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Deon MEYER et une nuit blanche

Publié le par Alexandre Anizy

Deon MEYER vit en Afrique du Sud. Son polar « les soldats de l’aube » (poche points, 520 pages) est bien écrit avec une bonne construction.
On regrette simplement de ne pas apprendre grand-chose sur son pays.
Un livre pour une nuit blanche.

Alexandre Anizy

EADS : la sourde lutte continue

Publié le par Alexandre Anizy

Nicolas SARKOZY de NAGY BOCSA et Angela MERKEL sont heureux d’avoir conclu un accord qui a le mérite de déplacer les hommes sans changer le statu quo franco-allemand en apparence : s’il n’y a plus de direction bicéphale, l’équilibre des forces semble avoir été respecté.

Il ressort des commentaires avisés que Louis GALLOIS serait devenu l’homme fort de EADS, i.e. « le vrai patron du Groupe ». Pour valider cette analyse, il est dit que Louis GALLOIS sera le seul responsable des nominations … qui devront être validées par le Conseil d’Administration du Groupe. Alors qui décide réellement ? Le Conseil d’Administration de toute évidence. Sur 11 membres, l’Allemagne comptera 3 administrateurs, auxquels il convient d’ajouter 50 % des 4 administrateurs indépendants qui seront proposés par GALLOIS et GRÜBE, soit 5 voix pour l’Allemagne, c'est-à-dire 45,45 %. La majorité qualifiée sera impossible sans l’Allemagne. Le même raisonnement vaut pour la France. Donc sur ce plan, en dernière analyse, rien n’a changé.

Mais il faut observer que le pseudo patron de EADS Louis GALLOIS est bien encadré par 2 Allemands. Il faut remarquer que l’Allemagne va prendre la Direction de 3 filiales (dont AIRBUS) : à cet avantage certain, il n’y a pas de contrepartie pour la France …

Est-ce vraiment sérieux de placer à la tête d’AIRBUS l’ex-parachutiste allemand Thomas ENDERS, qui a fait sa carrière rapide dans les couloirs et les bureaux de la haute administration et de la politique, en particulier dans le secteur de la Défense ? Pour des industriels ayant des problèmes d’industriels comme AIRBUS en ce moment, est-ce vraiment judicieux de nommer un fonctionnaire qui n’a jamais bossé dans l’aviation civile ? Est-ce vraiment raisonnable de nommer un individu qui niait encore récemment toute faute de l’usine de Hambourg sur la question du câblage de l’A 380 (cause essentielle du retard de production) ?

Le fonctionnaire Thomas ENDERS voudrait tant que EADS soit une entreprise normale (comprendre : sans l’ingérence d’un actionnaire nommé Etat français) : il feint d’oublier que si c’était le cas, il n’y aurait vraisemblablement pas la place qu’il occupe aujourd’hui.

Nous observons par ailleurs que l’accord franco-allemand va permettre au Groupe LAGARDèRE de sortir de EADS lorsque le plan Power 8 aura porté ses fruits, i.e. la remontée du cours boursier, en empochant à nouveau une belle plus-value ; si ce n’est pas le cas, Arnaud LAGARDèRE restera et prendra la Présidence du Conseil d’Administration pour négocier en position de force une autre sortie. Ainsi l’ami de SARKOZY de NAGY BOCSA n’a pas été lésé par cet accord.

 
Nous concluons sur l’avis d’un homme du métier, Jean-François KNEPPER, coprésident du comité européen d’AIRBUS (FO) : « A force de négociations politiques depuis 35 ans qu’existe AIRBUS et 7 ans qu’existe EADS, les Allemands grignotent petit à petit de l’influence, du pouvoir, du management, et sont en train de s’approprier ni plus ni moins que l’industrie aéronautique, d’espace et de défense européenne. »

Alexandre Anizy

Alain JAUBERT est allé au paradis

Publié le par Alexandre Anizy

A 57 ans environ, Alain JAUBERT est un homme éclectique : journaliste scientifique, chroniqueur musical, enseignant, réalisateur de nombreux films documentaires.

"Val Paradis", (Gallimard 2004, collection Infini de Philippe Sollers, 435 pages, 22,50 €) est son 1er roman : l’aventure du marin Jaubert à 18 ans, du côté de Valparaiso. Ah! Les bordels chiliens.

Ce livre est long (peut-être 200 pages de trop !), et trop disparate forcément. Nous avons aussi rencontré un problème de rythme et de musicalité. Exemple : la 1ère phrase, c’est vous dire !

Alexandre Anizy

Atiq RAHIMI l'état de grâce

Publié le par Alexandre Anizy

« Terre et cendres » de l’afghan Atiq RAHIMI est un merveilleux récit de 93 pages (P.O.L 2000, 8,99 €).
Les mots, le rythme des phrases (excellent travail de traduction) marquent bien toute la lassitude et la douleur de l’ancien.

Ce livre est un bijou. A savourer sans tarder.

Alexandre Anizy

Le dénigrement à l'encontre de Rachida DATI

Publié le par Alexandre Anizy

Comme nous n’avons pas l’honneur de connaître ni de près ni de loin Mme Rachida DATI, on ne peut nous soupçonner d’une quelconque connivence avec la Dame de la place Vendôme, ni même de sympathie. Mais nous observons depuis quelques semaines une montée en puissance du dénigrement à l’encontre du Garde des Sceaux, un feu croisé venant de l’oligarchie administrative et médiatique. Ces gens-là feront payer cher à Mme DATI son introduction dans la classe dirigeante.

Quand on est fille de maçon maghrébin, on ne peut réussir une formation de haut niveau et un parcours professionnel diversifié que par une force de caractère inébranlable et une capacité de travail importante : la pseudo élite qui s’auto – reproduit sans effort en arrive donc à la qualification de « caractérielle », dans le cas de Mme DATI ;
Quand on est un énarque arrogant, voire méprisant pour le quidam, tellement sûr de son intelligence supérieure que la politique ne peut se résumer qu’en une mise en scène des décisions de l’auguste personne, la pseudo élite qui s’auto – reproduit en arrive à la qualification indulgente de « droit dans ses bottes », dans le cas de M. Alain JUPPé.  
Chacun appréciera la différence.

Dominique SOPO, Président de SOS Racisme : « Je pressens que Rachida DATI paie d’être une ministre atypique, parce qu’elle est jeune, femme, et d’origine maghrébine. (…) Cette aristocratie républicaine attachée à ses privilèges défend son pré carré. » (Libération 16 juillet 2007, page 10).
A notre avis, M. SOPO, l’adjectif « républicaine » est en contradiction avec la pratique sociale de cette caste : il semble qu’elle se soit appropriée et identifiée à « la chose publique », pour le bonheur du peuple évidemment.

La société est gangrenée par un ostracisme permanent et sournois : le communautarisme a déjà triomphé en France. Comme toujours, l’élite a montré l’exemple.

Alexandre Anizy

Le 1er roman de Claire WOLNIEWICZ

Publié le par Alexandre Anizy

« Ubiquité » (Viviane Hamy, 2005, 142 pages, 15 €) de Claire WOLNIEWICZ est un 1er roman sympathique, parce qu’elle a un ton personnel et que le livre possède son unité stylistique.

Mais on n’accroche pas vraiment à cette histoire de faussaire et d’usurpateur.
Promis, nous accorderons une 2ème chance à Claire WOLNIEWICZ.

Alexandre Anizy

CAVANNA est un tendre

Publié le par Alexandre Anizy

Avec le Professeur CHORON, il a fait beaucoup de conneries : certaines sont mémorables. Nous en rions encore.
Mais ici, nous parlerons de 2 livres remarquables de CAVANNA.

D’abord « les ritals » (poche, 5,23 €) où il révélait son talent de narrateur possédant un véritable style. Dans ce livre, vous découvrirez, pour certains, comment la France s’est reconstruite après la grande saloperie de 14-18, avec ces couches successives d’immigrés et la sectorisation de la population.
Pas de panique ! Ceci n’est que le fond du tableau. Parce que « les ritals », c’est son histoire de môme, d’une partie de sa vie familiale.
Séquence émotion : par exemple, comment son papa maçon fabrique son « mètre » sur la fenêtre.
Il y a un côté « la gloire de mon père » de PAGNOL dans « les ritals ».

Enfin, « les russkoffs » (poche, 5,79 €) où il racontait le STO dans une usine en Allemagne nazie, et son histoire d’amour avec une prisonnière russe. Ah ! Ça vaut 10 romans de Marc LéVY !

Mais vous pouvez lire d’autres choses de CAVANNA, comme le 3ème volet de son histoire par exemple. Avec lui, si le thème qu’il aborde vous intéresse, vous ne serez pas déçus, parce que c’est un bon écrivain.

Alexandre Anizy

Et aujourd'hui, Caryl FéREY, le Joe de CLASH est arrivé

Publié le par Alexandre Anizy

(Titre à chanter sur l’air du jour, sauce GAINSBOURG)

Un petit malin dénommé Julian TEMPLE vient de concocter un film avec les fonds de tiroir où apparaît le leader charismatique du groupe CLASH : il semble que ce soit sa spécialité (voir SEX PISTOLS).

 
Il se trouve qu’un certain Caryl FéREY a sorti en mai un polar sans prétention dont le titre est « la jambe gauche de Joe Strummer » (folio policier n° 467). Nous ne dévoilerons absolument (comme dirait TEMPLE) rien ni sur le héros déglingué et improbable Mc Cash ni sur l’intrigue, si ce n’est que le titre des chapitres fait référence aux chansons de CLASH (Daniel RENé, dont nous parlerons prochainement, a utilisé aussi ce procédé).
Pour un trajet Paris – Lyon, le livre de Caryl FéREY est recommandé, parce qu’il reproduit l’énergie brute et le monde sans fioriture de CLASH : si la conscience politique de Joe STRUMMER était éveillée, on ne peut pas dire qu’elle reposait sur une connaissance approfondie de l’histoire politique ou de la géopolitique.

 
Et pourtant, nous nous souvenons du concert de CLASH au théâtre Mogador (en 80 ? 81 ?) : il régnait une ambiance exceptionnelle, et lorsque la barrière de chantier (c’était « le décor » de scène) se leva, tous les spectateurs comprirent qu’ils allaient vivre un moment suspendu. La vie des hommes est façonnée par ces bulles temporelles.
Par la suite, disons 84 ou 85, nous revîmes CLASH à Balard. Ce soir-là, un groupe d’adolescent (14 ans maxi) jouait ( ?) quelques morceaux de rock 100 % punk juste avant leurs idoles. Avec le recul, on se dit que le contraste entre les bambins et les vedettes accentuait le caractère crépusculaire du concert.
Parce que chaque concert de CLASH était une catharsis, ce groupe ne pouvait pas durer.  

 
Le temps a passé, mais le souvenir des bulles temporelles est bien vivace : les marchands du temple l’ont d’ailleurs toujours compris.

Alexandre Anizy

La Commission Européenne prend une claque mais persistera

Publié le par Alexandre Anizy

Mercredi 11 juillet, le Tribunal de Première Instance européen a condamné la Commission Européenne, qui devra indemniser partiellement le groupe Schneider.

En 2001, Mario MONTI, le commissaire chargé de la concurrence, avait bloqué à tort la fusion Schneider – Legrand : « La méconnaissance grave et manifeste par la Commission des Droits de la défense de Schneider constitue une violation suffisamment caractérisée du droit communautaire. » Il est piquant de voir que ceux qui prétendent défendre, voire instaurer, les règles d’une concurrence pure et parfaite sont incapables de respecter simplement le Droit élémentaire de la défense.
Les choses ne devraient pas s’améliorer avec le nouveau commissaire Nelly KROES : on connaît ses fréquentations, les « bonnes » et les mauvaises (voir portrait du 2 juin 2007).

 
Prenons un autre exemple : la libéralisation totale du marché postal européen, qui est prévu pour 2011.
Les eurocrates bruxellois ânonnent que la concurrence est créatrice d’emplois. Or, une note interne de la Poste française, qui s’appuie sur « les seules données empiriques récentes disponibles (…) révèlent des pertes nettes d’emplois, un redéploiement de l’emploi en faveur des temps partiels et des tendances fortes à la précarisation du travail ».
Depuis 2003, pour réduire leurs coûts, de nombreuses postes ont augmenté le nombre d’emplois partiels : TNT (Pays-Bas) a le record avec 70 % de temps partiels dans ses effectifs.
La libéralisation, conclue cette note interne de gens du métier, est destructrice d’emplois : en Allemagne, ce serait à ce jour une perte de 15.000 emplois, soit 10 % du total.   

A quoi reconnaît-on un fanatique ? Son incapacité d'accepter la réalité.
Les dogmatiques psychorigides de Bruxelles persisteront.

Alexandre Anizy

Avis mitigé pour Dominique SYLVAIN

Publié le par Alexandre Anizy

Dominique SYLVAIN a reçu le grand prix littéraire des lectrices de ELLE en 2005 pour son polar « passage du désir », qui est son 8ème roman (poche j'ai lu, janvier 2007, 283 pages, 6 €)
C’est bon. Aussi bien dans la consistance des personnages, l'intrigue ficelée et bien agencée, le style en adéquation avec les profils psychologiques et sociologiques des protagonistes.   

Par contre, « la fille du samouraï » (poche j'ai lu, 6,70 €) nous a beaucoup déçu : impossible de rentrer dans le roman. Abandon page 68.

Alexandre Anizy

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