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notes culturelles

Quatrains d'Omar Khayyâm

Publié le par Alexandre Anizy

Quelques-uns de Robâiyât (Babel, 2008) du célèbre savant poète iranien, que nous annotons parfois malicieusement.

 

14

Nous étions un peu d’eau placée dans les reins

D’où nous sommes sortis par le feu de la passion.

Et pas plus tard que demain notre poussière sera emportée par le vent :

Passe donc dans la joie cet espace de deux souffles grâce au vin.

 

Bien des membres de l’élisphère ont perdu le sens de l’humilité, hélas !

 

18

Ceux qui déploient leurs efforts dans le domaine de l’intellect,

Se livrent à une vaine tentative : est-ce possible de traire un bœuf ?

De nos jours, l’intelligence se vendant à bas prix,

Mieux vaut qu’ils s’accoutrent comme des imbéciles !

 

Hélas ! Jason Arday n’avait pas lu non plus Omar Khayyâm.

 

66

Si l’on peut se procurer un pain pour deux jours

Et un peu d’eau fraîche au fond d’une cruche ébréchée,

Alors pourquoi faut-il se soumettre à son subalterne ?

Pourquoi être au service de son égal ?

 

Par servitude volontaire, a dit La Boétie.

 

166

Pourquoi tant de regrets et de soucis à propos des biens de ce monde ?

As-tu vu quelqu’un y vivre de façon éternelle ?

Même ces quelques souffles dans ton corps ne sont qu’un prêt.

Un prêt, il faut le traiter comme tel.

 

L’élisphère de jadis ne se voyait-elle pas comme usufruitier ?

 

616

Tout ce que tu me dis procède de ta haine.

Tu ne cesses de m’appeler hérétique, homme sans foi.

Moi, j’avoue être tel que je suis.

Sois juste, peux-tu en dire autant quant à toi ?

 

Puisque l’Enfer c’est les autres, les feux couvants ne sont-ils pas en train de se déclarer ?

 

497

Echanson ! (apporte-moi) une coupe, le monde n’est qu’un souffle.

Même si la joie ne dure que le temps de ce souffle, elle nous suffit.

Prends ton plaisir de tout ce que la vie t’offre.

Car le monde ne sera jamais conforme aux désirs de quiconque.

 

Pour les dirigeants d’aujourd’hui, retour au quatrain 18 !

 

Le privé de Brautigan

Publié le par Alexandre Anizy

Pour les aficonados de Richard.

 

            Avec Un privé à Babylone (Christian Bourgois éditeur, livrel de 2026), Richard Brautigan s’en prenait cette fois au genre policier en créant son personnage C. Card, privé dans la dèche vivant plus dans son rêve que dans l’enquête. Ni suspense, ni rebondissement… le genre part en sucette.

             

« Soudain, je me suis rappelé où j’étais et, comme un roi de la gâchette dans un film de cow-boys, ma main a fusé et a tiré le cordon pour faire s’arrêter l’autobus. Je l’ai attrapé juste à temps.

A quelques secondes près, je ratais mon arrêt.

Rêver de Babylone, ça comporte des risques. » (p.135/220)

 

Juste pour l’espièglerie et l’humour de Richard Brautigan.  

 

Alexandre Anizy  

 

La peur chez Valerio Varesi

Publié le par Alexandre Anizy

Quand Valerio Varesi veut écrire sur la peur, il rate son coup.

 

Comme nous avons déjà apprécié 2 polars de cet auteur (lire ici et ici), nous ne l’offensons pas en disant aujourd’hui que La peur dans l’âme (Agullo éditions, 2026), tout au long de notre lecture, nous a laissé « à l’extérieur » de l’histoire.

Seul le talent de Varesi a maintenu notre intérêt.

 

Alexandre Anizy  

Le bureau d'Elie Maucourant

Publié le par Alexandre Anizy

Venu de la SF, Elie Maucourant réussit en partie son premier galop polardeux.

 

Dans Bureau 26 (édititions Métailié, 2026), l’auteur a défini les caractères des personnages qui pourraient constituer une série, et il a privilégié le rythme, et plus précisément la vitesse, ce qui donne une écriture nerveuse – comme diraient les tocards de Libération.

 

« L’avion approche de traviole de la piste ; les turbines rugissent. De fines lames s’étalent sur le hublot : la pluie se donne du mal pour lacérer le plastique. » (p.34/220)

« Couloir, passerelle, tarmac, terminal. Je suis à l’entrée de l’aéroport de Catane. Il ne fait pas froid, mais le ciel est vraiment dégueulasse. » (p.50/220)

 

Grâce à une structure narrative charpentée, l’auteur intéresse le lecteur, que son économie stylistique aurait fait fuir. Persévérer dans cette veine serait diabolique.

 

Alexandre Anizy  

 

 

 

Unique lueur de Fred Vargas

Publié le par Alexandre Anizy

            Encore un beau rompol, une belle histoire.   

 

Fred Vargas vient de sortir un nouveau livre, titré une unique lueur (éditions Flammarion), qui caracole dans le peloton de tête des ventes. Un succès amplement mérité.

Cette fois-ci l’auteur innove en impliquant le monde poétique dans l’enquête, et en délocalisant son héros récurrent qui semble subjugué par « l’esprit californien », comme tous les voyageurs européens.

On ne dira jamais assez l’influence de la géographie sur la mentalité des populations (Cf. Masse et Puissance d’Elias Canetti).

 

           En résumé aujourd’hui : Fred Vargas, elle est unique et littérairement scintille de mille traits.

 

Alexandre Anizy  

 

 

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Publié le par Alexandre Anizy

Tout Carrisi est déjà dans son premier roman.

Ayant écrit une thèse sur un tueur en série, en bon intellectuel producteur Donato Carrisi y puisa la matière pour un roman, Le chuchoteur (Livre de poche, février 2024), qui le propulsa au firmament du marché de l’édition. Sur une documentation solide, il bâtit un ouvrage de grande qualité dans le genre, prenant soin de la dynamique pour scotcher le lecteur.

 

Alexandre Anizy  

 

Note sur l'île des âmes et question sur Pulixi

Publié le par Alexandre Anizy

Le cas Pulixi nous intrigue.

 

Nous étions tellement étonnés de la faible qualité du livre de Piergiorgio Pulixi (La librairie des chats noirs, lire ici ), que nous décidâmes d’en lire un deuxième par acquit de conscience.

Grand bien nous fasse ! Ayant reçu le prix Scerbanenco, L’île des âmes (poche Totem n° 214, en livrel) fut notre choix heureux, puisque ce polar est vraiment à la hauteur de la présentation dithyrambique de l’éditeur : nous avons à la fois l’architectonique complexe et le style soigné. Exemple :

« Le feuillage des arbres avait cessé de bruire. Même la stridulation des insectes s’était atténuée, jusqu’à se fondre dans un silence surnaturel qui recouvrait comme un sortilège la trouée encaissée entre les collines. Une lune gibbeuse imbibait le plateau d’une lueur argentée qui faisait ressortir la silhouette de l’être humain recroquevillé par terre, couvert de toisons de moutons et encerclé d’une nuée de moucherons. » (p.10/466)

 

Mais du coup, une question lancinante nous taraude : Piergiorgio Pulixi ne serait-il pas une nouvelle Carmen Mola (lire ici ) ?  En effet, si on écarte l’hypothèse de la fumisterie, est-ce la même personne qui a écrit les 2 livres ?

 

Alexandre Anizy  

 

Un oeil sur Bernard Minier

Publié le par Alexandre Anizy

Peu de choix dans la boutique de presse de la station savoyarde. Alors on a replongé dans Bernard Minier.   

 

Précisément dans Un œil dans la nuit (Pocket, avril 2024), dans lequel nous retrouvâmes les qualités et la faiblesse de l’auteur : lire ici .

 

Alexandre Anizy  

 

L'éducation de Donato Carrisi

Publié le par Alexandre Anizy

Dans notre période italienne, il eût été dommage de le rater.

 

Dans cet hiver 25-26, Donato Carrisi fut une agréable découverte avec L’éducation des papillons (Livre de poche, octobre 2025) : un texte consistant, une intrigue bien ficelée, une écriture soignée. Du bel ouvrage, quoi !

 

Alexandre Anizy  

 

La librairie de Piergiorgio Pulixi

Publié le par Alexandre Anizy

Ce jour-là, l’idée était de découvrir un auteur.

 

Le format et la couverture de La librairie des chats noirs de Piergiorgio Pulixi (poche Totem, octobre 2025) attirèrent notre attention, la présentation en tête d’ouvrage acheva de nous convaincre que nous pouvions tenter le coup.

 

Las ! L’auteur pratique sans modération le « name and book dropping », ce qui est appréciable pour les lecteurs entrant dans le genre policier, et il ne s’est pas beaucoup foulé pour l’intrigue. Ainsi lors du dénouement, on apprend qu’une partie de l’enquête fut « off book » ! Pour le style, c’est du même acabit.  

 

Dans la quête d’un nouvel auteur, on ne gagne pas à tous les coups.

 

Alexandre Anizy  

 

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