Jean ECHENOZest un auteur choyé par les critiques : vous aurez du mal à trouver des articles qui déconseillent ses livres. Le fait qu’il ait été un collaborateur du journal l’humanité explique-t-il cette bienveillance ?
Car le lecteur coule avec lui dans le « lac » (éditions de Minuit, 1989, 189 pages, 65 FRF).
Jean-Pierre PETIT, chef économiste chez Exane-BNP Paribas, le dit sans ambages dans un court entretien au Figaro : Depuis l’éclatement de la crise financière aux Etats-Unis, la BCE mène une stratégie absurde. »
Elle ne suit pas la baisse des taux décidée par la Fed, ce qui a pour conséquence inéluctable l’envolée de l’euro et son pendant, la baisse du dollar, qui provoquera une accélération foudroyante de la hausse du prix du pétrole, avec les conséquences que l’on connaît.
L’argument nauséeux d’un risque d’inflation répété inlassablement par la BCE est balayé par une analyse objective des prix (comme Patrick ARTUS que nous avons présenté dans nos notes économiques « les archaïques des Banques Centrales ») : « Mais il n’y a pas d’inflation au sens propre, c'est-à-dire une diffusion générale et non maîtrisée des hausses de prix. »
Par contre, il y a bien un effet de second tour (mais pas celui craint par l’euro imperator TRICHET) dû à la politique désastreuse de la BCE : l’augmentation du chômage.
Comment interpréter aujourd’hui la baisse de l’euro par rapport au dollar ?
Les marchés ont compris que l’économie européenne ne va pas bien.
Jean-Pierre PETIT affirme alors ce que nous avons déjà écrit : « Je ne vois pas de reprise de l’activité digne de ce nom avant dix-huit mois. »
Notre note « la question de la Wallonie » (du 15 août 2008) nous avait amenés à la fameuse « lettre à Bernard GRASSET », dans laquelle Charles-Ferdinand RAMUZ explique en termes simples que les Vaudois, s’ils parlent le français, ne sont pas Français pour autant, et dans laquelle surtout il défend son usage du français, puisque d’aucuns l’avaient accusé en 1926 de « mal écrire exprès ».
Dans « Salutation paysanne » comme dans « Jean-Luc persécuté » (aux éditions Grasset, 1929 et 1930), on perçoit la différence de RAMUZ, en ce qui concerne le style(«L’homme qui s’exprime vraiment ne traduit pas. Il laisse le mouvement se faire en lui jusqu’à son terme, laissant ce même mouvement grouper les mots à sa façon. »Lettre à Bernard Grasset).
« Ce jour-là (on était vers la fin de mai), il se trouvait, comme toujours, assis avec Nanche à l’auberge, il était quatre heures de l’après-midi, il faisait un joli temps doux. » (« Jean-Luc persécuté », p.139)
Est-ce à dire que l’histoire d’un paysan cocu, qui devient fou et qui se termine par un plongeon suicidaire dans une gorge après un meurtre, nous intéressât ? Non.
Dans « les signes parmi nous » (Grasset, 1931), le personnage central est le colporteur d’un petit ouvrage, Prédictions, dans une campagne retirée : une nouvelle histoire paysanne.
« Le soleil lui fait mal d’abord, avec ce ciel fraîchement rétamé, la route qui était comme une page non écrite.
Il se sentait pourtant tout encouragé (de quoi on a besoin quand même), à cause des quatre brochures vendues, et se mit à marcher plus vite, malgré la chaleur qu’il faisait. » (p.25)
Si la langue singulière de RAMUZ nous intéresse, nous ne pouvons pas en dire autant de sa peinture rupestre.
C’est la rentrée littéraire. L’écri-nainpipole Christine ANGOT est venu déposer son dernier fatras sur les étals des librairies et dans les présentoirs des grandes surfaces spécialisées ou pas.
Cette fois-ci, la pipole ANGOT découvre, dans la peur, le XVIIIème arrondissement sur le cheval de plastique dur de son dernier amant : la bourgeoise se donne des frissons en s’encanaillant. Dans le galop d’enfer du scooter, aurait-elle découvert l’amour à tout fumer ?
Jusqu’au début du mois d’août, parce qu’il travaillait au Nouvel Observateur de Claude PERDRIEL ennemi du Droit amis de droite (lire note du 30 juin 2007) et de Denis OLIVENNES le Gracque 40 (lire note du 5 mai 2007), il était convenu de classer le journaliste Claude ASKOLOVITCH comme un homme de gauche.
Cependant, des observateurs attentifs s’interrogeaient : en 2007, Claude ASKOLOVITCH publiait en rafale des livres d’entretien avec le social-traître Eric BESSON, avec le franc mac Manuel VALLS, avec Rachida DATI. Que des sujets de gauche !
Et puis, il décroche le pompon en juillet en déclenchant l’affaire Philippe VAL contre SINé à Charlie Hebdo : défendre les qualités morales de Jean SARKOZY DE NAGY BOCSA ne peut pas avoir nui à son image lors de ses discussions avec son nouvel employeur, le groupe LAGARDERE (l’ami du Président ubiquiste Nicolas SARKOZY DE NAGY BOCSA) où il devient responsable des pages politiques du Journal du Dimanche et éditorialiste politique d’Europe 1 (on ne s’inquiète pas pour Mme Catherine NAY).
Pour la promotion éclair, rien ne vaut une présence à gauche !
Cette petite histoire nous rappelle le parcours de Franz-Olivier GIESBERT, qui était passé brusquement d’un poste d’encadrement éminent au Nouvel Observateur de Claude PERDRIEL ennemi du Droit amis de droite à un poste de Direction au Figaro de Robert HERSANT. A l’époque, nous avons pensé que, dans l’information qui circulait à propos de ce transfert, il manquait au moins une clé de lecture, que nous n’avons pas cherchée.
Une dizaine d’année plus tard, nous tombons sur celle-ci : Franz-Olivier est le fils de Marie GIESBERT, une des propriétaires du journal "Paris-Normandie" cédé à Robert Hersant.
Du coup, l’ascension professionnelle rapide de ce jeune homme qui ne dispose pas du passeport indispensable en France pour les hautes fonctions (ENA ou Grandes Ecoles ou Doctorat) nous apparaissait plus évidente, d’autant plus que FOG avait publié une biographie de JacquesCHIRAC quand on le classait encore à gauche, notamment parce qu’il bossait au Nouvel Observateur.
Claude ASKOLOVITCH, Franz-Olivier GIESBERT : 2 projets professionnels (comme on dit dans les cabinets de chasseurs de têtes) qui présentent quelques similitudes.
Un jour, nous en saurons peut-être plus sur Claude ASKOLOVITCH, à qui nous ne souhaitons pas « bonne chance » dans ses nouvelles fonctions, puisqu’elles ne sont que la reconnaissance des qualités professionnelles d’un journaliste de talent : ce serait donc superflu.
Nous savons depuis hier qu’il y a bien un patron du gouvernement français - il s’appelle François FILLON -, et qu’il comprend le b.a.-ba de l’économie politique, contrairement à son ministre Christine LAGARDE.
Rions un peu du dernier camouflet.
L’incompétent ministre Christine LAGARDE affirmait dans un entretien que ses prévisions de croissance seront « en bas de la fourchette de 1,7 à 2 % ».
Le Premier Ministre déclarait le même jour sur une radio que « ce sera au moins 1 %, j’espère que ce sera un peu plus de 1 % ».
Concernant l’ISF, l’incompétent ministre Christine LAGARDE émettait l’idée d’une réforme lors de la discussion budgétaire au parlement.
Le Premier Ministre déclarait le même jour qu’ « il n’y a pas de réforme de l’ISF à l’ordre du jour ».
En fait, le Premier Ministre François FILLON a pris à son compte l’avis de la majorité des économistes, ce qui nous amène à poser cette question : l’incompétent ministre Christine LAGARDE et son cabinet lisent-ils les notes des experts ?
Convenons que François FILLON, de par sa formation (DEA de Droit public + DEA de sciences politiques) et surtout son expérience d’élu, est forcément mieux outillé que Mme Christine LAGARDE, une juriste ayant fait une longue carrière d’affaires aux Etats-Unis pour débarquer directement, comme par enchantement, au sein d’un gouvernement français.
Convenons aussi que pour une ancienne championne de natation synchronisée (Mme LAGARDE), il est plutôt saugrenu de penser à contre-courant.
Après notre note du 31 août 2008 sur Olivier, parlons de Jean ROLIN, son frère.
Puisque vous n’avez pas pu échapper aux commémorations de Mai 68 dans les médias, vous pouvez éventuellement vous attarder sur son livre titré « l’organisation » (Gallimard, 1996, 182 p., 95 FRF).
Ce roman raconte un avatar de Mai. Le style sobre, épuré, va de pair avec la vision militaire de cette jeunesse.
Olivier ROLIN, c’est l’ancien chef de la branche militaire de la Gauche Prolétarienne (les maos français). Le titre de son livre « tigre de papier » (en poche) est d’ailleurs une expression de MAO-TSE-TOUNG, le grand timonier (disaient-ils).
Du point de vue littéraire, ce livre est prétentieux. L’option stylistique retenue est agaçante, et en plus elle n’apporte rien au sujet traité. Exemples :
« VINCENNES DOREE STATION-SERVICE JOHNNY WALKER KEEP WALKING PERIH FLUIDE ponts lumières jaunes Paris à droite sous un ciel de sombre lilas devant panneaux émeraude METZ NANCY PORTE DE BERCY DISNEYLAND 32 KM les pneus déchirent la soie noire-mordorée robe du soir (…). » (p.13)
« KOREAN AIR rouge bleu PANASONIC bleu SANYO rouge SAMSUNG bleu A1-A104 FLUIDE un pont (…). » (p.198)
C’est chiant, n’est-ce pas ?
Malgré cette plaisanterie de potache, on peut faire l’effort de lire en sautant les paragraphes imbéciles, si on s’intéresse aux péripéties de la Gauche Prolétarienne, les clowns teigneux de Benny LEVY et consorts.
Alexandre Anizy
P.S. : pour cette rentrée littéraire, Olivier ROLIN nous gratifie d’un nouvel opus titré « un chasseur de lions » (Seuil, 236 p., 17,50 €) ; DominiqueBONA en dit beaucoup de bien (« Quel beau récit, vraiment, ce chasseur de lion, et quel panache ! ») dans le Figaro du 21 août, et elle n’est pas la seule : il nous semble que toute la presse écrite y est passée en 4 semaines et nous ne doutons pas de la suite en septembre et octobre – radios et télés. Journaliste à Libération puis au Nouvel Observateur, éditeur au Seuil : ça facilite les choses pour les papiers.
Ainsi va le monde … et donc la mare germanopratine.
Cependant, nous ne disons pas comme l’écrivain Morgan SPORTèS : « M. Sportès a dû licencier Olivier ROLIN, constatant que pour de multiples raisons, ne serait-ce qu’éthiques, on ne peut être à la fois auteur et éditeur. »
La guerre en Afghanistan n’a plus rien à voir avec le conflit initial de 2001 : experts, états-majors et observateurs avertis le disent. Pourtant, la stratégie américaine de l’OTAN est poursuivie, renforçant chaque jour un peu plus l’impopularité des troupes d’occupation.
Un changement radical dans la conduite des opérations évitera peut-être la défaite militaire et le fiasco politique.
La France peut provoquer ce changement en menaçant de quitter l’Afghanistan.
La France ne devrait engager ses troupes que dans le cadre d’une stratégie politique et militaire clairement définie, et en ayant l’autorité suffisante dans la conduite des opérations conformes au nouveau plan.
Tel devrait être déjà le discours d’une véritable opposition parlementaire. Mais nous ne l’entendons pas. A la place, au Parti Socialiste, c’est le propos consensuel de l’énarque MOSCOVICI.
Pourtant, le moment est idéal pour poser la question, comme le fait Nicolas DUPONT-AIGNAN (le Monde 27 août) :
« Aujourd’hui, Monsieur le Président, il vous faut choisir : allez-vous être fidèle à la France ou à l’Amérique ? »
Jeudi dernier, au journal télévisé, nous avons pu voir le Secrétaire d’Etat et porte-parole du gouvernement Luc-Marie CHATEL en excursion très médiatisée dans les rayons d’un hypermarché de l’enseigne bien connue pour ses campagnes publicitaires remplies de promesses.
Qu’avait-il à dire ? Rien de concret. Résumons son message : les Français viennent de subir une hausse des prix, c’est vrai, (silence) (pour marquer la compassion ?), mais ce que nous [le gouvernement, les responsables, les gens bien informés etc. ndaa] voyons en ce moment, ce sont les signes du retournement, les prémisses d’une amélioration du pouvoir d’achat. Si, si, il a osé.
Avec Luc-Marie CHATEL, ce n’est pas la langue de bois mais de fonte*.
Pourquoi est-il sorti ? (le gouvernement est bien renseigné ; mieux que nos soldats en Afghanistan) Parce que le magazine « 60 millions de consommateurs » s’étalait dans tous les kiosques et maisons de la presse avec cette information :
De juin 2007 à juin 2008, le pouvoir d’achat a baissé de 0,4 %, sans doute une baisse de 0,8 % sur l’année 2008.
Voilà pourquoi Luc-Marie CHATEL (DESS de marketing en 1988) est intervenu dans les médias pour que son message soit ensuite matraqué, alors qu’il ne repose sur aucune pièce tangible.
Comme on dit chez nous : au pays des promesses, on ne meurt pas de faim !
Alexandre Anizy
* Luc-Marie CHATEL est issu d’une vieille famille de maîtres de forges à Bayard-sur-Marne (2 ancestrales fonderies ayant occupées 600 personnes) et de notables.