Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

notes politiques

Qu'est-ce que la politique pour François Hollande ?

Publié le par Alexandre Anizy

            En ce premier jour de matraquage médiatique du culbuto molletiste (les ondes seront saturées en janvier 2015...), nous proposons une réponse à cette question : qu'est-ce que la politique pour François Hollande ?

 

            « La politique n'est que la relation publique entre des êtres humains. La liberté est la régularisation du pouvoir. Les hommes sont fous et voudraient voir l'origine du pouvoir dans la révélation sacrée, dans la nature, dans la race, dans un contrat social, dans la révolution et dans la loi. Moi je leur dis que non. Le pouvoir n'est que l'exercice de la nécessité, le masque de la vertu et le hasard de la fortune.» (p.309/386)

Carlos Fuentes

( La volonté et la fortune, Gallimard,  2014, en livrel à 17,99 € - trop cher !)

 

            Evidemment, cela vaut aussi bien pour son frère siamois : Berluskozy de Nagy Bocsa.

 

 

Alexandre Anizy

 

Etats-Unis : les Zones de Concentration après la torture ?

Publié le par Alexandre Anizy

            Ce mardi 9 décembre 2014, un rapport parlementaire américain va révéler les méthodes réputées secrètes de la torture pratiquée par la CIA depuis le 11 septembre 2001. Sachant que le dit rapport a été expurgé, aura-t-on par exemple la liste et la localisation des sites noirs, la liste des pays amis qui ont accepté d'être un point de transit voire plus dans ce vaste projet de renseignement déshumanisé ? Rien n'est moins sûr.

 

            Puisqu'un grand pays civilisé est capable d'organiser un système tortionnaire à l'échelle planétaire, et parce qu'à Washington, selon Xavier Raufer (1), une centaine de personnes décident de la politique étrangère et de la stratégie militaire des Etats-Unis, il n'est pas inimaginable de penser que ce même pays, compte tenu de son pragmatisme et de son sens développé de la logistique, a déjà dans ses tiroirs secrets des plans pour l'organisation de vastes Zones de Concentration (ZC), où des populations réfractaires à l'ordre américain, donc terroristes ou potentiellement terroristes, seraient parquées pour un contrôle permanent. En effet, les projets spatiaux ont montré que la démesure n'effraie pas le manager américain.

 

            Parce que dans les années 40, un grand pays civilisé comme l'Allemagne a permis et a laissé son "élite" mettre en oeuvre la solution finale (i.e. l'extermination à grande échelle de la population juive), peut-on exclure la possibilité d'une folie américaine ou d'une autre nation dominante ? Non. Il serait déraisonnable de le penser.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Propos tenus au Colloque "2014 : notre monde est-il au bord du gouffre ?" (au Palais Bourbon, le 8 décembre 2014)

L'Etat palestinien sera comme une nouvelle Bosnie

Publié le par Alexandre Anizy

            En Palestine, la France a longtemps tenu une position diplomatique s'évertuant à préserver les intérêts des membres des deux communautés religieuses en conflit, puisque la spoliation des uns par les autres ne devant jamais être considérée comme un fait acquis pour une démocratie qui se respecte. Aujourd'hui, des Etats jadis indifférents ou muets poussent l'élite moisie de la France vers la reconnaissance d'un Etat palestinien fondé sur les décombres d'un pays, parce qu'il faut bien mettre sur la scène médiatique ˗ pour répondre à l'émotion planétaire occasionnée par les bombardements de civils ˗ un projet de paix face aux coups de force militaires incessants d'Israël. Mais est-ce sérieusement une solution d'avenir ?

 

            Nous ne le pensons pas pour trois raisons. D'abord, elle entérinerait les conséquences des actes de guerre condamnés par la communauté internationale. Ensuite, pour avoir une chance d'aboutir, cette proposition serait contrainte d'accepter pour l'essentiel les contours des positions tenues par les deux communautés, ce qui revient à valider la politique de colonisation menée par Israël depuis bientôt 50 ans. Enfin, du point de vue économique, la viabilité de cet Etat palestinien est impossible, si ce n'est au prix d'une perfusion financière internationale et permanente : par exemple, faut-il rappeler ici les études montrant la corrélation entre les implantations juives disséminées et la présence d'eau ?

 

            Si cette idée d'un Etat palestinien se concrétise maintenant, nous affirmons d'ores et déjà qu'il constituera une "nouvelle Bosnie", ce non-Etat corrompu et misérable au coeur des Balkans. Ce ne serait qu'un lâche soulagement pour l'élite moisie qui accorderait ainsi à Israël un nouveau sursis.

 

 

Alexandre Anizy

 

  

Guerre en Ukraine comme au Kosovo ?

Publié le par Alexandre Anizy

            Contrairement à la parole de Bush à Gorbatchev, les Etats-Unis ont bien tiré avantage de la situation en 1990, notamment en laissant l'Allemagne, tant que sa politique étrangère fondée sur le multilatéralisme (1) ne s'oppose pas à la stratégie américaine d'encerclement, contribuée à l'éclatement de la Yougoslavie par ses liaisons secrètes et paramilitaires, par sa diplomatie partisane (2). Ce foyer de guerre n'était pas encore éteint en septembre 1994 que l'Allemagne exprimait clairement sa vision continentale dans le document Schäuble - Lamers (2 responsables politiques du CDU de Helmut Kohl) en posant l'élargissement à l'Est ( une sorte de Neue Ausdehnung ostwärts ) comme une priorité de l'Union Allemande (UE). Comme par hasard, en 1994 la CIA pronostiquait un éclatement de l'Ukraine sur le modèle de la Yougoslavie.

 

            Si en 2008 l'Allemagne (et la France) bloquait le processus d'élargissement de l'OTAN à l'Ukraine, appliquant ainsi le principe multilatéraliste, elle ne le fit pas en 2013 lorsque l'Union allemande (UE) l'inscrit entre les lignes de l'accord d'association et de libre-échange... Or comme Gilles Andréani, nous pensons qu' « autrement lourd de conséquences a été l'élargissement de l'OTAN, qu'il était totalement déraisonnable d'envisager sérieusement pour des pays aussi proches à tous points de vue de la Russie que l'Ukraine et la Géorgie ». (dans Commentaire n° 146, été 2014, page 288) Mais le pouvoir russe étant considéré comme une "menace majeure" puisqu'il exprimerait une volonté de "reconquête impériale" selon le stratège américain Brzezinski (d'origine polonaise), il serait naïf de croire à l'arrêt de l'encerclement de la Russie, une entreprise commencée dès 1990. Pourquoi ? Dans son livre La revanche de la géographie  (3), Robert D. Kaplan donne une réponse en nous rappelant la thèse de Mackinder (de 1919) :

« Le nouveau Heartland correspond donc plus ou moins à ce que deviendrait l'Empire soviétique à son apogée lors de la guerre froide. Ou plutôt devrais-je dire : l'Empire soviétique plus la Norvège, le nord de la Turquie, l'Iran et l'ouest de la Chine. La plupart des Chinois vivant sur les côtes, sujettes à la mousson, le Heartland de Mackinder est une Eurasie centrale qui exclut les zones fortement peuplées de la Chine, de l'Inde et de l'Europe de l'Ouest. »  

En Ukraine, l'Empire américain est une puissance maritime qui poursuit son travail d'encerclement du Heartland  par le biais des Européens otanesques, tandis qu'il se prépare à un choc en mer de Chine.

            Il faut être un atlantiste zélé qui a perdu la rigueur intellectuelle comme Camille Grand pour tenir un raisonnement spécieux visant à démontrer que la Russie est "l'agresseur" dans la crise ukrainienne ; mais comme ce propagandiste de l'Occident ( défini comme « un ensemble géographique et un groupe de pays partageant valeurs et intérêts, est uni pourra préserver une certaine vision des relations internationales et de l'ordre européen pendant la paix froide (4) qui s'annonce » ) penche décidément trop pour l'Empire américain, il finit par se contredire en avouant la finalité réelle de l'accord d'association et de libre échange entre l'Union allemande (UE) et l'Ukraine :

« L'Union européenne avait feint de croire, ou s'était persuadée, que l'accord d'association avec l'Ukraine n'était qu'un accord technique et commercial repoussant à long terme la perspective d'adhésion, alors qu'il s'agit bien d'un choix stratégique perçu comme tel à Kiev et à Moscou. » (dans Commentaire n° 146, été 2014, page 296)

 

            En invoquant l'autonomie et la volonté des manifestants de la place Maïdan mais en s'appuyant sur les nationalistes d'extrême-droite "Secteur droit", qui revendiquent l'héritage du collaborateur ukrainien Bandera de 1941, l'Union allemande (UE) mit le président ukrainien Ianoukovitch démocratiquement élu dans l'obligation de se démettre (5), et elle veilla à l'installation de Porochenko, un autre oligarque compromis qui a le bon goût d'avoir choisi depuis longtemps l'ultralibéralisme et le camp de l'OTAN. Il ne faut pas être dupes de la manœuvre Maïdan : « Un air de "déjà vu", dans la logique des révolutions néolibérales - dites de couleur - ayant frappé l'espace postsoviétique dans la décennie 2000, sous l'impulsion d'ONG à financement anglo-saxon, d'opposants et de relais locaux, sponsorisés par la manne dollarisée des "droits de l'homme". » ( Jean Geronimo, Humanité du 6 août 2014 ) (6)

            Alors la question se pose aujourd'hui : ayant favorisé l'arrivée de Porochenko au pouvoir et compte tenu de la guerre totale qu'il mène contre les Ukrainiens du Donbass, l'Union allemande laissera-t-elle Kiev oppresser la minorité russe après sa probable victoire militaire, comme elle a abandonné la minorité serbe aux mains des criminels de l'UCK ? (7) 

 

            Force est de constater que la pax americana est devenue inordinatio americana.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

(1) Selon Pascal Boniface, une nouvelle forme de puissance qui repose « sur une capacité à jouer sur une toile de fond multilatérale et à s'adapter continuellement à la nouvelle géométrie mondiale », cité par Georges Valance, La revanche de l'Allemagne, éditions Perrin, octobre 1999, page 264.

 

(2) lire nos billets sur ce thème, notamment :

http://www.alexandreanizy.com/article-l-europe-est-morte-a-pristina-en-1999-selon-jacques-hogard-123950760.html

http://www.alexandreanizy.com/article-au-kosovo-l-allemagne-achevait-la-yougoslavie-124277964.html

 

(3) Robert D. Kaplan, La revanche de la géographie, éditions du Toucan, 2014 : chapitre 4 - l'Eurasie est au cœur de toutes les luttes.

 

(4) Le concept de paix froide que reprend à son compte Camille Grand, et qui veut mettre sous tension l'Occident ( « Pour l'OTAN, qui prépare un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement pour les 4 et 5 septembre 2014 au Pays de Galles, la crise ukrainienne impose un retour aux fondamentaux de la défense collective. » ) en ne le plaçant pas dans la posture de "l'agresseur" (rappel : les guerres de l'Occident sont toujours "défensives", pour éviter un génocide, ou pour rétablir la démocratie, ou pour garantir l'autodétermination d'un peuple, souvent les 3 ensemble car c'est plus facile à vendre aux gens dans les médias), ne correspond pas à la réalité des faits actuels. Nous préférons le concept de guerre tiède de Jean Gerenimo, définie « comme la forme actualisée et désidéologisée de la guerre froide, recentrée sur le contrôle des Etats stratégiques - "pivots" - sur les plans politique et énergétique et opposant, in fine, l'axe euro-atlantique UE-USA (via l'OTAN) à l'axe eurasien sino-russe (via l'Organisation de coopération de Shangaï, OSC) », bien que nous soyons dubitatifs sur la solidité de l'axe sino-russe.

 

(5) Le fait d'être un nouveau riche corrompu et une fripouille, comme sa rivale Iulia Timochenko, ne lui retire pas sa légitimité ; comme l'écrit Gilles Andréani, l'Ukraine a « une vie politique inefficace et corrompue jusqu'à l'extravagance »  (dans Commentaire n° 146, été 2014, page 287)

 

(6) Lire aussi le livre de Jean Geronimo titré La pensée stratégique russe , Sigest, mars 2012.  

 

(7) Dans son rapport rendu public le 29 juillet 2014, le procureur américain Clint Williamson confirme le trafic d'organes humains organisé par les dirigeants de l'UCK.

            Du coup, le docker somalien Bernard Kouchner en poste au Kosovo pour l'Empire, qui a toujours nié ces faits criminels de l'UCK, devient définitivement une âme damnée.  

 

 

Au Kosovo, l'Allemagne achevait la Yougoslavie

Publié le par Alexandre Anizy

            Il nous faut parler du livre mal fichu et mal écrit de Jürgen Elsässer titré La République Fédérale Allemande (RFA) dans la guerre au Kosovo  (L'Harmattan, octobre 2002, en livrel à 16,50 € - trop cher !) (1), car son enquête journalistique apporte des informations pertinentes, dont nous livrons l'essentiel de la manière la plus simple.

 

 

Comment inventer une raison de guerre (sous-titre du chapitre 2)

 

            « Pour justifier les bombardements, le gouvernement allemand a essayé de présenter comme un objectif depuis longtemps fixé par Belgrade, l'expulsion systématique des Albanais du Kosovo. »

            « Afin d'étayer ces thèses, les événements ont été falsifiés dès 1998 dans leur présentation. (...) Que Fischer et Scharping aient diffusé une contrevérité en toute connaissance de cause ressort d'un document du ministère du même Fischer (...) titre : Analyse de situation du ministère des Affaires étrangères du 18 novembre 1998. »

            « Encore plus instructif est le rapport de la situation au Kosovo du ministère allemand des Affaires étrangères du 19 mars 1999, cinq jours avant le début de la guerre. Ce rapport fut classé très confidentiel à la différence de la source américaine citée, et ne fut publié que plus tard. On y lit : " Contrairement à l'année dernière, la population civile est, en règle générale, prévenue d'une attaque imminente de la part de la VJ (l'armée fédérale yougoslave). D'après la MKV (Mission de Vérification au Kosovo de l'OSCE), les commandants de l'UCK ont cependant sporadiquement mis un terme à l'évacuation de la population civile. D'après les observateurs du HCR, la VJ ne rase pas les villages contrairement à sa manière d'intervenir l'an passé, et retire rapidement ses troupes une fois l'action finie. »

[ Il faut notamment relever que les "libérateurs albanais de l'UCK" avaient donc délibérément opté pour le sacrifice des civils dans certains villages. AA ]

            Toujours dans ce rapport très confidentiel du 19 mars 1999 : « L'exode, les expulsions et les destructions au Kosovo concernent tous les groupes ethniques y vivant à part égale. Quelques 90 villages autrefois habités par les Serbes sont entretemps abandonnés. Des 14.000 Croates d'origine serbe, 7.000 vivent encore au Kosovo. »

            « Du début de leurs investigations le 26 novembre 1998 à leur retrait le 20 mars 1999, les vérificateurs de l'OSCE dressèrent le procès-verbal de toutes les violations des droits de l'homme au Kosovo, ville par ville, commune par commune. Il en ressort que 87 civils kosovars albanais furent tués par les forces de sécurité serbes, 54 sont à mettre sur le compte de l'UCK, 87 autres homicides ne sont pas éclaircis dont 33 sont des Serbes ou des Albanais loyaux : ce ne furent guère des Serbes qui les assassinèrent. En additionnant ces 33 cas aux 54 victimes de l'UCK, on arrive comme pour les Serbes à 87 assassinats commis par l'UCK. »

 

 

 

Les protocoles d'autopsies démentent la version de l'OTAN d'un massacre commis par les Serbes (sous-titre du chapitre 3 : le silence de Mme Ranta)

 

            Il s'agit du "massacre de Račak", dont le ministre allemand Joschka Fischer dit qu'il fut « un tournant », que sa collègue américaine Madeleine Albright vit comme « un événement galvanisant », dont le Washington Post écrivit qu'il aurait « changé la politique de l'Occident dans les Balkans comme rarement un événement isolé l'a fait », ce que l'abject William Walker (2), chef de la mission de l'OSCE au Kosovo à l'époque, confirma en disant que « L'épisode de Račak fut naturellement décisif pour les bombardements ».

« Le communiqué judiciaire provisoire rendu publique le 17 mars [1999] ne compte que cinq pages - le vrai rapport, pesant 21 kilos d'après le Berliner Zeitung fut mis sous séquestre par le président du Conseil de l'Union Européenne de l'époque, Joschka Fischer. Plus d'un an après, la stratégie du secret a échoué : outre le Berliner Zeitung, Konkret est entretemps entré en possession des copies de tous les 40 protocoles d'autopsies individuelles des cadavres de Račak. (...) Après exploitation des documents, les choses sont claires :

il n'y eut pas eu d'exécutions,

il n'y eut pas de mutilations,

il n'y eut pas de coups de feu tirés à bout portant.

Dès à présent, il doit être également tenu pour non prouvé que les morts étaient des civils et que tous furent tués à Račak. Ainsi l'affirmation d'un "massacre" n'a plus de base. »

 

            « De toute évidence, la commission de médecins finlandais [sous l'autorité de Mme Ranta. AA] a toléré que des faits essentiels du protocole d'autopsie n'apparaissent pas du tout ou bien sous une lumière tout autre dans le bref communiqué du 17 mars 1999. »

[ Nous espérons que Mme Ranta connut par la suite une "brillante" carrière professionnelle. AA ]

 

 

 

Les magouilles de Rambouillet (Que s'y est-il passé ? Chapitre 4)

 

            A la une du Tageszeitung (Taz) du 12 avril 1999 : « Le mensonge de Rambouillet : que savait Joschka Fischer ? » Réponse étonnante de Fischer : « Je trouve fâcheux qu'on puisse s'imaginer que j'aurais magouillé afin d'engager l'OTAN dans une guerre contre Milosevic. »

Le 6 avril 1999, le Taz avait publié l'annexe B des Accords de Rambouillet, tenue secrète par les pays de l'OTAN qui exigeait de Milosevic qu'il accepte une "force de maintien de la paix de l'OTAN de 30.000 hommes, ayant accès à tout le territoire yougoslave (la RFY) y compris l'espace aérien et les eaux maritimes". Comme le formula le député allemand Hermann Scheer, cette annexe B est un véritable « statut d'occupation de toute la Yougoslavie par l'OTAN. Même un politicien modéré à la place de Milosevic n'aurait jamais signé ce texte ».

Cette annexe B, présentée comme un ultimatum aux Serbes, arrive sur la table de négociation malgré le veto de la Russie (organisateur de la conférence à droits égaux) seulement 18 heures avant la fin des négociations.

Après la clôture, le gouvernement américain eut des hésitations : une dernière mission de leur négociateur Richard Holbrooke fut entreprise « contre la volonté allemande, car Fischer s'était prononcé juste avant contre un prolongement de l'ultimatum adressé à Belgrade, même s'il était question de seulement "trois à quatre jours".

Grâce à Jürgen Elsässer, on apprend que l'émissaire allemand Wolfgang Petritsch joua un rôle important en proposant la participation de l'UCK de Hashim Thaci aux pourparlers sur un plan d'égalité avec Ibrahim Rugova, le président élu des Albanais du Kosovo, tous les deux acceptant de signer unilatéralement le texte final de l'ultimatum, expression de la volonté de fer  de l'Allemagne ... et des Etats-Unis.

 

Comment Fischer et Scharping inventèrent une campagne serbe d'expulsion (l'opération Fer à cheval)

 

            Dans ce chapitre apparaît les services secrets allemands (BND), mais aussi autrichiens (HNA) avec notamment Helmut Stubner, fonctionnaire cadre du parti d'extrême-droite FPO de Haider.

            « Même si les détails manquent encore de clarté, c'est un fait : les Bulgares ont fourni tout au plus du "matériel analytique non structuré" ; celui-ci fut complété par le HNA avec des "rapports de position hebdomadaires", incluant entre autres des données des écoutes. Au printemps 1999, le ministre autrichien des Affaires étrangères transmit ce recueil aux de l'Union Européenne, éventuellement aussi aux Etats-Unis. Après les premiers jours de bombardements sur la Yougoslavie, le gouvernement allemand décida, sans être suivi en cela par ses partenaires de l'UE et la CIA, de fabriquer un plan à partir de ces éléments fragmentaires, et de s'en servir pour mener l'attaque. »  Pourquoi cette attaque médiatique ? Parce que les sondages montraient la montée du "non aux bombardements" dans l'opinion allemande.

 

Vous découvrirez d'autres agissements peu reluisants de Fischer et Scharping : ils n'ont rien à envier aux mensonges américains ou d'un Tony Blair pour la guerre d'Irak.

 

 

 

            Il ressort du livre de Jürgen Elsässer que, là encore, l'Allemagne n'était pas du tout un sleeping partner dans le processus qui aboutit à la guerre du Kosovo. Force est de constater que l'éclatement de la Yougoslavie, cette créature issue de la défaite de 1918 par les traités de Saint-Germain et de Trianon, était un objectif à long terme de l'Allemagne.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Last but not least, sur notre liseuse, le rendu du fichier est une horreur !

 

(2) Dans le livre de Pierre Péan titré Kosovo, une guerre "juste" pour un Etat mafieux (Fayard, 2013, en livrel à 16,99 € - trop cher !), on a un aperçu du comportement moral du sinistre individu Walker :

            « (...) Washington soutenait dans son arrière-cour les dictateurs latino-américains dans leurs œuvres criminelles, au nom de la doctrine du "nécessaire" endiguement du péril "communiste" -, Walker était précisément en charge, au sein du Département d'Etat, des relations avec l'Amérique Latine. En 1988, en récompense, probablement, de ses bons et loyaux services, il a été nommé ambassadeur des Etats-Unis au Salvador, où des escadrons de la mort, dirigés par des militaires formés par les Américains, faisaient régner la terreur. Son nom a été lié à un épisode particulièrement affreux : peu de temps après sa nomination, 6 prêtres jésuites que le gouvernement salvadorien soupçonnait de sympathies communistes ont été assassinés dans la nuit du 15 au 16 novembre 1989 par des hommes du sinistre bataillon paramilitaire Atlacatl, initiés à la "contre-insurrection" par des cadres de l'armée américaine (et déjà responsables, en décembre 1981, du massacre d'El Mozote, où ils avaient assassiné plusieurs centaines de civils). La cuisinière des 6 jésuites et sa fille ont également été exécutées. Walker a aussitôt supervisé « les entreprises d'intimidation déployées à l'encontre du principal témoin » (...) » ;

            « C'est donc un "expert en enquêtes sur les crimes d'Etat" assez particulier qui découvre et dénonce, le 16 janvier 1999, le massacre de Račak (...) » ;

            Walker est « un symbole de la destruction de la vie » pour le vicaire panaméen Fernando Guardia.

 

Jean-Claude Juncker : le futur parrain de l'Union Allemande (i.e. UE)

Publié le par Alexandre Anizy

            Depuis plus d'un mois, Mutti Merkel est à la manœuvre pour imposer son homme à la tête d'une Commission européenne qui sera à la pogne de l'Allemagne.

            Qui est Jean-Claude Juncker ?

            Depuis 20 ans, c'est le patron du paradis des voyous fiscaux, i.e. le Luxembourg.

 

            Cette nomination sera hautement symbolique.

 

 

Alexandre Anizy

 

L'Europe est morte à Pristina en 1999 selon Jacques Hogard

Publié le par Alexandre Anizy

            Le témoignage titré L'Europe est morte à Pristina, que vient de publier le colonel Jacques Hogard [son grade au moment des faits] sur la guerre au Kosovo (printemps - été 1999), apportent quelques informations sur les agissements de nos "amis américains, britanniques et allemands" (Hugo & Cie, mai 2014, livrel à 7,49 €).

 

            A partir du 14 mars 1999, Jacques Hogard est un observateur de qualité puisqu'il est en première ligne :

« Mon groupement est constitué d'éléments d'élite de l'armée française, appartenant tous aux forces spéciales : parachutistes du 1er RPIMa, commandos Marine "Hubert" et "de Montfort", commandos parachutistes du CPA n° 10, et équipages avec leurs hélicoptères Puma, du DAOS et de l'ESH. »

Ces gens-là ne sont pas des enfants de choeur. Il constate alors vite :

« (...) malgré toutes les vertueuses protestations à l'époque de mon chef britannique, le brigadier [général de brigade, ndAA] Mason, que Britanniques, Américains et Allemands laissent au Kosovo lors du retrait de la Kosovo Verification Mission (KVM) le 20 mars un nombre important de leurs soi-disant "observateurs", afin de porter assistance aux rebelles albanais de l'UCK en grande difficulté face à l'armée serbe. »

Il dit aussi qu'à partir de 1996, les maffieux de l'UCK (« ... Agim et Ekrem Gashi, Xhavit Haliti, Sabit Gashi (futur "ministre" de la culture (!) du pseudo gouvernement d'Hashim Thaçi et proxénète notoire), etc. Ces parrains aux objectifs initiaux évidemment plus maffieux que politiques ...») commencent leur essor

« ... et d'instruire les premiers "combattants", sous l'égide du BND, les services spéciaux allemands. L'Allemagne, forte de ses succès de 1992 en Croatie et en Slovénie, cherche en effet par tous les moyens à affaiblir la Yougoslavie. Et puis, n'a-t-elle pas une forte tradition historique de soutien à la cause albanaise ? » [référence à la collaboration des Kosovars au régime nazi]

En une phrase, Hogard rappelle que l'Allemagne a assisté la Croatie et la Slovénie, notamment en les armant comme le relevait dès 1991 le général français Gallois. Mais en fait, dès 1979 l'Allemagne, avec à la tête du BND un Klaus Kinkel qui deviendra ministre des Affaires étrangères en 1993, active les nationalistes croates de l'intérieur et de l'extérieur.

 

            Autrement dit, et pour aller à l'essentiel du propos de Jacques Hogard, la négociation de paix à Rambouillet fut pire qu'une fumisterie, un traquenard pour justifier la guerre contre la Serbie, comme nous l'avions déjà vu, notamment avec Stanko Cerović (Dans les griffes des humanistes, Climats, janvier 2001, 317 pages, 21,34 €) :

            http://www.alexandreanizy.com/categorie-1215229.html   (2008)

            (concernant l'Ukraine de 2014, lire la conclusion prémonitoire de cet article)

 

            Nous comprenons l'amertume du soldat Hogard, mais il se trompe quand il pense que l'Europe est morte à Pristina en 1999. L'idéal européen est mort en 1991 lorsque l'éclatement de la Yougoslavie a commencé sous la poussée germanique et américaine. Il n'y a que le francisquain Mitterrand, un vieux monsieur malade ivre du pouvoir et du luxe de la monarchie républicaine, pour ne pas l'avoir compris ou l'avoir sciemment ignoré en misant sur la fuite en avant de l'euro, que l'Allemagne a retournée à son avantage. C'est ce que nous écrivions déjà en décembre 2007 :

            http://www.alexandreanizy.com/article-14316222.html  

 

 

Alexandre Anizy

 

La rancune de l'affligeant Liêm Hoang-Ngoc

Publié le par Alexandre Anizy

            Rejeté de la liste socialiste des Européennes, l'eurodéputé sortant Liêm Hoang-Ngoc a décidé de créer un "club des socialistes affligés" : ce sera son ticket d'entrée dans l'espace médiatique, en plus de sa casquette d'économiste keynésien. La démarche serait estimable, si on n'ignorait pas le passé du triste sire (1).

 

            En effet, tant qu'il était eurodéputé, ce keynésien-là s'exprimait peu dans les médias, et en tout cas sans la pugnacité fortement inspirée de la rancune d'aujourd'hui : lire nos billets de 2009 et 2012 ci-dessous.

http://www.alexandreanizy.com/article-32658578.html

et

http://www.alexandreanizy.com/article-l-economiste-absent-liem-hoang-ngoc-et-la-duperie-de-hollande-112636624.html

 

            Avant d'être affligé, Liêm Hoang-Ngoc est surtout affligeant pour tous ceux qui pensent que l'homme politique doit défendre l'intérêt général plutôt que de quérir un fauteuil bien rémunéré.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

(1) Dans le même registre, nous mettons la désormais sénatrice Marie-Noëlle Lieneman, comme exemple de la version "gauche de gauche" de ce parti radical-cassoulet. Lire notre billet du 17 juin 2009 ci-dessous.

http://www.alexandreanizy.com/article-32748665.html

Le franc mac Valls larguera Hollande en 2016 si...

Publié le par Alexandre Anizy

            Contraint de feindre l'attention au mécontentement exprimé dans les urnes, le culbuto molletiste Hollande a décidé d'en profiter pour ménager son avenir : en choisissant comme Premier Ministre le franc mac Valls pour continuer sa politique économique catastrophique pour la France, mais pas pour les Français huppés, il se donne les moyens de saper la popularité de l'impétrant (ne serait-ce que par l'usure ordinaire du pouvoir), et de le "tuer" en 2015 pour expier la prévisible débâcle socialiste aux élections régionales.

            Mais il est probable que le franc mac Valls a d'ores et déjà programmé le moment d'une démission tapageuse, à savoir peu avant le vote de 2015. Cependant, comme l'ivresse du pouvoir ne l'épargnera pas, il est possible qu'il se sente au-dessus des contingences électorales. Alors le couperet tombera.

 

            Et si Hollande ne peut pas exécuter la manœuvre sacrificielle, alors c'est Valls qui aura la main pour un largage tonitruant au début de 2016, soit le premier acte de sa campagne présidentielle.  

 

            Dans ce théâtre de marionnettes soumises à l'oligarchie, on cherchera en vain le commencement d'un intérêt pour l'avenir de la France et de son peuple.

 

 

Alexandre Anizy

 

Du pourrissement des pouvoirs

Publié le par Alexandre Anizy

            Une fois encore, l'Allemagne vient de montrer qui dirige vraiment cette union européenne qui n'en a plus que le nom. Avec l'habileté politicienne que l'on reconnaît à Mutti Merkel, ce pays à nouveau sous l'emprise d'une idéologie antidémocratique (l'ordo-libéralisme) a confié aux petits juges de Karlsruhe la tâche de dire "nein" à l'Europe des patries dont rêvaient De Gaulle et Adenauer, mais certainement pas les affidés atlantistes comme Jean Monnet. Vendredi 7 février, la Cour allemande a déclaré que la politique de rachat de dettes de la BCE est contraire au Traité : les modestes digues érigées péniblement pour sauver l'euro sont enfoncées.

            On note le cynisme de la décision des petits juges germaniques : après avoir délimité strictement la zone de pâturage, la Cour passe la corde à la chèvre luxembourgeoise. (1)

 

            En France, il paraît que la Caisse des Dépôts et Consignation est aux mains de "baronnies" : comme c'est son directeur général Jean-Pierre Jouyet qui le dit, un parfait exemple de la maladie enaïque qui ronge l'Etat social (2), en vertu d'une "régression nécessaire et impérative - there is no alternative, you know - et pour le plus grand profit des 200 familles (Cercle d'accapareurs que les Taittinger n'ont jamais quitté), on comprend qu'il a reconnu ses pairs.

            18 mois pour établir ce diagnostic fracassant : quel dirigeant performant !

 

            En France, un animateur besogneux, Yves Calvi, laisse un ministre pitoyable, Pierre Moscovici, qui semble avoir préféré, puisque l'objectif n'a pas été atteint au 31 décembre 2013, conter fleurette à une jouvencelle plutôt qu'œuvrer à "l'inversion de la courbe du chômage", insulter l'économiste Jacques Sapir (3).

            Que reste-t-il de la connivence quand on retire la "nuance" ?

            En la matière, le comble n'est-il atteint par Marianne (4) quand ce magazine, dirigé par le tricheur jouisseur Joseph Macé-Scaron (plagiaire notoire), titre sur "les nouveaux cyniques".

 

            Nous ne parlerons pas du pouvoir inexistant : le politique se soumet aux précédents.

 

Alexandre Anizy

 

(1) Lire l'article de Martine Orange

http://www.mediapart.fr/journal/economie/070214/la-cour-constitutionnelle-allemande-juge-illegale-la-politique-de-la-bce

 

(2)  http://www.alexandreanizy.com/article-21101706.html

        et

http://www.alexandreanizy.com/article-les-tartufes-socialistes-jean-pierre-jouyet-le-ponce-pilate-gracquant-43910658.html

        et

http://www.alexandreanizy.com/article-des-oeilleres-de-jean-pierre-jouyet-62812628.html

 

(3) Pierre Moscovici a dit péremptoirement dans "Mots croisés" du 3 février 2014 que Jacques Sapir est « vraiment d'extrême-droite ».

Pour Moscovici, nous vous renvoyons à notre billet de septembre 2008 :

http://www.alexandreanizy.com/article-22848282.html   

 

(4) Verra-t-on son ex-patron Maurice Szafran au chevet de Libération, puisqu'il déjeunait à la Closerie avec Bernard Guetta, gredin européiste et chroniqueur du dit journal, le mercredi 12 février à 13h15 ?   

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>