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notes culturelles

Et aujourd'hui, Caryl FéREY, le Joe de CLASH est arrivé

Publié le par Alexandre Anizy

(Titre à chanter sur l’air du jour, sauce GAINSBOURG)

Un petit malin dénommé Julian TEMPLE vient de concocter un film avec les fonds de tiroir où apparaît le leader charismatique du groupe CLASH : il semble que ce soit sa spécialité (voir SEX PISTOLS).

 
Il se trouve qu’un certain Caryl FéREY a sorti en mai un polar sans prétention dont le titre est « la jambe gauche de Joe Strummer » (folio policier n° 467). Nous ne dévoilerons absolument (comme dirait TEMPLE) rien ni sur le héros déglingué et improbable Mc Cash ni sur l’intrigue, si ce n’est que le titre des chapitres fait référence aux chansons de CLASH (Daniel RENé, dont nous parlerons prochainement, a utilisé aussi ce procédé).
Pour un trajet Paris – Lyon, le livre de Caryl FéREY est recommandé, parce qu’il reproduit l’énergie brute et le monde sans fioriture de CLASH : si la conscience politique de Joe STRUMMER était éveillée, on ne peut pas dire qu’elle reposait sur une connaissance approfondie de l’histoire politique ou de la géopolitique.

 
Et pourtant, nous nous souvenons du concert de CLASH au théâtre Mogador (en 80 ? 81 ?) : il régnait une ambiance exceptionnelle, et lorsque la barrière de chantier (c’était « le décor » de scène) se leva, tous les spectateurs comprirent qu’ils allaient vivre un moment suspendu. La vie des hommes est façonnée par ces bulles temporelles.
Par la suite, disons 84 ou 85, nous revîmes CLASH à Balard. Ce soir-là, un groupe d’adolescent (14 ans maxi) jouait ( ?) quelques morceaux de rock 100 % punk juste avant leurs idoles. Avec le recul, on se dit que le contraste entre les bambins et les vedettes accentuait le caractère crépusculaire du concert.
Parce que chaque concert de CLASH était une catharsis, ce groupe ne pouvait pas durer.  

 
Le temps a passé, mais le souvenir des bulles temporelles est bien vivace : les marchands du temple l’ont d’ailleurs toujours compris.

Alexandre Anizy

Avis mitigé pour Dominique SYLVAIN

Publié le par Alexandre Anizy

Dominique SYLVAIN a reçu le grand prix littéraire des lectrices de ELLE en 2005 pour son polar « passage du désir », qui est son 8ème roman (poche j'ai lu, janvier 2007, 283 pages, 6 €)
C’est bon. Aussi bien dans la consistance des personnages, l'intrigue ficelée et bien agencée, le style en adéquation avec les profils psychologiques et sociologiques des protagonistes.   

Par contre, « la fille du samouraï » (poche j'ai lu, 6,70 €) nous a beaucoup déçu : impossible de rentrer dans le roman. Abandon page 68.

Alexandre Anizy

Alicia GIMENEZ BARTLETT à lire de toute urgence

Publié le par Alexandre Anizy

Ceux qui apprécient le genre « polar » doivent impérativement lire Alicia GIMENEZ BARTLETT, si ce n’est déjà fait.

Vous trouverez ses romans, « rites de mort » (rivages poche n° 352), « le jour des chiens »  (rivages poche n° 421) et « les messagers de la nuit » (rivages poche n° 458) dans toutes les bonnes librairies.

A lire de préférence dans l’ordre chronologique, pour suivre l’évolution des personnages, l’inspectrice Petra DELICADO et son adjoint GARZON. Chicanons : une légère baisse de régime dans le 2ème ouvrage.

« Des serpents au paradis »  (Rivages poche n° 636) vient de sortir : il est dans notre besace pour cet été !

Alexandre Anizy

Andrea H. JAPP l'artisan

Publié le par Alexandre Anizy

Comme Fred VARGAS, Andrea H. JAPP est le pseudonyme d’une chercheuse qui s’est mise à la littérature, et le polar en particulier, vers 1991, après avoir essayé la peinture (et le macramé ?).

Mais contrairement à Fred VARGAS, Andrea H. JAPP publie beaucoup, parce qu’elle possède des facilités d’écriture. A notre avis, cet excès nuit à la singularité de l’auteur : ses romans sont en général habilement ficelés et d’un style limpide, comme le fruit d’un travail d’artisan, mais ils ne marquent pas le lecteur. Voilà toute la différence !

Alexandre Anizy

Fred VARGAS la reine du rompol

Publié le par Alexandre Anizy

Il eût été incongru de ne pas vous dire deux mots sur Fred VARGAS, celle qu’il faut bien considérer comme la reine du « rompol » : elle est unique et géniale.

Comme nous avons tout lu (?), nous pouvons vous conseiller de commencer au moment où la « touche VARGAS » apparaît : à notre avis et de mémoire, elle débute avec « l’homme aux cercles bleus ».

Alexandre Anizy

Stéphane OSMONT à la corbeille !

Publié le par Alexandre Anizy

Si John McLAREN vaut le détour (d’un point de vue littéraire), on ne peut pas en dire autant du roman « le capital » de Stéphane OSMONT (Grasset, janvier 2004, 589 pages, 21,50 €).
Si le début intéresse, la suite est un invraisemblable dérapage incontrôlé.

Le verdict est sans appel pour « le capital » : à la corbeille !

Alexandre Anizy

P.s : cet auteur a le goût des titres racoleurs puisqu’il a publié ensuite « le manifeste ».

John McLAREN un bon plan question finance

Publié le par Alexandre Anizy

Pour ceux qui aiment les polars dans le milieu de la finance, notamment les fusions acquisitions, John McLAREN a écrit un ouvrage sympathique avec « les taxis noirs » (poche points n° 1123).

Alexandre Anizy

Philippe DJIAN un reste à emporter

Publié le par Alexandre Anizy

Nous avons découvert Philippe DJIAN en 1986 avec « maudit manège » : c’était aussi l’année où sortait le film de Jean-Jacques BEINEIX tiré du roman « 37°2 le matin » que nous n’avons pas lu pour cause de cinéphilie. Quelques années après avoir lu Charles BUKOWSKI, nous avions l’impression de retrouver une ambiance, une certaine philosophie de la vie où on décapsule beaucoup de canettes de bière : un écrivain, putain, c’est d’abord le style … nous répétait souvent DJIAN à cette époque. On a toujours rien contre ce principe.
Bref, on aimait bien DJIAN et on a continué à l’apprécier malgré les snobinards germanopratins.

Justement, « ça, c’est un baiser » (Gallimard 2002, 384 pages, 19,90 €) fut éreinté par la critique à sa parution. Pourtant, un polar à la façon de DJIAN mérite le détour. Contrairement à ce que dit un article du Monde ou de Libération du moment, le roman est bien construit et l’auteur a su adapter son style au genre policier.
Ce n’est pas du CRUMLEY en version française, c’est du DJIAN en noir ! 

Parce que c’est un écrivain, DJIAN essaie tous les genres : il faut croire que c’est son plaisir. Ainsi, il s’est coltiné au genre érotique avec « vers chez les blancs » (Gallimard, 2001), à sa manière toujours, mais en ayant bossé son sujet, le bondage en l’espèce.
En ce moment, il s’adonne, avec succès semble-t-il, à la série américaine avec son « doggy bag ».

Pour ceux qui apprécient ou apprécieront le lascar, nous signalons son livre « ardoise », où il rappelle sa dette envers quelques écrivains. Tout en évoquant ces créanciers, il continue à parler de lui.
Citons : « (…) qui donc oserait prétendre que le style n’est qu’une question de musique ? (…) Il est donc temps d’ajouter que le style est à la fois une musique et une manière de regarder les choses, ou si l’on préfère une attitude ou encore une façon d’être, ou un point de vue, dans le sens où il s’agit de choisir la place, l’emplacement à partir duquel on observera le monde. » (Ardoise, Julliard, page 30).
Du grand DJIAN, comme d’habitude.

Alexandre Anizy

Leif DAVIDSEN vaut MANKELL ou NESBO

Publié le par Alexandre Anizy

Nous avons découvert cet auteur danois avec son livre « la femme de Bratislava » (folio janvier 2006 ; éditions Gaia 2004, édition originale Danemark en 2001).
Du grand art. Rien à jeter dans cette histoire policière dans le monde de l'espionnage sur fond de guerre des Balkans.

Puisque quand on aime, on ne compte pas, nous avons enchaîné avec "le Danois serbe" (éditions Gaïa 2001) : un franc-tireur serbe bosniaque est recruté par la mafia russe, qui a accepté un contrat de l'Iran sur une femme écrivain, genre Rushdie. La cible sortira de la clandestinité à Copenhague.  Une histoire bien ficelée et bien écrite.

Nous plaçons Leif DAVIDSEN à la hauteur de Henning MANKELL, ou de  Jo NESBO dont nous avons parlé dans une note précédente.

Alexandre Anizy

L'actualité de Roger VAILLAND

Publié le par Alexandre Anizy

Les élucubrations des uns et des autres sur le « travailler plus pour gagner plus » et l’enthousiasme de la patronne du MEDEF, l’héritière PARISOT (voir note d’hier), nous ont ramenés à la littérature : au livre « 325.000 francs » (poche, 3,33 €) de Roger VAILLAND précisément.

Cette histoire d’ouvriers qui décident de travailler plus, beaucoup plus, pour sortir de leur condition, nous semble particulièrement d’actualité. La fin donne à méditer.

Peu importe le parcours politique de l’écrivain ou son éthique de libertin.

Alexandre Anizy