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notes politiques

Fiscalité : pour un changement radical de méthode et de barème

Publié le par Alexandre Anizy

 

Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez, ont écrit un livre indispensable pour soutenir une proposition qui mettra un terme à l'opacité du système fiscal français (et se rendre compte de la pusillanimité des cadors politiques, puisqu'ils ne manqueront pas de bientôt nous jouer l'air de la réforme fiscale incontournable ... mais reportée après les élections) :

« pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle » (La République des idées et éditions du Seuil, janvier 2011, 142 pages, 12,50 €)


Le titre est judicieux, puisqu'il s'agit bien d'une révolution au sens étymologique : en effet, « le barème proposé (…) permet d'obtenir des recettes totales de 147 Milliards d'euros, ce qui permet de remplacer très exactement les taxes et impôts supprimés » (p.89). Parfait équilibre budgétaire.


Le changement radical de méthode tient en une loi de 3 articles :

« Article 1 : l'actuel impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) est supprimé (ainsi que le prélèvement libératoire, la prime pour l'emploi et le bouclier fiscal).

Article 2 : le nouvel impôt sur le revenu (IR) prend la place de l'actuelle contribution sociale généralisée (CSG) et est prélevé à la source à compter du 1 janvier 2013, sur la même assiette fiscale et suivant les mêmes règles que la CSG.

Article 3 : au lieu d'appliquer les taux proportionnels de CSG actuellement en vigueur, on appliquera, à compter du 1 janvier 2013, les taux progressifs indiqués sur le barème ci-joint. » (p.78)


Revenu brut mensuel individuel

Taux effectif d'imposition

Impôt mensuel en €

1.100 €

2,00%

22

2.200 €

10,00%

220

5.000 €

13,00%

650

10.000 €

25,00%

2500

40.000 €

50,00%

20.000

100.000 €

60,00%

60.000

Source : pour une révolution fiscale, de Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez


Le système est simple. Il assure une véritable transparence démocratique.

Pour le mettre en place, pas de difficultés majeures puisque l'outil administratif qu'il empruntera existe déjà : la voie technique de la CSG.

Bien qu'équilibré budgétairement, le barème proposé par le trio d'économistes offre le résultat suivant, que tout homme politique ne peut qu'approuver : 97 % des personnes paient moins d'impôt !

« Au total, les transferts fiscaux opérés entre ceux qui paient plus d'impôt (grosso modo les 3 % des revenus les plus élevés) et ceux qui qui en paient moins (les 97 % restants) sont de l'ordre de 15 Milliards d'euros, soit moins de 1 % de revenu national, ce qui est modéré et raisonnable. » (p.93)

Du point de vue de la politique comme de celui de la gestion, les avantages d'un tel changement de méthode et de barème dépassent les inconvénients.


Discuter des taux et de l'élargissement de l'assiette (toute réduction de l'assiette retenue dans cette proposition remettant en cause l'équilibre budgétaire est donc exclue) relève du débat politique nécessaire au choix de société.



Alexandre Anizy


: c'est d'ailleurs pourquoi nous ne sommes pas "révolutionnaire".


 

Europe : le peuple a compris, l'oligarchie se défend

Publié le par Alexandre Anizy

 

Les peuples, bien qu'ignorants, sont capables de vérité, disait Machiavel.

Le sondage de l'IFOP du 19 mai 2011 (une commande de l'Association Manifeste pour un débat sur le libre échange), intitulé « les Français et le protectionnisme économique », n'a pas vraiment eu les honneurs des médias, puisqu'il dérange.

 

Pensez donc : 84 % des Français jugent que l'ouverture des frontières a eu des conséquences négatives pour l'emploi (concernant les 10 prochaines années, jugement négatif pour 75 %) ; idem pour 78 % concernant le niveau des salaires.

Le questionnaire étant bien fichu (l'Association ne doit pas être étrangère à cette qualité), il montre la cohérence des idées économiques des Français, notamment quand 65 % d'entre eux demandent une augmentation des droits de douane (pour les pays émergents, comme la Chine et l'Inde) : pour 80 % d'entre eux, c'est au niveau européen qu'il faut taxer, et si le reste de l'Europe ne veut pas agir, alors 57 % des Français pensent qu'il faut le faire au niveau national.

Vous trouverez ce sondage IFOP sur Internet (avec tous les détails).

 

 

Depuis le "NON" au référendum de 2005 (sur la Constitution de l'UE), on sait que l'oligarchie n'hésite pas à contourner un résultat qui ne lui convient pas pour continuer sa fuite en avant, suicidaire pour les peuples européens mais pas pour elle. Alors, concernant ce choix de politique économique comme sur bien d'autres, vous constaterez qu'elle présente un front uni PSUMP (ou UMPPS si vous préférez).

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Explosion de la bulle Strauss-Kahn (DSK)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Tentons d'expliquer le suicide politique du héraut de la "gauche UMPS" sans tirer sur l'ambulance.

Depuis 6 ans, l'écart entre la valeur intrinsèque de Dominique Strauss-Kahn et sa valeur marchande (exprimée par le prix en économie, par le niveau de satisfaction dans les sondages en politique), ce qu'on appelle une bulle, avait atteint un niveau élevé : « Cette enflure, nourrie jusqu'à la nausée par des chroniqueurs qu'on croirait avoir été engagés comme fonctionnaires chez DSK, a quelque chose d'obscène. » Jean-Pierre Dupuy (le Monde 24 octobre 2010)

La base solide de cette enflure serait l'expertise de DSK en matière d'économie. Qu'en est-il exactement ?

 

En tant qu'économiste théoricien, Dominique Strauss-Kahn brille surtout par la modestie de ses publications dans les revues spécialisées : si l'on retient ce critère, l'expertise économique de DSK fait pschitt, comparée à celles de Ben Bernanke (patron de la Fed) ou bien de Larry Summers (ex conseiller à la Maison Blanche).

En tant qu'économiste praticien (comme ministre en charge de l'économie, ou bien comme Directeur du FMI), on peut là aussi douter de l'expertise si on se réfère à quelques faits :

laisser faire le hold-up de la famille Lagardère lors de la création de la société EADS (lire http://www.alexandreanizy.com/article-7183428.html ) ;

ne pas avoir réduit les déficits et la dette publique quand il en avait les moyens économiques sous l'ère Jospin ;

avoir déclaré en octobre 2007 que « la crise ne devrait pas avoir d'effet dramatique sur la croissance mondiale. La situation est maintenant sous contrôle. », alors que tout ne faisait que commencer … ;

étrangler la Grèce pour mieux protéger le milieu bancaire, comme les 35 heures ont été organisées pour le plus grand profit des grands groupes industriels.

Si le passif est garni, nous ne mettons rien à son actif.

 

« La bulle DSK s'est formée comme se forment toutes les bulles. L'ignorance et la manipulation ont joué leur rôle, mais aussi la mécanique spéculaire du désir et de la fascination. (…) Son mutisme même est le signe qu'il détient un secret sur notre destin. » (Jean-Pierre Dupuy, idem)

Or il n'y a pas de secret.

« Si notre homme est expert en quelque chose, c'est dans l'art de manipuler les machines désirantes. (...) Le désir est panurgique, il le sait. » (Jean-Pierre Dupuy, ibidem)

 

DSK l'oracle muet devait prendre la parole pour descendre dans l'arène politique. Que fait-il ? Un acte qui empêche sa déclaration.

Il nous semble que Luis de Miranda a donné une excellente interprétation de l'affaire DSK au Sofitel de New York : « Mais un tel passage à l'acte, à un tel moment de sa biographie, ne peut être que volontaire. J'ajoute qu'il est héroïque. Cette chute, il l'a voulue, il l'a désirée. L'esprit en lui s'est allié à l'animal pour effondrer d'un geste vif la machine qui s'édifiait autour de lui, telle une prison prévisible et dangereuse. » (dans Libération du 16 mai 2011)

« DSK est un personnage philosophique, un symptôme de notre temps (un « saint homme » dirait Lacan), en ce qu'en lui bestialité et rationalité luttent à l'extrême. (…) Comme président, il aurait été dangereux et, au fond, il le savait : une sorte d'hyper-Sarkozy, celui-ci étant déjà passablement pulsionnel. » (idem)

Il faut souligner qu'après la Porsche (1er acte manqué), l'assaut d'une ouvrière de l'hôtellerie est un geste de libération totale puisqu'il révèle dans le même mouvement la non appartenance à la gauche.

 

En fait, « (…) la raison a triomphé de l'animal. L'étincelle spirituelle qui germe au fond de DSK a voulu nous éviter un président calligulien. » (ibidem) Luis de Miranda remercie donc l'héroïque DSK pour son geste de renoncement à une superpuissance annoncée.

Nous n'irons pas jusque là.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

 

Nicolas Dupont-Aignan et ses 3 propositions (IV)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Nicolas Dupont-Aignan considère que l'affaire France Trésor (lire la note II précédente) vaudra celle du Mediator : « Même silence coupable, mêmes conflits d'intérêts, mêmes conséquences dramatiques. » (p.69). Il n'a pas tort. Mais au jour d'aujourd'hui, les victimes n'ont pas encore compris le drame.

Anticipant une prise de conscience des citoyens, à laquelle il contribue avec son livre « l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle » (éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 €), le courageux député Nicolas Dupont-Aignan avance des propositions chocs pour donner une perspective à la révolte qui gronde.

 

D'abord, il faut sortir l'euro (la nuance est importante), et retrouver le pouvoir de création monétaire :

« [les banques] perdront leur toute puissance spéculative – qui repose actuellement sur une inflation monétaire dont elles détiennent le pouvoir et le bénéfice exclusif ». (p.126) ;

« En finançant de nouveau l’État par la Banque de France, nous serons en mesure d'investir pour l'avenir (...) » sans payer des intérêts importants comme aujourd'hui ;

Ensuite, il faut réformer le système bancaire en séparant nettement les banques de détail et les banques d'investissement ; pour faire bonne mesure, et casser l'entente objective actuelle, il faut nationaliser une Grande Banque ;

Enfin, pour l'Europe monétaire à construire après avoir sorti l'euro(mark) actuel du pays, la France proposerait à ses partenaires :

  • de transformer l'euro en ECU, i.e. la monnaie commune de réserve ;

  • de recréer un Système Monétaire Européen (SME) avec des parités fixes mais ajustables ;

  • de rétablir un contrôle des changes avec frontières pour les pays qui le souhaitent. (Cf. p.141-142)

Une Europe, de l'Atlantique à l'Oural, serait à nouveau possible.

 

 

Nicolas Dupont-Aignan ambitionne de « dompter une économie mondialisée de prédation qui épuise les peuples » (sic) : son programme minimum est un bon commencement.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

Nicolas Dupont-Aignan contre l'Europe vassal des USA (III)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Pour les oligarques, l'euro c'est notre problème et leur poule aux oeufs d'or.

« Aujourd'hui il ne faut pas se mentir. C'est eux ou nous. Eux qui restent ou nous qui en sortons. »

Nicolas Dupont-Aignan (« l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle », éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 € ; p.97)

Mais que veulent-ils exactement et quelle est leur méthode d'action ?

Alain Peyrefitte au début des années 60 a décrit la méthode :

« C'est le système Monnet. Il consiste précisément à créer des institutions dont on ne peut sortir qu'en accroissant la dose de supranationalité. Chaque difficulté nouvelle nous entraîne dans un engrenage qui pousse un peu plus à l’État fédéral et dessaisit un peu plus les gouvernements nationaux. » (cité p.101)

Le commissaire européen Thibaud de Silguy ne disait pas autre chose quand il comparait l'euro à « une autoroute sans sortie ».

Concernant l'objectif, nous rappelons ici le livre de Jean-Pierre Chevènement titré « la faute à Monnet ».

Nicolas Dupont-Aignan cite l'ancien député européen Jean-Louis Bourlanges qui résume bien leur ambition :

« L' Europe est un héritage, mais l'Union Européenne est un projet politique. »

C'est pourquoi l'entrée de la Turquie dans l'UE va de soi dans cette vision de l'Europe qui « consiste à faire du continent un sous-ensemble géographique de la mondialisation et du libre-échange total » (p.103)

Pure affabulation ? Pas du tout. C'est déjà écrit dans le discret "Agenda Transatlantique", « avatar du traité de l'Atlantique Nord ayant créé l'OTAN en 1949, qui prévoit la constitution, à l'horizon 2015, d'une zone unifiée de libre-échange des 2 côtés de l'Atlantique et la multiplication des ponts de toutes natures (y compris politique et institutionnelle) ». (p.104-105)

Si l'oligarchie française est une et indivisible , sa représentation politique est segmentée pour ratisser large, assurant ainsi une domination sans partage dans tous les lieux de pouvoir. Edouard Balladur et Dominique Strauss-Kahn sont les plus fervents partisans de cet atlantisme qui a son parti, l'UMPS.

 

Vous pensez peut-être que Dupont-Aignan vire paranoïaque ? Vous auriez tort. Il existe un officiel "Conseil européen des relations étrangères" , où l'on trouve Pierre Moscovici (dans ces officines, toujours prêt pour servir celui-là, sorte de double PS d'un Pierre Lellouche), Dominique Strauss-Kahn, Pascal Lamy (le social-traître patron de l'OMC), Lionel Jospin, Daniel Cohn-Bandit, Alain Minc, un Conseil « qui publie d'étranges conclusions sur un "new deal pour l'eurozone", "pourquoi l'Europe est la nouvelle Allemagne" ou "à travers l'Europe post-américaine" » (p.107).

Maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. (à suivre)

 

Alexandre Anizy


Nicolas Dupont-Aignan et le scandale France Trésor (II)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Le 22 décembre 1972, le "sinistre ministre" (sic) Valéry Giscard d'Estaing signe une loi qui interdit à l’État de créer de la monnaie pour financer sa dette ou ses investissements (Cf. article 25 de la "Loi de 1973"). Au cœur de l'euro et des traités européens, l'article 123 du traité de Lisbonne (anciennement 104 de celui de Maastricht) « qui interdit à la Banque Centrale Européenne comme à ses succursales nationales de prêter directement aux États et à leurs émanations ».

Nicolas Dupont-Aignan rappelle fort opportunément au début du chapitre 5 de son livre récent (« l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle », éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 €), qui était à l’œuvre dans la mise sous tutelle de l’État au profit des Marchés, c'est-à-dire le milieu financier. Avec « le scandale France Trésor », il révèle comment les Maîtres de la finance ont verrouillé le processus.

 

« Dans un modèle de conflit d'intérêt, (…) il existe une agence de l’État, sous l'autorité de Bercy, qui s'occupe de placer la dette de la France sur les marchés internationaux des capitaux. » (p.80)

Cette agence se nomme France Trésor : elle doit « gérer la dette et la trésorerie de l’État au mieux des intérêts du contribuable ».

 

N'est-il pas troublant de constater que « cette instance abrite une brochette du nec plus ultra de la finance française et mondiale (...) » ? Encore faut-il savoir le détail des Curriculum Vitae des membres de France Trésor, car leurs présentations succinctes sur le site www.francetresor.gouv.fr vous laisseront dans l'ignorance.

Mais Dupont-Aignan rapporte les fruits de son enquête.

 

Commençons par le président de France Trésor (à tout saigneur, tout honneur), Jacques de Larosière : ancien gouverneur de la Banque de France et conseiller du président de la BNP Paribas. Or qui est le champion des Spécialistes en valeurs du Trésor (une vingtaine de SVT) agréés par Bercy ? BNP Paribas.

Si le brillant Jacques de Larosière n'ignore pas le concept de conflit d'intérêt, il faut croire que son éthique personnelle le place au-dessus de l'entendement commun.

Prenons par exemple le cas intrigant de Jean-Pierre Halbron : ancien directeur général d'Alcatel. Que viendrait faire un industriel dans ce groupuscule sélect  ? Il fut aussi l'ancien dirigeant de la filiale française de l'établissement bancaire Wasserstein Perella & Co qui, racheté en 2000 par la Dresdner Bank, devint la Dresdner Kleinwort Wasserstein qui fait partie du cercle fermé des fameux SVT …

Prenons le cas compréhensible de Francesco Giavazzi : professeur d'économie à l'université Bocconi (Milan). Mais Dupont-Aignan a gratté un peu et découvert que le professeur a été accessoirement banquier chez Banco di Napoli …

 

Nous vous laissons découvrir les autres sommités de ce petit monde financier renfermé dans le livre édifiant du vaillant reporter Nicolas Dupont-Aignan.

Comprenne qui voudra.

(à suivre)

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Nicolas Dupont-Aignan et son arnaque du siècle (I)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Dans son livre récent, titré « l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle » (éditions du Rocher – aller à Monaco pour publier ce document au vitriol, n'est-ce point drôle ? -, avril 2011, 154 pages, 13 €), Nicolas Dupont-Aignan montre à nouveau son talent politique, qui s'appuie notamment sur une connaissance sérieuse des faits, qui sont têtus comme disait Lénine.

 

Ne résistons pas au plaisir de partager avec vous quelques petites cruautés à l'encontre des tenants de l'euro, en reprenant leurs arguments et propos de 1992.

Valéry Giscard d'Estaing (sur RTL, le 30 juillet) : « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (cité p.16)

On peut examiner les chiffres : moins de croissance que les décennies précédentes … donc moins d'emploi.

Martine Aubry (à Béthune, le 12 septembre) : « L’Europe, ce sera plus d'emplois, plus de protection sociale et moins d'exclusion. » (citée p.16)

Carton rouge plein pour la fille du social-traître Jacques Delors.

Ne soyons pas injuste avec Marie-Ségolène Royal : déjà la madone perçait sous la passionaria mitterrandienne.

 

Passons aux chiffres.

La volonté politique d'un euro fort se traduit par un euro cher, i.e. une surévaluation de 20 à 30 % par rapport au dollar. Conséquences ? En 10 ans, la France voit son excédent commercial de 5 Milliards devenir un déficit, et l'excédent de l'Allemagne est divisé par deux. Pire : la surévaluation encourage les délocalisations. Par exemple, les constructeurs automobiles français produisaient en France 3 millions de véhicules en 2004, pour seulement 1,5 million en 2009 … Divisé par 2 en 5 ans ! Et que fait le fleuron de la technologie européenne ? Selon son président Louis Gallois, EADS doit s'installer en zone dollar, payer ses fournisseurs en dollars, inciter ses fournisseurs à délocaliser leurs productions en zone dollar.

Selon l'économiste Jacques Sapir, 10 % de surévaluation ferait perdre 1 % de croissance ; comme des économistes de la théorie dominante ou comme Nicolas Bouzou* le libéral reconnaissent un manque beaucoup plus faible, nous penchons plutôt pour une fourchette de [0,5 – 0,7] %.

Tordons le cou à une autre contre-vérité : l'euro serait un bouclier. En 2009, l'Europe a une récession de 4 % quand les USA – le chaudron d'où a jailli le poison financier - n'ont que 2,5 % ; pour 2011, la prévision de croissance est de 1,5 % pour l'Europe, mais 3,1 % pour les USA.

« Chaque jour de l'euro est un jour de plus vers l'enfoncement de l'Europe dans une crise structurelle durable. (…) En économie, on finit toujours par payer. » (p.62)

Quant au soi-disant plan de sauvetage de l'euro, qui ne sauve en vérité que les banques, c'est une réponse bricolée laborieusement qui mène à une impasse financière : toutes choses égales par ailleurs, ajouter une dette pour remédier à un problème d'endettement, n'est-ce pas un moyen sûr qui tuera inéluctablement le malade ? C'est aussi une impasse économique : comment la Grèce peut-elle rétablir sa compétitivité sans sortir de l'euro et dévaluer ? En ajoutant plan d'austérité sur plan d'austérité, comme elle s'apprête à le faire aujourd'hui, qui aboutiront à une faillite nationale. Même un Polytechnicien mathématicien qui fait dans l'économie, Jean Tirole, le reconnaît :

« Les aides de l'UE et du FMI sont des solutions indispensables à court terme. (…) D'autant qu'il restera toujours un problème de compétitivité et d'exportation dans certains pays comme la Grèce ou le Portugal, auquel il faudra s'attaquer. »*

 

Tel qu'il est construit, l'euro n'est pas la solution mais le problème de l'Europe.

 

 

Alexandre Anizy

 

* le Monde du 19 avril 2011

 

 

La soudaine lucidité d'Eric Verhaeghe

Publié le par Alexandre Anizy

 

Diantre ! Il ne faut donc point désespérer, puisqu'un homme comme Eric Verhaeghe, énarque, ex membre du MEDEF et ex président de l'APEC, jette l'éponge dans une soudaine crise de lucidité ?

 

« La dérive sécuritaire que nous connaissons en France (répression policière, chasse aux étrangers, utilisation disproportionnée de la privation de liberté pour des faits mineurs, voire par simple intimidation, mais aussi développement de la télésurveillance, droits accrus pour les sociétés de gardiennage privées, etc.) illustre la difficulté pour l'autorité publique de maintenir l'ordre social inégalitaire, en même temps qu'elle dévoile la véritable fonction de l’État dans un système oligarchique. (…) Il est un outil de domination entre les mains de l'aristocratie, qui concourt plus particulièrement à dissuader le citoyen de se révolter, au besoin par le recours à la force.

(…) Renforcer l’État, c'est accroître encore la domination des élites sur le système économique, et faciliter la prédation dont la collectivité fait l'objet. »

(p.152-153 ; Eric Verhaeghe, « Jusqu'ici tout va bien », éditions Jacob-Duvernet, janvier 2011, 190 pages, 19,90 €)

 

Si un type au cœur de l'appareil oligarchique en arrive à certaines conclusions que nous avons exprimées depuis presque 4 ans ici même, force est de constater que les masques sont en train de tomber, accélérant ainsi la prise de conscience générale de la nécessité d'une métamorphose.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

Chirac - Berlusconi : même échappatoire

Publié le par Alexandre Anizy

 

Le procès de Jacques Chirac est reporté sine die, grâce à une nouvelle manœuvre procédurière. Cahin-caha, l'affaire se dirigera vers un non jugement, en toute légalité.

En douce, grâce à cette fameuse QCP, l'oligarchie tente via le Conseil Constitutionnel de changer les règles du délit d'abus de biens sociaux : en ligne de mire, l'impunité des éventuels délinquants dans certaines vieilles affaires politico-financières …

 

En Italie, Berlusconi a dépensé beaucoup d'énergie pour faire voter des lois qui lui ont permis d'échapper à d'autres lois. Avec le « Rubygate » (la présumée pute marocaine mineure), tout semblait perdu pour son éminence … mais il reste encore un pays attardé où l'on déclare les naissances avec une grande souplesse, où on trouve des éléments de preuve concernant ce laxisme administratif sur lequel le souverain fermerait les yeux, puisqu'il est trop occupé à gérer la fortune royale placée dans les pays sûrs, plus au Nord. Finalement, la mineure serait majeure … le procès n'aura donc pas lieu.

 

Chirac ou Berlusconi : même échappatoire légale.

 

Partout, le vulgum pecus a compris que l'oligarchie s'accorde légalement un droit d'exemption permanente.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Tunisie : changement de tête au Palais

Publié le par Alexandre Anizy

 

Aujourd'hui, en Tunisie, le premier ministre Mohamed Ghannouchi, proche du dictateur Ben Ali, constatant une carence momentanée du pouvoir, a pris les rênes de l’État conformément à la Constitution.

Ce n'est donc qu'un changement de tête au Palais, qui n'aurait jamais vu le jour sans la poussée populaire.

 

Le 7 novembre 1987, le général Ben Ali devenu premier ministre, proche du Président Bourguiba, s'empare du pouvoir en vertu de l'article 57 de la Constitution, après avoir fait constaté par 7 médecins la déchéance physique et intellectuelle du Président.

Le coup d’État médical avait eu la bénédiction préalable des États-Unis.

 

Où sont les différences ?

Ben Ali a quitté le pays en bonne santé, selon toute vraisemblance, ce qui ne fut pas le cas de Bourguiba ;

Ben Ali a ses poches remplies et sa fortune internationalement diversifiée, de même que le clan de sa femme, alors que la ponction de Bourguiba avait été relativement plus modeste.

 

En l'état actuel des choses, employer le mot révolution comme le font déjà certaines personnes est une erreur sémantique.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

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