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"Black bazar" d'Alain MABANCKOU

Publié le par Alexandre Anizy

Alain Mabanckou a plus d’un talent dans sa besace : primo, il romance bien ce que vit la communauté africaine de Paris (un savoir-faire dans la composition et la maîtrise d’un langage apparemment relâché) ; secundo, il excelle dans la promotion médiatique (Christophe Barbier a son écharpe rouge, le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy sa chemise blanche, Alain Mabanckou sa casquette rasta) ; tertio, il progresse méthodiquement dans sa conquête de la renommée littéraire (déjà un pied sur le marché américain !).

 

En lisant « Black bazar »(1), vous passerez agréablement l’après-midi sur la plage, ou ailleurs. C’est déjà ça.

 

 

Alexandre Anizy

 

(1) : éditions du Seuil, janvier 2009, 247 pages, 18 €.

A propos du cercle des epluchures litteraires

Publié le par Alexandre Anizy

Sérieusement, voilà un bijou sans prétention qui ravira les lecteurs sensibles, qui chavirera les cœurs des dames, qui enthousiasmera les amoureux du genre épistolaire, qui déplaira aux gastronomes (mais on s’en fout !), qui brillera peut-être dans le classement des meilleures ventes puisqu’il le vaut bien !

 

Ecrit par 2 Américaines, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, nous retrouvons néanmoins dans « le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates »(1) un style anglais (vous savez bien, l’humour …), qui fait incontestablement le charme de ce livre.

A dévorer sans modération.

 

Alexandre Anizy

 

(1) : éditions Nil, mars 2009, 391 pages, 19 €.

 

CUSSET ? une autre TUIL(e) !

Publié le par Alexandre Anizy

En attendant son brillant avenir, Catherine Cusset nous a gratifiés d’un roman, « la haine de la famille »(1), dont le titre racoleur nous embarrasse comme une promesse non tenue. 

En ressassant un thème connu qu’elle ne renouvelle pas, l’auteur finit par écrire des âneries comme celle-ci : « Le nazi, c’est moi. Moi qui n’aime pas ma mère. » (p.144)

C’est pathétique.

Catherine Cusset vaut bien Karine Tuil.

                                        

 

 

Alexandre Anizy

 

(1) : éditions Gallimard, avril 2001, 224 pages, 16,01 euros

"Fakirs" d'Antonin VARENNE

Publié le par Alexandre Anizy

"Fakirs" (1) est le troisième roman policier d’Antonin Varenne, mais le premier publié par l’éditrice de Fred Vargas.

 

Cet auteur sait indéniablement construire ses récits, définir les caractères, soigner le style. Nous nous sommes délectés de son histoire. Cependant, notre réticence pour une recommandation sans réserve provient d’une impression ténue d’imitation vague du commissaire Adamsberg dans le Guérin azimuté de Varenne, ce qui gâcha notre plaisir. 

 

Puisque Varenne a du talent, qu’il ne s’enfuit pas … dans la manière d’une autre.

 

 

Alexandre Anizy

 
(1) : éditions Viviane Hamy, avril 2009, 284 pages, 17 €   

Un desaccord avec Milan KUNDERA

Publié le par Alexandre Anizy

Dans son dernier livre « une rencontre »(a), au chapitre évoquant l’amitié et l’inimitié, Milan Kundera écrit : « (...) (aujourd’hui, je le sais : à l’ère du bilan, la plaie la plus douloureuse est celle des amitiés cassées ; et rien n’est plus bête que de sacrifier une amitié à la politique. Je suis fier de ne l’avoir jamais fait. J’ai admiré Mitterrand pour la fidélité qu’il a su garder à ses vieux amis. (…) C’est cette fidélité qui était sa noblesse). » (p.133)

Il ajoute :

« Contrairement à la puérile fidélité à une conviction, la fidélité à un ami est une vertu, peut-être la seule, la dernière. » (p.134)

 

Le propos n’est pas contradictoire, mais pour le moins imprécis.

Si on ne voit pas, par exemple, en quoi mourir pour une idée serait puéril (est-ce vraiment ainsi qu’il faudrait qualifier le geste de Jan Palach ?), on comprend encore moins, puisque les hommes évoluent sans doute plus que les idées, pourquoi la fidélité à un ami serait élevée au rang de vertu.

 

Revenons à l’Occupation et au francisquain Mitterrand , puisque Kundera nous y invite en quelque sorte, pour expliciter notre désaccord. Dans le film "l armee des ombres" (b) de Jean-Pierre Melville, le groupe de résistants dirigés par Paul Meurisse décide d’éliminer leur amie Simone Signoret, parce qu’elle a déjà parlé. Trahir est un acte de rupture. Elle est donc flinguée par nécessité et sans détestation, parce qu’il faut être inhumain pour haïr celui qui a parlé sous la torture (ou le chantage à la déchéance humaine). Mais on ne peut pas en dire autant pour René Bousquet, ce fonctionnaire haut collaborateur, dont Mitterrand ne s’écarta jamais : dans ce cas, la faiblesse de Mitterrand ne peut être en aucun cas un signe de noblesse.

 

Ce sont les actes qui définissent le mieux les hommes. Toujours. Et les actes de bravoure du passé ne peuvent pas effacer les saloperies du présent : la vie de Joseph Darnand, le Chef de la Milice, illustre parfaitement notre pensée.

En restant fidèle à un ami qui a changé en mal, on se montre simplement incapable d’apprécier raisonnablement une situation : ce n’est qu’un lâche aveuglement.

 

 

Alexandre Anizy

 

(a) : éditions Gallimard, mars 2009, 204 pages, 17,90 €.

(b) : un chef d’œuvre.

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