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Pour Quai du polar, le Burgundy by Mathieu

Publié le par Alexandre Anizy

       C’était hier le vendredi de Quai du polar. En prenant un crème au Cintra (complet pour cause de privatisation pour les auteurs du Salon), nous essayions de réserver quelque part pour le déjeuner, et la partie s’avérait difficile. Fort heureusement, il restait une table au Burgundy by Mathieu, et nous ne sommes ni snobs ni difficiles.

A 13 heures pétantes, nous pénétrions dans ce restaurant, « cadre brut et cosy fait de pierres, bois et poutres apparentes », avec cuisine ouverte comme il se doit aujourd’hui. Côté décor, le chef Mathieu Girardot n’a pas innové. Et côté cuisine ?

Ce jour-là dans le menu Découvertes, cela commençait par une association asperges vertes - fraises qui ne marche pas, parce que les fraises sont façon carpaccio et les biscuits inutiles puisque les asperges sont déjà croquantes. Le rouget aux carottes qui suit nous rassérène : le chef est bon saucier et il maîtrise les cuissons. Il enchaîne avec un gratin de langoustine excellent, toujours un peu gâché par un excédent de biscuits "pour le croquant". Puis nous nous réconcilions avec la sommelière en lui commandant un verre de vin rouge (elle servit un Nuits-St-Georges 2014 de bonne facture) pour accompagner un pigeonneau à la savante cuisson. Si le pré-dessert fut un délice (émulsion de pamplemousse avec aloe vera mariné dans de l’hibiscus, dixit le garçon), le dessert, qui était une variation sophistiquée autour du citron que nous goûtons peu, fut un final en demi-teinte.

          Servis en 2 heures, Mathieu Girardot est raisonnable.

 

Alexandre Anizy

 

P.S. : Et alors, Quai du polar ? C’est un espace marchand bien organisé. Nous y étions en tant que coursier d’une gente dame, qui voulait le premier roman de Nathalie A. Cabrol après l’avoir entendue mardi dernier sur France Inter, où la scientifique a ses entrées. Le soir, en ouvrant le livre dédicacé sobrement, la gente dame constate que l’exergue est le même que celui qu’elle plaça dans sa thèse de doctorat. Assurément, c’est un signe.

 

Un oeil sur Bernard Minier

Publié le par Alexandre Anizy

Peu de choix dans la boutique de presse de la station savoyarde. Alors on a replongé dans Bernard Minier.   

 

Précisément dans Un œil dans la nuit (Pocket, avril 2024), dans lequel nous retrouvâmes les qualités et la faiblesse de l’auteur : lire ici .

 

Alexandre Anizy  

 

L'éducation de Donato Carrisi

Publié le par Alexandre Anizy

Dans notre période italienne, il eût été dommage de le rater.

 

Dans cet hiver 25-26, Donato Carrisi fut une agréable découverte avec L’éducation des papillons (Livre de poche, octobre 2025) : un texte consistant, une intrigue bien ficelée, une écriture soignée. Du bel ouvrage, quoi !

 

Alexandre Anizy  

 

La librairie de Piergiorgio Pulixi

Publié le par Alexandre Anizy

Ce jour-là, l’idée était de découvrir un auteur.

 

Le format et la couverture de La librairie des chats noirs de Piergiorgio Pulixi (poche Totem, octobre 2025) attirèrent notre attention, la présentation en tête d’ouvrage acheva de nous convaincre que nous pouvions tenter le coup.

 

Las ! L’auteur pratique sans modération le « name and book dropping », ce qui est appréciable pour les lecteurs entrant dans le genre policier, et il ne s’est pas beaucoup foulé pour l’intrigue. Ainsi lors du dénouement, on apprend qu’une partie de l’enquête fut « off book » ! Pour le style, c’est du même acabit.  

 

Dans la quête d’un nouvel auteur, on ne gagne pas à tous les coups.

 

Alexandre Anizy  

 

Le palais de Donna Leon

Publié le par Alexandre Anizy

Une Américaine, qui écrit principalement sur Venise, se coltinant les « années de plomb », le projet n’était-il pas trop ambitieux ?

 

Diantre ! Donna Leon plonge son policier dans la récente histoire terrible de l’Italie, selon la 4ème de couverture : « Mais en menant l’enquête, le commissaire découvre avec stupeur que le défunt avait une fascination malsaine pour les années de plomb… »  Le palais de l’infortune, Points poche, juin 2025.

 

Avec sagesse, l’autrice est restée dans sa manière : une attention aux caractères des personnages, une écriture soignée. C’est déjà pas mal.

 

Alexandre Anizy  

 

Note sur Les Terrasses de Lyon

Publié le par Alexandre Anizy

En décembre, nous arpentâmes le vieux Lyon pour découvrir le panorama offert par le restaurant de la Villa Florentine.   

 

Le menu Renaissance montra que les chefs John Leon et David Delsart méritaient la 1ère étoile du guide rouge. Nous nous en souviendrons puisqu’ils réussirent, avec leur Blanc manger coco, à nous faire apprécier la noix !

 

Quant au café landais que nous commandâmes en fin de repas, ce que l’établissement osa fut indigne d’un Relais & Châteaux : quand on ne sait pas faire ou qu’on n’a pas les ingrédients pour un café landais, on s’abstient de toute livraison commerciale !

 

Alexandre Anizy  

 

Christian Dotremont

Publié le par Alexandre Anizy

Juste celui-là en avant-goût, rien de plus.   

 

L’avant-matin

« … une émeute d’amour … », Lamartine en 1848

 

J’écris à toi, ma Chine à écrire l’amour,

et c’est toi que j’écris, toi qui par-dessus l’aube

écris mon nom avec les froufrous de ta robe,

en crevant le soleil comme un cerceau de jour.

 

Ecuyère de ton mystère, et de mon ombre,

tes cheveux d’Amazone infinie et de feu

plus noir que le Thibet, plus haut que Lao-Tseu,

dessinent lentement de nos baisers le nombre.

 

Et pourtant j’ai repris mon encre et mon talent,

ma solitude, et j’ai repris mes vingt-cinq lettres,

pour ajouter la voix de quelques hexamètres

au souffle de ce cœur qui était un cœur lent.

(…)

 

Christian Dotremont

(Les grandes choses, anthologie poétique 1940-1979, Poésie/Gallimard, 2025)

 

 

Une leçon de Han Kang

Publié le par Alexandre Anizy

A Hyo, hiver 2002

 

Et si la mer venait jusqu’à moi

S’est demandé l’enfant

Apeuré

Elle déferlait de loin, de très loin

Elle déferlait

L’enfant pensait qu’elle continuerait

De monter jusqu’à nous

 

La mer n’est pas venue jusqu’à toi

Mais en déferlant

Elle te semblait monter sans fin

Tu t’es abrité derrière mes jambes

Comme si moi

Je pouvais te protéger

De toute chose

Même de la mer

 

Lorsque tu tousses à t’étouffer

Quand tu rends tout ce que tu as mangé

Tu appelles maman, maman

En sanglotant

Comme si moi

J’avais le pouvoir de te protéger des dangers

 

Bientôt, hélas

Tu te rendras compte

Que tout ce que je peux faire

C’est me souvenir

De cette houle géante

Du temps qui passe

De ce qui croît

Et face à ce qui disparaît

Et à ce qui naît

Me souvenir que nous étions ensemble

 

Il s’agit seulement de garder inscrits dans mon corps

Depuis toujours un corps de sable

Ces moments qui sont des perles irisées

Cette intimité d’un temps ensemble étreint

 

 

Ne t’en fais pas

La mer n’est pas encore venue

Au point de nous emporter

Nous resterons tous deux ensemble

A ramasser d’autres cailloux, d’autres coquillages

A sécher nos chaussures mouillées par les vagues

A secouer le sable rugueux

Puis de temps en temps

Effondrés

A essuyer nos larmes de nos doigts sales

 

Han Kang

Ces soirs rangés dans mon tiroir, Grasset, 2025

 

Grève de la vie d'Abdellatif Laâbi

Publié le par Alexandre Anizy

Le soleil se meurt  

 (extrait)

(…)

Il y aura

au fond d’une grotte ou d’un désert

le survivant attitré des holocaustes

catastrophes nucléaires

épidémies informatiques

D’aucuns imaginent déjà son bonheur

l’affublent de l’ingéniosité de Crusoé

l’incitent à quitter son trou

pour rééditer la genèse

faire sortir de sa cuisse la femelle

et concevoir

Mais lui finit par se coucher

se recouvrir de sable

Il décide d’entamer

La grève de la vie

(…)

 

Abdellatif Laâbi

L’arbre à poèmes, Poésie Gallimard, 2022

 

 

Esquisse du soir de Han Kang

Publié le par Alexandre Anizy

Esquisse du soir

 

Certains soirs sont couverts de sang

(Comme s’ils avaient été peints par l’aube)

 

Si nos yeux pouvaient voir en noir et blanc

 

Sensibles aux innombrables nuances

Qui s’échelonnent entre le noir et le blanc

 

L’obscurité revêtirait l’une après l’autre les minces couches de notre misère

 

La tranquillité

De celui qui marche sous l’unique réverbère

Et même l’interminable enfer

Auraient la couleur des fantômes

 

Le réverbère lui-même serait blanc

 

L’espace alentour serait plongé dans un mutisme gris cendré

 

Et tout ce qui avait mouillé nos yeux

Sombrerait dans un silence noir

 

Han Kang

Ces soirs rangés dans mon tiroir, Grasset, 2025

 

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