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Une histoire belge

Publié le par Alexandre Anizy

C’est arrivé en Belgique (du moins, ce qu’il en reste).

Des petits actionnaires de Fortis (la banque nationalisée puis refourguée à BNP Paribas), considérant qu’ils ont affaire à une quasi-liquidation, ont annoncé leur intention de porter plainte contre l’Etat belge, les autorités de contrôle nationales et le gouvernement néerlandais.

Ah ! Rien que ça ?

 

Rappelons que ceux qui recevront la plainte seront en dernière analyse de la même classe que ceux qui seront visés.

 

Donnons un exemple édifiant. Jean-Luc DEHAENE, ancien premier ministre belge, est aujourd’hui à la tête de la banque DEXIA (une autre éclopée) : gérer une faillite, n’est-ce pas d’ailleurs l’expertise du bonhomme ?

 

Alexandre Anizy

De la démocratie française selon Michel REYDELLET

Publié le par Alexandre Anizy

Dans le Monde du 8 octobre 2008, Michel REYDELLET a publié un article ironique sur la spécificité française. Nous ne pouvions pas ne pas vous en parler, notamment parce qu’il renvoie à notre note du jeudi 27 mars 2008 « Laurent HENRY et Philippe-Alexandre POUILLE : l’élection organise une aristocratie ».

 

Si les Athéniens inventèrent la démocratie (parole donnée aux citoyens ; tirage au sort des magistrats), « nous, Français, avons considérablement amélioré tout cela : le cumul des mandats permet aux meilleurs de s’imposer en étant présents à tous les niveaux. »

 

Bien sûr, nous avons des élections démocratiques, mais aussi une aversion contre le hasard. C’est pourquoi  « (…) il y a 7 à 8 fois plus d’électeurs dans une circonscription populaire que dans celles des beaux quartiers. (…) l’égalité règne au pays de Jean-Jacques ROUSSEAU. »

 

Si les autres pays européens n’ont plus de Chambre aristocratique [enfin pas tous, ndaa], « (…) nous, qui sommes d’authentiques révolutionnaires, avons su garder et conforter un Sénat coopté dans la classe politique selon des règles si justes que jamais il ne connut l’alternance depuis plus d’un siècle. Il a su (…) faire obstacle aux gouvernements de gauche qui auraient pu menacer les intérêts acquis des individus et des groupes les mieux pourvus. »

 

Concluons sur l’administration judiciaire : « Enfin, au pays de Montesquieu, nous avons su mettre en place la dépendance des pouvoirs : au Parlement vassalisé fait écho une magistrature aux ordres dans les parquets, de façon que de vaines procédures de magistrats manquant de réserve ne viennent pas troubler la quiétude du souverain. »

 

Comme l’a dit le député Arnaud MONTEBOURG, il n’y a plus d’affaires politico-financières en France, parce que « le pouvoir les étouffe, les éteint », et « les seules qui subsistent sont celles qui permettent de poursuivre les adversaires ou les rivaux du pouvoir ».

L’affaire « Clearstream » illustre bien ces propos.

 

Alexandre Anizy

Bertrand VISAGE et Bambini

Publié le par Alexandre Anizy

Bertrand VISAGE vient de publier « Intérieur Sud » aux éditions du Seuil, où il travaille comme éditeur, ce qui ne peut que fausser le jeu.

Didier JACOB en a dit du bien dans le Nouvel Observateur.

 

Parfois, nous pensons comme Morgan SPORTèS : « Morgan Sportes a dû licencier Olivier ROLIN [son éditeur, ndAA] constatant que pour de multiples raisons, ne serait-ce qu’éthique, on ne peut être à la fois auteur et éditeur. »

 

Nous avons lu en 1993 le roman « Bambini » (Seuil, 209 p., 99 FRF) de Bertrand VISAGE : nous n’en gardons aucun souvenir, même en relisant quelques phrases dans les pages feuilletées de cet ouvrage.

 

Alexandre Anizy

Une situation prérévolutionnaire selon Georges PéBEREAU

Publié le par Alexandre Anizy

Georges PéBEREAU n’est pas un gauchiste attardé et encore moins un futur militant du NPA (?) d’Olivier BESANCENOT, mais l’ancien patron du plus grand groupe industriel français, la CGE, dont les filiales très rentables s’appelaient Alstom, Framatome (devenue Areva), SGE (devenue Vinci), Alcatel, etc.

 

Que nous dit cet homme de pouvoir ? « L’écart ne cesse de se creuser entre les salariés et la petite classe de privilégiés, protégés par le pouvoir, dont le nombre et la fortune croissent rapidement. Nous sommes, à n’en pas douter, dans une période prérévolutionnaire, au sens de 1789. Les cadres et, d’une façon plus générale, les classes moyennes, seront demain, comme les bourgeois naguère, les catalyseurs de la révolution. »

 

La France étant obligée de se réformer pour stopper son déclin, la liste des mécontents s’allongera inexorablement : les revendications s’exprimeront de plus en plus alors que « les moyens capitalistes pour les satisfaire et [les] moyens policiers pour les endiguer » s’amenuiseront.

Forcément, Georges PéBEREAU trouve dans l’Allemagne un modèle plein d’enseignements. Par ailleurs, il a observé avec sagacité que « l’euro condamne la France à équilibrer ses comptes et à réduire sa dette non pas en 2012, mais dans les plus brefs délais, car on assiste à un déplacement continu de croissance, de pouvoir d’achat et d’exportations à l’intérieur de l’Europe en direction de l’Allemagne. »

 

Pour satisfaire cette exigence, le gouvernement FILLON n’agit que sur la réduction drastique du nombre des fonctionnaires, mais il se garde bien de toucher le système d’aides aux entreprises, alors que le MEDEF de l’héritière Laurence PARISOT ne vise en dernière analyse qu’à l’accroître. Est-ce bien raisonnable ?

De même, le gouvernement FILLON veut s’attaquer aux niches sociales sans toucher au maquis des niches fiscales qui profitent aux proches du pouvoir. Une application concrète de cette politique de coquins ? L’intéressement et la participation seront bientôt taxés (pan ! sur le niveau de vie des classes moyennes), alors que les parachutes dorés et autres avantages de la classe supérieure (en termes de revenus) resteront inchangés.

« Trop d’injustices tuent l’injustice et donc toute possibilité de contestation démocratique. »

 

A la place de la bergère autrichienne, on aurait une chanteuse italienne. Et à la place du serrurier ?

 

Alexandre Anizy

Que font les économistes ?

Publié le par Alexandre Anizy

Il n’est pas question ici de jeter la pierre sur cette noble profession, parce qu’elle n’aurait pas prévu précisément ni le déclenchement ni l’ampleur du désastre en 2007. L’histoire économique montre justement que si on peut déceler les conditions d’une crise, il n’en est pas de même pour le moment de son éclatement.

 

Mais le philosophe Yves MICHAUD a répondu à la question posée par une autre question (la pirouette est aussi une discipline philosophique), que nous reproduisons ci-dessous :

« Depuis un ou deux ans, sont parus à la volée les plus sombres diagnostics des meilleurs économistes (« les incendiaires », « le capitalisme s’autodétruit », « nous ruinons nos enfants », « les banques sont folles » …). La plupart de ces économistes occupent des postes de conseillers ou de directeurs des études économiques dans des grandes banques, dont certaines mal en point. Question : ils étaient là pour les conseils, pour la déco, pour le salaire ? » 

 

Yves MICHAUD précise qu’ « il manque une théorie révolutionnaire ». Si le constat nous paraît exact, nous soulignons que les travaux de « l’école du capitalisme cognitif » mériterait plus de publicité (nous en parlerons prochainement), bien qu’elle ne soit pas franchement nouvelle.

 

Au moins, ces économistes ont le mérite de penser le système économique plutôt que de se réfugier dans la résolution ou le perfectionnement d’un système d’équations qu’on aurait soigneusement posé, i.e. en écartant les difficultés dans l’énoncé même de la question.

 

Alexandre Anizy

Union nationale du CAC 40 et des 200 familles face au peuple

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis quelques jours, vous entendez régulièrement le Premier Ministre François FILLON en appeler à l’union nationale : nous pensons qu’il veut parler de l’union indispensable du CAC 40 et des 200 familles avant de tendre la sébile, dans un même élan, à ces « salauds de pauvres ».

 

C’est ce que le MEDEF a enfin entendu, puisque l’héritière Laurence PARISOT a présenté un code d’éthique, traitant notamment de la rémunération globale des « grands patrons » (par les chiffres en devises, du moins).

 

Car tous les autres citoyens ont déjà intégré que la baisse du niveau de vie (ce que les politiques nomment « baisse du pouvoir d’achat ») allait se poursuivre en accéléré.

Le ministère du Budget l'a confirmé à sa manière hier, lorsque, dans ses recettes nettes d’impôt pour 2009, il prévoit une hausse de l’Impôt sur le Revenu, tandis que l’Impôt Sur la Fortune baissera (prévision : - 6,5 %), de même que l’Impôt sur les Sociétés.

 

Dans ce genre d’opération, les anglo-saxons ont toujours une longueur d’avance. En effet, en dernière analyse, en quoi consiste la nationalisation partielle des banques décidée hier par le travailliste Gordon BROWN, si ce n’est la socialisation des pertes de l’establishment ?

 

Serait-ce une nouvelle démonstration du bien-fondé de la thèse de Max WEBER sur l’éthique protestante et le capitalisme ?

 

Alexandre Anizy

Les cabris imbéciles comme Laurent JOFFRIN face à la crise

Publié le par Alexandre Anizy

Ainsi les marchés ont vécu un nouveau soubresaut le lundi 6 octobre 2008 : ce qui se passe est très grave, nous l’avons déjà écrit, parce qu’ « on n’est plus du tout dans la crise des « subprimes » mais dans celle du système bancaire touché au cœur » (André CARTAPANIS, professeur d’économie*).

Pourquoi ce lundi noir ?

Il existe de nombreuses raisons particulières et un sentiment général de déliquescence dû notamment à la fausseté des informations divulguées par les opérateurs : nous donnons comme exemple la banque Hypo Real Estate (Allemagne) qui a brusquement réévalué ses besoins en liquidités. Néanmoins, on peut mettre en exergue 2 faits majeurs : la difficulté américaine pour adopter le plan de sauvetage PAULSON et l’impuissance européenne révélée notamment par la volte-face de l’Allemagne.

 

Les acteurs financiers ont donc pris acte à leur manière de :

  • La fuite irlandaise (par sa décision unilatérale) ;
  • La récupération, par l’Etat néerlandais, et seulement 5 jours après la nationalisation de Fortis par les 3 Etats du Benelux, de la perle batave (ABN Amro) en laissant le « papier pourri » aux Belges ;
  • L’illusion allemande d’une capacité nationale à l’invulnérabilité financière.

Peut-on reprocher à ces 3 pays d’avoir entamé une partition en solo ? Non. Le devoir de tout homme politique est de préserver les intérêts de ses compatriotes.

Ce qui est condamnable, c’est la rigidité des talibans du fédéralisme européens, ces cabris imbéciles comme Laurent JOFFRIN qui scandent que « seule une gouvernance européenne réunifiée et volontaire peut y pourvoir et rétablir un semblant de confiance dans la finance mondiale » (Libération 7 octobre 2008).

 

L’Histoire a montré que ceux qui courent après des chimères conduisent les peuples au désastre. 

 

Alexandre Anizy

 

* P.S. :

On pouvait lire dans la conclusion du livre de CARTAPANIS « Instabilité des taux de change et déséquilibres internationaux, le cas français » (Calmann-Lévy, 99 FRF, 1984) : « En réalité, l’émergence d’une zone de stabilité à l’échelle européenne ne paraît pas concevable indépendamment d’une coordination des politiques macroéconomiques et, surtout, d’une harmonisation accrue des mutations industrielles et sociales dont dépendent les spécialisations futures. Mais cela suppose l’affirmation d’une volonté politique. » (p.283)  

On voit aujourd’hui que l’euro n’a rien résolu.

Un polar signé Richard HUGO

Publié le par Alexandre Anizy

Il paraît que Richard HUGO (poète réputé, avant tout) faillit obtenir le prix Pulitzer pour son polar « la mort et la belle vie » (en poche 10/18). Comme c’est le seul roman qu’il a publié, il est devenu une référence.

 

D’autant plus qu’en animant un atelier d’écriture à Missoula (Montana), il a eu parmi ses étudiants James Welch, James Crumley, etc.

 

Dans ce roman au style maîtrisé, on a donc le Montana et la Californie en toile de fond, un policier dont le caractère est bien ciselé, une intrigue complexe. Du bon travail.

 

Alexandre Anizy

Le trou de mémoire du fabiusien Henri WEBER

Publié le par Alexandre Anizy

Le député européen fabiusien Henri WEBER, ancien trotskiste recasé depuis longtemps dans le parti des notables « de gauche » (PS), démontre dans un article paru dans le Monde du 2 octobre qu’il n’a pas perdu la main. 

 

Pour lui, la crise financière et économique actuelle est une occasion (inespérée ?) pour le Parti Socialiste de lancer la réplique idéologique qui lui permettra de reconquérir le peuple face aux libéraux.

 

Encore faut-il se démarquer.

C’est ce qu’il fait avec la légèreté d’un éléphant :

« Les socialistes français n’ont jamais partagé ce credo. Ils n’ont jamais cru que les marchés étaient toujours mieux avisés que les politiques. »

 

Question : en France, à qui doit-on la modernisation des marchés financiers ?

A Pierre BéRéGOVOY, le ministre de l’Économie et des finances (Juillet 1984 - Mars 1986) dans le gouvernement d’un certain Laurent FABIUS ; avec l’aide de l’énarque Jean-Charles NAOURI, qui partira très vite faire fortune dans le privé (mais c’est une autre histoire).  

 

Henri WEBER montre aussi qu’un éléphant peut avoir un trou de mémoire.

 

Alexandre Anizy

Jose Luis MUNOZ un polar de patachon

Publié le par Alexandre Anizy

Né en 1951 à Salamanque, Jose Luis MUNOZ n’est pas un amateur puisqu’il a une vingtaine de polars à son actif : est-ce la raison pour laquelle Actes Sud a décidé de publier cet auteur espagnol ?

 

« La dernière enquête de l’inspecteur Rodriguez Pachon » est d’une telle banalité qu’il ne méritait pas cette sortie française. Comme la non-action se déroule à Cuba (précisément à La Havane), aucun poncif ne nous est épargné sur cette île, ses habitants, le castrisme, le tourisme sexuel, etc.

On a parfois l’impression de suivre l’enquêteur sur le parcours d’un guide de voyage. 

 

« Rodriguez Pachon » est un polar de patachon que vous pouvez ignorer.

 

Alexandre Anizy