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notes politiques

De la bande à Macron selon Cavafis

Publié le par Alexandre Anizy

            Le recrutement sur curriculum vitae d'une troupe de godillots n'augurait rien de bon, et dans quelques années, d'aucuns s'étonneront des affaires. En attendant les barbares, la mytholepsie * du monarque de cabaret en devient risible.  

 

 

 

A l'enseigne du célèbre philosophe

 

Il suivit pendant deux ans les cours d'Ammonios Sakkas ;

puis il en eut assez de la philosophie et de Sakkas.

 

Sur quoi il est entré en politique

Mais pour l'abandonner. Le Sous-préfet était stupide ;

et son entourage, des bûches solennelles et compassées ;

c'est peu dire que leur grec était barbare, les misérables.

 

Un temps, sa curiosité fut attirée

par l'Eglise ; se faire baptiser

et devenir Chrétien. Mais bien vite,

il changea d'avis. Il se fâcherait certainement

avec ses parents, traditionalistes notoires,

et ceux-ci lui couperaient ― chose affreuse ―

sur-le-champ leurs généreux subsides.

 

Il lui fallait pourtant bien faire quelque chose. Il devint

l'habitué des mauvais lieux d'Alexandrie, le pilier

des repaires les plus inavouables de la débauche.

 

En cela, la destinée s'était montrée favorable ;

elle lui avait donné un visage des plus agréables.

Et lui, profitait de ce don du ciel.

 

Sa beauté durerait bien pendant

une dizaine d'années encore. Mais après ―

peut-être irait-il à nouveau chez Sakkas.

Et si entre-temps le vieillard venait à mourir,

il irait chez un autre philosophe ou sophiste ;

ce ne sont pas les gens compétents qui manquent.

 

Ou pour finir, il n'est pas impossible qu'il se remette

à la politique ― se souvenant méritoirement

de ses traditions familiales, du devoir

envers la patrie, et d'autres clichés tapageurs de ce genre.

 

Constantin Cavafis   

 (En attendant les barbares et autres poèmes, Poésie/Gallimard)

 

 

* Lire l'excellent article de Christian Salmon :

https://www.mediapart.fr/journal/france/140420/emmanuel-macron-met-la-france-sous-hypnose

 

Post-scriptum

            Hier après-midi à l'Assemblée Nationale, les soudards macronistes ont profité du texte sénatorial (2) visant à la protection juridique des maires et des employeurs... pour l'élargir (1) aux membres du gouvernement etc. : le parapluie géant de l'impunité générale est ouvert.

            Après le capitaine de pédalo, la France est dirigée par un moussaillon mytholepse, assisté par un quartier-maître sournois qui, en énacrate briscard de la politicaillerie, prend soin de protéger d'abord ses fesses.

 

(1) Bruno Retailleau chez Jean-Jacques Bourdin sur BFM-RMC, jeudi 7 mai 2020 à 8h30.

(2) Cf. L'imMonde du 7 mai 2020.

 

Qu'est-ce que Pompidou, cher à Macron et consorts ?

Publié le par Alexandre Anizy

 

            Donnons la parole à Jacques Delors, un autre zigoto de la ligue libérale-radicale.   

 

 

            « Après le référendum de 1969, l'avènement du pompidolisme avait, lui aussi, suscité quelque espoir (...). Mais Pompidou ne tarda guère à signer la faillite de la modernisation. L'industrialisme pompidolien s'appuyait, en effet, sur un choix culturel et social tout à fait traditionaliste, faisant fond sur ce que François Bourricaud a appelé les "institutions primordiales" (propriété privée, grands corps, grandes écoles, lycées classiques...). Plutôt que de s'engager dans des réformes de structures, il préféra consacrer les ressources de l'Etat à consoler ceux que le progrès bouscule, à "humaniser la pauvreté", et oeuvrer pour la prorogation de l'ordre traditionnel incarné par les "notables" auprès de qui s'empressaient les "jeunes loups" de l'UDR. »

(Jacques Delors & Clisthène, La France par l'Europe, Grasset, 1988 ; page 88) 

 

 

Pénurie de masques : Marisol Touraine déballe à l'insu de son plein gré

Publié le par Alexandre Anizy

            Depuis deux semaines, l'ex-ministre de la Santé Marisol Touraine se démène comme un diable pour échapper à ses responsabilités. A trop communiquer, c'est-à-dire saturer l'espace médiatique, elle finit par déballer à l'insu de son plein gré.   

 

 

            Dans le premier temps, Marisol Touraine, épouse Reveyrand de Menthon, répondit en balançant en vrac des chiffres évasifs visant à montrer que sous son autorité les stocks n'auraient pas baissé : les mouvements mensuels des stocks de masques (lire ici ), qui permettraient de couper court aux interrogations de bon aloi, n'ont toujours pas été livrés au public. Mais elle cause...   

N.B. : Jérôme Salomon, le fonctionnaire qui énumère les chiffres de la déconfiture sanitaire causée par l'idéologie de la ligue libérale-radicale gangrénant la fonction publique (lire ici ), qui était en 2013 le conseiller de la ministre Touraine quand le déstockage a commencé et qui est le Directeur Général de la Santé depuis le 8 janvier 2018, n'a jamais donné les fiches de stock, et il refuse de répondre aux journalistes... Jérôme Salomon est un carriériste [ Un expert qui le connaît bien : « Jérôme Salomon est un homme carré, qui veut toujours tout prévoir. Mais sa faiblesse, c'est qu'il ne sait pas taper du poing sur la table, parce qu'il ne veut jamais se mettre mal avec quelqu'un. » (1) ], ce que confirme à sa manière le docker somalien (lire ici ), Bernard Kouchner : « C'est un bébé Kouchner. Il a compris que la médecine, c'est de la politique. » (1)

 

            Dans le deuxième temps, Marisol Reveyrand de Menthon communique sur son appel, cosigné par le médecin Philippe Duneton, à une union sacrée des Etats face au Covid-19, qui n'attendaient que le message de madame Touraine pour bouger... 

« Nous appelons les gouvernements du G20, les institutions internationales à s’impliquer, ainsi que l’OMS. Le monde a besoin de leur engagement pour éradiquer le Covid19. Et sauver des vies. En Europe, et partout dans le monde. » (2)

Les pétitions et les groupes de pression, la dame connaît bien puisqu'elle est depuis 2009 membre du club Avenir de la Santé financé par le très puissant laboratoire GlaxoSmithKline, quand elle devient ministre de la Santé le 16 mai 2012 (3). Foin de l'éthique !

 

            Dans le troisième temps, Marisol Reveyrand de Menthon continue à jurer qu' « à aucun moment l'autorité politique ou administrative n'a recommandé de baisser le stock de masques », alors que le député Francis Delattre a relevé dans un rapport en 2015 la baisse des stocks sanitaires en réserve. Nous pensons qu'il faut croire la cynique Marisol Touraine, épouse Reveyrand de Menthon : l'éventuelle future enquête parlementaire ne trouvera aucun ordre formel d'un politique ou d'un technocrate pour diminuer les stocks, parce qu'ils se sont contentés de les laisser se vider en ne passant aucune commande de renouvellement... ce qui est confirmé par le cabinet du ministre Olivier Véran (1). 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Marianne du 17 avril 2020.

(2) L'imMonde du 10 avril 2020.  

(3) Canard enchaîné du 8 août 2012.

Pénurie de masques : la Cour des Comptes sous Didier Migaud ouvrait le ball-trap

Publié le par Alexandre Anizy

 

            En septembre 2010, la Cour des Comptes dirigée par Didier Migaud livrait un rapport à la Commission des Affaires sociales du Sénat, titré " L'utilisation des fonds mobilisés pour la lutte contre la pandémie grippale A(H1N1)v " (1), dans lequel elle fustigeait le Pouvoir (politiciens et fonctionnaires) pour le gâchis de l'argent public.   

 

 

            Cela commence ainsi :

            Ce sont au total 94 millions de doses de vaccins qui ont été initialement commandées par la France. Le volume des commandes de vaccins ne laisse pas d’interroger. La France figure parmi une minorité de pays développés ayant choisi de couvrir toute leur population. La majorité des autres ont adopté un raisonnement de santé publique conduisant à acheter suffisamment de vaccins pour permettre l’atteinte d’un seuil de protection collective situé entre 30 et 70 %. Le choix d’une couverture totale, de nature politique, a davantage reposé sur des considérations éthiques que sanitaires.(p.2)

Pour les fonctionnaires de la Cour des Comptes, la sécurité sanitaire de la population française et des résidents étrangers est assurée quand la couverture est dans la fourchette de 30 à 70 %. Compte tenu des privilèges de ces hauts fonctionnaires, on gage qu'ils feront toujours partie des 30 %...

Mais que s'est-il passé pour cette pandémie grippale ?

La disponibilité de masques et d’antiviraux dont les stocks préexistaient à la pandémie a permis de prendre rapidement les premières mesures de prévention et de protection de la population. [la mise en gras est de notre fait. AA]

a. La doctrine d’emploi des masques et les stocks existants en 2009

Depuis 2003-2004 et l’apparition de la menace d’une pandémie de grippe aviaire (H5N1), l’utilisation de masques comme équipement empêchant la diffusion du virus dans la population est considérée comme une solution efficace en l’absence de vaccins et de quantités suffisantes d’antiviraux. Ainsi, aussi bien les autorités sanitaires françaises que mondiales ont depuis plusieurs années conseillé l’adoption de masques FFP2 (Filtering facepiece particles – type 2 appelés communément « bec de canard ») pour éviter la contamination du porteur sain du masque80. En complément, les masques anti-projections dits « chirurgicaux », plus légers, doivent être portés par les sujets infectés afin de diminuer la transmission du virus81.

Des stocks de masques ont été constitués. En avril 2009, ils représentaient un milliard de masques « chirurgicaux » et 305 millions de masques FFP2 (sans compter 258 M en cours de commande et 216 M périmés faisant l’objet d’une étude visant à l’extension de leur durée de vie). Ces stocks sont entièrement gérés par l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS).(p.35)

L’acquisition d’importantes quantités de masques et d’antiviraux, dont la majeure partie des stocks était constituée avant 2009, s’est avérée pertinente. Le déploiement de ces produits n’a pas rencontré de difficulté majeure et ce n’est que parce que la grippe s’est révélée peu grave qu’ils ont si peu été utilisés. (p.39) [En gras dans le rapport de la Cour des Comptes]

Comme l'écrit la Cour des Comptes, l'acquisition d'un stock stratégique de masques "s'est avérée pertinente", et sa distribution fut satisfaisante. C'est le chapitre "vaccins et vaccination" que la Cour des Comptes critique : 

            En définitive, la campagne de prévention contre la grippe A (H1N1)v, financée en quasi-totalité par des crédits budgétaires ouverts au titre de 2009 et par l’assurance maladie, apparaît particulièrement coûteuse au regard du nombre de personnes vaccinées : environ 700 millions d’euros pour un peu plus de 5 millions de personnes vaccinées, soit 8,5 % de la population. (p.3)

 

            Alors que s'est-il passé ensuite pour les masques ? Pour le dire simplement, le Pouvoir a jeté le bébé avec l'eau du bain... au nom de la rigueur budgétaire (si chère à Didier Migaud). On peut penser que cela commença concrètement avec la note de la SGDSN du 16 mai 2013, titrée Doctrine de protection des travailleurs face aux maladies hautement pathogènes à transmission respiratoire, qui « a entériné la fin du stockage de masques coordonné par l'Etat » (2), et qui précisait dans son introduction que la doctrine était élaborée « dans un souci d'efficacité et d'économie globale ».   

            Aujourd'hui, on voit le résultat.

 

            Avant de diriger la Cour des Comptes, le politicard Didier Migaud avait déjà montré son obsession de la rigueur budgétaire. Il est le coauteur de la Loi organique relative aux lois de finances (2001), qui prétend notamment améliorer l'efficacité de l'Etat grâce à une logique d''objectifs et de résultats. L'Etat doit être géré comme une entreprise, c'est la doxa des hommes du Pouvoir. Le problème, c'est que Didier Migaud ne connaît rien au monde de l'entreprise.

Né en 1952, fils du notaire de Château-Chinon chez qui François Mitterrand dînait parfois (3), Didier Migaud, diplômé de Sciences Po Lyon et titulaire d'un DESS de droit public, finit donc ses études vers 1975 (quid du service militaire ?) et entre sur recommandation du francisquain Mitterrand dans le cabinet de Louis Mermaz (un fidèle du bourgeois de Jarnac) ; il grandit sous l'aile de son patron et devint député en 1988, etc.

Didier Migaud est un apparatchik pistonné portant le badge PS de la ligue libérale-radicale qui, bien qu'il ne connaisse pas l'entreprise, a voulu en appliquer le bréviaire managérial dans l'Etat. Sait-il au moins aujourd'hui le fondement nazi de cette théorie du management ? (lire ici )  L'ignorance doublée d'incompétence sera couverte du manteau de la vertu. 

            Seulement voilà, en matière de vertu, le vulgum pecus découvre dans le Canard enchaîné (4) l'autre visage débectant de Didier Migaud : parce qu'il peut déjà prétendre à 3 pensions de retraite (conseiller régional, député, 1er président), l'infâme a des "exigences" en matière de pognon pour prendre la présidence de la HATVP (7.033 euros bruts mensuels + indemnité de fonction de 9.500 euros nets par an) en quittant la Cour des Comptes, où il touchait 14.500 euros nets par mois, avec secrétariat particulier, abonnement téléphonique professionnel et salle à manger privative. Hors-sol depuis 1988, ce personnage n'est plus en capacité de comprendre l'obscénité de ses exigences.

            Pour Didier Migaud et l'élisphère, l'austérité c'est bon pour l'Etat et les gens de peu.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Ce rapport est disponible sur la Toile : fichier nommé 59342_grippe_A_H1N1.pdf.

(2) Louis Hausalter, Marianne du 17 avril 2013. Excellent article.

(3) Dixit Didier Migaud dans l'article publié par l'imMonde du 9 février 2010.

(4) Canard enchaîné du 19 décembre 2019, repris par le blog librejugement.org

 

Ce que nous dit "Libres d'obéir" de Johann Chapoutot

Publié le par Alexandre Anizy

            Voilà un essai que les coquelets de l'élisphère n'étudieront pas à HEC, Insead, Polytech. etc. Grand mal leur fasse !

 

 

            Johann Chapoutot est un historien spécialiste du nazisme : son œuvre, à commencer par sa thèse Le national-socialisme et l'Antiquité soutenue en 2006, en témoigne déjà abondamment. Dans son nouvel essai Libres d'obéir, le management du nazisme à aujourd'hui (Gallimard, décembre 2019), il montre l'héritage nazi dans les théories modernes du management : par exemple, le Management par objectif de Peter Drucker n'est que la version allégée du "management par délégation" de Reinhard  Höhn (membre du NSDAP et de la SA, ce juriste très actif, fait Général, a échappé aux poursuites pénales en 1945, comme l'essentiel des dirigeants nazis avec la bénédiction américaine, pour continuer sa recherche et enseigner le management aux "pas si nouveaux dirigeants" allemands). Un lecture édifiante.

 

            Ici, nous voulons d'abord relayer les travaux de Chapoutot qui établissent des faits : « L'Allemagne nazie fut une organisation complexe où le pouvoir chercha à acheter le consentement par le contentement et fut en négociation ― au moins tacite ― quasi permanente avec son peuple (...). Cette réalité politique, participative plus que répressive [c'est nous qui soulignons], avait un sens idéologique (...)» (p.130)

            Maintenant, à partir du constat de Chapoutot (le nazi « Höhn n'a jamais abandonné son cadre conceptuel de référence, à la fois principe et idéal ― celui de la communauté, fermée de préférence. » p.123), nous voulons esquisser une problématique qui pourrait être un sujet de thèse. En 1949, la République Fédérale d'Allemagne (RFA) était prête pour la reconquête, puisqu'elle possédait :

  • sa stratégie : l'atlantisme ;
  • son idéologie : l'ordolibéralisme (de Walter Eucken, entre autres) ;
  • son organisation : l'économie sociale de marché (d'Alfred Müller-Armack, ex NSDAP) ;
  • sa méthode : le management par délégation (de Reinhard Höhn, ex NSDAP). 

 

 

            Libres d'obéir de Johann Chapoutot est un essai transformé, parce que chaque lecteur en sort avec son questionnement.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

P.S. :  Le meurtre de Weimar de Johann Chapoutot vient de ressortir (PUF, Quadrige, 96 pages, 10 €) : le fait qui pousse Hitler à l'épreuve de force avec le pouvoir politique, l'épuration des SA... Clair et précis.

Pénurie de masques : 2 questions à Marisol Touraine qui se ramasse

Publié le par Alexandre Anizy

 

            Un article du JDD du 22 mars 2020 a fourni un état des stocks stratégiques. Marisol Touraine y répond aujourd'hui dans le Parisien avec des chiffres évasifs et un renvoi de balle. Ce n'est ni digne, ni sérieux.   

 

 

 

            Le stock de masques passe de 1,4 milliard à 150 millions aujourd'hui.

Le JDD : « Il n'empêche, lorsque Xavier Bertrand cède sa place à Marisol Touraine, en mai 2012, les stocks stratégiques d'Etat sont pleins de masques : 1,4 milliard au total, dont 600 millions de FFP2 et 800 millions de chirurgicaux.»

 

Réponse de Marisol Touraine : « Entre 2012 et 2017, les stocks de masques chirurgicaux ont régulièrement augmenté et nous les avons reconstitués après les attentats : il y avait 730 millions de masques chirurgicaux en 2012, et 754 millions en 2016 et 2017. (...) Quelques dizaines de millions, de l'ordre de 75 millions en 2015 [pour le FFP2]. »

 

1ère question d'Alexandre Anizy : puisque Marisol Touraine a accès au fichier des stocks, qu'elle donne les mouvements de stock mensuels des 2 types de masque du 1 janvier 2012 au 31 décembre 2019.

            Nous saurons ainsi sous quel(s) gouvernement(s) les stocks se sont vidés.

 

 

            Une des missions du gouvernement est d'assurer la sécurité (physique et sanitaire) des Français : il décide des moyens qu'il doit mettre en place.

            En juin 2013, deux mois après l'arrivée de Jérôme Salomon, sous l'autorité du ministre de la Santé Marisol Touraine, « il est décidé que chaque employeur devait constituer son propre stock » (JDD) Ainsi, les employeurs sont responsables de leurs stocks.

 

2ème question d'Alexandre Anizy : afin de continuer à assurer sa mission régalienne, le gouvernement a-t-il pris les mesures nécessaires (niveaux de stock exigés et moyens de contrôle de tous les employeurs ; sanctions prévues pour les contrevenants) ?

 

 

            Nous considérons que sous le règne de François Hollande, l'Etat s'est déresponsabilisé de ce point de sécurité sanitaire.

            Marisol Touraine n'est pas du genre à assumer ses actes (pas élégant la défausse sur un avis du Secrétariat Général à la Défense Nationale - SGDN), et elle  considère que « Ce n'est pas un changement de doctrine, c'est une décentralisation. » Sans responsables, évidemment.

 

 

Alexandre Anizy

 

Qui a livré à Microsoft les fichiers Santé des Français ?

Publié le par Alexandre Anizy

            Quand Donald Trump refuse le loup chinois dans la bergerie américaine des réseaux de communication (lire ici ) , la France de Macron confie les fichiers de Santé des Français à Microsoft. Qui a perdu le sens supérieur de l'intérêt général, comme disait l'ordolibéral Wilhelm Röpke ?

 

 

 

            Suite à un rapport de Cédric Villani sur l'intelligence artificielle, Emmanuel Macron lançait en 2018 le projet de "Plateforme des Données de Santé" (Health Data Hub pour les anti-français qui administrent la France), visant à centraliser toutes les données de santé de tous les Français.

28 mars 2018, le rapport de Cédric Villani est rendu public.

16 avril 2018 à 16h  (1), Macron recevait à l'Elysée le milliardaire Bill Gates (notoire philanthrope par optimisation fiscale), fondateur et actionnaire de Microsoft.

            La loi Santé du 24 juillet 2019 acte le projet de "Plateforme des Données de Santé".

            En novembre 2019, la chef de ce projet, Stéphanie Combes, confirmait à Mediapart que Microsoft Azure avait obtenu ce marché juteux.

Rappel : par le Cloud Act du 23 mars 2018, le gouvernement américain peut contraindre une société américaine de lui transférer les données qu'elle héberge partout dans le monde.

            Sans appel d'offre, en violation de l'article 3 de la commande publique.

            C'est pourquoi des entreprises viennent d'écrire au ministre Olivier Véran pour demander l'ouverture d'une enquête pour favoritisme.

 

            En temps de guerre, un général qui stockerait chez un ennemi potentiel les fiches militaires de tous ses soldats n'encourrait-il pas la peine pour haute trahison ?

            En temps de bataille économique permanente, le fait de livrer des données fondamentales comme celles de la santé de toute la population française, le professeur Israël Nisand « appelle cela de la haute trahison » (2). Nous aussi.

 

            Alors, quelles personnes ont signé ce putain de bon de commande ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) AFP 16 avril 2018 à 11h04, repris par le Point.  

(2) Mediapart, article publié le 11 mars 2020.

Face à Huawei, les européistes seront-ils röpkiens comme Donald Trump ?

Publié le par Alexandre Anizy

            Après avoir lancé la relocalisation industrielle avec Barack Obama, les Etats-Unis de Donald Trump rejettent maintenant le fabricant chinois Huawei : au temps de la cyberguerre, fous ceux qui feront entrer le Cheval dans la Cité, n'est-ce pas ?      

 

 

            Dans l'économie communiste de marché chinoise (lire ici ), la nature "privée" de Huawei ne pèse(ra) rien face au nationalisme du dictatorial Parti Communiste. Est-il par conséquent raisonnable pour l'empire américain de laisser ses infrastructures de télécommunication à la merci d'un potentiel futur assaillant ? Comme l'écrivait l'ordolibéral allemand Wilhelm Röpke à propos du bloc communiste de 1958 :

« Du fait précisément que ces intérêts [commerciaux] sont puissants, les tentatives faites en vue de justifier le commerce avec les pays de l'Est doivent être éprouvées avec autant de méfiance. Marché et intérêt perdent leur indépendance et c'est en retour à l'intérêt politique supérieur de prendre les décisions auxquelles les commerçants doivent se soumettre. » (1)

Après avoir vendu à la Chine la corde pour se faire pendre (n'est-ce pas folie pour les pays capitalistes que d'avoir transféré beaucoup de technologie et d'avoir fait de la Chine "l'atelier du monde" ?), on comprend aujourd'hui le "non röpkien" des Etats-Unis.

 

            Mais pour la Commission Européenne, que vont décider l'allemande Ursula von der Leyden qui apprécie les excédents commerciaux de son pays, et l'ordolibérale Margrethe Vestager qui aime tant le Marché (2) ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Wilhelm Röpke, Au-delà de l'offre et de la demande, Les Belles Lettres, octobre 2009, p.200.  

(2) En matière économique, la danoise Margrethe Vestager pense que c'est le marché qui décide ; en aucun cas une initiative politique, qui est « une façon de voir les choses très vieille école ».

Les grigris vus par Andrée Chedid

Publié le par Alexandre Anizy

            Que de béquilles opiacées pour les petits hommes ! 

 

 

 

Pour mieux tenir debout

L'homme inventa la fable

Se vêtit de légendes

Peupla le ciel d'idoles

Multiplia ses panthéons

Cumula ses utopies

 

Se voulant éternel

Il fixa son oreille

Sur la coquille du monde

A l'écoute

D'une voix souterraine

Qui l'escorte    le guide

Et l'agrandit

 

Andrée Chedid

(Rythmes, poésie-Gallimard)

Macron, les retraites, BlackRock, Bolkenstein

Publié le par Alexandre Anizy

 

            En marche vers la casse des retraites : notule sur une action programmée.  

 

 

            D'aucuns ont découvert récemment que la régression des retraites du bankster Macron allait satisfaire les intérêts insatiables des gestionnaires de fonds, comme BlackRock. Si les journaleux faisaient vraiment leur travail, les citoyens seraient depuis longtemps avertis.

            Prenons aujourd'hui les propos de Frits Bolkenstein (lire ici ) lors de sa conférence Construire l'Europe libérale du XXIe siècle du 10 juillet 2000 à l'Institut Walter-Eucken de Fribourg (1)  :

            « La mise en œuvre de l'ensemble des mesures proposées à Lisbonne représentera un progrès considérable dans la réalisation d'une Europe conforme aux idées ordolibérales. »

Que doivent faire les européistes pour réaliser leur projet ? Deux importants chantiers de démolition selon Bolkenstein :

― la flexibilisation des salaires et des prix par la casse des marchés du travail ;

[l'ex-DRH vautour de Danone, Muriel Pénicaud, a fondu le Code du Travail, conformément au programme du bankster Macron]

― la réforme des retraites : « (...) il est urgent de s'attaquer sérieusement à la réforme de la législation sur les retraites. Les fonds de pension doivent pouvoir profiter des nouvelles possibilités d'investissement offertes par l'euro ».

 

            Depuis 2017, l'européiste Macron et ses sbires ne font que suivre le programme ordolibéral énoncé par Frits Bolkenstein en juillet 2000 : ces gens-là sont patients et opiniâtres, antidémocrates le cas échéant (Cf. le refus du NON au référendum de 2005).

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

(1) Source : Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde, La Découverte, 2010.

 

 

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