Paul KRUGMAN, qui vient d’obtenir le prix Nobel d’économie, est aussi réputé pour sa chronique dans le New York Times. C’est pourquoi il a émis les 5 règles du journaliste que voici :
Ne jugez pas les propositions politiques en fonction des objectifs qu’elles annoncent ;
Réfléchissez et trouvez les vraies intentions ;
Ne pensez pas que les règles sont celles que vous avez connues ;
Attendez-vous qu’un pouvoir « révolutionnaire » réagisse à la critique par l’attaque ;
Ne pensez pas qu’il existe des limites à ce qu’un pouvoir « révolutionnaire » veut.
A notre avis, ces règles valent aussi pour le citoyen.
Ce qui vient de se passer à la Caisse d’Epargne est symptomatique de l’impunité de l’oligarchie française.
Rappel des faits : l’Ecureuil a perdu plus de 600 millions d’euros parce que des traders avaient misé (c’est en effet comme au casino) sur la remontée de la Bourse, quand elle sombra dans une semaine noire … Les sanctions immédiates tombaient sur les fautifs et leur hiérarchie directe.
Immédiatement, une communication ad hoc était mise en place : par exemple, le franc maçon Charles MILHAUD, patron de la Caisse d’Epargne qui prétend ne pas être un homme d’argent mais dont la rémunération est passée de 514.000 euros en 2002 à 1. 584.000 euros en 2007, affirmait se sentir responsable de l’incident.
Mais à l’heure de vérité, c'est-à-dire à la réunion du Conseil de Surveillance réuni dimanche dernier, ce fut une autre chanson.
Le patron Charles MILHAUD défendait son poste dans ce qui ressemblait à une foire d’empoigne : refusant d’abord de démissionner, puis négociant une démission contre un parachute doré (3 ans de salaires) que le Conseil lui refusa à l’unanimité moins une voix (la sienne ?), pour enfin démissionner comme son avocat le lui conseillait pour éviter un scandale, car si Charles MILHAUD n’est plus le patron de la Caisse d’Epargne, il lui reste de nombreux postes dans le groupe, comme celui de président du conseil de surveillance de Natixis.
Quant à Nicolas MéRINDOL, le n° 2 de l’Ecureuil, il a présenté tout de suite sa démission, à condition de prendre la tête du Crédit Foncier : proposition acceptée à l’unanimité. Julien CARMONA était maintenu à son poste de Directeur Financier de l’Ecureuil.
Ainsi les 3 lascars ont bien donné des démissions … partielles.
A la Caisse d’Epargne, pour les cadors, démissionner n’est pas quitter.
Alors que le monde de la finance courait à sa perte (d’estime seulement, rassurez-vous), Dominique STRAUSS-KAHN, directeur d’un Fonds Monétaire International (FMI) malfaisant (les affamés d’Afrique et d’ailleurs s’en souviennent encore, s’ils sont toujours vivants …) lorgnait les jupons de Mme Piroska NAGY (qu’en pense le Président ubiquiste ?), d’origine hongroise ? A chacun ses priorités, nous direz-vous …
L’affaire ayant éclaté samedi dernier dans le Wall Street Journal, le Journal du Dimanche de Mr LAGARDèRE s’est empressé de sortir un papier dans lequel il s’avère, selon le scribe de service, que ce n’était qu’ « une histoire de cornecul » d’un jour, qu’un Russe hostile à DominiqueSTRAUSS-KAHN n’aurait fait que poursuivre sa campagne virulente précédant la nomination du Français, qu’un rapport allait le blanchir prochainement … Bref, le Journal du Dimanche n’en sait guère plus que ce qu’il y avait dans la presse étrangère, mais il se devait de publier pour mieux amortir le choc (de l’info). Claude ASKOLOVITCH, c’est le nom du journaliste qui signe l’article : une âme charitable, à bon escient (lire notre note du 3 août 2008).
Rappelons quelques aventures de Dominique STRAUSS-KAHN le désinvolte ami socialiste des patrons du CAC 40 :
antidater une facture d’honoraires … lorsqu’il était conseiller d’entreprise ;
égarer (attention ! sans jamais l’avoir regardée, croyez-le bien …) la fameuse cassette MéRY compromettante dans la boîte à gants de sa voiture (voilà un dirigeant qui a une curieuse notion de l’ordre !) ;
avoir permis aux LAGARDèRE d’accaparer une part injustifiée du groupe EADS, ce que d’aucuns ont qualifié de « hold-up », sous l’ère de Lionel JOSPIN l’austère qui se marre … en bradant les biens publics (lire notre note économique du 15 octobre 2007) ;
n’avoir rien vu venir dans cette crise du capitalisme, tout en donnant des leçons d’économie à Jacques ATTALI (lire notre note du 20 septembre2008 « Crise : écouter plutôt ATTALI que STRAUSS-KAHN »).
Dominique STRAUSS-KAHN était un dilettante qui surfait sur l’écume de la presse complaisante des amis : aujourd’hui, ses figures libres ne font plus rire personne.
Avec cette « histoire de cornecul », Dominique STRAUSS-KAHN devient pathétique.
L’agence S&P a rétrogradé à BB+ la note de la dette du groupe WENDEL, holding de la famille éponyme dirigé par le baron Ernest AntoineSEILLIERE DE LABORDE, soit le niveau d’un investissement spéculatif. La note pourrait encore baisser en raison de la dégradation du ratio d’endettement.
Après le linge sale en public (lire notre note dulundi 16 juin 2008
« Affaire WENDEL : le linge sale du château »,une affaire dont le baron vient de sortir indemne), la dégringolade boursière guette cette noble famille à qui rien ne sera épargné.
Vous pensez bien que cette perspective nous attriste.
Les affaires ne vont pas très fort chez Renault. C’est pourquoi le grand manager, Carlos GHOSN, le « tueur de coûts », a décidé de désigner un numéro 2, en l’occurrence Patrick PELATA, qui prendra en charge les opérations. Autrement dit, le n° 2 sera en première ligne pour les fermetures de sites et les licenciements qui l’accompagnent : il n’est pas question d’écorner la réputation flatteuse du grand bonhomme. La solution adoptée est classique : l’art du management est parfois enfantin.
Jusqu’au début du mois d’août, parce qu’il travaillait au Nouvel Observateur de Claude PERDRIEL ennemi du Droit amis de droite (lire note du 30 juin 2007) et de Denis OLIVENNES le Gracque 40 (lire note du 5 mai 2007), il était convenu de classer le journaliste Claude ASKOLOVITCH comme un homme de gauche.
Cependant, des observateurs attentifs s’interrogeaient : en 2007, Claude ASKOLOVITCH publiait en rafale des livres d’entretien avec le social-traître Eric BESSON, avec le franc mac Manuel VALLS, avec Rachida DATI. Que des sujets de gauche !
Et puis, il décroche le pompon en juillet en déclenchant l’affaire Philippe VAL contre SINé à Charlie Hebdo : défendre les qualités morales de Jean SARKOZY DE NAGY BOCSA ne peut pas avoir nui à son image lors de ses discussions avec son nouvel employeur, le groupe LAGARDERE (l’ami du Président ubiquiste Nicolas SARKOZY DE NAGY BOCSA) où il devient responsable des pages politiques du Journal du Dimanche et éditorialiste politique d’Europe 1 (on ne s’inquiète pas pour Mme Catherine NAY).
Pour la promotion éclair, rien ne vaut une présence à gauche !
Cette petite histoire nous rappelle le parcours de Franz-Olivier GIESBERT, qui était passé brusquement d’un poste d’encadrement éminent au Nouvel Observateur de Claude PERDRIEL ennemi du Droit amis de droite à un poste de Direction au Figaro de Robert HERSANT. A l’époque, nous avons pensé que, dans l’information qui circulait à propos de ce transfert, il manquait au moins une clé de lecture, que nous n’avons pas cherchée.
Une dizaine d’année plus tard, nous tombons sur celle-ci : Franz-Olivier est le fils de Marie GIESBERT, une des propriétaires du journal "Paris-Normandie" cédé à Robert Hersant.
Du coup, l’ascension professionnelle rapide de ce jeune homme qui ne dispose pas du passeport indispensable en France pour les hautes fonctions (ENA ou Grandes Ecoles ou Doctorat) nous apparaissait plus évidente, d’autant plus que FOG avait publié une biographie de JacquesCHIRAC quand on le classait encore à gauche, notamment parce qu’il bossait au Nouvel Observateur.
Claude ASKOLOVITCH, Franz-Olivier GIESBERT : 2 projets professionnels (comme on dit dans les cabinets de chasseurs de têtes) qui présentent quelques similitudes.
Un jour, nous en saurons peut-être plus sur Claude ASKOLOVITCH, à qui nous ne souhaitons pas « bonne chance » dans ses nouvelles fonctions, puisqu’elles ne sont que la reconnaissance des qualités professionnelles d’un journaliste de talent : ce serait donc superflu.
On savait depuis sa reprise par Philippe VAL, que Charlie Hebdo ne pouvait pas « être après avoir été ». Avec l’affaire SINE, la normalisation est achevée. Pour le détail de l’affaire, reportez-vous à un ensemble d’articles parus dans la quinzaine passée, de préférence en multipliant les sources.
Disons-le de suite : les invectives, les harangues, etc. de SINE ne nous ont quasiment jamais fait rigoler. Alexandre ADLER, historien universitaire à Paris VIII dont nous saluons à nouveau les compétences, aurait dû retenir sa plume, même si le ridicule ne tue plus en 2008 : en effet, qu’un ancien marxiste-léniniste traite SINE d’éternel stalinien, c’est à pisser de rire !
Mais Alexandre ADLER souligne à juste titre que le soi-disant anarchisme de SINE a plus à voir avec les borborygmes haineux de grande banlieue, du VII et XVIème arrondissement de Paris, de Saint-Cloud, ou d’ailleurs [ndaa : ADLER ne pointant que les grandes banlieues dans son article, nous avons complété], qu’avec l’anarchisme politique d’un DURRUTI par exemple.
Excessif dans la louange depuis qu’il pointe au Figaro (mais n’est-ce pas aussi la « qualité première » d’un bon petit soldat marxiste-léniniste qu’il fut ?), Alexandre ADLER encense Philippe VAL qu’il n’hésite pas à comparer à ZOLA, tandis que SINE hérite de la bassesse d’un DRUMONT. Or Philippe VAL a une curieuse façon de faire l’histoire, selon les observations de DELFEIL DE TON (Nouvel Obs. 24 juillet 2008).
Voilà les faits.
« Dans notre monde libéral, les idées finissent toujours par appartenir à ceux qui ne les trouvent pas. » Sentence du repreneur Philippe VAL figurant sur la couverture du numéro 1 du « nouveau Charlie Hebdo » en juillet 1992. En 2004, ne négligeant aucun produit dérivé, le repreneur Philippe VAL publie un livre, « les années Charlie : 1969 – 2004 », dans lequel la couverture du numéro 1 de juillet 1992 est reprise … mais la sentence valienne a disparu.
Que le repreneur Philippe VAL soit devenu un dirigeant d’entreprise comme les autres, « on s’en branle » comme disait le chansonnier Philippe VAL ! Mais que le repreneur Philippe VAL n’assume pas d’être devenu ce qu’il est, nous trouvons la chose pathétique.
Pour ceux qui ont suivi l’affaire TAPIE, la décision du Tribunal arbitral n’est pas une surprise.
Cette affaire était pliée dès le 1er jugement, qui était en faveur de Bernard TAPIE. En termes de droit, et en dernière analyse, on en revient donc à la case de départ, après une décennie de procédure. Dans un Etat de Droit, tout le monde doit se réjouir de cette victoire.
Oui, mais pour en arriver là, force est de constater que le chemin fut tortueux, et qu’il renvoie à quelques péripéties qui n’ont rien à faire avec le droit stricto sensu.
Cette issue favorable à Bernard TAPIE, nous l’avions annoncée dans notre note du 21 septembre 2007 : nous vous en recommandons la (re)lecture.
Le Garde des Sceaux Rachida DATI a annoncé la création d’un fichier sur les bandes organisées. On s’étonne qu’il n’existait pas auparavant, du moins officiellement.
Au même moment, des chercheurs, Dominique GLASMAN et Stéphane BEAUD, lancent une pétition, parce que des données indispensables vont être supprimées du fichier de base « élèves », comme la nationalité des élèves et surtout la catégorie socioprofessionnelle des parents.
Ainsi, dans 15 ans, vous ne saurez plus globalement d’où viennent les étudiants après le bac.
Au jour d’aujourd’hui, on constate déjà que la part des enfants d’ouvriers et d’employés ne cesse de décliner. Toutes choses évoluant tendanciellement, nous pronostiquons une part symbolique.
La régression sociale avançant à grand pas, certains jugent utiles de casser le thermomètre.
Sophie BOEGNER, ancienne Directrice Générale d’une société et membre du conseil d’administration de la holding familiale des WENDEL (la SLPS), c'est-à-dire une personne suffisamment formée et expérimentée en matière juridique pour les affaires, a porté plainte contre X pour abus de bien social et recel, en visant 15 membres du management de WENDEL, dont son cousin le baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE.
D’après Sophie BOEGNER, il y aurait eu une captation déloyale du capital de la société par le management au moyen d’opérations dissimulées, i.e. une affaire très bien préparée juridiquement et lancée en 2004. Lorsqu’elle rencontre son cousin le baron pour lui expliquer sa position, il lui répond que « c’est absurde » et met fin immédiatement à l’entretien.
Le baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE a répliqué par le dépôt d’une plainte pour « dénonciation calomnieuse ».
Nous vous épargnons les subtilités du montage juridique (bravo l’artiste !) qui a permis au baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE de toucher pour 79 millions d’euros de titres, à Jean-Bernard LAFONTA de toucher pour 83 millions d’euros, et aux 13 autres managers de WENDEL de partager inégalitairement le solde des 340 millions d’euros.
Une rumeur court dans le milieu financier selon Christine KERDELLANT : la prise de conscience de quelques membres de la famille WENDEL, la contestation des salariés d’EDITIS (filiale du groupe WENDEL, dont la cession a permis cette aubaine), auraient été aidées, peut-être par ST GOBAIN qui est justement en bisbille avec les manœuvres de WENDEL : « (…) quand on poignarde dans le dos ses anciens camarades de promotion, ils ripostent en exhibant votre linge sale. Le capitalisme a rejoint le monde moderne. Bienvenue à Dallas-sur-Seine. » (Express du 12 juin 2008)
Dans tous les cas, que le château lave son linge sale ou bien qu’il s’étripe en public, nous adoptons pour l’occasion le principe fondamental du libéralisme cher au baron Ernest Antoine SEILLIERE DE LABORDE : laisser-faire.
Depuis de trop nombreuses années sévit un genre particulier dans la presse : les confidentiels.Vous savez bien, ces bouts d’article sensés apporter une information quand il ne s’agit souvent que d’une intoxication. Daniel SCHNEIDEMANN(lundi 25 mai 2008, Libération) donne 2 exemples précis.
Le premier concerne le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA qui, nul ne l’ignore, serait un homme grossier, ce que le confidentiel voulait consolider. Ainsi, lors d’une rencontre avec des journalistes, il aurait dit dès le début de la rencontre : « Putain les mecs, il fait chaud, on se fout sur la terrasse ». Ce qui aurait été suivi par d’autres écarts de langage. C’était dans le Nouvel Observateur, le magazine boboiste de Claude PERDRIEL, ennemi du Droit, amis de droite. Or le journaliste Jean QUATREMER de Libération, présent lors de cet entretien, a fermement démenti sur son blog d’abord, puis dans son journal : le Président n’a jamais employé ces termes grossiers. Le Nouvel Observateura promis de rectifier …
Le deuxième concerne Marie-Ségolène ROYAL la madone Déate qui, nul ne l’ignore, ne comprend pas grand-chose en économie. Ainsi, lors d’un dîner offert par le Cercle des Economistes présidé par Jean-HervéLORENZI, la dame blanche du Poitou aurait tant agacé la brillante assemblée avec ses comparaisons répétées entre les enjeux économiques mondiaux et ceux de sa région, que certains économistes en auraient pris ombrage au point que l’Invitée serait sortie de ses gonds. C’était un confidentiel du Figaro, le journal des DASSAULT. Mais Jean-Hervé LORENZI lui-même a catégoriquement démenti ces allégations mensongères, et a exigé immédiatement un rectificatif. Le Figaro, qui est pour la liberté de la presse, a refusé.
Que faut-il retenir ? Les confidentiels ne constituent pas une information mais de l’intoxication. Il paraît même qu’ils sont parfois alimentés par des officines spécialisées en communication, le genre de boîte et de personnages dont les hommes politiques et d’affaires ne peuvent plus se passer de nos jours.
Soit dit en passant : pour médire de ses concurrents, a-t-on besoin d’engraisser des « experts » ?
Les confidentiels ne sont jamais signés, par définition. Les journalistes gardent ainsi leur « éthique ».
Par principe, le lecteur citoyen devrait refuser de lire ces confidentiels pestilentiels, comme tout papier qui ne serait pas signé. Et lorsque dans un produit de presse, la part des articles non signés dépasse un certain seuil, le consommateur devrait cesser d’acheter.