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notes politiques

Kosovo (I) : l'équilibre européen miné

Publié le par Alexandre Anizy

Dimanche 17 février 2008, Le KOSOVO a proclamé son indépendance : il souhaite entrer aux Nations Unies, adhérer à l’Union Européenne et obtenir les crédits qui vont de pair.

La Serbie a déjà déclaré que cette sécession était illégale : ses griefs seront présentés au Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Pour comprendre l’antagonisme entre les Albanais du Kosovo et les Serbes, nous vous indiquons 2 ouvrages.

D’abord, un mémoire de l’IEP Grenoble (1995) intitulé « la question du Kosovo » : c’est un travail universitaire de qualité, avec une bibliographie pour ceux qui veulent approfondir le sujet.

Dans cet ouvrage, vous découvrirez que l’Histoire a fait de cette région le creuset de 2 nationalismes antagonistes. Par exemple, « les Albanais ne se joignent pas aux soulèvements des populations contre les Ottomans. Ils luttent contre les avancées des Serbes en Métochie [moitié sud-ouest de ce qu’on appelle le Kosovo, ndaa] et se battront contre eux sur le front de Salonique (1916-1917). La résistance armée persistera jusqu’en 1924. Cette résistance est connue sous le nom de mouvement kacak. (…) Le but du mouvement était de rattacher le Kosovo et la Métochie à l’Albanie. (…) Les Albanais allaient après 1924 se replier sur eux-mêmes, s’enfermer dans leur communauté. Les conflits agraires et les discriminations subies attisaient la haine entre les ethnies. » (Chapitre 1.2.2.)

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Albanais se rangèrent du côté des Italiens. « On estime que la milice volontaire albanaise Vulnetari qui groupait à peu près 5.000 hommes, assistée par les diverses formations paramilitaires, aurait exterminé 10.000 Serbes en 4 ans. (…) L’un des leaders albanais les plus influents, Feratbey Draga proclama la purification ethnique triomphalement en 1943 : « L’heure est venue de détruire les serbes … Il n’y en aura plus sous le soleil de Kosovo. » Parallèlement on tenta de recoloniser massivement le Kosovo en installant des familles venues d’Albanie sur les propriétés des Serbes qui avaient été expulsés. Ce processus se fit d’ailleurs selon un plan des autorités italiennes. » (Chapitre 2.1.1.)   

100.000 Serbes chassés, 75.000 colons albanais : le Kosovo a connu pendant la guerre un profond bouleversement ethnique, qui influencera son destin après-guerre.

En conclusion, les auteurs écrivaient en 1995 : « La « satanisation » des serbes et la simplification à l’extrême du conflit [yougoslave, ndaa] joue contre les intérêts serbes. (…) La question du Kosovo est indissociable de la question de l’éclatement de la Yougoslavie, (…). Il est fort probable que la guerre, qui a commencé au Kosovo, finira au Kosovo. »

 

L’autre source sera le livre d’entretien d’Ibrahim RUGOVA (un leader de la contestation albanaise au  Kosovo) « la question du Kosovo » (Fayard mai 1994, 261 p., 110 FRF)  On sort de ce livre avec le sentiment que rien ne rattache les Albanais du Kosovo (soit environ 90 % de la population) à la Serbie.

 

Dans son livre « l’effondrement de la Yougoslavie » (éditions de L’âge d’homme 1994, 174 p.), Dobrica COSIC (prononcer Dobritsa Tchossitch) écrivait : « Notre politique au Kosovo est dépourvue de perspective. Ce n’est, au fond, qu’une politique policière menée à la manière des communistes monténégrins. La force et la corruption en sont les principaux instruments. » (p. 124)

A Belgrade, a-t-on trouvé une perspective depuis cette année-là ?

 

Dans un article fort intéressant (Figaro 11 décembre 2007), Jean-Pierre CHEVèNEMENT soulignait les dangers de l’indépendance du Kosovo.

« Faut-il indéfiniment encourager au fractionnement, aux divisions, à la scissiparité, célébrer la mise en place de nouvelles frontières, alors qu’au même moment on exalte le dépérissement des identités nationales et l’ensevelissement dans le grand tout ? »

 
Après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc communiste, l’ordre en Europe est fondé sur un principe élémentaire : le respect des frontières existantes sauf à les modifier par consentement pacifique.

Ce n’est pas le cas pour le Kosovo.

« Va-t-on tout jeter bas ? (…) Souhaite-t-on vraiment se donner un nouveau prétexte de solide et bonne brouille avec la Russie ? », interrogeait Jean-Pierre CHEVèNEMENT.

 

Alexandre Anizy

Le retour de l'Etat dans l'économie

Publié le par Alexandre Anizy

C’est une tendance longue qui va commencer aux Etats-Unis, selon David FRUM dans le Financial Times : en novembre, les Républicains vont perdre la présidentielle, et ainsi s’achèvera 30 ans de domination du conservatisme.
Autrement dit, la fin du libéralisme est pronostiquée par l’ancienne plume de G. BUSH et l’inspirateur du discours sur l’axe du mal.

Les sondages confirment les signes d’un écroulement des thèmes chers à la révolution conservatrice, comme le rejet de l’impôt ou celui de l’Etat : « un désir d’un plus grand rôle de l’Etat, une perte de sensibilité à la question fiscale et un basculement à gauche sur la plupart des questions de société. »
Selon David FRUM, l’Amérique votera contre BUSH jusqu’en 2060 !
C’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas ?

Et nous, et nous, et nous ?

Comme d’habitude, l’oligarchie européenne mettra 10 ans pour comprendre que l’Empire a changé de valeurs … puis elle prônera et appliquera sans pragmatisme le nouveau dogme, comme elle le fait aujourd’hui avec zèle pour l’ancien. (Voir aussi notre note économique « bientôt le protectionnisme ? » du 1 octobre 2007)
 

Le retournement s’opérera quand les classes moyennes, mais aussi une partie des ouvriers et des employés, constateront qu’ils profitaient autrefois de la redistribution et de la protection sociales, alors qu’ils ne voient et ne verront jamais la couleur de l’argent de leurs travaux supplémentaires.

L’engraissement des riches correspond à l’appauvrissement des classes moyennes. Mais pas seulement, évidemment.

 
Pour incarner cette nouvelle donne, en France notamment, il faudra de nouveaux acteurs, puisque toute la classe politique a plus ou moins accompagné cette vague libérale dévastatrice.

 

Alexandre Anizy

L'Europe à la mode HAYEK est une économie communiste de marché

Publié le par Alexandre Anizy

Nous avons vu hier avec Alain SUPIOT que la Cour de Justice Européenne apportait sa contribution à l’esprit anti-social des dirigeants politiques européens et nous plaçait elle aussi sur « la route de la servitude » (titre d’un livre fameux mais médiocre de Friedrich HAYEK) 

 
« Le blocage progressif de tous les mécanismes politiques et sociaux susceptibles de métaboliser les ressources de la violence sociale ne pourra bien sûr engendrer à terme que de la violence, mais ce sont les Etats membres et non les institutions communautaires qui devront y faire face. » (Alain SUPIOT, le Monde 25 janvier 2008)

Ainsi subrepticement, nous entrons dans la « démocratie limitée » chère au fondamentaliste libéral HAYEK, où la répartition du travail et des richesses, la monnaie, sont hors de portée des décisions politiques : une sélection naturelle s’opérera entre les différentes règles et pratiques sociales des Etats à travers leur mise en concurrence.

 
La conversion de la Chine à l’économie de marché est interprétée en Occident comme une victoire de leur modèle. Les Chinois quant à eux préfèrent employer un concept baroque, l’économie communiste de marché, qui donne un éclairage blafard à la globalisation.

Que recouvre-t-il ?
« Edifié sur la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun (l’économisme et l’universalisme abstrait), ce système hybride emprunte au marché la compétition de tous contre tous, le libre échange et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme la « démocratie limitée », l’instrumentalisation et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés. Il offre aux classes dirigeantes la possibilité de s’enrichir de façon colossale (ce que ne permettait pas le communisme) tout en se désolidarisant du sort des classes moyennes et populaires (ce que ne permettait pas la démocratie politique ou sociale des Etats providence). » (Alain SUPIOT, idem)

C’est une sécession des élites (expression de Christopher LASH), dont l’objectif avoué en France est de « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance, parce qu’il est incompatible avec l’économie communiste de marché.

 
Alexandre Anizy

Sur la route de la servitude avec la Cour de Justice Européenne

Publié le par Alexandre Anizy

Alain SUPIOT, que d’aucuns présentent comme l'un des auteurs les plus importants du droit du travail français, a écrit récemment un article important dans un journal vespéral :

« Par deux arrêts, capitaux pour le devenir de « l’Europe sociale », elle [la Cour de Justice Européenne] vient de trancher la question de savoir si les syndicats ont le droit d’agir contre des entreprises qui utilisent les libertés économiques garanties par le traité de Rome pour abaisser les salaires ou les conditions de travail. »

 

L’arrêt Laval interdit aux syndicats toute action collective pour obtenir l’égalité de traitement entre les salariés expatriés et les salariés de l’Etat où ils travaillent réellement, parce que c’est une entrave à la libre prestation de services.

Dit autrement : le plombier polonais payés au barème polonais bosseront en toute légalité européenne.

Quand la fameuse Directive BOLKENSTEIN se fait jeter par la porte du Parlement européen, elle revient par la fenêtre de la Cour de Justice.

 

L’arrêt Viking dit que le recours à des pavillons de complaisance procède de la liberté d’établissement garantie par le droit communautaire.


Si la Cour reconnaît que le droit de grève fait « partie intégrante des principes généraux du droit communautaire », elle interdit de s’en servir pour contraindre les entreprises du pays A qui agissent dans un pays B à respecter toutes les obligations sociales du pays B.

Sauf « raison impérieuse d’intérêt général ». Qui les définit ? La Cour de Justice Européenne s’octroie ce privilège.


De même, cette Cour de Justice Européenne s’est affirmée elle-même compétente pour traiter d’affaires sociales liées au droit de grève, alors que le droit de grève est explicitement exclu du champ des compétences sociales communautaires.

Mais dans ce cas sensible (vous comprenez bien l’enjeu politique), la lettre des traités n’est pas un obstacle pour les euro juristes suprêmes.

Le député DUPONT-AIGNAN n’a-t-il pas dit autre chose à l’Assemblée : « La Cour de justice européenne va devenir le juge suprême des droits et libertés. Que diront les Français quand, au nom de la liberté religieuse, cette instance non élue condamnera la loi sur le voile, imposera la reconnaissance de l’Eglise de Scientologie, contraindra le gouvernement à abroger la loi de 1905 sur la laïcité ou à reconnaître un « peuple corse » ? ».

 
La dérive anti-sociale de l’Europe est aussi concrétisée par les verrous posés par des euro juristes irresponsables (dans l’exercice de leur fonction).

Nous sommes sur la route de la servitude.

 
Alexandre Anizy

Pourquoi la Commission de Jacques ATTALI veut-elle de l'immigration ?

Publié le par Alexandre Anizy

Pour relancer la croissance, Jacques ATTALI et sa commission proposent un recours à l’immigration sélective.

Dans un pays où on arrange les chiffres du chômage pour ne pas mécontenter le ministre de tutelle (lire note du 19 novembre « les bidouillages de l’INSEE »), cela fait sourire.
Dans un pays où on impose un objectif quantitatif d’expulsion d’immigrés irréguliers au ministre en charge de ce dossier, on peut s’esclaffer sans retenue.

 
Cela dit, que penser de cette proposition ?

Si l’insuffisance de travail était vraiment le frein à la croissance dans l’économie française, alors le technocrate Jacques ATTALI, qui ne manque pas de bon sens (du moins nous le supposons), aurait dû préconiser ardemment, sans tenir compte des contingences politiciennes, les mesures suivantes par ordre de priorité :

  • Abrogation de la loi sur les 35 heures ;
  • Mesures facilitant le recours aux heures supplémentaires ;
  • Mesures facilitant le recours à l’intérim ;
  • Mesures plus contraignantes pour les chômeurs (objectif : un retour impératif à un emploi) ;
  • Possibilité pour les entreprises d’aller chercher à l’étranger le personnel qualifié si elle prouve la carence nationale.

En clair, remettre en cause toutes les mesures limitatives.
Constatons qu’on ne préconise pas une démarche logique et graduelle, puisqu’on fait le forcing sur « la dernière ressource potentielle ».

 
Que penser de cette solution d’immigration sélective ?

En bon technocrate, Jacques ATTALI (et sa commission) a-t-il pris en compte le coût de l’immigration actuelle pour estimer les bénéfices réels de cette proposition ? « L’immigration actuelle a déjà un coût réel qui est difficilement supportable pour la France, que mon collègue Jacques BICHOT a estimé à 24 Milliards d’euros par an. Il faudra y ajouter le coût de l’intégration inéluctable des immigrés déjà présents sur le territoire national, pour un montant que j’ai moi-même estimé à 12 Milliards d’euros par an. » Gérard LAFAY (Professeur à l’université Paris II ; Figaro 12 janvier 2008).

De plus, on doit s’interroger sur la cohérence économique de Jacques ATTALI. En effet, sélectionner et attirer les travailleurs qualifiés des pays pauvres, c’est priver de compétences les pays concernés et ipso facto les maintenir dans un état de dépendance vis-à-vis des pays riches : pour le continent africain (Maghreb et Afrique subsaharienne), ce serait désastreux. Il serait temps que Jacques ATTALI débogue son logiciel interne et qu’il mette sa « pendule politique » à l’heure : pour un intellectuel, la schizophrénie est particulièrement malsaine.

Donc, que ce soit d’un point de vue strictement national ou d’un point de vue plus global, l’immigration sélective est une fausse solution.

 

En définitive, quel est l’objectif réel de l’immigration sélective ?
Maintenir la pression à la baisse sur les salaires des emplois qualifiés, alors que les départs en retraite des baby-boomers vont créer une tension sur le marché du travail, si toutes les choses restent égales par ailleurs.
Ce qui va à l’encontre de la croissance.

 

Alexandre Anizy

SARKOZY DE NAGY BOCSA selon Philippe GUIBERT et Christian SALMON

Publié le par Alexandre Anizy

Après avoir publié « le descenseur social » (Plon 2006), Philippe GUIBERT revient dans les vitrines avec « la Téléprésidente » (Plon, 194 pages, 10 €), un essai dans lequel il analyse la stratégie sarkozyenne.

 

Les performances médiatiques (« la performance médiatique est la mise en images et en mots d’une pensée politique » : elle nécessite la cohérence sur la durée) de SARKOZY DE NAGY BOCSA reposent sur la rupture avec les codes usés de CHIRAC et MITTERRAND : « Avec lui, la transgression est aussi permanente que l’exposition. La rareté est un concept antisarkozyen, la retenue aussi. »

Fournissant la matière première aux médias, il ne les subit pas et en maîtrise la production : Dick CHENEY (vice-président américain) a dit « si vous ne maîtrisez pas l’agenda des médias, ils saccageront votre présidence ».

Il utilise le direct, donnant ainsi l’image d’une confrontation avec la vie, soit une « présence réelle » (concept de Régis DEBRAY) qui prouve au moins le volontarisme et la capacité d’action.

Selon GUIBERT, « la force de Nicolas SARKOZY est d’avoir su mettre en scène une pensée politique structurée et d’avoir su la décliner en images et en mots pour la télévision. »

Dit autrement, on retrouve bien ici « la mise en fiction », concept présenté par Christian SALMON dans « Storytelling » (éditions La Découverte, 254 pages, 18 €) : « Le storytelling est une technique de domestication de cette machine médiatique qui tourne 24 heures sur 24 et qui, si on la laissait vivre librement, pourrait se retourner contre les dirigeants politiques. (…). Pour que cet orchestre joue à l’unisson, il faut un narrateur qui est le chef d’orchestre de la story politique. Au bout du compte, ce qui est en jeu, c’est la dissolution du politique. » (Christian SALMON, 18 décembre 2007)

 

Quelle est la méthode sarkozyenne de propagande ?

« Les règles de base de la communication de SARKOZY n’ont pas fondamentalement changé depuis le 6 mai 2007. Création d’événements permanents, saturation de l’espace médiatique télévisé … » (Philippe GUIBERT) A cela, il faut ajouter la cohérence d’une pensée politique structurée qui porte des diagnostics sur les maux de la société française en y répondant immédiatement.

 
Donnons un exemple. 
Diagnostic : les Français souffrent d’un manque de pouvoir d’achat.
Solutions immédiates (ce que GUIBERT appellent les marqueurs) : les heures supplémentaires, la détaxation des droits de succession, etc.

« Le marqueur atteste de la capacité d’action immédiate parce qu’il s’inscrit dans les vécus individuels. » (Philippe GUIBERT)

Force est de constater aujourd’hui que le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA détient le monopole de la fabrication du discours politique.

 
Pendant la campagne présidentielle, Marie-Ségolène ROYAL la madone Déate avait des diagnostics innovants selon GUIBERT, mais ses marqueurs faisaient misère. Quant à François BAYROU, il n’a jamais trouvé une image pour illustrer son marqueur « union des meilleurs ».

Toute la différence entre les candidats SARKOZY et ROYAL se résume en 2 phrases : « L’un [Sarkozy, AA] a travaillé sur la scénarisation. L’autre [Royal, AA] a tenu grâce à des exploits personnels. » (Philippe GUIBERT)

 

Janvier 2008 : quid novi ?
Le chef narrateur, le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA, maîtrise bien son sujet : la mise en scène de l’histoire de son 1er mandat.
Chapeau l’artiste !

Selon Christian SALMON, « lorsque la situation économique ou internationale ramènera le réel au premier plan, ce feuilleton se volatilisera. » C’est indubitable : on n’échappe pas au principe de réalité. Mais la fin du feuilleton (et non pas histoire) ne signifie pas le rejet du sujet.

Ce que l’opposition des notables, qui se croit sérieuse, n’a pas encore compris : elle semble attendre l’implosion de l’histoire sarkozyenne, sans proposer une offre alternative (i.e. diagnostics, marqueurs, etc.)  

« Pour déconstruire ce genre de choses, il est vain d’attendre que le réel se venge. L’interprétation du réel n’est pas une donnée, elle se construit par le combat politique et médiatique. » (Philippe GUIBERT)

Le réel sarkozyen va perdurer.

 

Alexandre Anizy

Soutenir le gréviste de la faim José BOVé

Publié le par Alexandre Anizy

José BOVé reprend un mode d’action, la grève de la faim, qu’il a déjà pratiqué en 1973 et en 1989. Cette fois-ci, il s’agit de rappeler au gouvernement sa promesse : application de la clause de sauvegarde européenne sur le maïs OGM « Mon 810 » (le seul cultivé et commercialisé en France).

 
Cette promesse a été dite par le ministre Jean-Louis BORLOO devant les députés le 31 octobre 2007, et réitérée par Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET (Secrétaire d’Etat à l’Ecologie) lors d’une réunion le 9 novembre.

 
Or le 5 décembre est sorti un simple arrêté de suspension du « Mon 810 » valable jusqu’au 9 février 2008. Les fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture ont le sens de l’humour : faut-il rappeler ici que personne ne sème du maïs durant cette période ?

 
Bien qu’il y ait un projet de loi plus ambitieux sur les OGM qui va entrer en discussion au Parlement, en bons tacticiens José BOVé et ses camarades se focalisent sur la clause de sauvegarde.

 
Nous soutenons cette action.

 
Vous pouvez participer au mouvement simplement en vous connectant tous les jours sur le blog des jeûneurs pour les encourager : 

http://ogmleblogdesgrevistesdelafaim.blogs.nouvelobs.com

 

Alexandre Anizy

Membre d'une caste antidémocratique : Mario VARGAS LLOSA

Publié le par Alexandre Anizy

Les médias occidentaux apprécient l’élite intellectuelle d’Amérique latine, plutôt d’origine européenne : c’est à travers ce filtre local que ce continent est regardé. Malheureusement.

 
Le dernier coup de sang de Mario VARGAS LLOSA contre Hugo CHAVEZ met en évidence le fond de la pensée de cet écrivain et homme politique péruvien. Citations en vrac :

«il existe encore une Amérique latine anachronique, démagogique, inculte et barbare » ;

« une perte de temps et d’argent de tenter de l’associer à la communauté civilisée, démocratique et modernisatrice » ;

CHAVEZ, Daniel ORTEGA (Nicaragua), Evo MORALES (Bolivie) sont dans le même sac (observez que ce sont des gouvernants qui essaient, qui tentent de redistribuer un peu les cartes sociales dans leurs pays : ça dérange, forcément) : « la profonde inculture politique, la fragilité des convictions démocratiques de sociétés capables de porter au pouvoir, lors d’élections libres, des personnages de ce genre ».

Intéressante, n’est-ce pas, la vision de ce vieux monsieur indigne qui se croit un démocrate alors qu’il n’est qu’un nanti républicain (lire notre note sur « la haine de la démocratie » de Jacques RANCIERE), héritier des colons qui massacrèrent les indigènes ?

 

Avec des possédants comme Mario VARGAS LLOSA, les militaires auront encore de beaux jours en Amérique latine.

 

Alexandre Anizy

Hugo CHAVEZ, la doctrine MONROE, un référendum

Publié le par Alexandre Anizy

Durant tout le 20ème siècle, les Etats-Unis ont suivi la doctrine MONROE, que l’exécutif soit aux mains des républicains ou des démocrates. L’Amérique latine devait rester sous son influence, pour ne pas dire sous sa coupe.

 
Prenons un exemple : le Chili de Salvador ALLENDE en 1973.

Nous nous souvenons des informations qui vilipendaient le syndicat des camionneurs financés par la CIA, le rôle subversif de la société américaine ITT, etc. En ce temps-là, les journaux français appartenant à Robert HERSANT (un grand patriote, c’est certain), à AMAURY, etc., dénonçaient le chaos économique imputable à la politique d’ALLENDE, relayant ainsi la propagande américaine… Plus de 20 ans après, Henry KISSINGER a reconnu l’implication des services américains dans le renversement du régime démocratiquement élu d’ALLENDE.

 
Aujourd’hui, le cas Hugo CHAVEZ nous rappelle un peu cette vague médiatique quasi unanime et cela nous oblige naturellement à prendre avec circonspection cette déferlante.

Car enfin, qui a déjà tenté de renverser par les armes le Président élu CHAVEZ ? Certainement pas le Saint Esprit.

CHAVEZ décide d’exclure du réseau hertzien de Radio Caracas Television la chaîne la plus ancienne et la plus regardée, en affirmant qu’elle était à la solde des Etats-Unis et qu’elle complotait pour un nouveau coup d’Etat. Si la mesure est excessive, elle n’en demeure pas moins légale.
Eh bien, non ! Pour les médias, CHAVEZ est vraiment infréquentable, un apprenti dictateur, c’est sûr.

Mais au même moment, le président géorgien SAAKACHVILI ferme manu militari la chaîne Imedi TV, en affirmant qu’elle était à la solde de la Russie et qu’elle complotait pour un nouveau coup d’Etat.
Avez-vous lu des commentaires indignés dans tous les grands médias ? Non.

Sur le trébuchet de l’ordre médiatique, vous avez 2 poids, et donc 2 mesures, en fonction d’intérêts qui n’ont rien à voir avec des choses comme la Démocratie, les Droits de l’Homme, la Morale, etc.

 

Au fait, Hugo CHAVEZ vient de perdre le référendum qui lui aurait permis de se présenter pour un 3ème mandat (la Constitution vénézuelienne ne le permet pas ; la Française ne limite pas …). Le vote du peuple sera respecté. Comme en toute bonne démocratie.

En Europe, les peuples hollandais et français ont rejeté une Constitution européenne : l’oligarchie va faire enregistrer sa Constitution maquillée en Traité par les Parlements.
Qui respecte vraiment la volonté du peuple ?
Quel média français mène campagne pour un référendum ? Aucun.

 
Alexandre Anizy

Ces salauds de pauvres qui osent se plaindre

Publié le par Alexandre Anizy

Le marquis Roland LEGRAS DU LUART DE MONTSAULNIN est sénateur : il a hérité du fauteuil de son oncle Ladislas.
C’est un exploitant agricole disposant d’un domaine forestier important, père de cinq enfants, qui pratique la chasse à courre.

 
Il a présenté un fameux rapport sur l’aide juridictionnelle (moyen par lequel les pauvres peuvent aller plaider leurs causes dans les Palais du Droit), dans lequel figure l’idée d’un « ticket modérateur justice ».

Le seul souci du marquis Roland LEGRAS DU LUART DE MONTSAULNIN était de « limiter les dérapages comptables dus aux procéduriers ». Traduction : changer les règles pour qu’il soit encore plus difficile de bénéficier de cette aide juridictionnelle.

 
Monsieur le marquis a bien raison : il faut contraindre financièrement ces salauds de pauvres qui osent se plaindre.

 
Mais attention ! Mr le marquis Roland LEGRAS DU LUART DE MONTSAULNIN n’est pas du genre à mépriser les autres classes sociales : même le socialiste Jean-Claude BOULARD loue son œcuménisme.

Mr le marquis sénateur est un homme convenable. Vous en doutez ? Vous avez tort : son fameux rapport a été voté à l’unanimité de la Commission des Finances, droite et gauche confondues.

 

En apprenant ça, les pauvres vont faire grise mine : on est jamais si bien trahi que par ses « amis ».

 
Alexandre Anizy

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