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Le chuchoteur de Donato Carrisi

Publié le par Alexandre Anizy

Tout Carrisi est déjà dans son premier roman.

Ayant écrit une thèse sur un tueur en série, en bon intellectuel producteur Donato Carrisi y puisa la matière pour un roman, Le chuchoteur (Livre de poche, février 2024), qui le propulsa au firmament du marché de l’édition. Sur une documentation solide, il bâtit un ouvrage de grande qualité dans le genre, prenant soin de la dynamique pour scotcher le lecteur.

 

Alexandre Anizy  

 

La maison Rostang se dépiaute

Publié le par Alexandre Anizy

L’hiver arrivait à son terme, ce samedi-là. En sortant du métro, le soleil accompagna notre courte balade vers la maison Rostang, qui a fait peau neuve.

 

Le nouveau propriétaire a choisi la matière brute, sans doute pour signifier un retour à l’authenticité dans la modernité. La salle ayant été dépiautée, le bruit s’est installé - l’architecte n’aurait-il pas prévenu ? - sans atteindre l’inconfort. On nous a dit que la moquette était commandée… ce ne sera pas du luxe !

Venons-en à l’essentiel : la maison Rostang tient son rang. Les amuse-gueules et les plats sont dignes de sa distinction, et le service à la hauteur. Le sommelier a trouvé quelques trésors qui sortent des lieux communs. Il s’est aussi débrouillé pour concocter un semblant de café landais, grâce lui soit rendue !

 

S’ils ne fument pas la moquette, la maison Rostang restera un bon plan.

 

Alexandre Anizy  

 

Note sur l'île des âmes et question sur Pulixi

Publié le par Alexandre Anizy

Le cas Pulixi nous intrigue.

 

Nous étions tellement étonnés de la faible qualité du livre de Piergiorgio Pulixi (La librairie des chats noirs, lire ici ), que nous décidâmes d’en lire un deuxième par acquit de conscience.

Grand bien nous fasse ! Ayant reçu le prix Scerbanenco, L’île des âmes (poche Totem n° 214, en livrel) fut notre choix heureux, puisque ce polar est vraiment à la hauteur de la présentation dithyrambique de l’éditeur : nous avons à la fois l’architectonique complexe et le style soigné. Exemple :

« Le feuillage des arbres avait cessé de bruire. Même la stridulation des insectes s’était atténuée, jusqu’à se fondre dans un silence surnaturel qui recouvrait comme un sortilège la trouée encaissée entre les collines. Une lune gibbeuse imbibait le plateau d’une lueur argentée qui faisait ressortir la silhouette de l’être humain recroquevillé par terre, couvert de toisons de moutons et encerclé d’une nuée de moucherons. » (p.10/466)

 

Mais du coup, une question lancinante nous taraude : Piergiorgio Pulixi ne serait-il pas une nouvelle Carmen Mola (lire ici ) ?  En effet, si on écarte l’hypothèse de la fumisterie, est-ce la même personne qui a écrit les 2 livres ?

 

Alexandre Anizy  

 

Pour Quai du polar, le Burgundy by Mathieu

Publié le par Alexandre Anizy

       C’était hier le vendredi de Quai du polar. En prenant un crème au Cintra (complet pour cause de privatisation pour les auteurs du Salon), nous essayions de réserver quelque part pour le déjeuner, et la partie s’avérait difficile. Fort heureusement, il restait une table au Burgundy by Mathieu, et nous ne sommes ni snobs ni difficiles.

A 13 heures pétantes, nous pénétrions dans ce restaurant, « cadre brut et cosy fait de pierres, bois et poutres apparentes », avec cuisine ouverte comme il se doit aujourd’hui. Côté décor, le chef Mathieu Girardot n’a pas innové. Et côté cuisine ?

Ce jour-là dans le menu Découvertes, cela commençait par une association asperges vertes - fraises qui ne marche pas, parce que les fraises sont façon carpaccio et les biscuits inutiles puisque les asperges sont déjà croquantes. Le rouget aux carottes qui suit nous rassérène : le chef est bon saucier et il maîtrise les cuissons. Il enchaîne avec un gratin de langoustine excellent, toujours un peu gâché par un excédent de biscuits "pour le croquant". Puis nous nous réconcilions avec la sommelière en lui commandant un verre de vin rouge (elle servit un Nuits-St-Georges 2014 de bonne facture) pour accompagner un pigeonneau à la savante cuisson. Si le pré-dessert fut un délice (émulsion de pamplemousse avec aloe vera mariné dans de l’hibiscus, dixit le garçon), le dessert, qui était une variation sophistiquée autour du citron que nous goûtons peu, fut un final en demi-teinte.

          Servis en 2 heures, Mathieu Girardot est raisonnable.

 

Alexandre Anizy

 

P.S. : Et alors, Quai du polar ? C’est un espace marchand bien organisé. Nous y étions en tant que coursier d’une gente dame, qui voulait le premier roman de Nathalie A. Cabrol après l’avoir entendue mardi dernier sur France Inter, où la scientifique a ses entrées. Le soir, en ouvrant le livre dédicacé sobrement, la gente dame constate que l’exergue est le même que celui qu’elle plaça dans sa thèse de doctorat. Assurément, c’est un signe.

 

Un oeil sur Bernard Minier

Publié le par Alexandre Anizy

Peu de choix dans la boutique de presse de la station savoyarde. Alors on a replongé dans Bernard Minier.   

 

Précisément dans Un œil dans la nuit (Pocket, avril 2024), dans lequel nous retrouvâmes les qualités et la faiblesse de l’auteur : lire ici .

 

Alexandre Anizy  

 

L'éducation de Donato Carrisi

Publié le par Alexandre Anizy

Dans notre période italienne, il eût été dommage de le rater.

 

Dans cet hiver 25-26, Donato Carrisi fut une agréable découverte avec L’éducation des papillons (Livre de poche, octobre 2025) : un texte consistant, une intrigue bien ficelée, une écriture soignée. Du bel ouvrage, quoi !

 

Alexandre Anizy  

 

La librairie de Piergiorgio Pulixi

Publié le par Alexandre Anizy

Ce jour-là, l’idée était de découvrir un auteur.

 

Le format et la couverture de La librairie des chats noirs de Piergiorgio Pulixi (poche Totem, octobre 2025) attirèrent notre attention, la présentation en tête d’ouvrage acheva de nous convaincre que nous pouvions tenter le coup.

 

Las ! L’auteur pratique sans modération le « name and book dropping », ce qui est appréciable pour les lecteurs entrant dans le genre policier, et il ne s’est pas beaucoup foulé pour l’intrigue. Ainsi lors du dénouement, on apprend qu’une partie de l’enquête fut « off book » ! Pour le style, c’est du même acabit.  

 

Dans la quête d’un nouvel auteur, on ne gagne pas à tous les coups.

 

Alexandre Anizy  

 

Le palais de Donna Leon

Publié le par Alexandre Anizy

Une Américaine, qui écrit principalement sur Venise, se coltinant les « années de plomb », le projet n’était-il pas trop ambitieux ?

 

Diantre ! Donna Leon plonge son policier dans la récente histoire terrible de l’Italie, selon la 4ème de couverture : « Mais en menant l’enquête, le commissaire découvre avec stupeur que le défunt avait une fascination malsaine pour les années de plomb… »  Le palais de l’infortune, Points poche, juin 2025.

 

Avec sagesse, l’autrice est restée dans sa manière : une attention aux caractères des personnages, une écriture soignée. C’est déjà pas mal.

 

Alexandre Anizy  

 

Note sur Les Terrasses de Lyon

Publié le par Alexandre Anizy

En décembre, nous arpentâmes le vieux Lyon pour découvrir le panorama offert par le restaurant de la Villa Florentine.   

 

Le menu Renaissance montra que les chefs John Leon et David Delsart méritaient la 1ère étoile du guide rouge. Nous nous en souviendrons puisqu’ils réussirent, avec leur Blanc manger coco, à nous faire apprécier la noix !

 

Quant au café landais que nous commandâmes en fin de repas, ce que l’établissement osa fut indigne d’un Relais & Châteaux : quand on ne sait pas faire ou qu’on n’a pas les ingrédients pour un café landais, on s’abstient de toute livraison commerciale !

 

Alexandre Anizy  

 

Christian Dotremont

Publié le par Alexandre Anizy

Juste celui-là en avant-goût, rien de plus.   

 

L’avant-matin

« … une émeute d’amour … », Lamartine en 1848

 

J’écris à toi, ma Chine à écrire l’amour,

et c’est toi que j’écris, toi qui par-dessus l’aube

écris mon nom avec les froufrous de ta robe,

en crevant le soleil comme un cerceau de jour.

 

Ecuyère de ton mystère, et de mon ombre,

tes cheveux d’Amazone infinie et de feu

plus noir que le Thibet, plus haut que Lao-Tseu,

dessinent lentement de nos baisers le nombre.

 

Et pourtant j’ai repris mon encre et mon talent,

ma solitude, et j’ai repris mes vingt-cinq lettres,

pour ajouter la voix de quelques hexamètres

au souffle de ce cœur qui était un cœur lent.

(…)

 

Christian Dotremont

(Les grandes choses, anthologie poétique 1940-1979, Poésie/Gallimard, 2025)

 

 

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