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La maison Rostang se dépiaute

Publié le par Alexandre Anizy

L’hiver arrivait à son terme, ce samedi-là. En sortant du métro, le soleil accompagna notre courte balade vers la maison Rostang, qui a fait peau neuve.

 

Le nouveau propriétaire a choisi la matière brute, sans doute pour signifier un retour à l’authenticité dans la modernité. La salle ayant été dépiautée, le bruit s’est installé - l’architecte n’aurait-il pas prévenu ? - sans atteindre l’inconfort. On nous a dit que la moquette était commandée… ce ne sera pas du luxe !

Venons-en à l’essentiel : la maison Rostang tient son rang. Les amuse-gueules et les plats sont dignes de sa distinction, et le service à la hauteur. Le sommelier a trouvé quelques trésors qui sortent des lieux communs. Il s’est aussi débrouillé pour concocter un semblant de café landais, grâce lui soit rendue !

 

S’ils ne fument pas la moquette, la maison Rostang restera un bon plan.

 

Alexandre Anizy  

 

Note sur l'île des âmes et question sur Pulixi

Publié le par Alexandre Anizy

Le cas Pulixi nous intrigue.

 

Nous étions tellement étonnés de la faible qualité du livre de Piergiorgio Pulixi (La librairie des chats noirs, lire ici ), que nous décidâmes d’en lire un deuxième par acquit de conscience.

Grand bien nous fasse ! Ayant reçu le prix Scerbanenco, L’île des âmes (poche Totem n° 214, en livrel) fut notre choix heureux, puisque ce polar est vraiment à la hauteur de la présentation dithyrambique de l’éditeur : nous avons à la fois l’architectonique complexe et le style soigné. Exemple :

« Le feuillage des arbres avait cessé de bruire. Même la stridulation des insectes s’était atténuée, jusqu’à se fondre dans un silence surnaturel qui recouvrait comme un sortilège la trouée encaissée entre les collines. Une lune gibbeuse imbibait le plateau d’une lueur argentée qui faisait ressortir la silhouette de l’être humain recroquevillé par terre, couvert de toisons de moutons et encerclé d’une nuée de moucherons. » (p.10/466)

 

Mais du coup, une question lancinante nous taraude : Piergiorgio Pulixi ne serait-il pas une nouvelle Carmen Mola (lire ici ) ?  En effet, si on écarte l’hypothèse de la fumisterie, est-ce la même personne qui a écrit les 2 livres ?

 

Alexandre Anizy  

 

Pour Quai du polar, le Burgundy by Mathieu

Publié le par Alexandre Anizy

       C’était hier le vendredi de Quai du polar. En prenant un crème au Cintra (complet pour cause de privatisation pour les auteurs du Salon), nous essayions de réserver quelque part pour le déjeuner, et la partie s’avérait difficile. Fort heureusement, il restait une table au Burgundy by Mathieu, et nous ne sommes ni snobs ni difficiles.

A 13 heures pétantes, nous pénétrions dans ce restaurant, « cadre brut et cosy fait de pierres, bois et poutres apparentes », avec cuisine ouverte comme il se doit aujourd’hui. Côté décor, le chef Mathieu Girardot n’a pas innové. Et côté cuisine ?

Ce jour-là dans le menu Découvertes, cela commençait par une association asperges vertes - fraises qui ne marche pas, parce que les fraises sont façon carpaccio et les biscuits inutiles puisque les asperges sont déjà croquantes. Le rouget aux carottes qui suit nous rassérène : le chef est bon saucier et il maîtrise les cuissons. Il enchaîne avec un gratin de langoustine excellent, toujours un peu gâché par un excédent de biscuits "pour le croquant". Puis nous nous réconcilions avec la sommelière en lui commandant un verre de vin rouge (elle servit un Nuits-St-Georges 2014 de bonne facture) pour accompagner un pigeonneau à la savante cuisson. Si le pré-dessert fut un délice (émulsion de pamplemousse avec aloe vera mariné dans de l’hibiscus, dixit le garçon), le dessert, qui était une variation sophistiquée autour du citron que nous goûtons peu, fut un final en demi-teinte.

          Servis en 2 heures, Mathieu Girardot est raisonnable.

 

Alexandre Anizy

 

P.S. : Et alors, Quai du polar ? C’est un espace marchand bien organisé. Nous y étions en tant que coursier d’une gente dame, qui voulait le premier roman de Nathalie A. Cabrol après l’avoir entendue mardi dernier sur France Inter, où la scientifique a ses entrées. Le soir, en ouvrant le livre dédicacé sobrement, la gente dame constate que l’exergue est le même que celui qu’elle plaça dans sa thèse de doctorat. Assurément, c’est un signe.