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notes culturelles

Arsenic et BENCHETRIT (Samuel)

Publié le par Alexandre Anizy

Ci-dessous, un échantillon – pastiche des « chroniques de l’asphalte » du bonhomme.

 
« - Sam, j’te crois pas !
-        
Mais, j’te jure, putain, que cet enfoiré m’a viré !
-        
A l’hosto et viré de Pizza 30 ! A ta place j’aurais la rage, mec.
DRING, DRING, DRING
-        
Décroche pour moi, et inspecte.
-        
Allo, qui cause ? (…) Oh ! dure l’annonce, t’es gonflée la meuf !
-        
C’était ?
-        
Ursula.
-        
Et alors ?
-        
Veut pas te parler, mec : elle te plaque, c’est tout.
-        
LA SALOPE ! LA SALOPE ! LA SALOPE ! LA SALOPE !
-        
Le téléphone d’la cité le balançait hier : elle bougeait avec Riri le tambourin, qui claque un max de thunes chez les bourges …
-        
Elle va l’aider à cracher le pognon, tu peux me croire !
-        
Sûr, sûr… Dur, dur : tu perds ton job de livreur de pizza parce que tu t’es planté hier, et ta gonze te largue now !
-        
Remue pas le pif dans la noire !
-        
Ouais, ouais… Mais comment t’es tombé, hier ?  
-        
J’ai dérapé sur une marguerite ! »

 Consternant, n’est-ce pas ?
C’est avec de telles merdes qu’on empoisonne les primo – lecteurs stimulés par la presse pipole.

 
Si Samuel BENCHETRIT a déposé sa prose chez un éditeur, peut-être inculte mais sûrement bon marchand, il incombe à ses lecteurs de tirer la chasse.

 
Alexandre Anizy

Hérésie de Charles WILLEFORD

Publié le par Alexandre Anizy

Ce livre est à conseiller à tous ceux qui se piquent de culture artistique, car Charles WILLEFORD a réussi une bonne description du marché de l’art avec son polar « hérésie » (rivages poche, 183 pages, 7,40 €).

 
Un critique d’art rencontre un peintre français célèbre et va monter LA mystification du siècle. Les surprises vous attendent.

 

Alexandre Anizy

Paul LACMAIN et la critique de la poésie

Publié le par Alexandre Anizy

Critique de la poésie.
C’est le titre d’un poème de Paul ELUARD (Pléiade, tome I, p.404)

 
« C’est entendu je hais le règne des bourgeois
Le règne des flics et des prêtres
Mais je hais encore plus l’homme qui ne hait pas
comme moi
De toutes mes forces.

 
Je crache à la face de l’homme plus petit que nature
Qui à tous mes poèmes ne préfère pas cette critique

        De la poésie. »  


On peut retrouver l’imprégnation de cette virulence dans le recueil  « Dérision » de Paul LACMAIN.
(Bibliothèque François Mitterrand,
Tolbiac - Rez-de-jardin, magasin EL 8- Y- 9589 (19))

Avec la même ironie.
L’humour en plus peut-être.

 

Alexandre Anizy

La sincérité de Paul ELUARD

Publié le par Alexandre Anizy

Contrairement à Louis ARAGON, nous ressentons chez Paul ELUARD une sincérité intrinsèque que le travail poétique n’a pas effacée. 

 
Dans « capitale de la douleur », nous aimons particulièrement :

 
« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

(…)

Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards. »

 

 Alexandre ANIZY

La renommée du poète Louis ARAGON II

Publié le par Alexandre Anizy

S’il fallait retenir un poème de Louis ARAGON, nous choisirions « il n’y a pas d’amour heureux », que Georges BRASSENS a mis en musique et chanté.
(Question : BRASSENS a-t-il expliqué pourquoi il avait écarté la dernière strophe du poème ?)

 
N’oublions pas Léo FERRé et « l’affiche rouge ».

 
Mais c’est Jean FERRAT qui plaça la poésie d’ARAGON sur un piédestal disproportionné. Il puisa dans l’œuvre d’après la Libération.
En découvrant sur le papier les vers sélectionnés, on les fredonne avec le crooner français.

Le recueil « le Fou d’Elsa » est un fatras prétentieux.

En refermant le 2ème tome de la Pléiade, on se dit que Louis ARAGON est un grand poète, dont l’habileté est indéniable. Il est paradoxal qu’un si bon faiseur méprise MALLARMé et VALéRY.

 
Alexandre Anizy

La renommée du poète Louis ARAGON I

Publié le par Alexandre Anizy

L’œuvre poétique complète de Louis ARAGON vient de sortir dans la collection « pléiade » : le travail des spécialistes en charge de cette édition est encore une fois remarquable.

 
En le lisant, aujourd’hui, on trouve des perles d’une naïveté, d’un asservissement, d’un aveuglement, par rapport à l’URSS.

La crédulité touche même les hommes cultivés.

Le poème « front rouge » est assez représentatif de cette époque tourmentée, les années 30.

« Prélude au temps des cerises » avec son éloge du Guépéou vous révoltera … par tant de bêtises.

 

Mais écartons cela (oublier serait funeste).

Et lisons les recueils « le crève-cœur », « les yeux d’Elsa », « la diane française ».

A nos yeux, c’est la période faste du poète ARAGON : ce qu’il dit, ce qu’il vit, ce qu’il espère, est une symbiose des humeurs profondes, viscérales, de la patrie.

 

Alexandre Anizy

 

Hommage à Alphonse de LAMARTINE

Publié le par Alexandre Anizy

C’est le dernier jour de l’automne. Tous les ans, au cours de cette saison, nous pensons à « l’automne » d’Alphonse de LAMARTINE, qui éveilla notre sens poétique et amorça notre intérêt pour la littérature d’une manière générale.

Il nous plaît de régler aujourd’hui notre « ardoise », comme Philippe DJIAN (voir notre note du 1 juillet 2007).

Vous trouverez son œuvre poétique dans la collection La pléiade : un travail remarquable, comme d’habitude. Mais si vous devez choisir, sachez que nous ne retenons en fait que « les méditations poétiques », dans lesquelles figure « l’automne ».

Nous vous livrons le premier quatrain (+ 2 vers) pour éveiller votre curiosité :

 « Salut ! bois couronné d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut ! derniers beaux jours ! le deuil de la nature
Convient à ma douleur et plaît à mes regards !

Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois, (…) »

 
Quand nous récitons ce poème, nous nous souvenons des forêts ardennaises, en particulier celle du Mont-Dieu.

Bien d’autres émeraudes à lire ou relire dans ces « méditations poétiques » : comme l’isolement, ou bien le lac, évidemment.

 

Alexandre Anizy

Yvonne BESSON pour amateurs de rompol

Publié le par Alexandre Anizy

Parce qu’elle est née dans un chaudron de livres (mère enseignante, père libraire), Yvonne BESSON devint agrégée de Lettres modernes et professeur à Dieppe (aux dernières nouvelles).

 
Avec « meurtres à l'antique » (poche folio), ce sont ses débuts prometteurs. Avec « un coin tranquille pour mourir » (éditions des équateurs 2004 ; poche pocket), le niveau de complexité de l'intrigue et la profondeur psychologique des personnages se sont élevés. Il est vrai que le roman se passe dans un milieu qu'elle connaît bien : les enseignants.

Les amateurs de rompol, comme dirait Fred VARGAS,  prendront beaucoup de plaisir à lire ce dernier opus.

 
Alexandre Anizy

 
P.s : étant en campagne pour l’élection de Patrick BESSON à l’Académie Française (lire notre note culturelle du 2 septembre), nous ne parlerons pas des autres Besson, pour éviter tout brouillage !

Herbert LIEBERMAN : éviter la 8ème case !

Publié le par Alexandre Anizy

En matière de polar, Herbert LIEBERMAN est un écrivain de talent : « nécropolis » en est une preuve incontestable.

 
Aujourd’hui, nous vous épargnons une mauvaise pioche avec « la huitième case » (poche points, 300 pages).

 
Cependant il faut souligner le métier de cet auteur, puisqu’il réussit à maintenir un intérêt minimum jusqu’au bout, avec une fin abracadabrantesque indigne de lui.

 
Alexandre Anizy

Virginie OLLAGNIER gagne le Prix du Touquet

Publié le par Alexandre Anizy

Pour son 1er roman, Virginie OLLAGNIER a réussi un coup de maître. Le jury du Prix du 1er roman du Touquet, présidé par Patrick POIVRE D’ARVOR, l’a fort justement récompensée.

En effet, les 3 S (sujet, structure, style) confinent à l’excellence.

 
« Toutes ces vies qu’on abandonne » (édition Liana Levi, 278 pages, 18 €) montre les blessures de la guerre en 1918, les débuts de la psychiatrie, le jaillissement contenu du désir chez une jeune femme particulière.

Les moments graves sont racontés avec une sobre élégance, et un ton léger ponctue le reste, comme par exemple la première phrase : « Sa robe soulevée jusqu’à la naissance de ses bottines crottées, vraiment cela ne faisait pas sérieux. Claire le pensait bien, mais s’en moquait. »

 
Bien sûr, on pense un peu aux « Thibault » de Roger Martin du Gard (en poche et en Pléiade), une fresque romanesque dont nous ne retenons ici que la dernière partie. Le souvenir de la lecture du roman d’Ernest HEMINGWAY, « l’adieu aux armes » (en poche), nous revient aussi. Mais si le contexte est le même, les sujets développés dans ces 3 romans sont différents : n’écrasons donc pas Virginie OLLAGNIER du poids de la renommée de ses aînés !

La faiblesse relative de ce livre : le titre. C’est bien peu, vous en conviendrez. Alors, courez chez votre dealer préféré !

 
Alexandre Anizy