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notes politiques

Propagande sur une baisse dépassée du chômage

Publié le par Alexandre Anizy

Dans notre note du 5 mars 2008 « l’incompétent ministre Christine LAGARDE persiste dans la dénégation », nous vous informions que le chômage repartait à la hausse en vous donnant le chiffre officiel des demandeurs d’emploi à la fin janvier 2008 : 1910,5 (en milliers ; données cvs).

Chiffre communiqué par le Ministère de l’Economie le 28 février 2008.
(Dans le Figaro du 29 février)

Or, depuis jeudi, nous assistons à un bombardement médiatique sur une baisse du chômage … en 2007.
C’est un exemple de propagande à 2 jours des élections municipales.

 
Jeudi 6 mars : Journal Télévisé de Mr David PUJADAS de France 2

Après un « sujet » d’environ 3 à 4 minutes sur les manifestations des retraités, la « baisse du chômage » vient opportunément contrebalancer l’effet déplorable de ces vieux dont la retraite est aussi mince que la taille de « Cuisse de mouche » (chanson de Pierre PERRET …  il y a déjà 40 ans environ).

Sur la chaîne de Patrick de CAROLIS, un ami de Bernadette CHODRON DE COURCEL épouse CHIRAC, on est habitué à ce genre  de manœuvre d’équilibre républicain, n’est-ce pas ?

 

Vendredi 7 mars : Figaro de Mr Serge DASSAULT

A la une, on a « Chômage : le taux le plus bas depuis 25 ans »

Le chiffre de janvier du Ministère de l’Economie n’apparaît pas.

Quant à l’incompétent ministre Christine LAGARDE qui semble ignorer ce que son ministère publie, elle croit bon (par honnêteté intellectuelle ?) de souligner (un trait d’esprit peut-être ?) que « les esprits chagrins s’accordent à conclure qu’il s’agirait d’emplois dégradés ». 

Que le journal de DASSAULT, un ami du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA, soigne le bilan de la majorité présidentielle, on est dans l’ordre normal des choses, n’est-ce pas ?

 

Vendredi 7 mars : Libération de Mr de ROTSHILD

A la une (encore plus visible qu’au Figaro) : « Chômage : la France au plus bas depuis 1983 »

Libération se voulant un journal d’opposition constructive, il nous inflige 2 pages pleines (6 et 7) où il ressort que :

« Chômage : un chiffre qui tombe à pic » ;

« 1 ce chiffre est-il fiable ? Les chiffres du chômage sont aujourd’hui clarifiés. » ;

« 2 Moins de chômeurs, ou plus de travailleurs précaires ? Le chômage a baissé en 2007. Et les créations d’emploi ont explosé, c’est un fait (…) » ;

« 3 D’où viennent les créations d’emploi ? » ;

« 4 La démographie explique-t-elle cette baisse ? La pyramide des âges n’explique pas à elle seule l’amélioration du marché du travail. » ;

« 5 Le traitement social a-t-il eu un impact ? Statistiquement, les stages, emplois aidés et autres préretraites (…) n’ont pas eu, ces dernières années, d’incidence significative (…). » ;

« 6 La tendance va-t-elle se prolonger ? Malgré le ralentissement (…) l’économie française devrait rester créatrice d’emplois (…) »
Et noyer dans le texte, les données officielles du ministère apparaissent enfin.
 

Personnellement, nous trouvons l’article de Libération « plus vendeur » pour la majorité présidentielle.

A 2 jours des élections municipales, Libération apporte un soutien efficace (pagination plus importante que dans le Figaro ; arguments plus élaborés) à la propagande sarkozyenne.

 
Mais le propriétaire de Libération Mr DE ROTSHILD, un ami du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA, servi par un Laurent JOFFRIN bien connu au Siècle et à l’ex Fondation Saint Simon (repaires de la pensée unique), n’y verra aucune objection : d’ailleurs il ne se mêle pas de la ligne politique du journal, c’est bien connu.

 

Concluons par ceci :

les sondages (des RG par exemple) ne doivent pas être fameux pour la majorité présidentielle ;

dans les moments politiques cruciaux, LIBERATION vaut le FIGARO.

 

Alexandre Anizy

Pour une autre politique de la Ville

Publié le par Alexandre Anizy

Selon l’architecte Rem KOOLHAAS, l’urbanisme moderne est un « espace pourri ».
La ville grandit à la manière d’un cancer : c’est une chose proliférante, sans limite, sans centre ni périphérie ; c’est une répétition d’un module structurel ordonné par les logiques monofonctionnelles.
Comme le dit Paul VIRILIO : « Le village global c’est l’horreur, c’est le ghetto mondial ».

Les ghettos de pauvres font face aux ghettos de riches : aux USA, 35 millions de riches vivent retranchés dans des villes privées, derrière des murs et des portails métalliques, sous surveillance électronique.
C’est l’urbanisme de la peur, le refus de l’Autre.
Dès lors, peut-on encore parler d’avenir ?

 
Pourtant, une autre Ville est possible : certains s’y attèlent déjà, comme le réseau « Città Slow » (villes lentes).

Prenons l’exemple de Greve in Chianti (à mi-chemin entre Florence et Sienne) et quelques mesures adoptées dans cette ville :

  • Résolution de la circulation des véhicules dans le centre historique ;
  • Sauvegarde des activités commerciales et artisanales régionales et traditionnelles ;
  • Education des jeunes au goût en commençant par l’école ;
  • Défense et promotion des produits régionaux et des filières courtes ;
  • Favoriser l’agro-tourisme et les petits hôtels aménagés à l’intérieur de structures existantes ;
  • Maîtrise de l’urbanisme et des constructions, avec par exemple l’introduction de la construction bio.

Pour empêcher l’expansion sans fin des limites urbaines, il faut mener une politique d’urbanisme fondée sur la maîtrise des constructions et sur la réutilisation des volumes déjà existants.

Ces choix politiques sont possibles, ici et maintenant.
Sans dogmatisme. Sans ostracisme.

 
Alexandre Anizy

Rejeter PANAFIEU la tocarde, c'est bouter une de WENDEL

Publié le par Alexandre Anizy

Le magazine « le Point » a mené une enquête sur le Revenu et le patrimoine de candidats aux élections municipales : Françoise de PANAFIEU n’a pas répondu.

 
Il est vrai que « Fille de François MISSOFFE, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports de Georges POMPIDOU, et d’Hélène de MITRY, comtesse de la dynastie des de WENDEL, cousine du baron Ernest Antoine SEILLERE DE LABORDE, ex président du MEDEF, elle a épousé un inspecteur des finances, Guy de PANAFIEU, ancien vice-président du groupe Suez Lyonnaise des Eaux et dirigeant de la banque d’affaires Calyon. Avec un tel parcours, il n’est pas douteux qu’elle ait du bien. Mais l’électeur n’en saura rien. »

C’est la transparence à la sauce PANAFIEU.

 
Le 9 et 16 mars, il serait bon que le peuple de Paris rejette cette bourgeoise à ses œuvres de charité et ses rallyes : une nouvelle de WENDEL serait ainsi boutée (voir notre note du 21 juin 2007 « un WENDEL bouté hors de Lorraine »).

 

Alexandre Anizy

L'Afrique du Sud est malade

Publié le par Alexandre Anizy

En Afrique du Sud, l’Etat néglige le problème de la sécurité et la corruption de la police est patente ; en 2010, 25 % de la population pourrait porter le sida, à cause de l’aveuglement du Président Thabo MBEKI ; si l’émergence d’une classe moyenne est indiscutable, sa pérennité est forcément incertaine dans un pays ayant 40 % de chômeurs. Rien de bon ne pourra sortir de cette situation.

 

L’élite afrikaner, toujours détentrice de 80 % des terres agricoles, a misé depuis 10 ans sur le leader noir de l’ANC le plus anti-blanc, alors que dans le Nord du pays en particulier les fermiers sont torturés et abattus dans leurs propriétés sans réaction de la police locale : 2.000 Blancs assassinés en 10 ans. La pratique politique du voisin MUGABE aurait-elle fait des émules à Pretoria ?  

 

Elu en décembre à la tête de l’ANC, Jacob ZUMA vient d’être inculpé pour corruption, racket, blanchiment d’argent et évasion fiscale.

Le patron de la police sud-africaine, Jackie SELEBI, également président d’Interpol pendant 7 ans, doit répondre des accusations de corruption et d’entraves à la justice.

Ne manque qu’un juge ripou !

 

L’écrivain André BRINK, présent aux cotés de Nelson MANDELA depuis longtemps, dit qu’il a mis du temps à le reconnaître : « Les premières élections multiraciales et les espoirs qu’elles portaient datent de 1994. Il y a 13 ans. Et ça ne marche toujours pas. Je dois donc reconnaître que les choses tournent mal. »

« J’ai peut-être été naïf, mais la situation actuelle démontre une chose : ce n’est peut-être pas l’apartheid en tant que tel qui constituait notre ennemi, mais le pouvoir lui-même (dont l’apartheid était alors l’incarnation). En fait, un écrivain se doit de combattre toute forme de pouvoir. »

 

Alexandre Anizy

Barack OBAMA vs Hillary Calamity CLINTON

Publié le par Alexandre Anizy

En plus de la question irakienne, voici deux autres angles pour apprécier les valeurs réelles de ces 2 candidats.

 

Barack OBAMA a dit que « the death penalty does little to deter crime »,

que nous traduisons ainsi: “la peine de mort fait peu pour dissuader le crime”.

Au pays des exécutions capitales quasi quotidiennes, il vaut mieux éviter ce genre de déclaration dans les conversations mondaines, si vous voulez conserver votre carte du club …

 

Hillary Calamity CLINTON est une activiste fervente de la peine de mort : elle a milité d’abord pour l’extension de la liste des crimes passibles d’exécution ; élue sénatrice, elle a appuyé une loi obligeant à un test ADN avant la peine capitale fédérale, qui aboutit en réalité à assimiler la présence d’ADN à la culpabilité. 

Dans ce 2ème cas, on reconnaît bien la marque des CLINTON : la duplicité.

Un autre exemple ?

En 2006, Bill CLINTON était rémunéré par l’émirat de Dubaï pour l’aider à acquérir 6 ports américains. Pendant ce temps, Hillary Calamity CLINTON dénonçait l’administration BUSH sur la liquidation de ces mêmes ports trop exposés aux attaques terroristes …

Très endetté lorsqu’il quitta la Maison Blanche, Bill CLINTON disposerait aujourd’hui de 30 millions d’euros : nombreuses allocutions très bien payées et rentabilisation de son penchant philanthropique ! 

 

 

OBAMA vs CLINTON : d’aucuns iront jusqu’à parler de morale.

Mais n’oubliez pas : en 2009, l’Amérique restera l’Amérique.

 

 

Alexandre Anizy

Immigration : les quotas de Vichy

Publié le par Alexandre Anizy

Le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA a dit, et sur ce point nous pouvons lui faire confiance, qu’il instaurera des quotas pour l’immigration. D’autres y avaient déjà pensé bien avant lui : c’est ce que rappelle l’historien Patrick WEIL dans son livre « Liberté, égalité, discriminations » (Grasset, 209 p., 17,90 €)

 

A la Libération, au moment des ordonnances, le personnel de Vichy encore en place pousse en faveur des quotas pour interdire l’entrée en France des Arméniens, des Juifs, des Italiens, des Espagnols du Sud, et bien sûr des Arabes et des Africains : il préfère les populations nordiques.

Même de GAULLE y était favorable avant de se raviser.

 

Or Brice HORTEFEUX, l’affidé sarkozyen, ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, a demandé au Président du Conseil Constitutionnel s’il était possible de changer la Constitution en introduisant les quotas géographiques, familiaux ou professionnels.

 

Question de Patrick WEIL : « La France va-t-elle être le seul pays à choisir ses immigrés selon une hiérarchie des origines, en mettant en place une législation raciste, que les Etats-Unis ont démantelée en 1965 ? »

 

 

Alexandre Anizy

P.s : l’économiste Alexandre DELAIGUE a écrit que « les listes de métiers ouverts à l’immigration sont une forme de subvention déguisée pour maintenir de bas salaires. » (Libération 22 février 2008)

Lire aussi notre note du 14 janvier 2008 « pourquoi la commission ATTALI veut-elle de l’immigration ? »

KOSOVO (II) : erreur fatale

Publié le par Alexandre Anizy

Pour une fois que le journaliste (mais aussi membre du Conseil de Surveillance de Libération) Bernard GUETTA sort de la vulgate européenne, nous le soulignons. Il commence ainsi son article paru dans « son journal » le 29 janvier et intitulé « Fatale erreur dans les Balkans » :

« Par bêtise, par lâcheté, l’Europe a programmé une crise imminente. Avec sa bénédiction, les Albanais du Kosovo s’apprêtent à proclamer leur indépendance. (…) mais un précédent va se créer, formidablement inquiétant et dangereux. Il le sera d’abord pour les Balkans, car, lorsque les puissances occidentales auront avalisé cette modification des frontières d’un Etat membre de l’ONU, c’est toutes celles de la région qui seront menacées. »

Il oublie néanmoins de préciser que 6 pays refusent de reconnaître un Etat du Kosovo : Espagne, Chypre, Grèce, Bulgarie, Roumanie et Slovaquie.

Il s’accorde avec Jean-Pierre CHEVèNEMENT (voir notre note du 18 février 2008) pour constater le danger de l’instabilité en Europe :

« Pourquoi les Albanais de Macédoine ne se sentiraient-ils pas encouragés à reprendre les armes pour sortir de ce pays où ils sont trop minoritaires à leur goût ? »

 

« (…) puisque les Balkans ont vocation à l’intégrer [l’Union Européenne, ndaa]. Non seulement l’Union se tire une balle dans le pied, mais elle se contredit elle-même, dans la plus totale incohérenceElle s’était attachée, durant toutes les guerres de Yougoslavie, à faire respecter les anciennes frontières intérieures de la Fédération, devenues frontières internationales. Elle s’était battue pour que soit maintenu le pluralisme ethnique des Etats nés de l’éclatement yougoslave. Elle en avait fait un absolu, une exigence morale si essentielle que c’est au nom de cet idéal qu’elle avait prolongé le conflit bosniaque par son refus d’une Grande Serbie et aujourd’hui … les Etats-Nations ? »

 

15 ans d’absolu, d’exigence morale, pour en arriver à cette « (…) stupéfiante légèreté dans ce tête-à-queue si porteur d’une renaissance des tensions (…) » : quelle pitié !

 
On notera au passage la grande souplesse de Bernard GUETTA : « La cohésion ethnique ? C’est alors par là qu’il aurait fallu commencer. Ce n’eût pas été si scandaleux, absolument pas (…) » Il serait temps que Bernard GUETTA arrête de penser absolument : des gens de peu en ont trop souffert.

 
Buvons le calice jusqu’à la lie : les Occidentaux ont manqué à leur parole donnée puisqu’ils s’étaient engagés à Dayton à ne pas rouvrir la question kosovare. Pourquoi ?

« Parce que l’Amérique considérait que l’indépendance du Kosovo était inéluctable, qu’elle l’encourageait (…). Inquiets, les Européens croyaient favoriser une négociation [en agitant le spectre de l’indépendance du Kosovo devant la Serbie, ndaa], mais ils n’ont réussi qu’à la rendre impossible car, dès lors que le Kosovo avait la certitude qu’il n’avait qu’à rejeter tout compromis avec Belgrade pour réaliser son rêve, sa route était tracée. Les Kosovars ont repoussé tout maintien d’un lien avec la Serbie. Ils ont tenu bon, gagné, et l’Europe a perdupar bêtise et lâcheté. »

Tout est dit : dès lors que les Etats-Unis affirmaient publiquement qu’ils reconnaîtraient un futur Etat du Kosovo si celui-ci était autoproclamé, il n’y avait plus d’objet de négociation.
 

Si l’Europe vient de commettre une fatale erreur dans les Balkans, comme l’écrit Bernard GUETTA, il serait bon enfin qu’elle s’interroge sur les raisons de ce « sabotage final » des Etats-Unis et sur leur ambition réelle sur le vieux continent ?

 

 
Pour comprendre ce fiasco européen au Kosovo, dont personne ne peut avec certitude en décrire toutes les conséquences, nous vous suggérons la lecture décapante du livre de Stanko CEROVIC « dans les griffes des humanistes » (éditions Climats 2001, 317 pages, 21,34 €).

Stanko CEROVIC : directeur de la rédaction serbo-croate de Radio France Internationale ; écrivain ; expert des affaires yougoslaves ; originaire du Monténégro ; opposant à MILOSEVIC.

Le chapitre 11 raconte les pourparlers de Rambouillet entre les Albanais de l’UCK et la Serbie. Nous vous laissons découvrir les détails, mais citons quelques points intéressants aujourd’hui.

« Il n’y eut pas de réels pourparlers et l’accord proposé par les Etats-Unis ne fut pas un compromis. (…) Dès Rambouillet, on avait foulé aux pieds toutes les règles de la diplomatie internationale appliquée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et de l’époque coloniale. » p. 118

« Les diplomates européens durent à Rambouillet assister à une parodie de pourparlers, cacher leur humiliation et accepter les bombardements qu’ils voulaient empêcher. » p. 119


« Les valets se retrouvent souvent dans une situation qui les obligent à endosser les erreurs de leur maître pour ne pas avoir à subir l’opprobre de s’être mis au service d’un mauvais patron. Je redoute que cela devienne un phénomène très fréquent dans la politique européenne des années à venir (…) » p.119

Cette phrase était prémonitoire. N’est-ce pas, Bernard GUETTA ?

 
Alexandre Anizy

Kosovo (I) : l'équilibre européen miné

Publié le par Alexandre Anizy

Dimanche 17 février 2008, Le KOSOVO a proclamé son indépendance : il souhaite entrer aux Nations Unies, adhérer à l’Union Européenne et obtenir les crédits qui vont de pair.

La Serbie a déjà déclaré que cette sécession était illégale : ses griefs seront présentés au Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Pour comprendre l’antagonisme entre les Albanais du Kosovo et les Serbes, nous vous indiquons 2 ouvrages.

D’abord, un mémoire de l’IEP Grenoble (1995) intitulé « la question du Kosovo » : c’est un travail universitaire de qualité, avec une bibliographie pour ceux qui veulent approfondir le sujet.

Dans cet ouvrage, vous découvrirez que l’Histoire a fait de cette région le creuset de 2 nationalismes antagonistes. Par exemple, « les Albanais ne se joignent pas aux soulèvements des populations contre les Ottomans. Ils luttent contre les avancées des Serbes en Métochie [moitié sud-ouest de ce qu’on appelle le Kosovo, ndaa] et se battront contre eux sur le front de Salonique (1916-1917). La résistance armée persistera jusqu’en 1924. Cette résistance est connue sous le nom de mouvement kacak. (…) Le but du mouvement était de rattacher le Kosovo et la Métochie à l’Albanie. (…) Les Albanais allaient après 1924 se replier sur eux-mêmes, s’enfermer dans leur communauté. Les conflits agraires et les discriminations subies attisaient la haine entre les ethnies. » (Chapitre 1.2.2.)

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Albanais se rangèrent du côté des Italiens. « On estime que la milice volontaire albanaise Vulnetari qui groupait à peu près 5.000 hommes, assistée par les diverses formations paramilitaires, aurait exterminé 10.000 Serbes en 4 ans. (…) L’un des leaders albanais les plus influents, Feratbey Draga proclama la purification ethnique triomphalement en 1943 : « L’heure est venue de détruire les serbes … Il n’y en aura plus sous le soleil de Kosovo. » Parallèlement on tenta de recoloniser massivement le Kosovo en installant des familles venues d’Albanie sur les propriétés des Serbes qui avaient été expulsés. Ce processus se fit d’ailleurs selon un plan des autorités italiennes. » (Chapitre 2.1.1.)   

100.000 Serbes chassés, 75.000 colons albanais : le Kosovo a connu pendant la guerre un profond bouleversement ethnique, qui influencera son destin après-guerre.

En conclusion, les auteurs écrivaient en 1995 : « La « satanisation » des serbes et la simplification à l’extrême du conflit [yougoslave, ndaa] joue contre les intérêts serbes. (…) La question du Kosovo est indissociable de la question de l’éclatement de la Yougoslavie, (…). Il est fort probable que la guerre, qui a commencé au Kosovo, finira au Kosovo. »

 

L’autre source sera le livre d’entretien d’Ibrahim RUGOVA (un leader de la contestation albanaise au  Kosovo) « la question du Kosovo » (Fayard mai 1994, 261 p., 110 FRF)  On sort de ce livre avec le sentiment que rien ne rattache les Albanais du Kosovo (soit environ 90 % de la population) à la Serbie.

 

Dans son livre « l’effondrement de la Yougoslavie » (éditions de L’âge d’homme 1994, 174 p.), Dobrica COSIC (prononcer Dobritsa Tchossitch) écrivait : « Notre politique au Kosovo est dépourvue de perspective. Ce n’est, au fond, qu’une politique policière menée à la manière des communistes monténégrins. La force et la corruption en sont les principaux instruments. » (p. 124)

A Belgrade, a-t-on trouvé une perspective depuis cette année-là ?

 

Dans un article fort intéressant (Figaro 11 décembre 2007), Jean-Pierre CHEVèNEMENT soulignait les dangers de l’indépendance du Kosovo.

« Faut-il indéfiniment encourager au fractionnement, aux divisions, à la scissiparité, célébrer la mise en place de nouvelles frontières, alors qu’au même moment on exalte le dépérissement des identités nationales et l’ensevelissement dans le grand tout ? »

 
Après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc communiste, l’ordre en Europe est fondé sur un principe élémentaire : le respect des frontières existantes sauf à les modifier par consentement pacifique.

Ce n’est pas le cas pour le Kosovo.

« Va-t-on tout jeter bas ? (…) Souhaite-t-on vraiment se donner un nouveau prétexte de solide et bonne brouille avec la Russie ? », interrogeait Jean-Pierre CHEVèNEMENT.

 

Alexandre Anizy

Le retour de l'Etat dans l'économie

Publié le par Alexandre Anizy

C’est une tendance longue qui va commencer aux Etats-Unis, selon David FRUM dans le Financial Times : en novembre, les Républicains vont perdre la présidentielle, et ainsi s’achèvera 30 ans de domination du conservatisme.
Autrement dit, la fin du libéralisme est pronostiquée par l’ancienne plume de G. BUSH et l’inspirateur du discours sur l’axe du mal.

Les sondages confirment les signes d’un écroulement des thèmes chers à la révolution conservatrice, comme le rejet de l’impôt ou celui de l’Etat : « un désir d’un plus grand rôle de l’Etat, une perte de sensibilité à la question fiscale et un basculement à gauche sur la plupart des questions de société. »
Selon David FRUM, l’Amérique votera contre BUSH jusqu’en 2060 !
C’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas ?

Et nous, et nous, et nous ?

Comme d’habitude, l’oligarchie européenne mettra 10 ans pour comprendre que l’Empire a changé de valeurs … puis elle prônera et appliquera sans pragmatisme le nouveau dogme, comme elle le fait aujourd’hui avec zèle pour l’ancien. (Voir aussi notre note économique « bientôt le protectionnisme ? » du 1 octobre 2007)
 

Le retournement s’opérera quand les classes moyennes, mais aussi une partie des ouvriers et des employés, constateront qu’ils profitaient autrefois de la redistribution et de la protection sociales, alors qu’ils ne voient et ne verront jamais la couleur de l’argent de leurs travaux supplémentaires.

L’engraissement des riches correspond à l’appauvrissement des classes moyennes. Mais pas seulement, évidemment.

 
Pour incarner cette nouvelle donne, en France notamment, il faudra de nouveaux acteurs, puisque toute la classe politique a plus ou moins accompagné cette vague libérale dévastatrice.

 

Alexandre Anizy

L'Europe à la mode HAYEK est une économie communiste de marché

Publié le par Alexandre Anizy

Nous avons vu hier avec Alain SUPIOT que la Cour de Justice Européenne apportait sa contribution à l’esprit anti-social des dirigeants politiques européens et nous plaçait elle aussi sur « la route de la servitude » (titre d’un livre fameux mais médiocre de Friedrich HAYEK) 

 
« Le blocage progressif de tous les mécanismes politiques et sociaux susceptibles de métaboliser les ressources de la violence sociale ne pourra bien sûr engendrer à terme que de la violence, mais ce sont les Etats membres et non les institutions communautaires qui devront y faire face. » (Alain SUPIOT, le Monde 25 janvier 2008)

Ainsi subrepticement, nous entrons dans la « démocratie limitée » chère au fondamentaliste libéral HAYEK, où la répartition du travail et des richesses, la monnaie, sont hors de portée des décisions politiques : une sélection naturelle s’opérera entre les différentes règles et pratiques sociales des Etats à travers leur mise en concurrence.

 
La conversion de la Chine à l’économie de marché est interprétée en Occident comme une victoire de leur modèle. Les Chinois quant à eux préfèrent employer un concept baroque, l’économie communiste de marché, qui donne un éclairage blafard à la globalisation.

Que recouvre-t-il ?
« Edifié sur la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun (l’économisme et l’universalisme abstrait), ce système hybride emprunte au marché la compétition de tous contre tous, le libre échange et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme la « démocratie limitée », l’instrumentalisation et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés. Il offre aux classes dirigeantes la possibilité de s’enrichir de façon colossale (ce que ne permettait pas le communisme) tout en se désolidarisant du sort des classes moyennes et populaires (ce que ne permettait pas la démocratie politique ou sociale des Etats providence). » (Alain SUPIOT, idem)

C’est une sécession des élites (expression de Christopher LASH), dont l’objectif avoué en France est de « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance, parce qu’il est incompatible avec l’économie communiste de marché.

 
Alexandre Anizy

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