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notes culturelles

Une couronne pour Paul Valéry

Publié le par Alexandre Anizy

 

En novembre 2008, les éditions de Fallois publiaient un recueil inédit de poésie de Paul Valéry, titré « Corona & Coronillia » (219 pages, 22 €) : ce sont les poèmes qu'il écrivait à Jean Voilier, une femme très libérée pour son époque. En préambule, l'éditeur s'interroge :

« "La poésie est une survivance", disait Valéry. C'était en 1929. Quatre-vingt ans plus tard, faut-il publier Corona ? » (page 7)

Personnellement, nous répondons non.

Et pourtant, nos aurions tant aimés être subjugués par les derniers vers de celui que nous considérons, comme d'autres, comme l'un des plus grands versificateurs français.

 

En vieux monsieur transi, Paul Valéry couche sur le papier ses mots d'amour exaltés : si, au crépuscule de sa vie, il pensait encore que « le vent se lève, il faut tenter de vivre », c'est à Jean Voilier qu'il le devait.

Malheureusement, nous sommes loin du "cimetière". Ni émotion, ni fascination.

Trois semaines avant la mort du poète, l'obscur sujet de son désir avait largué les amarres : il ne s'en était pas remis.

 

Malgré les sirènes marchandes, le lecteur averti saura rester au large de ce récif.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Autre chef d'oeuvre de Slobodan Selenić : "meurtre avec préméditation"

Publié le par Alexandre Anizy

 

Après avoir lu « l'ombre des aïeux », chef d'œuvre de Slobodan Selenić que nous vous avons déjà recommandé,

http://www.alexandreanizy.com/article-sous-le-soleil-de-slobodan-seleni-46906180.html ,

il faut enchaîner avec « meurtre avec préméditation » (Gallimard, avril 1996, 236 pages, 140 FRF), où le talent éclate à toutes les pages.

 

Encore une fois, le travail sur le style est remarquable, de même que l'architectonique. En plus, à la fin du livre, le vieil écrivain serbe ose la répétition d'un personnage et de scènes : un acte créateur pour exprimer l'absurdité de la chose.

(Il serait surprenant qu'aucune étude comparative n'ait été réalisée entre les deux livres)

 

Vous donner un aperçu du travail stylistique ?

Prenons la fin du premier paragraphe :

« Mais autant le dire tout de suite : je ne veux pas être un écrivain lettré. Je fais dans l'art brut. J'écris comme je parle. Et je parle comme ça me plaît, tu vois. Je fais aussi de la photo. Genre photo d'art. Mais ça ne me branche pas des masses. Je clique pour le fric. Quand je suis dans la dèche. »

(une traduction de Gojko Lukić et Gabriel Iaculli)

 

Alors, vous n'êtes pas encore partis emprunter ou acheter le(s) livre(s) ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

En passant par Celan (Paul)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Pour nous, le passé et le présent se sont confondus ces jours-ci en passant par Paul Celan.

 

« (…) Si venait,

Si venait un homme,

si venait un homme au monde aujourd'hui, avec

la barbe de lumière

des patriarches, il pourrait,

s'il parlait de ce

temps, il

pourrait

seulement bredouiller, et bredouiller

toujours, rebredouiller tou-

jours, jours. » (…)

(Extrait du poème "Tübingen, janvier")

 

 

Alexandre Anizy

 

La radicalité de Georges Darien

Publié le par Alexandre Anizy

 

Il faut lire Georges Darien, notamment « le voleur » (téléchargement gratuit du livrel sur www.gutenberg.org ), pour constater que la radicalité d'auteurs contemporains n'est au fond qu'une aimable plaisanterie.

 

Ce roman ne vaut pas par sa structure, dans laquelle les rebondissements invraisemblables fleurissent, mais par le style furtif et la pensée iconoclaste. Par exemple, le voleur semble plus moral que les bourgeois.

A méditer.

 

Alexandre Anizy

 

Le carrefour d'Antoine Laurain

Publié le par Alexandre Anizy

 

Récemment, nous fîmes une bonne pêche dans notre bibliothèque municipale préférée : « carrefour des nostalgies » d'Antoine Laurain (édition Le passage, août 2009, 301 pages, 18 €). Un canevas bien ficelé, une écriture sobre et agréable qui ne ralentit pas le rythme juste sont le deux grandes qualités de cet ouvrage.

 

L'histoire d'un homme politique d'envergure qui perd sa mairie aux élections municipales, après une défaite aux législatives. Il plonge dans une courte déprime, durant laquelle il tombe par hasard sur une photo de son passé (la classe de terminale) ; l'idée de partir à la rencontre de ses relations lycéennes s'impose peu à peu. Dans cette quête gratuite, il découvrira une vérité personnelle et le moyen de retrouver sa fonction sociale.

 

Un roman plaisant, sans prétention.

 

 

Alexandre Anizy

 

P.-S. : par hasard … nous apprenons à la fin du livre qu'Adrien Goetz (lire notre note précédente) est un ami d'Antoine Laurain : ensemble ils ont donc la moyenne !

 

 

Endormis par Adrien Goetz

Publié le par Alexandre Anizy

 

Les connaissances artistiques d'Adrien Goetz, qui est maître de conférence en histoire de l'art à la Sorbonne, lui permettent de ficeler des livres qui se déroulent dans ce milieu, dans lesquels il a le bon goût de nous épargner et le jargon et la démonstration d'érudition.

 

« La dormeuse de Naples » (points poche, mai 2007, 112 pages, 5 €) évoque surtout la figure du peintre Ingres.

 

Si l'auteur revendique la "vérité romanesque", le lecteur cherche encore le roman.

 

 

Alexandre Anizy


La déesse d'Anne Holt

Publié le par Alexandre Anizy

 

En Norvège, vous trouvez des politiciens qui écrivent vraiment leurs livres : c'est le cas d'Anne Holt, ministre de la Justice de novembre 1996 à février 1997, et auteur de polars.

 

Par exemple, « la déesse aveugle » (points poche, juin 2000, 389 pages, 7,50 €) est un rompol bien construit, avec un agréable style à la hauteur de la qualité de l'intrigue.

 

 

Alexandre Anizy

 

Puisque rien ne dure avec Laurence Tardieu

Publié le par Alexandre Anizy

 

Lire doit toujours être un plaisir.

Avec Laurence Tardieu, il s'est arrêté à la première page de « puisque rien ne dure » (Stock, septembre 2006, 128 pages, 13,50 €).

 

 

Alexandre Anizy

 

"Si nous durions sans fin" selon Bertolt Brecht

Publié le par Alexandre Anizy

 

« Si nous durions sans fin

Tout changerait sans cesse

Or, nos jours sont comptés

Et peu de choses changent. »

 

      « Dauerten wir unendlich

        So wandelte sich alles

        Da wir aber endlich sind

        Bleibt vieles beim Alten. »

 

                       Bertolt Brecht