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notes politiques

La guerre probable selon Vincent Desportes

Publié le par Alexandre Anizy

 

Il y a 37 ans, on avait quitté à Tübingen le jeune lieutenant Vincent Desportes , dont le comportement mimétique à l'égard du capitaine Renon faisait sourire la troupe qui n'attendait que la quille, et comme la chose militaire ne fut et n'est pas un de nos centres d'intérêt, les écrits du général nous avait échappé. Ainsi quelle surprise lorsque nous vîmes sa bobine dans la petite lucarne, soulignée de son nom et de sa fonction à Sciences-Po ! Il s'exprimait en tant qu'expert (compte tenu de sa carrière militaire, le titre n'est pas usurpé) sur la guerre du Mali, ce qu'il fit plus longuement dans une émission de France Culture. Comme ses propos étaient pertinents, nous décidâmes d'aller voir les fondements théoriques qui influencent forcément ses commentaires, dans son livre La guerre probable – penser autrement, Economica, 2ème édition 2008, 216 pages, 18 €).

 

D'abord le constat :

« L'effondrement de l'empire soviétique avait initialement laissé place à l'euphorie de la toute puissance, à la certitude que l'Occident pouvait tout grâce aux ingrédients qui lui avaient conféré le succès. » (p.3)

« Les Balkans et l'incapacité de la force d'y régler aisément les différends auraient pu nous indiquer que quelque chose avait changé. Nous avons cependant longtemps pensé que ces conflits constituaient l'exception, alors qu'ils étaient la règle d'une réalité nouvelle. » (p.3)

 

Il faut penser autrement :

« La maigre performance de nos outils actuels nous impose de comprendre l'évolution des formes de puissance, l'évolution des formes de nuisance, l'évolution des formes de violence. » (p.5),

parce que les faits sont têtus : les États-Unis n'ont pas gagné en Afghanistan et en Irak, Israël a connu l'amère non-victoire contre le Hezbollah en 2006 (pour 600 combattants du Hezbollah tués mais aussitôt remplacés : 120 soldats israéliens perdus, 6 Milliards USD dépensés + 7 Milliards USD de biens libanais détruits + 1.200 morts et 3.700 blessés civils).

La guerre industrielle coûte très chère aux pays riches (en 2008, l'économiste américain Joseph E. Stiglitz a chiffré le coût de la guerre en Irak pour les États-Unis seuls à 3.000 Milliards USD), mais lorsqu'ils sont engagés dans une guerre asymétrique qu'ils subissent, celle-ci

«(...) ne coûte presque rien à l'adversaire parce qu'il sait conserver l'initiative, le choix de l'heure, du lieu et du mode d'action... Il s'est approprié le principe d'économie des forces !» (p.12)

La discontinuité (i.e. frappes sélective ou massive momentanées, occupations temporaires du terrain … puis arrêts et replis) est disqualifiée aussi bien au niveau stratégique que tactique :

« Rien ne sert aujourd'hui d'agir en "va et vient" et d'abandonner sans le contrôler le terrain qui vient d'être conquis : à peine replié, l'adversaire vient reprendre possession et punir les "retournés". La seule manœuvre qui vaille est celle de la continuité, de l’État qui avance et s'établit derrière le glaive, bref la méthode de la tache d'huile telle que depuis longtemps nous l'a enseignée Lyautey. » (p.16)

[Au Mali, il semble que la France ait fait sienne cette doctrine. NdAA]

 

Le XXIe n'échappera pas aux crises et aux conflits, d'autant plus que « la démographie, longtemps mère de toutes les crises et de toutes les guerres, » revient au centre de la question humaine avec son corollaire lancinant : les flux migratoires. La raréfaction des ressources est déjà une préoccupation permanente des gouvernements¹, de même que la répartition inégale des biens alimentaires. D'où il ressort que :

« La sécurité intérieure de la France va continuer à dépendre étroitement de la situation sécuritaires aux marches de l'Europe, tandis que sa position méditerranéenne la rendra sensible aux crises et conflits du Moyen-Orient dont les ramifications s'étendent naturellement sur son territoire. » (p.27) ;

et que :

« L’Europe balkanique, par le biais de la porosité européenne des frontières, doit être considérée comme un proche étranger ; (…) quel que soit l'avenir de cette zone, la France devra être en mesure d'y participer, militairement si nécessaire, à l'établissement d'une stabilité qui est condition de la sienne. » (p.27)

Pour ne pas être défait, il importe de comprendre les expressions nouvelles de la guerre, afin de préparer les bons outils.

« (…) ce dont nous sommes sûrs, c'est que le destin de la citadelle est d'être contournée puis détruite. Donc, la simple défense au plus près est vouée à l'échec. » (p.29)

Ce dont les pensées officielles britannique (DCDC) et française (DAS/EMA) sont également sûres, c'est que la guerre classique ou symétrique (i.e. puissance industrielle contre puissance industrielle) est morte. (sourcées en p.31) Dès 2002, les États-Unis ont replacé la dissuasion nucléaire comme un élément d'une triade de prévention élargie. En conséquence, il y a une autre dissuasion à bâtir : « une force conventionnelle apte à relever les défis de la guerre probable ». (p.32)

 

Cependant, et fondamentalement, il importe de maintenir le niveau technique des matériels de la guerre classique, car c'est la capacité de la faire bien qui en diminuera l'occurrence.²

Il faut donc investir dans les systèmes de forces couvrant les guerres classiques (parce que la probabilité d'un conflit majeur inter-étatique est non nulle, il faut aussi veiller à l'excellence de la recherche et développement et préserver la capacité de remontée en puissance) et les guerres asymétriques.

 

Dans une configuration asymétrique, la puissance destructrice incite fortement à l'évitement qui la rend vaine :

« Plutôt que de rechercher la compétition sur le champ d'affrontement de la haute-vitesse et de la brièveté dominé par les forces occidentales, l'adversaire probable investit les luttes politiques longues et les bras de fer psychologiques ; il planifie sur des décennies et évite notre bataille parce qu'il n'a nul besoin de victoire tactique. » (p.35)

L'adversaire va opter pour des « stratégies de contournement dans les espaces où il peut lutter à armes égales, l'infosphère et l'espace humain où se modèle donc la guerre probable ». (p.36) Et comme l'a dit Clausewitz, s'il n'est pas possible d'amener l'adversaire sur son terrain, il faut aller le chercher sur le sien, si on veut le battre. Pour le général américain Hagee, « le succès dépendra moins de notre capacité à imposer notre volonté que de notre aptitude à modeler les comportements, des amis, des adversaires et, ce qui est plus important, de la population ». (en 2005, cité p.36)

Et Vincent Desportes d'affirmer :

« La guerre de demain – la guerre probable – se livrera au sol, elle sera un combat rapproché car, malgré tous les miracles technologiques, pour vaincre l'homme armé de son seul poignard, il faut bien prendre le sien. » (p.36)

Il faut bien constater que les courts conflits dissymétriques se transforment en conflits asymétriques : au Kosovo, 2 mois de guerre classique pour une décennie de crise larvée ; en Afghanistan, 1 mois de classique … et on y est encore ; en Irak, 3 semaines de classique pour 5 années d'asymétrique.

 

Le contournement est une loi d'airain dans l'art militaire, ce que les 2 colonels chinois Quiao Liang et Wang Xiangsui ont développé à leur manière dans leur livre devenu une référence, titré La guerre hors limite : pour le plus faible dans la sphère militaire, il s'agit de n'y consacrer qu'un effort minimal et par contre de manœuvrer dans d'autres sphères de la guerre (informationnelle, économique, financière, politique, etc.).

« Les prochaines guerres, n'en doutons pas, seront "hors limites". » (p.40)

Il y a bien une approche philosophique différente du conflit, dont Ivan P. Kamenarović a commencé l'étude dans Le conflit – Perceptions chinoise et occidentale (éditions du Cerf, mars 2001, 147 pages, 100 francs).

On peut voir le livre des colonels comme une application de 2 principes de Sun Zi (l'art de la guerre, Economica, mars 1990, 172 pages, 125 francs) :

« C'est pourquoi remporter cent victoires en cent combats n'est pas ce qu'il y a de mieux ; soumettre l'ennemi sans combattre est ce qu'il y a de mieux. » (p.105) ;

« C'est pourquoi une armée victorieuse l'est avant même de chercher le combat ; une armée vaincue engage le combat d'abord, puis cherche la victoire. » (p.109)

 

Parce que le monde ne connaîtra qu'un état de violence permanent, il importe aux pays occidentaux de maintenir la paix en (r)établissant la force et l'autorité des États : autrement dit, changements de régime si nécessaire et reconstructions d’États.

« Dans les 2 cas, l'essentiel ne sera pas la planification de la guerre mais la question du nouvel ordre à établir, de l'état final à instaurer ; et c'est vers eux que devront converger les lignes d'action, l'action militaire n'en étant qu'une parmi d'autres. Cette action comportera plusieurs phases, dont celle que les armées américaines appellent à tort la Phase IV, celle des "opérations de stabilité et de soutien", parce qu'elle commence avant même les opérations et qu'elle est véritablement au cœur de la réussite de l'intervention. (…) La dernière victoire qui compte, celle de la stabilité du gouvernement. » (p.41)

[C'est à cet aulne qu'il faudra juger de la guerre du Mali. NdAA]

Dans ce cadre, le modèle trinitaire de la guerre est pertinent : il convient de résoudre des équations « avec les 3 variables clausewitziennes de l’État, de la population et de l'armée, et leurs 3 dimensions associées de la rationalité, de l'irrationalité et de la contingence ». (p.42)

Il faut aussi aux pays occidentaux, puisque la guerre probable est hors limites (l'ennemi pouvant être dé-territorialisé), avoir « la disponibilité de soldats formés pour une défense grise et des crises mélangeant le malveillant et l'accidentel ». (p.43)

 

Quel sera le nouvel adversaire ?

« (…) à l'ennemi articulé en grands ensembles a succédé un ennemi éclaté en petites cellules qui marque d'incapacité bien des déclinaisons de la puissance. Dès lors que l'adversaire adopte la forme réticulaire et ne présente plus aux frappes de précision ses centres de gravité qui sont traditionnellement la cible, il peut produire de la violence dans des conditions d'impunité accrue. » (p.45)

La guerre probable sera irrégulière, et l'adversaire appliquera les 2 règles de survie : l'adaptation permanente et la surprise. Vincent Desportes revient alors sur la mésaventure israélienne de 2006 :

« (…) Tsahal a été surprise en juillet 2006 par une guérilla qui s'était préparée et entraînée contre cette manœuvre, l'a rendue vaine par une succession de coups d'arrêt et d'esquives, par une multitude d'actions "en essaim", bref par une néo-non-bataille³. Volant l'initiative à l'armée qui en est l'emblème, le Hezbollah a réussi à la conserver, tant au plan stratégique que tactique, et à maintenir l’État d'Israël et ses forces dans une permanente posture réactive ! » (p.47)

Le Hezbollah n'avait pas de boucle décisionnelle et de ce fait bloquait dans Tsahal le fonctionnement du principe de l'OODA (action selon le cycle Observation – Orientation – Décision – Action), qui structure les forces occidentales.

« En l'absence de système ennemi clair, de nœuds ou de centres de gravité véritablement identifiables, la manœuvre de haute technologie ne peut pas provoquer de choc systémique. » (p.49)

Par principe, l'adversaire ne respectera pas les règles, et dans cette guerre probable, il est possible que la victoire politique advienne sans victoire militaire décisive.

 

 

La guerre probable se fait dans les sociétés, et non pas entre les sociétés. « Les zones contestées seront les espaces contestables des zones grises, ces espaces de non-droit (...) » (p.58) et évidemment « on ne maîtrise pas une insurrection avec les méthodes et les armes que l'on employait pour détruire une colonne de blindés soviétiques (...) » (p.59)

« Si la guerre probable commencera souvent à distance depuis la mer ou les airs, elle se terminera toujours sur terre, dans la durée, avec une imbrication au sein des populations et une confrontation directe avec les parties adverses. C'est au sol, physiquement, au contact des protagonistes, par une présence durable, que l'action engagée portera ses fruits. » (p.61)

« Désormais, sauf exception, les combats sont urbains (...) » (p.64)

Du point de vue strictement militaire, cette idée excessive doit être rejetée parce qu'en 2013 les faits la contredisent : Afghanistan, Mali. Mais Vincent Desportes voulant en arriver à la guerre en ville et à ses caractéristiques, on conviendra qu'il a péché par maladresse rédactionnelle.

En ville, l'univers étant davantage civil et émotionnel, il oblige à une approche globale, notamment avec les humanitaires, parce que sous les feux des médias la guerre y devient vraiment spectaculaire. Le militaire doit lutter contre « l'inhibition, mère de l'inefficacité opérationnelle et premier résultat de la conjugaison de la médiatisation des conflits et de l'extension du juridisme à la sphère des opérations. » (p.65) C'est la 1ère idée.

La 2ème idée est qu'en ville « le soldat asymétrique pourra le mieux, sous le regard permanent des médias, jouer sa stratégie de provocation et de propagande par les bavures collatérales de son adversaire. » (p.66)

La 3ème idée est qu'en ville il faut traiter les problèmes essentiellement humains : « La cible de l'action n'est plus l'adversaire, mais la population. Il s'agit, au cœur des villes, de gagner le combat de l'adhésion tout en construisant le "contrat social". » (p.66)

La 4ème idée découle de la 3ème : les moyens de l'efficacité militaire doivent évoluer, puisque « le tactique y reprend le pas sur l'opératif, le décentralisé domine le centralisé, (…) l'action individuelle compte finalement presque autant que la décision d'état-major et parle plus fort que le message stratégique ».

La 5ème idée est celle de l'élargissement du métier militaire : « La ville est aujourd'hui le lieu paradigmatique de la dualité du rôle social et guerrier du militaire. » (p.67) Les soldats-managers doivent aussi apprendre la gestion de la cité, en liaison avec les policiers, les humanitaires, les administratifs, les politiques, etc.

 

 

Vincent Desportes propose un nouveau continuum pour le déroulement des conflits : l'intervention, la stabilisation, la normalisation. Ces phases sans limites temporelles, qui se superposent partiellement, se caractérisent plus par l'effet recherché que par les moyens employés.

« L'évolution du contexte des crises, les guerres probables, imposent de savoir mieux passer du militaire au sécuritaire, de l'urgence humanitaire aux politiques de reconstruction et de développement. » (p.78)

 

 

Des expériences récentes, Vincent Desportes dégage 2 principes majeurs pour l'efficacité militaire : modestie et adéquation. Concernant la modestie, il remarque qu'il vaut mieux adapter des institutions plutôt que de vouloir les changer (prise en compte des différences culturelles et politiques) :

« La démocratie doit être conçue comme un éventuel moyen et non comme une fin. » (p.84)

Concernant l'adéquation, l'expérience montre d'une part que

« en-deçà d'un ratio inférieur à 15 ou 20 contre 1, une force de contre-insurrection n'a pratiquement aucune chance de l'emporter ». (p.84),

ce qu'il faut compléter par :

« si la force contre-insurrectionnelle respecte la proportion de 20 soldats ou policiers pour 1.000 habitants » (p.98),

et d'autre part que, pour avoir la cohérence entre les buts, les voies et les moyens, la primauté du politique et l'unicité de l'objectif s'imposent, car il faut bâtir une approche globale pour être crédible dans l'infosphère, lieu de bataille préférée du faible contre le puissant :

« Ainsi, portant sur la sensibilité et la versatilité des opinions publiques, la communication – courtier du marché de la pitié – est devenue le terrain de la victoire ou de la défaite. (…) Nous n'avons pas d'autres choix que de contrer l'adversaire sur ce même espace : notre manœuvre essentielle devient, par obligation, celle de la communication. » (p.102)

Vincent Desportes précise plus loin :

« Cette prééminence de la communication veut dire aussi que les armées modernes doivent être conçues dans cet esprit et dotées de moyens techniques capables de délivrer de bons messages – d'où le rôle de la précision des armements par exemple – et de participer dans la durée – cette fois-ci avec des moyens dédiés – à cette manœuvre de communication:elles sont en effet condamnées à demeurer sur le terrain bien après que les armes lourdes se soient tues. » (p.143)

Dans la guerre probable, l'armée envahit tous les champs, de la traque de l'ennemi œuvrant à l'intérieur comme à l'extérieur à celui de la propagande (the battle for your mind). Et Vincent Desportes de citer le général Galliéni :

« satisfaire les besoins des populations pour les attacher par la persuasion aux institutions nouvelles » (p.146)

 

 

 

Dans les circonstances actuelles, lire le livre de Vincent Desportes permet aux citoyens de comprendre la guerre probable que la France mène quasiment seule au Mali (facilitant la séparation du bon grain de l'ivraie dans la communication officielle). La chose est d'autant plus facile que l'auteur a soigné le style.

Mais pour nous, une question se pose toujours 37 ans après, puisque Vincent Desportes utilisent abondamment le vieux concept d'Occident,

« notion chérie de la culture ultra-conservatrice (Oswald Spengler [philosophe allemand de la Révolution conservatrice, ndAA], Henri Massis, Maurice Bardèche [2 intellectuels français ayant soutenu la Collaboration, ndAA], les nervis d'Occident [nom d'un groupuscule d'extrême droite dont firent partie les délinquants Patrick Devedjian et Alain Madelin condamnés en correctionnelle en 1965, ndAA]), qui ne figurent pas, d'ailleurs, dans le traité de l'Atlantique Nord de 1949, qui n'apparaît presque jamais sous la plume de de Gaulle et que je ne me souviens pas avoir entendue dans la bouche de Mitterrand ? » (Régis Debray, in Monde Diplomatique de mars 2013 : la France doit quitter l'OTAN).

Vincent Desportes croit-il à la famille occidentale, cette « vieille mystification qu'on croyait réservée à la "grande famille des États socialistes" » (Régis Debray, idem) ?

 

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

(¹) : par exemple, et pour ceux qui en doutaient encore, les historiens peuvent aujourd'hui affirmer que la guerre d'Irak (2003) visait à s'emparer du pétrole, grâce aux documents récemment déclassifiés. Jean-Pierre Séréni in Monde Diplomatique de mars 2013.

(²) : on retrouve là le raisonnement qui prévalait pour la guerre nucléaire.

(3) : la bibliographie de V. Desportes étant excellente, il ne pouvait pas ne pas citer l'essai sur la non-bataille de Guy Brossollet (Belin, 4ème trimestre 1975, 128 pages, 28 francs), dans lequel l'auteur mettait en procès « le corps de bataille, élément spécifique de notre Défense Nationale », et proposait un système modulaire … mais il précisait déjà que face à « un conflit marginal ou une agression limitée visant, soit la conquête d'un gage territorial, soit un effet de désorganisation par des actions de commandos, soit encore un simple test de notre volonté et de notre capacité de réaction », « l'inaptitude des 2 systèmes [le corps de bataille et le système modulaire. NdAA] à régler des crises mineures souligne la nécessité de posséder, par ailleurs, des forces relativement puissantes et très mobiles, capables d'intervenir immédiatement pour des opérations limitées, en un point quelconque du théâtre national ou européen. » (p.98)

() : l'adjectif "soviétique" n'étant pas utile au propos, et parce que nous avons connu le jeune lieutenant Desportes, on se demande s'il a vraiment changé son logiciel idéologique, lui, i.e. tenté de penser autrement, comme il le recommande dans ce livre.

 

 

 

 

La contradiction des intégristes de l'Europe

Publié le par Alexandre Anizy

 

Les 27 hommes d’État de l'Union Européenne viennent de s'entendre sur le budget de la Communauté à l'horizon 2020. Un budget dont le montant sera inférieur à celui d'aujourd'hui.

 

Si les Fédéralistes au pouvoir, qui usent toujours du concept d' "intégration européenne" pour cacher leur véritable objectif, acceptent cette contradiction majeure, à savoir un État fédéral doté d'un budget riquiqui, on encourage les médiacrates (mais en sont-ils capables ?) à répondre intelligemment aux questions qu'elle soulève.

 

On rirait presque de ces intégristes de l'Europe, s'il n'y avait pas des millions de chômeurs, et encore plus de pauvres, condamnés à une vie de chien par ces dirigeants pathétiques.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Mali : d'accord avec Galouzeau de Villepin, diantre !

Publié le par Alexandre Anizy

 

En préambule, rappelons que nous n'avons aucune sympathie pour Dominique Galouzeau de Villepin, ni pour les idées qu'il défend mal, ni pour le politicien douteux, ni pour l'individu. Mais lorsqu'il se concentre sur son premier métier, i.e. la diplomatie, l'homme produit encore de bonnes analyses, comme celle sur l'entrée en guerre de la France au Mali¹.

 

Résumons son propos.

Leçons des guerres perdues en Afghanistan, Irak, Libye :

  • « Jamais ces guerres n'ont bâti un État solide et démocratique. » ;

  • « Jamais ces guerres n'ont permis de venir à bout de terroristes essaimant dans la région. » ;

  • « Pire encore, ces guerres sont un engrenage. Chacune crée les conditions de la suivante. ».

Parce qu' « Au Mali, aucune des conditions de la réussite n'est réunie », il fait le constat et la prévision suivante :

  • « Nous nous battrons à l'aveuglette, faute de but de guerre. Arrêter la progression des djihadistes vers le sud, reconquérir le nord du pays, éradiquer les bases d'Aqmi sont autant de guerres différentes. » [qui demandent par conséquent une stratégie et des moyens différents. NdAA] ;

  • « Nous nous battrons seuls, faute de partenaire malien solide. » ;

  • « Nous nous battrons dans le vide, faute d'appui régional solide. ».

L'échec est au bout du fusil, mise à part la remontée sondagière du Président culbuto-molletiste qu'on présente déjà comme le Chef de guerre...

 

« Comment le virus néoconservateur a-t-il pu gagner ainsi tous les esprits ? », s'interroge-t-il, avant de rappeler son ambition pour la France.

En effet, quand on entend une Nathalie Kosciusko-Morizet déclarer² qu'elle approuve l'intervention française au Mali pour les mêmes raisons qu'elle approuvait celle en Afghanistan, on se dit que cette polytechnicienne de salon, qualifiée « d'emmerdeuse » par ses amis politiques (pas tous, évidemment), n'a rien appris des expériences passées : n'est-ce pas ce qui caractérise les imbéciles ?

Force est de constater que la connerie est équitablement distribuée dans l'ensemble de la population.

Jouez tambours, sonnez trompettes : les politiciens cyniques sont de retour au Quartier Général.

 

Alexandre Anizy

 

(¹) : Journal du Dimanche du 13 janvier 2013

(²) : au journal télévisé de France 2 de 13 h, dimanche 13 janvier 2013

Deux erreurs d'analyse de Jean-Luc Mélenchon

Publié le par Alexandre Anizy

 

Depuis la rentrée d'automne, Jean-Luc Mélenchon a peaufiné son discours sur la scène politique, passant de "Nous ne sommes pas l’opposition, nous sommes les ayants droit de la victoire" et "nous demandons notre dû",en août, à « Il y a une majorité de gauche à l’Assemblée : je propose qu’elle change de centre de gravité. Je suis prêt à être Premier ministre : je ne peux dire mieux ! »,en novembre (Rue89, le 28 novembre)

Deux phrases, deux erreurs : beaucoup pour un seul homme.

 

La première erreur, c'est de croire qu'il existe une majorité de gauche à l'Assemblée. En tant qu'ancien membre du PS, Mélenchon est bien placé pour savoir que ce parti n'a de socialiste que le nom :

« De meilleures conditions pour les retraités les plus pauvres, le mariage des homos, l'abolition de la ridicule loi Hadopi, la suppression de la nomination des patrons de chaînes et radios publiques, le droit de vote des immigrés [sur ce sujet, après avoir agité le chiffon rouge sur les estrades, nous venons d'assister à une nouvelle reculade … combien en quasiment 30 ans? NdAA], quelques éoliennes de plus et quelques centrales de moins, mais tout cela, la droite est capable de le faire – comme elle fit une loi sur la burqa et un Grenelle de l'environnement. Mais où est la seule réforme qui pourrait justifier le mot "socialisme" ? » (Bernard Maris, plaidoyer (impossible) pour les socialistes, Albin Michel)

Citons aussi le malheureux Président de la Commission des Finances du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais, Michaël Moglia, qui a « la tristesse mais enfin la lucidité, après 23 années de militantisme, dont 9 au sein de la direction nationale du PS, de constater [qu'il s'est trompé] » : Benoît Hamon hier, Emmanuel Maurel aujourd'hui, tentent de maintenir en façade l'image d'un vrai parti de gauche ; Montebourg au gouvernement, lui-même Moglia dans le Nord, ont joué un rôle puisque « à un parti en pleine dérive idéologique il fallait ses idiots utiles. » Et de conclure : « Le PS a oublié les ouvriers. Mais pas seulement eux : les exclus de tout poil et les 11 millions de pauvres qui vivent en France ne comptent pas, ou si peu. » (Libération, 6 décembre 2012)

Tout est dit, non ?

 

 

La deuxième erreur consiste à croire (ou feindre) que le Président culbuto molletiste Hollande pourrait appeler Mélenchon à Matignon pour appliquer le programme du Front de Gauche. Pour énoncer une connerie pareille, il faut être aveuglé par son raisonnement et/ou sous-estimer l'animal politique nommé François Hollande qui,

« s'il use et abuse des jongleries et des roueries, [il] n'en sait pas moins ce qu'il veut. (…) la ligne de son gouvernement, elle relève du social-libéralisme le plus classique : engagement européen énergique, diminution des déficits au pas de course, volonté de réduire les dépenses publiques, pacte de compétitivité, le tout humanisé par des réformes en faveur des jeunes, de l'égalité hommes-femmes et par les drapeaux délibérément agités (mariage et adoption pour les homosexuels, réflexions sur la fin de vie, engagement de mettre fin au cumul des mandats [la prochaine reculade ? NdAA], introduction de la proportionnelle … [seulement pour que le FN de la famille Le Pen bloque l'échiquier à droite, permettant ainsi une nouvelle configuration gouvernementale dirigée par le même Président … rien de neuf ! Que du Mitterrand 84 réchauffé … NdAA]) » (Alain Duhamel, Libération du 6 décembre 2012)

Si la tempête arrive, comme le croit Mélenchon, le Président culbuto molletiste Hollande se tournera vers son véritable camp, sa classe d'origine, la petite bourgeoisie provinciale, ce que Michaël Moglia n'est pas loin de penser lorsqu'il écrit : « (…) donnerez-vous raison à ceux qui ont vu dans la discrète réception d'élus du Modem à l’Élysée, il y a quelques jours, l'amorce d'un renversement d'alliance au profit du centre droit ? »

Une reconfiguration politique se prépare longuement et en catimini : si les fers sont au feu, celui du Front de Gauche n'y est pas.

 

Mais ces deux erreurs d'analyse en sont-elles réellement ? Comme Jean-Luc Mélenchon est un homme intelligent, il est permis de douter.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Le postanarchisme de Michel Onfray

Publié le par Alexandre Anizy

 

Michel Onfray se déchaîne encore cet automne en publiant 3 ouvrages. On s'inquiète pour sa santé et on réitère notre conseil :

http://www.alexandreanizy.com/article-a-michel-onfray-travailler-plus-pour-ecrire-moins-52224938.html

 

Dans « le postanarchisme expliqué à ma grand-mère. Le principe Gulliver » (éditions Galilée, octobre 2012, 98 pages, 18 €), il survole son sujet, en y mettant la touche personnelle, comme :

« Les prêtres de mon enfance, les patrons et la hiérarchie de l'usine de mon village m'ont affranchi sur la nature du pouvoir. » (p.20) ;

ce qui n'est pas une coquetterie de diva philosophe, quand on relie ses expériences à son propos :

« L'anarchie est moins une idéologie à vociférer qu'une pratique à incarner. » (p.49),

qu'il convient aussitôt de compléter par :

« Le postanarchisme n'est pas pour demain – mais pour tout de suite. » (p.54)

 

Qu'est-ce que le postanarchisme ? Onfray dit que c'est un concept utilisé aux États-Unis pour un ensemble de pensées qui regroupe les points-clés de l'anarchisme, en tentant de les dépasser dans le cadre contemporain. Séparant l'ivraie des classiques, Onfray retient ce qui lui semble le bon grain de : Goldwin, Proudhon, Stirner, Louise Michel, Fourier, Bakounine, Kropotkine, Thoreau, Élisée Reclus, Sébastien Faure, Alexandre Jacob, Zo d'Axa, Émile Pouget, Émile Armand, Makhno, Pelloutier, Voline, Malatesta, Emma Goldman, Louis Lecoin (chacun comprend l'utilité de cette énumération).

« (…) le postanarchisme propose de réfléchir à partir des acquis d'une pensée majoritairement française et de proposer une sortie du nihilisme à l'aide d'un corpus philosophique relativement récent. » (p.75)

Et de citer : Foucault, Bourdieu, Deleuze et Guattari, Lyotard, Derrida. Pour résumer : "contre les réacs de l'anti 68" ; "Paris 8 au Salon !"². Il faut « réactiver la pensée critique issue de Mai 68 et de Vincennes ».

« La fin de la macropolitique débouche sur l'avènement de la micropolitique, la vérité du postanarchisme. Je nomme principe de Gulliver cette logique nouvelle, plus modeste, plus humble, moins clinquante, mais qui en finit avec le modèle messianique et religieux. » (p.97)

 

Onfray esquisse les bases d'un projet de recherche et d'un programme politique. Rendons lui ce mérite.

 

 

Alexandre Anizy

 

(¹) : ce titre sans humour nous fait penser à une collection pour les Nuls, et même pire, à un publicitaire qui prétendait que sa mère le croyait "pianiste dans un bordel" (peut-on mettre de l'esprit dans un paquet de lessive ?). Navrant.

(²) : nous parlons ici de l'université de Vincennes – St Denis, du moins avant qu'elle ne rentre dans le moule, avec des gens comme Olivier Pastré par exemple.

 

L'erreur politique de Jacques Généreux et du Parti de Gauche (PG)

Publié le par Alexandre Anizy

 

L'économiste en chef du Parti de Gauche Jacques Généreux vient de mettre à jour son livre Nous, on peut !(Points Seuil, septembre 2012, 206 pages, 5,90 €), dans lequel il énumère les mesures prioritaires à prendre dans le cadre d'une transformation citoyenne, ce qui globalement ne nous pose pas de problème. Sauf que le calendrier politique est fondée sur une vision utopique de la construction européenne, qui fait fi de la réalité.

 

Quel est le fondement de la stratégie ?

« La gauche de transformation écologique et sociale, celle qu'incarne aujourd'hui le Front de Gauche, est internationaliste. Elle est pro-européenne et non pas anti-européenne (…). » (p.177)

Nous n'en doutons pas.

« Si l'on postule qu'il est impossible de s'affranchir partiellement d'un accord sans rompre intégralement cet accord, alors la question de la sortie de l'euro est indissociable de celle de la sortie de l'Union Européenne. » (p.177)

Ce raisonnement défie la réalité : tous les pays de l'UE n'étant pas dans la zone euro, si un membre de l’euro-landdécide d'abandonner cette monnaie, alors il se retrouve dans le cadre juridique des autres nations (Royaume-Uni, etc.). Le fait d'être internationaliste ne doit pas empêcher la défense de l'intérêt national comme étape nécessaire à un dépassement du cadre européen néolibéral. La dialectique, camarades !

 

Quel est le calendrier politique du PG ?

Si les autres pays ne veulent pas changer le statut de la Banque Centrale Européenne (BCE), alors la France doit modifier les statuts de sa BC pour qu'elle puisse « concourir directement au financement de l’État et/ou à refinancer les banques publiques à taux réduit » (p.171). Cette reprise en main n'implique pas techniquement une sortie de l'euro, même si elle se fait en violation du traité de l'union monétaire.

Mais la riposte technique des eurocrates ne se fera pas attendre, puisque « la BCE peut théoriquement décider de déconnecter le marché monétaire d'un pays rebelle du réseau monétaire de la zone euro, ce qui revient, par exemple, à séparer un marché de l'euro émis en France du marché des euros créés dans le reste de l'Union. Cela équivaut à une exclusion de la zone euro. » (p.171)

La crise politique étant ouverte, et l'amputation du pays rebelle étant juridiquement impossible, « elle contraint à ouvrir des négociations sur le statut de la BCE ». A notre avis, pas du tout : le pourrissement de la situation obligera le pays rebelle à sortir de l'euro. On pourrait penser qu'on arrive alors au même résultat, mais ce n'est pas le cas parce qu'on aura perdu de longs mois, retardant ainsi l'application la plus rapide possible de l'ensemble du projet politique. Or, la réussite immédiate du programme économique dépend aussi de son instantanéité. Autrement dit, on aura augmenté le risque d'échec sans gain en contrepartie.

 

 

Alors pourquoi cette stratégie tarabiscotée qui sous-estime la puissance des intérêts nationaux et la force du blocage idéologique ?

« La stratégie proposée ne fait sens qu'en tant qu'étape susceptible de provoquer le choc nécessaire pour briser la domination du bloc néolibéral au sein de l'Union et de forcer à la renégociation d'un traité instaurant les conditions d'une union monétaire soutenable. » (p.180)

A cela nous répondons d'une part qu'en matière économique, si on veut augmenter ses chances de succès, il est préférable de bâtir un programme sans dépendre du bon vouloir des autres, et d'autre part que c'est plutôt la réussite d'une politique de transformation écologique et sociale dans un pays qui contribuera à disloquer le bloc néolibéral européen.

 

En vérité, ce n'est pas en ignorant les faits et les rapports de force au sein de l'UE, que l'on bâtit un calendrier politique dans le seul but de se différencier d'un adversaire politique, à savoir le FN. Comme l'écrit Jacques Sapir :

« Il faut rappeler ici qu'idées, notions et concepts ne sont pas brevetables. Ils appartiennent à tous et donc à personne. » (p.21)¹

Puisque la sortie de l'euro² est la clé de la réussite du projet économique du PG, l'inscrire dans le programme aux élections aurait été judicieux et payant, car en matière électorale, la cohérence d'un projet paie plus que la différenciation mercatique.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(¹) : Jacques Sapir, Faut-il sortir de l'euro, Seuil janvier 2012, 192 pages, 14,90 €

(²) : on peut sortir de l'euro (monnaie unique) pour entrer dans un autre euro (monnaie commune), mais ce n'est qu'une voie dépendant beaucoup des autres …

 

 

Le pape Michel Aglietta, le scribe Herman Van Rompuy, la voie chinoise

Publié le par Alexandre Anizy

 

Alors que le Parlement européen a rejeté la candidature de Yves Mersch au directoire de la BCE pour cause de discrimination sexiste (jusqu'en 2018, 23 mâles gouverneront cette institution grâce à …),

le président du Conseil européen Herman Van Rompuy,

 

« flamingant à visage humain qui cache sous des airs patelins de fermes convictions : [comme] les francophones vivant en Flandre doivent s'intégrer ou partir, et que les droits dont jouit cette minorité linguistique (…) doivent disparaître » (Libération du 20 novembre 2009 : Jean Quatremer, le propagandiste-journaliste de l'eurocratie),

dont la femme Geertui Windels–Van Rompuy

s'associe en politique avec l'indépendantiste flamand Ludo De Becker, ex extrémiste (really ?) du parti xénophobe Vlaams Belang¹,

en bref, un "respectable" adversaire des "valeurs européennes",

 

a lancé discrètement et pendant le week-end de la Toussaint, parce que ces gens-là ont en réalité horreur des Lumières, la procédure écrite dite « du silence » : si aucun État ne s'y oppose avant dimanche soir, Yves Mersch sera automatiquement nommé au directoire.

« Flagrant déni de démocratie européenne » regrette le propagandiste Quatremer, un journaliste soumis aux quatre vents de l'illusion postdémocratique, quand il ne s'agit que d'une routine européenne.

 

 

Quant à Michel Aglietta, le pape de "l'école de la régulation, il ne nous a pas étonné en cornaquant Guo Bai, jeune chercheuse à HEC (quelle horreur hic et nunc !), pour redécouvrir en bon marxien le Mode de Production Chinois (MPC) …

« L’ Empire n'a pas connu de classes sociales, mais une masse de population rurale qui représentait encore, en 1950, 95 % de la population. Comment l’État central se relie-t-il à cette structure sociale sans classe ? Par la formidable invention des Han : des fonctionnaires recrutés au titre de leurs compétences et non de la naissance. » (M. Aglietta, in Humanitédu 2 novembre 2012),

tant il est vrai que les régulationnistesont toujours apprécié la centralité de l’État.

Mais de là à voir dans "la voie chinoise"actuelle autre chose qu'une resucée du vieux MPC, il faut être gentiment bienveillant pour les princes rouges tyranniques, et intellectuellement infecté par l'idéologie néolibérale. En signant cet essai avec Guo Bai, Michel Aglietta doit se croire pertinent et iconoclaste : alors qui dira au pape qu'il est nu ?

 

Ce week-end, un pape marxien et un scribe maquillé libéral ont montré dans les faits et dans les têtes que nous vivons en économie communiste de marché, c'est à dire en route vers la servitude, comme nous l'écrivions déjà le 2 février 2008 dans : L’ Europe à la mode HAYEK est une économie communiste de marché.

http://www.alexandreanizy.com/article-16224090.html

 

 

Alexandre Anizy

 

P-S du jeudi 8 novembre : paradoxalement, c'est l'Espagne seule qui a bloqué le coup du scribe Van Rompuy. 

 

) : pour les élections municipales du 14 octobre 2012 à Rhode–Saint Genèse.

(²) : d'autres nous reconnaissons le prestige, notamment Robert Boyer et Benjamin Coriat.

 

 

Les banksters font la loi en France ... et ailleurs

Publié le par Alexandre Anizy

 

Depuis l'été 2007, nous écrivons ici que le premier acte salvateur dans cette crise bancaire sera la mise à mort de la banque universelleet le rétablissement de la séparation nette entre les banques de dépôt et les banques d'affaires.

 

Aujourd'hui, beaucoup d'économistes le préconisent.

 

Dans l'agenda de campagne du culbuto molletiste Hollande, une loi d'assainissement des activités bancaires devait permettre cette coupure durant la 1ère année du changement.

Quid novi ?

Le ministre Moscovici, qui ne se rase pas tous les matins puisqu'il n'y pense plus (?), a repoussé le projet d'un texte à la fin de l'année. Et le milieu bien informé anticipe déjà avec soulagement l'interdiction fumeuse de pratiques douteuses.

 

A Paris comme à Francfort où siège la BCE, les banksters, qui détiennent l'accès aux moyens financiers nécessaires à leur "jusqu'au boutisme", font la loi grâce notamment au lobbying et à l'entrisme. Dans sa chronique au quotidien vespéral, en s'appuyant sur 3 exemples concrets de blocage de l'action publique sur 3 marchés, Paul Jorion¹ en fait aussi le constat :

« La logique de ces 3 manœuvres d'obstruction couronnées de succès est facile à saisir : la finance bénéficie d'un accès aisé à l'argent et utilise celui dont elle dispose pour empêcher qu'on ne la règlemente, même si les mesures envisagées visent, comme dans les cas évoqués, à empêcher la reproduction d'événements susceptibles d'entraîner … son effondrement total. » ;

et il diagnostique un comportement suicidaire.

 

 

Alexandre Anizy

 

(¹) : d'un point de vue théorique, il convient de classer Paul Jorion dans le « courant dominant », où l'on trouve aussi des gens éclairés.

 

Quand le journal Le Monde découvre l'égoïsme de l'Allemagne

Publié le par Alexandre Anizy

 

Organe central de la divulgation de la pensée unique, le journal Le Monde découvre hier l'égoïsme de l'Allemagne dans son éditorial. Il est vrai que Mutti Merkel vient de jouer un sale tour à ces propagandistes sournois.

« L'Allemagne est la première puissance industrielle d'Europe. Personne n'en doute. Cela ne l'autorise pas, pour autant, à torpiller comme elle l'a fait le projet de fusion entre le géant de l'aéronautique EADS (…) et le groupe britannique de défense BAerospace. »

Toujours aveuglés par leur idéologie unique et supranationale, ils réduisent leur analyse à une affaire de personne :

« Sur ce dossier, la chancelière s'est donc montrée politiquement provinciale et industriellement impérialiste. »

Ils n'ont pas lâché le mot « populiste », mais le cœur y était sans doute.

 

Or, Mutti Merkel ne fait que prolonger la vision allemande de l'Europe, telle que Helmut Kohl (par exemple : oui à l'ECU à condition d'être un euro allemand) et Gerhard Schroder (par exemple : des lois sociales et fiscales consternantes pour doper la compétitivité au détriment de ses « partenaires » européens) l'ont appliquée.

 

Mais la France n'a pas de leçon à donner : n'est-ce pas elle qui a torpillé le projet européen en 1973, quand Georges Pompidou le banquier fait entrer le Royaume-Uni dans l'Union Européenne (et on connaît la suite, notamment avec le grisbi de Miss Maggie …) ; en 1973, quand un certain Giscard d'Estaing sous l'autorité de Georges Pompidou le banquier signe une loi qui obligera l’État à se financer uniquement sur le Marché (on en subit aujourd'hui les conséquences iniques et anti-françaises).

 

Mais passée cette colère malsaine, les analystes du journal Le Monde changeront-ils leur logiciel ? Non.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Traité Merkozy : le bloc munichois PSUMP livre la France à l'Union Allemande

Publié le par Alexandre Anizy

 

Aujourd'hui à l'Assemblée Nationale, il se trouve un bloc majoritaire, que nous appellerons PSUMP par commodité, pour voter le Traité dit Merkozy, que le président culbuto molletiste Hollande n'a juridiquement pas modifié d'un iota, comme l'a reconnu le factotum Ayrault. La France est maintenant à la merci de fonctionnaires bruxellois qui n'ont de compte à rendre à aucun peuple : c'est pourquoi nous affirmons que l'économie communiste de marché¹ a progressé d'un grand bond dans l'Union Allemande.

 

Une fois le texte voté, après ce « lâche soulagement », les 2 composantes du bloc munichois vont reprendre le spectacle des querelles feintes, puisqu'il leur faut maintenir l'illusion de deux projets politiques distincts.

 

 

Alexandre Anizy

 

(¹) : lire notre note sur ce concept.

 

 

 

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