait qu’un RAPHAËL.

Soulignons au passage que pour cirer les joyaux de Sollers, MOIX n’est pas le dernier.

 

Pour appuyer sa démonstration, le critique MOIX a pioché quelques perles adamesques comme : bâiller … à s’en décrocher la mâchoire ; la mer qui s’étend … à perte de vue ; l’air … frais et chargé d’embruns (ça se passe en bord de mer, vous avez deviné bien sûr) ; « Pendue au téléphone, Nadine irradiait d’une lumière quasi religieuse » ; etc. Bref, du grand ADAM ! Donc, après avoir déversé quelques amabilités, le faux jeton Yann MOIX insiste :

« Je le répète, je n’ai contre Olivier ADAM aucune acrimonie, aucune haine. Je le prends seulement comme cas d’école d’une « littérature » ornementale qui rappelle les bibelots sur la télé des grands-mères. C’est suranné, c’est rassurant, c’est confortable. C’est écrit face à la mer, mais ça ne fait pas de vagues. »

 

Convenons alors qu’en fustigeant le pauvre ADAM, Yann MOIX s’autoflagelle sur la place publique quand il écrit dans cette chronique :

« Quand on ne pense pas, qu’on n’a pas dressé une fois pour toutes son univers, (…) sa personnalité personnelle, on est sans cesse condamné à remplir avec des mots (…) ». En effet.

 

Entre ces deux lascars et nous, il n’y a rien. Simplement, nous abhorrons ceux qui croient que leurs ratures sortent du Littré.

 

Alexandre ANIZY

Mourir d'ennui pour DANTZIG ?

Publié le par Alexandre Anizy

Charles DANTZIG est un éditeur que sa première maison (les Belles Lettres ; la seconde étant Grasset) a longtemps publié, mais aussi un journaliste établi qui ne manque pas de dire du bien de ses confrères, qui savent renvoyer l’ascenseur à l’éditeur.

Une sorte de Philippe SOLLERS pour les trente prochaines années.

 

Dès lors, chacune de ses publications bénéficie d’une couverture médiatique hors de proportion avec le talent du bonhomme ou le sujet de ses bouquins, puisqu’ils sont sans intérêt. Le dernier en date, « Encyclopédie capricieuse du tout et du rien » (Grasset, janvier 2009) n’échappe pas à la règle.

Par conséquent, ne mourrez pas d’ennui pour DANTZIG !

 

Charles DANTZIG est un écrivassier qui remplit les colonnes des magazines pour occuper les lecteurs, tandis que ses patrons vendent du « temps libre de cerveaux », comme dirait Patrick LE LAY (ex patron de TF1). Comme il est cultivé, il colore joliment les pages glacées de ses traits d’esprit.

 

Alexandre ANIZY

"Où on va papa" de Jean-Louis FOURNIER

Publié le par Alexandre Anizy

En 2008, les dames du Femina ont attribué leur Prix à Jean-Louis FOURNIER pour « où on va, papa ? » (Stock, 155 pages, 15 €) : on ne peut que les en féliciter.

Ce n’est pas un roman, mais l’épure d’une relation père – enfants racontée sobrement par touches anecdotiques.

 

« Un père d’enfant handicapé doit avoir une tête d’enterrement. Il doit porter sa croix, avec un masque de douleur. Pas question de mettre un nez rouge pour faire rire. Il n’a plus le droit de rire, ce serait du plus parfait mauvais goût. » (p.39)

 

Bien que le sujet soit délicat, Jean-Louis FOURNIER a réussi son livre très personnel : bouleversant et drôle.

Laissez-vous embarquer dans le voyage de papa …

 

Alexandre ANIZY

"Chaos calme" de Sandro VERONESI

Publié le par Alexandre Anizy

Si le roman éponyme de Sandro VERONESI « Chaos calme » (Grasset, 2008, 505 pages, 21,90 €), est couronné de succès, nous affirmons que c’est amplement mérité.

La structure romanesque a été peaufinée. Les caractères ont été approfondis. Le style est maîtrisé. Mais il reste un cran en dessous d’un grand livre.

 

Il paraît que Nanni MORETTI a fait le nécessaire pour avoir le rôle du personnage central dans le film : il a bien fait, puisque nous le voyons en Pietro – hormis la scène nocturne dans le jardin. Il paraît aussi que dans les salles obscures le public n’accrocherait pas au défilé incessant des hommes en peine … On veut bien le croire : seule la littérature permet d’inclure l’ironie et la distance dans un récit sans en briser la nature.

 

Donc, ici comme ailleurs, préférer l’œuvre originale.

 

Alexandre ANIZY

Le casting de Robert CRAIS

Publié le par Alexandre Anizy

Le « casting pour l’enfer » de Robert CRAIS est sorti aux éditions du Seuil en 1996 (en poche en 1998). L’édition originale américaine date de 1992.

C’est une bonne histoire, avec un détective Elvis Cole bien planté. Efficace, comme savent si bien le faire les Américains.

 

Mais il manque un style personnel pour atteindre le niveau d’un BURKE ou d’un CRUMLEY.

 

Alexandre Anizy

La télévision de Jean-Philippe TOUSSAINT

Publié le par Alexandre Anizy

Bien que nous ayons beaucoup de sympathie pour la Belgique, l’humour de l’écrivain Jean-Philippe TOUSSAINT nous échappe ; quant à son style épuré, il ne nous transporte pas au paradis des lecteurs rassasiés. 

 

Son roman « la télévision » (éditions de Minuit, 1997, 270 pages, 98 FRF) ne fait pas exception à cette appréciation générale.

Par la lucarne de TOUSSAINT, le monde n’est pas plus intelligible.

 

Alexandre Anizy

La transparence des BILLETDOUX

Publié le par Alexandre Anizy

On peut bien le confesser : il nous arrive de lire des choses faciles.  

 

Nous classons « Mélanie dans un vent terrible » de Raphaële (devenue Marie) BILLETDOUX dans cette catégorie (Grasset 1994, 200 pages, 105 FRF). Tellement facile que nous ne gardons même pas le souvenir d’un plaisir de lecture.

 

Chez BILLETDOUX, la facilité devient transparence.

 

Alexandre Anizy

Impasse Sylvie GERMAIN

Publié le par Alexandre Anizy

Sylvie GERMAIN écrit depuis de nombreuses années des livres dont la vacuité échappe généralement aux critiques littéraires.

Il est vrai qu’elle cisèle bien ses textes, comme son dernier roman titré « l’inaperçu » (Albin Michel août 2008, 294 pages, 19 €), dont l’incipit pléonastique est : « Une femme marche à pas rapide le long des berges du fleuve. »

 

Alexandre Anizy