Esquisse du soir de Han Kang

Publié le par Alexandre Anizy

Esquisse du soir

 

Certains soirs sont couverts de sang

(Comme s’ils avaient été peints par l’aube)

 

Si nos yeux pouvaient voir en noir et blanc

 

Sensibles aux innombrables nuances

Qui s’échelonnent entre le noir et le blanc

 

L’obscurité revêtirait l’une après l’autre les minces couches de notre misère

 

La tranquillité

De celui qui marche sous l’unique réverbère

Et même l’interminable enfer

Auraient la couleur des fantômes

 

Le réverbère lui-même serait blanc

 

L’espace alentour serait plongé dans un mutisme gris cendré

 

Et tout ce qui avait mouillé nos yeux

Sombrerait dans un silence noir

 

Han Kang

Ces soirs rangés dans mon tiroir, Grasset, 2025

 

Publié dans Notes culturelles

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