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Epuisement du storytelling : Sarkozy de Nagy Bocsa et le mur de Berlin, et le fils Pierre etc.

Publié le par Alexandre Anizy

Nous n’avons jamais douté du talent politique de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa. Nous pensons même qu’il n’a pas encore montré tout son potentiel, toute sa mesure … et sa démesure.

 

Philippe Manière ne se trompait pas lorsqu’il écrivait (1) : « Sarko, aboutissement ultime du storytelling, c’est l’homme qui raconte une histoire par jour. »

En effet, sur sa page Facebook, le Président ubiquiste a raconté ce week-end comment il avait vécu à Berlin la chute du mur le 9 novembre 1989 : une histoire reprise telle quelle par les médias de ses amis.

Seulement voilà, à Libération, il y a encore des journalistes qui font leur métier honorablement, comme Alain Auffray par exemple. Pour faire simple, disons qu’il doute de la véracité du récit proposé.

(L’hypothèse la plus probable : le 9 novembre 1989, il était à Colombey pour l’anniversaire de la mort du Général de Gaulle)  

 

Philippe Manière ajoutait :

« Le scandale de l’Epad a jeté un doute profond sur la dimension désintéressée de la geste sarkozyenne : on ne peut pas à la fois « faire don de sa personne » et placer ses proches. L’affaire des discours « copiés-collés » entache, elle, la réputation de spontanéité et d’infatigabilité du chef. Elle dévoile l’artifice de la posture. »

Que révèle la suite ?

On apprend maintenant que l’Elysée est intervenu pour que Pierre Sarkozy de Nagy Bocsa, l’autre fils (producteur de rap), obtienne finalement une subvention qu’on venait de lui refuser …

 

Jusqu’où irons-nous avec la geste sarkozyenne ?

 

 

Alexandre Anizy

 

(1) Marianne du 7 novembre 2009

 

Nick McDONELL la guerre à Harvard n'a pas eu lieu

Publié le par Alexandre Anizy

Né en 1984 à New York, Nick McDonell a publié à 17 ans son premier roman ; « Guerre à Harvard » (Flammarion, septembre 2008, 95 pages, 12 €) est son troisième.

 

Ce livre est un recueil d’anecdotes futiles sur la promotion 2006, du genre :

  • l’auteur côtoie en deuxième année un peintre venu de Géorgie : « Dans son atelier, Quinn avait un panneau qu’il avait peint lui-même. On pouvait lire « bois/baise/glande ». On trouvait que le panneau était assez drôle, et que Quinn était un type assez drôle. » (p.25) ;
  • l’auteur se rend aux funérailles d’un ancien d’Harvard (comme lui, du club Porcellian : cravate vert et blanc) à la cathédrale St John the Divine (Manhattan) : « (Mon père est passé après Norman Mailer, mais ça lui a plutôt facilité la tâche parce que Mailer n’a parlé que de lui-même.) » (p.33) ;
  • le scoop du bouquin : « Un type de notre promo a gagné un milliard de dollars en créant le site Internet Facebook. Il s’appelle Mark Zuckerberg. » (p.45).

 

Il paraît que Nick McDonell voulait parler de la guerre d’Irak à travers le prisme estudiantin. C’est raté : la pauvreté du style renforce l’effet de banalité du propos.

Le sujet n’est pas traité : non seulement la Guerre à Harvard n’a pas eu lieu, mais elle n’a pas été écrite non plus.

 

 

Alexandre Anizy

 

La galère de Michel ONFRAY dans le film d'Eric BESSON

Publié le par Alexandre Anizy

Qu’il est triste de voir un philosophe émérite comme Michel Onfray se faire rouler dans la farine par le social traître Eric Besson ? Car enfin, que diable allait-il faire dans cette galère cathodique, hier soir, chez Frédéric Taddeï ?

 

Sous prétexte de ne pas laisser le siège vide dans les préfectures, Michel Onfray accepte de tourner dans le film conçu et réalisé par le ministre Eric Besson, pour le Président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa, sans se rendre compte que la méthode sarkozyenne consiste malicieusement à maquiller sa pratique politique néfaste avec des mots consensuels et positifs (lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-17779216.html ). Au bout du cirque médiatique, le gouvernement se moque bien de la finalité du thème matraqué, puisque seule l’occupation de l’espace politique l’intéresse pour les quatre prochains mois.    

 

Selon un publicitaire qui aime les montres suisses, il paraît que l’Elysée rêve d’une grossesse présidentielle : si la séquence « bébé du Château » se concrétise en 2010, verra-t-on aussi Michel Onfray débattre de la nouvelle politique dionysiaque ? 

 

 

Alexandre Anizy

 

P.-s : Dans son échange avec Houria Bouteldja, Michel Onfray était condescendant, et non pas paternaliste comme l’a dit la dame.

 

Prix Renaudot poche : "Palestine" d'Hubert Haddad

Publié le par Alexandre Anizy

Lundi dernier, le 1er prix Renaudot poche a été attribué au roman « Palestine » (éditions Zulma, mai 2007, 156 pages … et maintenant en poche), dans lequel Hubert Haddad a voulu concentrer l’horreur du conflit israélo-palestinien au cœur d’une histoire somme toute banale.

Le problème est qu’on n’y croit pas, du fait des facilités romanesques que s’accorde l’auteur : la carte d’identité perdue qui réapparaît opportunément, la ressemblance du soldat amnésique avec le fils arabe absent …

Puisqu’il y a déjà tant d’incompréhension sur cette Terre, pourquoi y ajouter la vision d’une littérature approximative ?

 

 

Alexandre Anizy

 

Goncourt : les heures creuses de Delphine de Vigan

Publié le par Alexandre Anizy

Le dernier bouquin de Delphine de Vigan (« les heures souterraines », JC Lattès, septembre 2009, 300 pages, 17 €) nous laisse pantois. Que voulait dire ou raconter l’écrivassier ? L’histoire de la mercaticienne ou bien celle du médecin des urgences ? Car vous avez, pour le prix d’un nous direz-vous, deux individus en souffrance de maux de genres différents, qui se croisent une fois mais ne se rencontrent pas à la page 295 (sur 300 !) :

« Elle a buté dans quelque chose, un sac ou une valise.

L’homme a dit : putain, vous ne pouvez pas regarder devant vous.

Quand il s’est baissé pour ramasser ce qui ressemblait à une mallette de médecin, Mathilde a remarqué sa main gauche. Il n’avait que trois doigts. »

 

Quelle était donc la véritable ambition de l’auteur ? Aborder le thème du harcèlement moral dans l’entreprise, celui des éclosions amoureuses impossibles, etc. ?

Formulons une hypothèse : le personnage du médecin serait un ajout (une suggestion appuyée de l’éditeur ?) pour pimenter la 1ère mouture d’un texte sans profondeur, parce que la clientèle de Mme de Vigan apprécie les romances.

 

Comme le sujet du harcèlement occupe le plus grand espace dans ce foutoir, nous nous disons que l’écrivassier se penche ou plutôt se sert de problèmes graves pour attirer les projecteurs sur sa prose alerte, légère comme une chronique de Cosmopolitan (1).   

 

 

Alexandre Anizy

 

(1) : ou d’un autre magazine féminin.

 

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