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notes politiques

La juste bataille du général Vincent Desportes

Publié le par Alexandre Anizy

Le général Vincent Desportes file un mauvais coton : voilà qu'il s'adresse maintenant aux Français pour dire la vérité sur l'état dégradée de notre armée, dans un livre titré La dernière bataille de France (1) (Gallimard, octobre 2015, 199 pages, 21 €). Le monde et les hommes changent, et Vincent Desportes n'y déroge pas, lui le jeune lieutenant arrogant de Tübingen n'ayant que les "valeurs occidentales" à la bouche semble avoir jeté par-dessus bord la prudence indispensable à toute carrière militaire. Il est vrai qu'il ne doit plus attendre grand-chose de ce côté-là, ayant été mis sur écoute par les "services de l'Etat" et viré de son poste de commandant du Collège Interarmées de Défense (appelé aujourd'hui l'Ecole de Guerre) : c'est donc un homme plus libre qu'autrefois qui parle en connaissance de cause.

Le premier chapitre est une illustration particulière du mensonge général de la classe politique française : ce qu'ils nomment Lois de programmation militaire consistent surtout à déprogrammer, i.e. ratiboiser les moyens budgétaires de ce ministère. Deux indicateurs suffisent pour comprendre l'élagage ininterrompu depuis 30 ans : « Le budget de la défense est égal aujourd'hui, en euros constants, à ce qu'il était en 1982, alors que la richesse nationale s'est accrue de 77 % entre 1982 et 2014. (...) Si l'on s'intéresse à ce que représente la défense par rapport au PIB, on constate (hors pensions de retraite) qu'elle représentait 3 % du PIB en 1982, pour 1,7 % en 2011 puis 1,44 % en 2015. » (p.23)

Nous nous attendons alors à un développement des arguments avancés par l'auteur lors de la publication du Livre blanc 2013 de la Défense, que nous avions aussi critiqué dans notre billet ci-dessous :

http://www.alexandreanizy.com/article-l-abandon-de-la-securite-nationale-118033737.html

Pendant que les "détrousseurs de Bercy" œuvrent à la paupérisation de l'armée, celle-ci doit financer sur son propre budget une partie des opérations que l'Etat n'a pas budgétée. Quelle conséquence ?

« (...) du fait de leur sous-calibrage initial, les forces ont le plus grand mal à remplir leurs missions et agissent en opposition flagrante avec un principe premier de la guerre, le principe de masse et de submersion. L'action, exécutée à moyens comptés, tarde à produire ses effets et coûte, au final, beaucoup plus cher. Ainsi, les forces sont conduites à mener des opérations séquentielles et non parallèles. C'est l'exemple de Sangaris : d'abord la Séléka, puis les anti-balaka, pas d'actions simultanées sur l'ensemble du territoire, ce qui favorise la constitution de zones rebelles et prolonge d'autant la résistance, rendant même certaines situations difficilement réversibles. La force française y perd son efficacité et son caractère d'impartialité. » (p.35)

Pour les moyens chiches ou non, sources de gabegie et de gâchis, donnons deux exemples :

« (...) les moteurs des hélicoptères Caracal des forces spéciales n'ont une durée de vie que de quelques dizaines d'heures dans le sable et la poussière du Sahara. Et chaque moteur coûte 700.000 euros ! » (p.100) ;

« Pourquoi, en une quinzaine d'années, changer 4 fois de missiles pour passer, entre 1997 et 2020, du M45 au M51.1, puis au M51.2, puis au M51.3 ? Etre capable de raser Pékin est-il d'un intérêt stratégique pour nous ? Le stock minimal de nos têtes ne serait-il pas encore "suffisant" s'il descendait au-dessous du niveau de 300 auquel nous le maintenons ... ? » (p.116) [ quand la Chine en possède seulement 240, le Royaume-Uni 220 avec un objectif de 180 en 2020 ]

Autrement dit, on utilise les armées comme des kits expéditionnaires capables de projection de puissance, qui ne transforment pas leurs victoires initiales en succès stratégiques et politiques du fait de leurs retraits prématurés ou partiels.

Avec toujours plus d'opérations et moins de moyens, où va-t-on ? « Le ministre de la Défense le révélait en juin 2014 : le niveau d'entraînement des forces françaises se situe au-dessous des normes internationalement admises (15 à 20 % au-dessous des normes de l'OTAN dont nous entendons pourtant être le bon élève !), alors même que la première protection des combattants est la qualité de leur préparation opérationnelle. » (p.31) Quant à la disponibilité technique des systèmes d'armes, il s'établit en moyenne à 50 %.

« Sous l'empire de la pensée dominante et de la disette budgétaire, nous avons structuré nos armées pour des guerres doctrinalement courtes ; or nous conduisons des guerres concrètement longues. » (p.30)

On a faux sur toute la ligne comme en 1940, avec Maginot contre les chars de Guderian...

Sur ce premier chapitre, deux critiques s'imposent. D'une part, force est de constater que Vincent Desportes est lui-même sous l'emprise de la pensée dominante quand il répète que le redéploiement de la dépense publique au détriment de l'effort de défense était un choix d'arbitrage compréhensible, puisqu'il évitait "la restructuration profonde des programmes d'aides sociales", mais que "ce choix, raisonnable hier, ne l'est plus aujourd'hui". Ah ! ces salauds de pauvres ! Dans la même veine néoconservatrice, il répète péremptoirement : « l'Etat providence a cannibalisé l'Etat régalien et l'a délégitimé. » (p.78) Pour comprendre ce propos sans un début de démonstration, le lecteur devra se reporter à la propagande hebdomadaire des chroniqueurs comme Nicolas Baverez, Jacques Attali, et même Christine Kerdellant...

D'autre part, l'auteur aurait pu nous épargner les welfare, warfare, soft power / hard power, "first in, first out", hit and run, etc., et même la pyramide de Maslow (2), mais surtout l'évocation racoleuse (suggérée par l'éditeur ?) des passagers du vol Germanwings 9525 Barcelone - Düsseldorf du 24 mars 2015, parce que la loi du genre littéraire n'excuse pas tout.

Venons-en au chapitre 3, qui traite de l'illusion américaine et du piège de l'OTAN. Ce que De Gaulle avait déjà compris dans les années 50 semble bigrement échapper aux esprits en charge de la sécurité de la France. Bien que nul n'ignore le basculement du centre de gravité du monde vers le Pacifique, l'Europe compte pour sa défense de plus en plus sur les Etats-Unis et leur réflexe héréditaire d'aide à la "terre des ancêtres" qui disparaîtra vers 2040, quand la population d'origine européenne de ce grand pays deviendra minoritaire. Si « la défense de l'Europe, c'est l'OTAN », ce qu'on entend quasiment partout, qu'adviendra-t-il quand les Etats-Unis qui financent cette organisation à hauteur de 75 % entameront leur vrai repli, qui pourrait être extrêmement rapide ? L'Europe n'aurait plus qu'une armée creuse.

Pire que ça :

« [ L'OTAN ] est devenue désormais plus dangereuse qu'utile (...) , elle promeut une guerre dite "transformée", idéalisée par les planificateurs de l'Allied Command Transformation de Norfolk. Or, on comprend aujourd'hui que cette "guerre transformée" n'est que l'une des faces possibles de la guerre, que cette vision aussi hautement technologique qu'outrancièrement onéreuse nous prive par effet d'éviction des moyens de gagner les guerres réelles, les guerres combattues tous les jours de la Mauritanie au nord de l'Irak. L'OTAN nous aide à gagner des batailles ; elle nous prive des moyens de gagner les guerres et constitue finalement le meilleur obstacle à l'édification d'une défense commune européenne indépendante ! » (p.59)

Malgré un réquisitoire argumenté, l'auteur ne se résout pas à prôner la sortie de l'OTAN. Il se place même au milieu du gué alors que le torrent de l'Histoire va déferler sur la France : « L'OTAN ? oui, mais profondément transformée, sans primus inter pares et dans laquelle les Européens seraient au minimum "l'actionnaire majoritaire". » (V. Desportes, dans les Echos du 27 octobre 2015) Sur le rivage de Seine, Desportes voudrait bousculer l'establishment pour mettre à l'ordre du jour de l'organisation américaine une réforme contraire aux intérêts des Etats-Unis, un peu comme ces économistes effarés qui demandent une réforme de l'euro contraire aux intérêts du maître et concepteur de cet outil monétaire, i.e. l'Allemagne. La realpolitik n'est décidément pas française.

Doit-on écarter la chimère d'une "défense européenne" à laquelle Vincent Desportes semble porter le coup de grâce, comme un rapport récent du Sénat (3) ? « (...) il n'existe pas de défense européenne, il n'existe pas d'armée européenne car il n'existe pas d'union politique, de communauté de vision, pas même cette communauté d'intérêts indispensable à la conception d'un outil de défense commun. » (p.61) Non, puisque Vincent Desportes réaffirme ailleurs : « Notre horizon doit être l'Europe de la défense. » (les Echos du 27 octobre 2015)

Dans ces conditions, le discours de Vincent Desportes est incohérent : alors que l'Europe de la défense est une impasse conceptuelle, que sans les Etats-Unis l'Europe aurait une armée creuse en l'état actuel des choses, il souhaite une réforme de l'OTAN qui est stratégiquement le meilleur obstacle à la construction des armées nationales indépendantes en Europe.

Seule la sortie de l'OTAN rendrait cohérente la perspective que Vincent Desportes semble esquisser. Comme il ne l'envisage pas, force est de constater son impasse. Pourtant en matière de stratégie, il s'est montré d'un meilleur niveau avec son livre La guerre probable :

http://www.alexandreanizy.com/article-la-guerre-probable-selon-vincent-desportes-116031869.html

Pour finir, en ce qui concerne la Russie, Vincent Desportes montre là aussi un suivisme préjudiciable à son analyse. En effet, on ne peut pas écrire :

« Ce grand pays - qui se voit refuser le droit à la sûreté stratégique - s'est senti à la fois humilié et menacé par les menées américaines : tentative d'encerclement par l'Asie centrale, élargissement de l'OTAN jusqu'à ses frontières, déploiement -forcément ressenti comme agressif - du bouclier antimissile. » (p.49) ;

et dire en même temps :

« Ce fut enfin notre participation, justifiée [c'est nous qui soulignons], au renforcement de la posture de l'OTAN face aux menées de la Russie dans l'Est européen. » (p.28) ;

à moins d'accepter les raisonnements illogiques.

Selon Vincent Desportes, « des voix citoyennes doivent s'élever » pour alerter les Français : la sécurité du pays est au bord de l'inexistence (forcément relative). Le général est entré en dissidence, feutrée car il n'oublie pas de flagorner les gens de son rang militaire, notamment 3 anciens chefs d'état-major, et une sénatrice, ainsi que le président culbuto molletiste. Nonobstant cette pusillanimité, sur ce terrain de manœuvre politique, mieux qu'autrefois sur ceux de Mailly-le-camp et de Valdahon, nous pouvons combattre ensemble pour que nos enfants ne périssent pas de l'impéritie de la classe dominante ... dont l'auteur reproduit par ailleurs le discours.

Alexandre Anizy

(1) Le titre est très mal choisi. Evoquant la bataille de France de 1940, quand l'incompétence crasse de l'état-major français (les Gamelin, Weygand, Billotte, etc.) mit la touche finale à ce que l'historien Marc Bloch a décrit dans L'étrange défaite (folio histoire, 326 pages),

« Une démocratie tombe en faiblesse, pour le plus grand mal des intérêts communs, si ses hauts fonctionnaires, formés à la mépriser et, par nécessité de fortune, issus des classes mêmes dont elle a prétendu abolir l'empire, ne la servent qu'à contrecœur. » (Marc Bloch, L'étrange défaite, folio histoire, p.193)

[ Ainsi les agissements des banksters comme Macron et Villeroy de Galhau, des patrons d'entreprise comme Begoügne de Juniac et Kron, nous inclinent à penser que la France est à nouveau malade. ]

Vincent Desportes aurait dû éviter les louanges corporatistes, perçues comme pro domo :

« Un des avantages essentiels des armées françaises réside dans le haut niveau de compétence et de professionnalisme de leurs cadres : c'est un facteur majeur d'efficacité au cœur de la paupérisation, cette excellence ayant un effet démultiplicateur indéniable. » (p.33)

(2) Puisque pyramide de Maslow il y a, on peut s'interroger sur le besoin qui anime Vincent Desportes : une contestation un tantinet bravache pour reconquérir l'estime ?

(3) Dans ce rapport cité en référence (p.61), il est dit selon V. Desportes que l'Europe de la défense est une impasse conceptuelle.

Hubert Védrine, figure d'un nouvel esclavagisme

Publié le par Alexandre Anizy

Les médias faisant leurs choux gras de l'émotion naturelle suscitée par l'impuissance des hommes face à la force des éléments terrestres, ou bien par les violences de la guerre, ou bien par la mort d'un enfant noyé dont le corps s'est échoué sur une plage turque, il ne faut pas s'étonner quand la machine s'emballe, puisque cette frénésie est un gage de profit. C'est à ce moment crucial que les politiciens roublards entrent en scène pour instrumentaliser l'événement, comme Mutti Merkel l'a fait avec cynisme lorsqu'elle déclara l'Allemagne prête à accueillir sans restriction 800.000 migrants pour finalement, à peine 7 jours après, fermer unilatéralement ses frontières en menaçant d'achever le dit espace de Schengen si des mesures nouvelles et urgentes n'étaient prises.

C'est dans ce cadre-là que la parole est donnée à Hubert Védrine. (1)

« Le principe même de Schengen, qui remonte à 1985, mis en œuvre en 1997, est que la circulation interne est libre parce qu'il y a un contrôle externe. Il faut rétablir ce double aspect. », dit cet expert au-dessus de tout soupçon.

D'abord on se dit qu'il y a quelque chose qui cloche dans le propos : comment des hauts fonctionnaires et des hommes politiques avertis, qui ont pensé Schengen pendant 30 ans et l'ont mis en œuvre pendant 18 ans, ont-ils pu oublier l'instauration d'une véritable frontière Schengen ? (2) Il nous faut évidemment écarter l'hypothèse de l'imbécilité, parce les eurocrates étaient très diplômés et les politiciens expérimentés, comme Hubert de Védrine qui cumulent les 2 qualités. Par conséquent, cet oubli fâcheux fut un choix qu'il convient d'expliquer. Si Schengen avait été pensé et surtout mis en œuvre entièrement dès 1997, des signes incontestables de la perte de souveraineté des pays membres auraient été visibles, ce que les peuples (3) d'Europe n'étaient pas prêts à accepter. L'inachevé dans l'espace Schengen est un choix politique : ce qui intéressaient les européistes et les eurocrates, c'étaient la libre circulation des gens dans l'espace Schengen ... pour que le plombier polonais puisse casser les prix en France, pour que le boucher roumain puisse travailler à bas prix dans les abattoirs allemands. Comme le constate Hubert Védrine lui-même : « Le sans-frontiérisme a fait des ravages. »

On doit souligner ici l'erreur sémantique d'un grossier Védrine, lui d'ordinaire si précis voire pointilleux, quand il parle de "rétablir" le double aspect du principe de Schengen (circulation interne libre parce qu'il y a contrôle externe) : on ne peut "rétablir" une chose ou un principe que si cette chose ou ce principe a déjà existé. Or les points de contrôle sérieux dans Schengen n'ont jamais été installés, puisqu'on les réclame aujourd'hui. En toute connaissance de cause.

Face à l'immigration économique (4), que faut-il faire maintenant dans l'urgence ?

« La cogestion doit être mise en place entre pays de départ (Afrique de l'Ouest, Amérique du Sud, Asie), pays de transit (Maghreb, Balkans) et pays d'arrivée (Europe). Il n'y a pas de raison que seuls les pays d'arrivée aient à gérer cela, en bout de chaîne, dans les pires conditions. »

Le diplomate Védrine avec tout le talent et le tact qu'on lui reconnaît valide ainsi la fermeture des frontières allemandes en passant sous silence le cynisme de la compassion allemande et l'unilatéralisme sans scrupule de ce mini empire. Est-ce vraiment à la Hongrie et maintenant à la Croatie de gérer dans l'urgence, seules, administrativement et humainement le flot d'immigrés que l'Allemagne désire accueillir si généreusement ? Bien sûr que non.

Mais déjà le "sage" Védrine s'intéresse au moyen terme :

« Une conférence annuelle rassemblerait ces pays. Des quotas annuels seraient définis, par métiers, en fonction des demandes de départ des demandeurs, et des besoins de l'Europe ; les aides au retour seraient accrues. »

Autrefois, les négriers nantais (et d'ailleurs) piochaient violemment de la main d'œuvre dans le vivier africain pour l'exporter dans le Nouveau Monde, et revenir au port avec d'autres marchandises : c'était le commerce triangulaire. Aujourd'hui, de manière plus rationnelle, pour ne pas dire scientifique, on prépare l'instauration d'une nouvelle captation de ressources humaines des pays périphériques, dans le but de maintenir le statu quo des rapports internationaux de domination économique en pesant sur les revenus des gens de peu des pays du centre. Autrement dit, une nouvelle forme d'esclavagisme est en gestation pour une mondialisation toujours plus heureuse.

Ajoutons que Hubert Védrine est précautionneux et attentionné à l'égard de l'Allemagne. La question du retour sera intégrée au global deal (on parle globish dans ces instances-là), parce qu'il n'est pas utile d'intégrer cette population intérimaire. (5) De la sorte, l'Allemagne généreuse n'aura pas à retoucher son droit du sang. L'idée allemande ne sera pas altérée.

Hubert Védrine en figure d'un nouvel esclavagisme comprend ce genre de choses et ne sait rien refuser à l'Allemagne, hier comme aujourd'hui.

Alexandre Anizy

(1) dans le Figaro du samedi 19 septembre 2015

(2) à commencer par de vrais points de contrôle à la frontière, ce qui est aujourd'hui demandé dans l'urgence...

(3) Nous résumons la définition simple du peuple par Michel Onfray : le peuple, c'est l'ensemble des personnes qui subissent le Pouvoir.

(4) La question de la différenciation entre l'immigration politique et l'immigration économique n'est pas l'objet de ce billet.

(5) Il nous revient le refrain d'une chanson de François Béranger :

"Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit,

On a pressé le citron, on peut jeter la peau"

De la déconnexion de Jürgen Habermas

Publié le par Alexandre Anizy

L'allemand Jürgen Habermas, un philosophe de la construction européenne, se répand dans les médias européens pour fustiger le comportement « brusque et teutonique » de l'Allemagne à l'égard de la Grèce dans la nuit du 13 juillet. Nous lui faisons crédit pour cette apparente parole contraire dans un pays trop sûr du et de son droit. Pour le reste, pas du tout.

Le reste commence par une vision idyllique du passé :

« Après la réunification [1989], l'Allemagne s'est d'abord occupée de ses propres problèmes et puis, ayant pris conscience de sa normalité retrouvée d'Etat-nation, elle s'est en quelque sorte reposée sur la satisfaction d'elle-même.» (1)

Avant 1989, l'Allemagne aurait donc pensé d'abord l'Europe ? Si en économie, pour sa reconstruction elle pensait Europe, parce que le plan Marshall s'inscrivait de toute façon dans ce cadre-là, en géopolitique elle était (et reste) d'abord OTAN, tout en oeuvrant pour ses intérêts nationaux : difficile par exemple de ne pas qualifier d'anti-européens ses agissements souterrains en Yougoslavie avant 1989, bien avant son coup de théâtre diplomatique pour la Slovénie. (2)

Le reste se poursuit par une absolution anticipée de l'Allemagne pour les dégâts à venir, puisque « le gouvernement allemand est tombé dans un piège - le piège historique d'une position semi-hégémonique - dont l'Union européenne avait justement réussi à nous protéger jusqu'à maintenant », et puisque le gouvernement allemand joue « un rôle, qu'il a en apparence accepté à son corps défendant ». D'après l'analyse d'Habermas, la classe dirigeante allemande d'aujourd'hui ressemblera au peuple allemand des années 30 : elle ne savait pas...

Le reste, c'est penser que Wolfgang Schäuble « reste à mes yeux, aujourd'hui comme hier, un Européen convaincu », alors que ce politicien ne la conçoit qu'à la mode allemande, cette Europe.

Le reste consiste à approuver la fuite en avant institutionnelle telle qu'elle est déjà vendue par la clique eurocratique : « La communauté monétaire est trop hétérogène. Nous n'avons par conséquent pas d'autre choix que de faire marche arrière ou aller de l'avant. » Mais un peu à la manière de la pleurnicheuse du PS, le social-traître Jacques Delors fossoyeur de l'Europe : « Cela ne pourra fonctionner que si l'on réussit à instituer un système de partis s'étendant à l'Europe entière et à inclure les populations elles-mêmes dans un processus politique qui jusqu'à présent leur échappe. » Le problème, voyez-vous monsieur Habermas, c'est que justement les partis, du moins ceux qui se nomment eux-mêmes de gouvernement, en tant que représentants des intérêts de l'oligarchie ils n'envisagent pas du tout l'entrée des peuples souverains sur la scène européenne.

En résumé, le philosophe allemand Jürgen Habermas persiste à creuser le sillon de l'impasse européenne : il parle de politique hors situation comme on parle d'agriculture hors sol.

Alexandre Anizy

(1) dans l'Obs du 30 juillet 2015

(2) Cf. Georges Valance : La revanche de l'Allemagne, éditions Perrin

Grèce : comment travaille l'Union Allemande

Publié le par Alexandre Anizy

Après une phase d'expansion à l'est compatible avec la politique américaine d'agression de la Russie, l'Union Allemande entre dans celle de la consolidation, qui débute par l'éviction d'un pays membre récalcitrant au diktat de Francfort, à savoir la Grèce. Pour le maître de l'UA, cette opération délicate menée à l'encontre d'un acteur économiquement faible est l'occasion inespérée de tester une procédure minutieuse de sortie de l'euro.

Par consolidation, il faut comprendre que tous les obstacles qui se dresseront face aux intérêts nationaux du maître allemand seront écartés, ce qui veut dire que d'autres exclusions sont d'ores et déjà prévisibles. Se soumettre ou partir, tel sera le choix : le règne de la Terreur financière va commencer.

Par nécessité historique, les loups de Francfort se cachent dans la meute eurocratique.

Alexandre Anizy

La Grèce dirigée par des falots : Tsipras et Varoufakis

Publié le par Alexandre Anizy

            Avec tristesse, nous constatons aujourd'hui que le peuple grec a confié son destin à des politiciens falots : Alexis Tsipras et son ministre d'« économie par accident » (1) Yanis Varoufakis. Pendant la campagne électorale grecque, alors que les capitales européennes lançaient leurs signaux orthodoxes, comment ces deux lascars ont-ils pu croire qu'ils allaient faire plier Mutti Merkel et les ordo libéraux qui règnent dans les instances européennes ? Pour des politiciens professionnels au passé marxiste (1), comment ont-ils pu faire fi du rapport de forces, négliger la préparation de son renversement ?

            En clair, comment ont-ils pu avancer vers le pouvoir sans fignoler un plan de sortie immédiat de l'euro, car c'est bien ce que nous comprenons dans cette soumission rampante, honteuse ? Ne viennent-ils pas cette semaine d'accepter de coopérer avec la troïka (UA, BCE, FMI) ? Ne viennent-ils pas de promettre le paiement des 320 Milliards d'euros de dette ? Et hier soir, n'ont-ils pas promis de ne pas toucher aux mesures austéritaires mises en place par les gouvernements précédents ? En somme, le renoncement à leur projet politique. La débandade.

            Car du côté de Francfort, nous doutons pas que, les calculs ayant été faits et publiés notamment par un certain Michel Aglietta, les modalités techniques d'une sortie forcée de l'euro pour la Grèce sont déjà prêtes. Parce que gouverner, c'est prévoir. Comme le vieux fédéraliste européen Giscard d'Estaing vient de le montrer en déclarant poliment que le bon choix pour la Grèce, c'est une sortie de l'euro.

 

            Ainsi la Grèce a confié les clés de la maison à des falots comme Tsipras et Varoufakis. Comme l'écrivait Charles Péguy à propos de certains politiciens : « C'est un des modes les plus dangereux de la démagogie que de masquer au peuple ses incompétences inévitables, provisoires, mais provisoirement inévitables. »

            Jean-Luc Mélenchon devrait méditer et revoir sa copie aussi absurde que celle de Tsipras.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) C'est ainsi que Varoufakis se décrit, ajoutant même « marxiste occasionnel », sans doute pour provoquer : force est de constater que dans la rock'n'roll attitude il y a peu d'espace entre rocker et branleur.   

 

Vive la Grèce libre !

Publié le par Alexandre Anizy

            L'heure de vérité a sonné pour la Grèce, maintenant que la BCaE a délibérément appuyé le refus de négocier de l'Allemagne.

            Si les dirigeants de Syrisa sont à la hauteur de leur mission historique, notamment Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis, ils ne peuvent pas ne pas avoir préparé le plan technique détaillé de la sortie de l'euro, à moins de n'être que des politiciens bretteurs d'estrades électorales comme Samaras, Papandréou, et consorts.

 

            Rappelons ici que même l'économiste Michel Aglietta, thuriféraire zélé de l'Europe bruxelloise, a démontré que la sortie de l'euro serait plutôt bénéfique pour la Grèce, et que son coût financier pour l'ensemble de la zone euro ne pèserait pas plus qu'un maintien jusqu'au-boutiste. Lire notre billet

http://www.alexandreanizy.com/article-zone-euro-le-fol-jusqu-au-boutisme-d-un-michel-aglietta-119957920.html    

 

            En conséquence, pour le gouvernement grec, le prochain week-end nous paraît particulièrement propice au chambardement monétaire.

 

            Vive la Grèce libre !

 

 

Alexandre Anizy

 

Qu'est-ce que la politique pour François Hollande ?

Publié le par Alexandre Anizy

            En ce premier jour de matraquage médiatique du culbuto molletiste (les ondes seront saturées en janvier 2015...), nous proposons une réponse à cette question : qu'est-ce que la politique pour François Hollande ?

 

            « La politique n'est que la relation publique entre des êtres humains. La liberté est la régularisation du pouvoir. Les hommes sont fous et voudraient voir l'origine du pouvoir dans la révélation sacrée, dans la nature, dans la race, dans un contrat social, dans la révolution et dans la loi. Moi je leur dis que non. Le pouvoir n'est que l'exercice de la nécessité, le masque de la vertu et le hasard de la fortune.» (p.309/386)

Carlos Fuentes

( La volonté et la fortune, Gallimard,  2014, en livrel à 17,99 € - trop cher !)

 

            Evidemment, cela vaut aussi bien pour son frère siamois : Berluskozy de Nagy Bocsa.

 

 

Alexandre Anizy

 

Etats-Unis : les Zones de Concentration après la torture ?

Publié le par Alexandre Anizy

            Ce mardi 9 décembre 2014, un rapport parlementaire américain va révéler les méthodes réputées secrètes de la torture pratiquée par la CIA depuis le 11 septembre 2001. Sachant que le dit rapport a été expurgé, aura-t-on par exemple la liste et la localisation des sites noirs, la liste des pays amis qui ont accepté d'être un point de transit voire plus dans ce vaste projet de renseignement déshumanisé ? Rien n'est moins sûr.

 

            Puisqu'un grand pays civilisé est capable d'organiser un système tortionnaire à l'échelle planétaire, et parce qu'à Washington, selon Xavier Raufer (1), une centaine de personnes décident de la politique étrangère et de la stratégie militaire des Etats-Unis, il n'est pas inimaginable de penser que ce même pays, compte tenu de son pragmatisme et de son sens développé de la logistique, a déjà dans ses tiroirs secrets des plans pour l'organisation de vastes Zones de Concentration (ZC), où des populations réfractaires à l'ordre américain, donc terroristes ou potentiellement terroristes, seraient parquées pour un contrôle permanent. En effet, les projets spatiaux ont montré que la démesure n'effraie pas le manager américain.

 

            Parce que dans les années 40, un grand pays civilisé comme l'Allemagne a permis et a laissé son "élite" mettre en oeuvre la solution finale (i.e. l'extermination à grande échelle de la population juive), peut-on exclure la possibilité d'une folie américaine ou d'une autre nation dominante ? Non. Il serait déraisonnable de le penser.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Propos tenus au Colloque "2014 : notre monde est-il au bord du gouffre ?" (au Palais Bourbon, le 8 décembre 2014)

L'Etat palestinien sera comme une nouvelle Bosnie

Publié le par Alexandre Anizy

            En Palestine, la France a longtemps tenu une position diplomatique s'évertuant à préserver les intérêts des membres des deux communautés religieuses en conflit, puisque la spoliation des uns par les autres ne devant jamais être considérée comme un fait acquis pour une démocratie qui se respecte. Aujourd'hui, des Etats jadis indifférents ou muets poussent l'élite moisie de la France vers la reconnaissance d'un Etat palestinien fondé sur les décombres d'un pays, parce qu'il faut bien mettre sur la scène médiatique ˗ pour répondre à l'émotion planétaire occasionnée par les bombardements de civils ˗ un projet de paix face aux coups de force militaires incessants d'Israël. Mais est-ce sérieusement une solution d'avenir ?

 

            Nous ne le pensons pas pour trois raisons. D'abord, elle entérinerait les conséquences des actes de guerre condamnés par la communauté internationale. Ensuite, pour avoir une chance d'aboutir, cette proposition serait contrainte d'accepter pour l'essentiel les contours des positions tenues par les deux communautés, ce qui revient à valider la politique de colonisation menée par Israël depuis bientôt 50 ans. Enfin, du point de vue économique, la viabilité de cet Etat palestinien est impossible, si ce n'est au prix d'une perfusion financière internationale et permanente : par exemple, faut-il rappeler ici les études montrant la corrélation entre les implantations juives disséminées et la présence d'eau ?

 

            Si cette idée d'un Etat palestinien se concrétise maintenant, nous affirmons d'ores et déjà qu'il constituera une "nouvelle Bosnie", ce non-Etat corrompu et misérable au coeur des Balkans. Ce ne serait qu'un lâche soulagement pour l'élite moisie qui accorderait ainsi à Israël un nouveau sursis.

 

 

Alexandre Anizy

 

  

Guerre en Ukraine comme au Kosovo ?

Publié le par Alexandre Anizy

            Contrairement à la parole de Bush à Gorbatchev, les Etats-Unis ont bien tiré avantage de la situation en 1990, notamment en laissant l'Allemagne, tant que sa politique étrangère fondée sur le multilatéralisme (1) ne s'oppose pas à la stratégie américaine d'encerclement, contribuée à l'éclatement de la Yougoslavie par ses liaisons secrètes et paramilitaires, par sa diplomatie partisane (2). Ce foyer de guerre n'était pas encore éteint en septembre 1994 que l'Allemagne exprimait clairement sa vision continentale dans le document Schäuble - Lamers (2 responsables politiques du CDU de Helmut Kohl) en posant l'élargissement à l'Est ( une sorte de Neue Ausdehnung ostwärts ) comme une priorité de l'Union Allemande (UE). Comme par hasard, en 1994 la CIA pronostiquait un éclatement de l'Ukraine sur le modèle de la Yougoslavie.

 

            Si en 2008 l'Allemagne (et la France) bloquait le processus d'élargissement de l'OTAN à l'Ukraine, appliquant ainsi le principe multilatéraliste, elle ne le fit pas en 2013 lorsque l'Union allemande (UE) l'inscrit entre les lignes de l'accord d'association et de libre-échange... Or comme Gilles Andréani, nous pensons qu' « autrement lourd de conséquences a été l'élargissement de l'OTAN, qu'il était totalement déraisonnable d'envisager sérieusement pour des pays aussi proches à tous points de vue de la Russie que l'Ukraine et la Géorgie ». (dans Commentaire n° 146, été 2014, page 288) Mais le pouvoir russe étant considéré comme une "menace majeure" puisqu'il exprimerait une volonté de "reconquête impériale" selon le stratège américain Brzezinski (d'origine polonaise), il serait naïf de croire à l'arrêt de l'encerclement de la Russie, une entreprise commencée dès 1990. Pourquoi ? Dans son livre La revanche de la géographie  (3), Robert D. Kaplan donne une réponse en nous rappelant la thèse de Mackinder (de 1919) :

« Le nouveau Heartland correspond donc plus ou moins à ce que deviendrait l'Empire soviétique à son apogée lors de la guerre froide. Ou plutôt devrais-je dire : l'Empire soviétique plus la Norvège, le nord de la Turquie, l'Iran et l'ouest de la Chine. La plupart des Chinois vivant sur les côtes, sujettes à la mousson, le Heartland de Mackinder est une Eurasie centrale qui exclut les zones fortement peuplées de la Chine, de l'Inde et de l'Europe de l'Ouest. »  

En Ukraine, l'Empire américain est une puissance maritime qui poursuit son travail d'encerclement du Heartland  par le biais des Européens otanesques, tandis qu'il se prépare à un choc en mer de Chine.

            Il faut être un atlantiste zélé qui a perdu la rigueur intellectuelle comme Camille Grand pour tenir un raisonnement spécieux visant à démontrer que la Russie est "l'agresseur" dans la crise ukrainienne ; mais comme ce propagandiste de l'Occident ( défini comme « un ensemble géographique et un groupe de pays partageant valeurs et intérêts, est uni pourra préserver une certaine vision des relations internationales et de l'ordre européen pendant la paix froide (4) qui s'annonce » ) penche décidément trop pour l'Empire américain, il finit par se contredire en avouant la finalité réelle de l'accord d'association et de libre échange entre l'Union allemande (UE) et l'Ukraine :

« L'Union européenne avait feint de croire, ou s'était persuadée, que l'accord d'association avec l'Ukraine n'était qu'un accord technique et commercial repoussant à long terme la perspective d'adhésion, alors qu'il s'agit bien d'un choix stratégique perçu comme tel à Kiev et à Moscou. » (dans Commentaire n° 146, été 2014, page 296)

 

            En invoquant l'autonomie et la volonté des manifestants de la place Maïdan mais en s'appuyant sur les nationalistes d'extrême-droite "Secteur droit", qui revendiquent l'héritage du collaborateur ukrainien Bandera de 1941, l'Union allemande (UE) mit le président ukrainien Ianoukovitch démocratiquement élu dans l'obligation de se démettre (5), et elle veilla à l'installation de Porochenko, un autre oligarque compromis qui a le bon goût d'avoir choisi depuis longtemps l'ultralibéralisme et le camp de l'OTAN. Il ne faut pas être dupes de la manœuvre Maïdan : « Un air de "déjà vu", dans la logique des révolutions néolibérales - dites de couleur - ayant frappé l'espace postsoviétique dans la décennie 2000, sous l'impulsion d'ONG à financement anglo-saxon, d'opposants et de relais locaux, sponsorisés par la manne dollarisée des "droits de l'homme". » ( Jean Geronimo, Humanité du 6 août 2014 ) (6)

            Alors la question se pose aujourd'hui : ayant favorisé l'arrivée de Porochenko au pouvoir et compte tenu de la guerre totale qu'il mène contre les Ukrainiens du Donbass, l'Union allemande laissera-t-elle Kiev oppresser la minorité russe après sa probable victoire militaire, comme elle a abandonné la minorité serbe aux mains des criminels de l'UCK ? (7) 

 

            Force est de constater que la pax americana est devenue inordinatio americana.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

(1) Selon Pascal Boniface, une nouvelle forme de puissance qui repose « sur une capacité à jouer sur une toile de fond multilatérale et à s'adapter continuellement à la nouvelle géométrie mondiale », cité par Georges Valance, La revanche de l'Allemagne, éditions Perrin, octobre 1999, page 264.

 

(2) lire nos billets sur ce thème, notamment :

http://www.alexandreanizy.com/article-l-europe-est-morte-a-pristina-en-1999-selon-jacques-hogard-123950760.html

http://www.alexandreanizy.com/article-au-kosovo-l-allemagne-achevait-la-yougoslavie-124277964.html

 

(3) Robert D. Kaplan, La revanche de la géographie, éditions du Toucan, 2014 : chapitre 4 - l'Eurasie est au cœur de toutes les luttes.

 

(4) Le concept de paix froide que reprend à son compte Camille Grand, et qui veut mettre sous tension l'Occident ( « Pour l'OTAN, qui prépare un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement pour les 4 et 5 septembre 2014 au Pays de Galles, la crise ukrainienne impose un retour aux fondamentaux de la défense collective. » ) en ne le plaçant pas dans la posture de "l'agresseur" (rappel : les guerres de l'Occident sont toujours "défensives", pour éviter un génocide, ou pour rétablir la démocratie, ou pour garantir l'autodétermination d'un peuple, souvent les 3 ensemble car c'est plus facile à vendre aux gens dans les médias), ne correspond pas à la réalité des faits actuels. Nous préférons le concept de guerre tiède de Jean Gerenimo, définie « comme la forme actualisée et désidéologisée de la guerre froide, recentrée sur le contrôle des Etats stratégiques - "pivots" - sur les plans politique et énergétique et opposant, in fine, l'axe euro-atlantique UE-USA (via l'OTAN) à l'axe eurasien sino-russe (via l'Organisation de coopération de Shangaï, OSC) », bien que nous soyons dubitatifs sur la solidité de l'axe sino-russe.

 

(5) Le fait d'être un nouveau riche corrompu et une fripouille, comme sa rivale Iulia Timochenko, ne lui retire pas sa légitimité ; comme l'écrit Gilles Andréani, l'Ukraine a « une vie politique inefficace et corrompue jusqu'à l'extravagance »  (dans Commentaire n° 146, été 2014, page 287)

 

(6) Lire aussi le livre de Jean Geronimo titré La pensée stratégique russe , Sigest, mars 2012.  

 

(7) Dans son rapport rendu public le 29 juillet 2014, le procureur américain Clint Williamson confirme le trafic d'organes humains organisé par les dirigeants de l'UCK.

            Du coup, le docker somalien Bernard Kouchner en poste au Kosovo pour l'Empire, qui a toujours nié ces faits criminels de l'UCK, devient définitivement une âme damnée.  

 

 

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