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notes generales

EDF : le Capital à la manoeuvre

Publié le par Alexandre Anizy

Aujourd'hui dans le Journal Du Dimanche, deux cadors de l'oligarchie apportent leur soutien au projet anglais insensé de EDF.

Nous passons vite sur l'incompétent Pierre Gadonneix, qui a le talent de transformer des carrosses en citrouilles, et à qui EDF doit des milliards de dépréciations pour son internationalisation ratée :

http://www.alexandreanizy.com/article-etincelles-d-edf-et-pierre-gadonneix-sevit-toujours-59188609.html

Quant à Thierry Breton, dont nous avons déjà dit le bien que nous en pensons,

http://www.alexandreanizy.com/article-thierry-breton-un-autre-professeur-tournesol-de-l-econo-globish-44309717.html

son propos est plus intéressant, puisqu'il vient de défendre à la commission des Affaires étrangères son projet européen de sécurité et de défense, qu'il résume ainsi :

« L'Etat doit faire tourner ses participations au mieux de ses intérêts patrimoniaux. Je déplore qu'il n'ait pas su le faire entre 2007 et 2012, période durant laquelle il n'a rien vendu. Aujourd'hui, nous pouvons profiter d'une abondance de liquidités à taux zéro, voire négatifs. Cela crée une opportunité exceptionnelle pour les investissements à long terme. Pour financer des projets de modernisation de pans entiers de notre économie en matière de transport, de transition énergétique, de réseau haut débit en créant des fonds d'infrastructure. C'est l'idée que je défends à travers la création d'un fonds européen de sécurité et de défense. »

L'élisphère approuve le projet en filigrane, puisque Breton a fait un tabac à la commission.

Nous observons donc ce dimanche une montée au créneau des administrateurs de l'oligarchie pour encourager EDF dans ce projet des 2 EPR anglais. On remarque aussi la prudence du président de EDF Jean-Bernard Lévy qui veut toujours y aller, mais en s'assurant dès maintenant que l'Etat français crachera bien au bassinet au moment catastrophique.

Alexandre Anizy

EDF et SNCF sont 2 futurs Titanic

Publié le par Alexandre Anizy

Au début des années 2000, pour se mettre en conformité avec le dessein bruxellois du "marché unique européen", la SNCF fut éclatée. L'infrastructure du réseau ferroviaire fut logée dans RFF. Des technocrates imbéciles crurent malins de charger d'un maximum de dettes cette nouvelle société, délestant du même coup le fardeau de ce qui restait de la SNCF, ce qui lui permettait de continuer à s'endetter pour financer son développement "tout TGV". Dès sa naissance, RFF n'a jamais eu et ne pouvait pas avoir la possibilité de réussir sa mission : nous étions peu nombreux à le dire à cette époque. A peine 15 ans plus tard, quelle est la situation du rail en France ?

  • le FRET (transport de marchandises) est passé de 55 milliards de tonnes par Km au début des années 2000 à moins de 20 milliards en 2014 ;
  • la dette du groupe SNCF s'élève à 44,4 Milliards d'euros, celle de Sncf Réseau (i.e. l'ex RFF) s'élève à 34 Milliards d'euros en 2014 et elle augmente chaque année de 3 Milliards ;
  • faute de moyens financiers, les infrastructures et les matériels n'ont pas été entretenus dans un état satisfaisant, ce qui est la cause de l'accident de Brétigny.

On peut dire en résumé que le rail français s'est approché dangereusement de la situation anglaise de 1980 : le délabrement.

Nous pensons que cette situation n'est pas pour déplaire à certains, comme nous allons l'expliquer.

Dans ses comptes 2015, le groupe SNCF a déprécié la valeur de ses actifs de 12 Milliards d'euros : 2,5 Mds pour Sncf Mobilités et 9,5 Mds pour Sncf Réseau. Concernant la première entité, le parc de TGV est dévalorisé de 1 Md, et comme la nouvelle ligne Tours - Bordeaux est jugée déficitaire avant même son ouverture en 2017 (comment peut-on en arriver à cette situation lamentable alors que nous sommes sur un marché mature ?), ils complètent de 1 Md pour les rames récemment acquises. A ceci, il faut ajouter une dépréciation de 450 millions pour les actifs de Gare & Connexions, la filiale de Sncf Mobilités qui détient les gares, suite à une décision de l'Autorité de régulation ferroviaire (Arafer) lui demandant de baisser ses prix pour l'utilisation de ses équipements. Concernant l'entité Sncf Réseau, la valeur des voies ferrées est maintenant de 33 Mds, soit une diminution de 10 Mds : la dette de Sncf Réseau étant refinancée à hauteur de 6 Mds chaque année, le coût de cette opération va forcément augmenter à cause de la baisse de cet actif.

On pourrait penser que ce nettoyage de bilan est le premier pas vers un retour à une gestion sérieuse de la SNCF. Que nenni ! Le 1 mars, l'Autorité de régulation du fer (Arafer), toujours elle, a d'une part refusé l'augmentation des tarifs de péage demandée par Sncf Réseau, et d'autre part exigé une remise à plat générale des tarifs de cette entité... parce qu'ils seraient trop chers, notamment pour les TGV. Faisons ici 2 observations :

  • si Sncf Réseau baisse ses tarifs, son problème crucial d'aujourd'hui, à savoir l'insuffisance de l'investissement et la maintenance du réseau, va s'aggraver : compte tenu de ce qu'il convient de penser des "départs pour convenance personnelle" dans le monde des affaires, n'est-ce pas pour cette raison que son président Jacques Rapoport a démissionné le 19 février 2016, refusant de cautionner cette fuite en avant irresponsable qui provoquera d'autres accidents, d'autres "futurs homicides involontaires de voyageurs" ? ;
  • croyez-vous que Sncf Mobilités pourrait profiter de la future baisse des prix pour redresser ses comptes ? Non ! Il va l'utiliser pour baisser les prix des billets des voyageurs, afin de remplir les fameux TGV low cost, comme disent ces pédants.

Le médiatique Guillaume Pépy a beau se gargariser des "vrais chiffres" 2015, selon son expression, à savoir 2.000 suppressions d'emplois et 653 millions d'économie dans les frais généraux (comme il dirige "sa structure" depuis de nombreuses années, on est en droit de poser 2 questions : n'y-avait-il pas avant 2015 une gabegie acceptée par le même Pépy ? ou bien n'est-ce pas encore des économies qui fragiliseront au final l'entreprise ?), la réalité le rattrapera à nouveau comme à Brétigny, parce que la fuite en avant prévaut dans le groupe SNCF.

Cette fuite en avant que nous dénonçons, on la retrouve aussi dans les agissements scandaleux de certains dirigeants du rail dans l'instruction judiciaire en cours pour l'accident de Brétigny. En effet, grâce au Canard enchaîné, le public sait que la "Direction de la SNCF" a mis à la disposition du personnel, avant son audition par les juges d'instruction, de "conseillers juridiques maison" pour les briefer (ce conseil par exemple : aller les mains vides à l'audition... c'est aux juges de poser les bonnes questions, de trouver les documents, n'est-ce pas ?). Pire : les juges ont découvert qu'un haut cadre de la SNCF a sollicité des faux documents visant à montrer qu'il y aurait eu une maintenance effectuée sur le site de Brétigny... et un fort soupçon entoure justement une fiche technique allant dans ce sens (comment un technicien, qui ne se souvient pas d'avoir réparé l'aiguillage, peut-il avoir rédigé une fiche pour ce travail alors même que les tableaux de service indiquent qu'il ne bossait pas à Brétigny ce jour-là ?). Pour nous, la messe est dite : quand une entreprise joue aux marges de la légalité et voire plus pour masquer ses fautes, il est à craindre que l'effondrement moral des dirigeants et le délabrement des biens conduiront à de nouvelles catastrophes.

Venons-en au fond : force est de constater que la loi ferroviaire d'août 2014, qui a reconstitué le groupe ferroviaire SNCF avec 2 entités (Sncf Mobilité et Sncf Réseau), n'a en fait rien résolu du point de vue financier. Pourquoi ? Parce que la SNCF doit être in fine privatisée, pour répondre au mieux aux exigences de la Commission Européenne pour le "marché unique" (conçu en 1985 par le social-traître Jacques Delors). Si on garde en vue cet objectif ultime, on comprend que le nettoyage du bilan 2015 ne peut que plaire aux futurs acheteurs potentiels (nous faisons l'hypothèse que la montagne de dettes sera comme d'habitude logée dans une société publique ad hoc lors de la casse finale, selon le principe maintenant bien connu du public : privatisation des profits, socialisation des pertes) ; on comprend aussi que l'administration effarante de l'énarque Guillaume Pépy est en adéquation avec l'objectif de privatisation, et c'est parce qu'il respecte sa feuille de route que ce sinistre individu est indéboulonnable (la rumeur dit qu'il chercherait un nouveau poste prestigieux pour descendre au plus vite du train : on le comprend... laisser couler une nouvelle fois une larme photogénique sur le site d'un prochain accident dramatique, ça ferait un peu chochotte).

A ce jour, EDF a un endettement de 37,4 Milliards d'euros, et elle a chiffré à 55 Milliards les travaux de carénage (amélioration de la sûreté de ses 58 centrales) entre 2014 et 2025, un montant que la Cour des Comptes a porté à 100 Milliards d'ici 2030. A cette montagne de dettes, est-il raisonnable d'en ajouter 23 Milliards avec les 2 EPR anglais, sachant que le gouvernement anglais a déjà abandonné sa principale promesse ?

Quant à la technique, parlons-en avec le désastreux chantiers de Flamanville (6 ans de retard, un coût passé de 3,5 à 10 Milliards d'euros) :

« Les cuves d'EPR doivent avoir en tout point une résistance d'au moins 60 joules, or certaines zones sont loin du compte, parfois même à 36 joules seulement. Mais l'Autorité de sûreté nucléaire (qui n'a aucune autorité sur les exploitants et n'assure absolument aucune sûreté) cherche par tous les moyens - dérogations, comités d'experts, diversions, écrans de fumée, poudre aux yeux, etc. - à autoriser EDF à utiliser quand même sa cuve défaillante. » (1)

Car en 2015, malgré la mise en garde de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) sur le rejet de la calotte inférieure et du couvercle, ce qui serait une catastrophe (pour démonter le fond de la cuve déjà installé, il faudrait casser une partie du cœur nucléaire... soit encore des années de retard pour ce chantier !), AREVA et EDF ont décidé de continuer les travaux : « C'est un pari industriel, un pari économique que nous assumons » (2), a déclaré un directeur d'EDF (approuvé par son collègue d'AREVA). En entendant de tels propos incongrus, il n'est pas exagéré d'affirmer que ce dossier est géré à la roulette russe.

Il faut maintenant évoquer la nouvelle mission de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) dévoilée par son directeur, Jacques Repussard :

« Après l'accident de Fukushima, (...) et l'IRSN a maintenant une mission de pédagogie vis-à-vis du public. La doctrine elle-même n'a pas changé (...). Mais le problème de calcul, lui, reste entier, avec celui des marges de sécurité retenues pour décider des limites et de la durée de l'évacuation. » (3)

Dit autrement : on conteste le thermomètre... et on bourre le crâne du public (c'est ce qu'ils appellent "faire de la pédagogie") grâce aux avis péremptoires de nouveaux experts (en phase avec la "nouvelle mission").

Quand les experts commencent à changer les cadres pour que les données tombent dans la nouvelle configuration autorisée, nous sommes concrètement dans la manipulation scientifique, ce qui n'augure jamais rien de bon.

D'ailleurs, en parlant d'experts, en voici un qui doit être bien informé de ces questions puisqu'il est membre du Conseil d'AREVA NC (on imagine qu'il n'est pas là pour toucher les jetons de présence, n'est-ce pas ?), l'économiste Pierre-Noël Giraud : il annonce quelques Fukushima d'ici la fin du XXIIe siècle :

« Certaines zones, peut-être très vastes, seront abandonnées aux déserts, y compris radioactifs en raison de quelques Fukushima que nous n'éviterons pas. » (4)

Pierre-Noël Giraud, vous pouvez le croire puisque "c'est pas un imbécile, c'est un polytechnicien", aurait pu dire Fernand Raynaud.

EDF est en difficulté, à la fois industrielle et financière. Après une première connerie en Angleterre, le rachat aberrant de la société British Energy (achetée 15,8 Mds€, l'entreprise ne cesse d'être dépréciée dans les comptes EDF car elle a été surpayée),

http://www.alexandreanizy.com/article-20239227.html

et

http://www.alexandreanizy.com/article-21844867.html

tout est en place pour en commettre une nouvelle avec le projet Hinkley Point qui pourrait devenir l'iceberg coulant l'EDF-Titanic déjà délabré.

La valeur boursière d'EDF a déjà explosé, passant de 87 € à 10,15 € (8 mars 2016 à 14h40). Si le Pdg Jean-Bernard Lévy et son Conseil d'administration se lancent dans la folle aventure des 2 EPR anglais, c'est l'entreprise qui implosera du fait de sa dette et/ou des futurs accidents industriels.

D'un autre point de vue, ce projet anglais, soutenu par le ministre banquier Emmanuel Macron - énarque vaguement philosophe et prétendument économiste -, s'il occasionne une future cessation de paiement d'EDF, n'est-il pas un moyen simple et juteux pour les banques et les autres acteurs financiers de mettre la main sur EDF via une privatisation au rabais qui laisserait le "bon business au marché" et les dettes dans une société publiques ad hoc ?

En conclusion, nous disons que SNCF et EDF sont 2 Titanic plombés par leurs dettes : l'iceberg qui se dressera devant ces 2 entreprises se nomme "délabrement", et il causera la chute définitive suite à un accident d'ordre financier ou catastrophique.

Alexandre Anizy

(1) Stéphane Lhomme, dans La décroissance, février 2016.

(2) Canard enchaîné du 2 mars 2016.

(3) Journal Du Dimanche du 6 mars 2016.

(4) L'homme inutile. Du bon usage de l'économie, Odile Jacob, octobre 2015, p.115.

Enfin un honnête politicien !

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis 32 ans, l'élisphère a laissé prospérer des hommes dont nous n'aurions pas signé le certificat d'honorabilité : les Balkany à Levallois-Perret, le Tapie sous Mitterrand et Sarkozy, etc. Il ne fallait pas être trop scrupuleux : l'essentiel était que tous les néo-conservateurs se tiennent la main pour imposer la farandole européiste.

Lundi 7 décembre 2015, chose rarissime, un politicien a fait ce qu'il avait dit : pas de fusion, pas de consigne de vote, conformément à son slogan "ni système, ni extrêmes".

Nicolas Dupont-Aignan est un honnête homme.

Il arrive que de belles fleurs poussent sur du fumier.

Alexandre Anizy

Le pro japonais Carlos Ghosn ne mord pas la main

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis le début de l'année 2015, le brésilo-libano-français Carlos Ghosn (PDG de Nissan) est à la manœuvre chez Renault, dont il est aussi le PDG, pour obtenir ce qu'il appelle un "rééquilibrage de l'alliance Renault - Nissan" : en avril, il s'agissait "simplement" d'accorder des droits de vote à Nissan ... maintenant, dans un document de 3 pages, le représentant de Nissan au conseil d'administration de Renault Hiroto Saikawa (missi dominici) revendique une augmentation de la participation de Nissan dans Renault pour que les niveaux de participations croisées des 2 partenaires soient équivalents (entre 25 et 35 % chacun).

Rappelons le premier fait essentiel. En 1999, Nissan est en grande difficulté avec un endettement de 200 milliards francs : en apportant 33 milliards de francs pour 37 % du capital du constructeur japonais, Renault sauve de la faillite la bande dirigeante et les actionnaires de Nissan. Puis le deuxième fait : c'est à la tête d'une équipe restreinte (20 salariés de Renault) que le directeur des opérations Carlos Ghosn va redresser la société Nissan en la réorganisant.

Aujourd'hui les naufragés japonais, qui n'ont pas été les meneurs du changement drastique et profitable chez Nissan, réclament "simplement" une part équivalente du pouvoir. De quel droit et au nom de quoi ? Prendre comme argument leurs respectives capitalisations boursières est ridicule, quand on sait que celle du tricheur Volkswagen vient de fondre de 20 % en une semaine après la découverte de sa fraude.

Hors stock-options, en 2010 : en tant que PDG de Nissan, le brésilo-libano-français Carlos Ghosn gagnait 6,8 millions d'euros ; en tant que PDG de Renault, le brésilo-libano-français Carlos Ghosn ne gagnait que 1,2 millions d'euros ; cette année-là, le salaire total de Carlos Ghosn est presque le double du meilleur salaire des patrons français (4,4 millions d'euros pour Frank Riboud, chez Danone). Alors dans la bataille interne de "l'Alliance", le manageur mondialisé Carlos Ghosn est pro japonais, parce qu'en homme sage - c'est une hypothèse-, il ne mord pas la main qui le nourrit le mieux.

Alexandre Anizy

DSK the country killer ose la leçon à l'Allemagne

Publié le par Alexandre Anizy

Dominique Strauss-Kahn, l'oracle de la bourgeoisie d'affaires, vient d'ouvrir un compte sur les réseaux sociaux, où il va pouvoir gazouiller ad libitum. Il commence très fort ce week-end avec sa lettre à un ami allemand à propos de la Grèce.

Or, qui était le patron du FMI, que nous pouvons surnommer the country killer institution, lorsque le massacre économique de la Grèce a commencé ? DSK.

Quel ministre a permis à Jean-Luc Lagardère de commettre le hold-up du siècle lors de la création de la société EADS ? Encore DSK. (1)

Quand on élève l'incompétence à ce niveau stratosphérique, on mérite le titre de champion du monde.

Puisque nous sommes dans le conseil avec la lettre de DSK, donnons lui gratuitement celui de rester dans son vrai domaine d'expertise :

monsieur DSK, retournez forniquer à l'insu de votre plein gré les putes de Lille ou Marrakech ou Hambourg ou etc. !

Alexandre Anizy

(1) lire notre billet

http://www.alexandreanizy.com/article-7183428.html

Le resquilleur Carrez cache le scandaleux Macron

Publié le par Alexandre Anizy

            Pendant le week-end, la télévision d'Etat serinait la petite affaire Gilles Carrez, ce député briscard auteur d'une loi complexe dans l'immobilier qui a essayé de resquiller les Recettes publiques au moyen d'une lecture bizarre des règles relatives à l'ISF, un impôt que les riches cupides n'aiment pas payer. Cet homme-là doit faire partie du club des "qui ne tente rien n'a rien"...

            Laissons monsieur Carrez avec sa morale à deux sous.

 

            Pendant ce week-end, la télévision d'Etat n'a rien dit sur le scandaleux Emmanuel Macron, alors que le magazine Marianne venait de révéler qu'il avait bossé chez Rothschild tout en restant haut fonctionnaire, ce qui est bien entendu interdit.

 

NB : lecteur (rapide et occasionnel) de ce magazine, nous n'avons aucune sympathie pour Marianne, dirigé par la fripouille intellectuelle Joseph Macé-Scaron (1), ou pour Mediapart, dirigé par un Edwy Plenel qui doit sa carrière à ses "amis" de la Police, avec un Fabrice Arfi qui semble protéger ses "amis" de la Justice (2).

 

            Il semble d'ailleurs que le scoop de Marianne n'ait pas été repris par la grande presse. Il est vrai qu'elle vit plus ou moins bien grâce aux subventions de l'Etat... L'Elysée et Matignon auraient-ils veillé à la tranquillité de monsieur Macron ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Joseph Macé-Scaron est un plagiaire patenté.

(2) Mediapart refuse de publier une tribune sur la juge d'instruction Patricia Simon (les écoutes de Sarkozy de Nagy Bocsa) que la grande presse a encensée...

 

Les raisons de la Berluskozy

Publié le par Alexandre Anizy

            Comme le maître italien expert en bunga bunga est revenu au pouvoir pour faire voter des lois ad hoc qui l'ont libéré des affaires judiciaires, nous pensons que les motivations de l'élève Sarkozy de Nagy Bocsa pour sa reconquête ne valent pas mieux.

            La France aura donc la berlue.

 

 

Alexandre Anizy

 

Avec Amazon pour la baisse du prix des livrels

Publié le par Alexandre Anizy

            Amazon a lancé une offensive commerciale mondiale pour arracher une baisse du prix des livrels : Amazon veut un prix public maximum de 9,99 $ pour la première édition numérique (sa cible Hachette les vend actuellement entre 12,99 et 19,99 $), avec une nouvelle répartition monétaire du prix hors taxe : 50 % pour l'auteur, 30 % pour le distributeur et 20 % pour l'éditeur.

            Nous appuyons cette offensive (1), parce qu'elle avantage le lecteur sans nuire aux auteurs.

            Bien sûr, nous n'ignorons pas l'objectif réel d'Amazon : d'abord augmenter sa part de marché pour enfin rentabiliser ses investissements, puis être en mesure d'imposer le prix public qui lui permettra d'éliminer des adversaires (Amazon prendra soin d'en laisser sur le tapis pour ne pas tomber sous le coup des lois). Depuis 20 ans, il faut savoir qu'Amazon n'a pas beaucoup gagné d'argent avec les livres, autrement dit que la pertinence de son modèle économique reste à démontrer.

            Ce sont les spéculations boursières qui ont monstrueusement enrichi certains actionnaires d'Amazon, avec en première ligne le fondateur Jeff Bezos, et non pas les résultats économiques de l'entreprise.

           

            Connaître le dessein final du marchand Bezos ne peut pas être une raison suffisante pour s'opposer à une offensive bénéfique pour le lecteur, l'auteur, et même l'éditeur.

 

            Passons sur ces auteurs établis sur le marché, 909 Américains et plus de 1.188 Allemands, qui ont pétitionné pour la défense de leurs revenus et accessoirement de leurs éditeurs, laissant le lecteur à sa peine. Pour eux, faudrait-il que rien ne change ?

 

            Examinons plutôt la riposte des éditeurs. Leurs arguments sont pour l'essentiel :

  • si Amazon devient dominant, il abusera de sa position ;
  • si Amazon devient dominant, l'offre éditoriale s'appauvrira ;
  • le service d'autoédition d'Amazon ne rend pas le service que l'éditeur assure aux auteurs, à savoir la promotion et la diffusion mondiale.

            Nous constatons que du point de vue économique le lecteur ne fait pas partie des préoccupations des éditeurs. Est-ce bien raisonnable ? Quant à la promesse d'une offre éditoriale non restreinte par les critères de rentabilité ou d'idéologie (i.e. la pensée unique, la morale, etc.), chacun devrait savoir ce qu'il faut penser des promesses...

            Alors les éditeurs sont-ils d'horribles conservateurs ? Non, évidemment. Mais ils ne veulent pas tuer la poule aux oeufs d'or en devenant des entrepreneurs schumpéteriens, c'est à dire s'emparer d'une innovation technique pour changer la donne. En effet, si les éditeurs prenaient en main la diffusion des livrels, voici les avantages que le marché en tirerait :

  • le prix maximum de 9,99 $ serait possible pour le plus grand bénéfice du lecteur, sans nuire aux profits des éditeurs...
  • puisque la répartition du prix hors taxe serait de 50 % pour l'auteur, 50 % pour l'éditeur ;
  • aucun argument économique sérieux justifierait la restriction de l'offre éditoriale.

            Mais pourquoi les éditeurs n'agissent-ils pas dans ce sens ? Il faut croire qu'ils préfèrent pour l'instant maintenir l'illusion d'un marché libre du livre que les gentils libraires orienteraient par leurs conseils gracieux aux lecteurs non conditionnés. Le marché du livre étant déjà concentré au niveau mondial, il importe à l'édition de ne pas apparaître comme une banale industrie où le poids du capital pèse sur le choix du lecteur.

 

            Que fait le ministre de la Culture Aurélie Filippetti dans cette bataille (2) ? Il défend les mastodontes de l'édition au détriment du consommateur, au nom du pluralisme. Les saloperies se font toujours en vertu des grands principes. Au moins en tant qu'écrivain, madame Filippetti reste constante dans la reconnaissance du ventre et du reste, puisqu'elle disait déjà en 2012 :

            « Et moi je l'ai ressenti en tant qu'auteur : j'aurais pu écrire le même livre que celui que j'ai rédigé (Les derniers jours de la classe ouvrière, 2003). Mais si je n'avais pas eu Jean-Marc Roberts (le patron de Stock), le résultat n'aurait pas été le même. On a besoin de  cette médiation, pour se reconnaître, soi-même, comme auteur, et pour savoir que son texte est vraiment un livre. Tous les textes ne sont pas des livres. C'est l'éditeur qui fait la littérature. » (cité par Pierre Assouline, Monde des Livres du 5 juillet 2012)

            Comme vous y allez, madame Filippetti ! Disons plus judicieusement que l'éditeur fait son commerce, et qu'il doit offrir pour cela un produit de qualité (et à son goût, et plutôt conforme aux idées dominantes du moment, etc.), ce qui lui impose parfois de demander à des auteurs de revoir leurs textes. Comment l'éditeur choisit-il un auteur ? Le cas de figure de l'auteur Filippetti est un bon exemple (mais il n'est pas le seul, évidemment) : nous avons un Normalien (2 avantages compétitifs à cette filière : il sait écrire, et vous aurez un accueil favorable du réseau de l'Ecole Normale Supérieure, ce qui limite le risque du fiasco commercial), qui plus est jeune adhérente du parti des Verts devenue membre du cabinet ministériel d'Yves Cochet à peine sortie de l'école, ce qui lui permit d'être élue conseillère municipale du Ve arrondissement de Paris en mars 2001, à 28 ans... Pour l'éditeur Roberts, il y avait là une belle histoire, tout ce qu'il faut pour la promotion du livre (Les derniers jours de la classe ouvrière, 2003) dans les médias. Ainsi, que l'auteur devenu ministre Filippetti ne crache pas dans la soupe de l'édition, qui lui reprocherait cette attitude ô combien morale ?

 

 

            En résumé, pour la baisse du prix des livrels nous soutenons l'offensive d'Amazon et rejetons la position des éditeurs tenue pour de mauvaises raisons.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Nous n'avons pas attendu Amazon pour dire ce que nous pensons du marché du livre

http://www.alexandreanizy.com/article-la-loi-lang-nuit-gravement-a-la-culture-122057518.html

 

(2) Tout le bien que nous pensons de madame Aurélie Filippetti dans :

            http://www.alexandreanizy.com/article-29282017.html

            ET

http://www.alexandreanizy.com/article-32658578.html

 

Pour le football d'art comme Jean-Claude Michéa

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans le numéro d'été du mensuel d'Elisabeth Lévy, Causeur (1), on donne au philosophe Jean-Claude Michéa l'occasion d'exprimer son analyse sur le football :

« Mes textes sur le football ont toujours eu pour objectif, en effet, de montrer que la colonisation croissante de ce sport par la logique libérale - " l'arrêt Bosman " en a été l'un des moments-clés - ne peut conduire qu'à en dénaturer progressivement l'essence populaire, jusqu'à affecter aujourd'hui la philosophie du jeu elle-même. »

Pour autant, il est faux de penser que la majorité du public populaire aurait renoncé au futebol d'arte, et choisi le futebol de resultados : la sérieuse désaffection du public français pour son équipe façon Raymond Domenech en atteste (les sponsors ont bien chiffré le désamour en voyant la baisse de leurs chiffres d'affaires !).

 

            Pourtant, force est de constater que l'esprit du futebol de resultados dominent largement sur la planète. Mise à part l'équipe du Barça de Pep Guardiola, qui peut-on citer aujourd'hui en exemple de futebol d'arte ? Certainement pas l'équipe du Brésil qui vient de s'autodétruire ! Pourtant, la catastrophe était prévisible, et quasiment souhaitée avant le match fatal par Paulo Cesar pour que le Brésil ait l'opportunité de changer (2). Certainement pas l'Allemagne, parce que les commentateurs oublient trop vite les faiblesses révélées lors des matchs de poules, et parce qu'un commentateur averti comme Bixente Lizarazu a bien noté qu'il fallait rendre hommage aux qualités défensives des attaquants, notamment Klose. Que le buteur soit félicité par Lizarazu pour son travail défensif en dit long sur le jeu collectif allemand, fondé sur l'esprit du futebol de resultados. Pour mémoire, nous rappellerons ici que l'équipe allemande a gagné sa première Coupe du monde en 1954 (en battant la magnifique équipe d'Hongrie de Puskas), parce que ses joueurs étaient dopés comme des mules ! Par respect pour l'artiste Maradona, nous ne parlerons pas de la désespérante et soporifique équipe d'Argentine d'aujourd'hui.

 

            Autant vous dire que la finale Allemagne - Argentine de dimanche sera oubliable ... à moins d'un nouvel effondrement collectif qui créerait du spectacle !

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Cette référence n'est en aucune façon une incitation, encore moins un encouragement, à acheter cette presse bien-pensante.

 

(2) Entretien de Paulo Cesar dans Le JDD du 6 juillet 2014.

 

L'art de la Blitzverkauft de Patrick Kron

Publié le par Alexandre Anizy

            Le Pdg d'Alstom Patrick Kron a mené dans le plus grand secret des discussions avec General Electric, si on donne un peu de crédit au ministre Arnaud Montebourg. Puis il a attisé les feux, pour que l'offre de GE demeurât la seule complète au moment d'un vote précipité du conseil d'administration : l'art de la Blitzverkauf. N'est-ce pas la règle dans la nouvelle grammaire des affaires au temps de la mondialisation ? 

 

            Sitôt le dépeçage d'Alstom  bien accroché, Kron a lancé la phase personnelle de son programme : un plan de communication à faire pâlir d'envie le moindre des perdreaux du global business. Nous ne vous renverrons évidemment pas au magazine populiste dirigé par un fils à maman, puisque l'article affiche un surdosage de cirage : "Comme tous les grands fauves", "c'est un combattant", "il a la peau dure", "il n'a peur de rien", "la tête haute dans l'adversité", etc.  Forcément, dans les 4 pages dithyrambiques, le journaleux n'a pas oublié le petit paragraphe modérateur, histoire d'avoir sa conscience professionnelle toujours en bandoulière : "il est assez agressif et a un don pour se fâcher avec eux. Le client est roi partout, mais pas chez Alstom. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles la société va si mal...". En effet. Mais parlons franchement : ce média peut-il éclairer les lecteurs alors qu'il est dans le FOG ?

 

            Alors, que pensons-nous de ce Kron patron ? Lorsqu'il prend la tête d'Alstom en 2003, le ministre Sarkozy de Nagy Bocsa décide d'intervenir en apportant l'argent des contribuables dans les caisses de l'entreprise. Un grand bol de cash !  Ce qui donna du temps à Patrick Kron pour restructurer le mastodonte. Ni plus, ni moins. Et aujourd'hui, Alstom a de nouveau un besoin impératif de capital. L'histoire se répète donc, mais entre temps, d'aucuns auront pris leurs bénéfices.

 

            Dans cette Blitzverkauft, nous posons la question que personne n'aborde malgré la nouvelle grammaire des affaires au temps de la mondialisation, que 2 exemples édifiants viennent étayer (vente de SFR à Numéricable en 2014 : Jean-René Fourtou aura une fonction correctement rémunérée dans la future structure ; vente de GDF à SUEZ : la rémunération totale Jean-François Cirelli a presque triplé en 2008 (1) pour cause de réalignement sur celles de Suez). Quel pourrait être le bonus - comme ils disent - pour Patrick Kron dans la vente à General Electric ?  

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) CGT.fr du jeudi 9 avril 2009

 

 

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