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notes economiques

Craquements dans l'euro land

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis septembre 2008, une opposition macroéconomique est apparue dans la zone euro : le pôle germanique, que l’orthodoxie financière mène à la déflation, et le pôle de l’Europe du Sud associée à l’Angleterre, qui pousse à une relance économique.

 

Bien qu’au cours du dernier trimestre le gouvernement d’Angela MERKEL a dû se contredire à 2 reprises, parce que dans un marché mondialisé il est absurde de croire qu’un conservatisme financier peut tenir dans un seul pays, il ne participera pas à la relance européenne dont il tirera pourtant bénéfice grâce à ses exportations, mais il préparera un plan national adapté pour profiter de celui des Etats-Unis en 2009. Cette politique économique nationaliste amplifiera les tiraillements européens.

 

D’ores et déjà, lorsqu’ils empruntent sur les marchés, l’Italie doit payer 1,4 % de plus que l’Allemagne ; pour la Grèce, c’est 2,1 % de plus. Depuis le début de la crise, l’écart (le « spread ») entre les taux allemands et français a doublé, soit 40 à 50 points de base en faveur de Berlin. Force est de constater que l’homogénéité financière et monétaire de l’euroland s’est dégradée.

Bien entendu, cette situation ne perdurera pas.

 

Alexandre ANIZY

Vers la crise des changes comme en 1931

Publié le par Alexandre Anizy

Parce que la Réserve Fédérale américaine (FED) a baissé ses taux directeurs à 0 – 0,25 %, ce qui signifie que la détention du billet vert est désormais assortie d’une rémunération quasi nulle,

Parce que le taux de la Banque Centrale Européenne (BCE) se situe à 2,5 %,

Parce que des hauts dirigeants monétaires allemands comme Jürgen STARK et Axel WEBER ont expliqué que la BCE doit stopper sa baisse des taux,

Les marchés ont inéluctablement réagi : ventes massives de dollars. Ainsi l’euro a connu le mercredi 17 décembre la plus forte hausse quotidienne de son histoire.

 

La baisse rapide des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre, remède à une aggravation de la situation économique au Royaume-Uni (en novembre, plus forte hausse du nombre des nouveaux inscrits au chômage depuis 1991), explique la dégringolade de la livre sterling ce mercredi 17 décembre.

 

Compte tenu des nécessités internes de la Chine (lire nos notes sur le « bluff chinois »), nous ne doutons pas que leur devise accompagnera la chute du dollar.

 

En effet, pour relancer l’économie américaine, il est probable que le nouveau Président Barack OBAMA optera pour une réindustrialisation, parce que c’est un véritable gisement pour l’emploi et la croissance. En 1995, 10 % du PIB était produit hors Etats-Unis ; au jour d’aujourd’hui, c’est 25 % du PIB. Depuis 1998, la production industrielle hors nouvelles technologies est au même niveau. L’emploi manufacturier a reculé de 20 %, soit maintenant 9 % de l’emploi total. La part de marché des Etats-Unis dans les pays industrialisés est passée de 13 % en 1998 à 8 % en 2008. A ceci s’ajoute un état déliquescent des infrastructures industrielles : les besoins s’élèveraient à 1.600 Milliards de dollars, soit 10 % du PIB.

Compte tenu des déficits publics actuels, le Président OBAMA n’aura guère le choix : la dévaluation du dollar sera sa meilleure arme, pour ne pas dire la seule.

 

Or, en 1931, l’Angleterre a initié la cascade des dévaluations.

Alfred SAUVY, dans sa remarquable « Histoire économique de la France entre les deux guerres » (en 2 tomes, éditions André Sauret 1973), la présente ainsi : « La dévaluation de la livre modifie profondément le problème et cela de façon inédite (…) Les matières premières mondiales, qui se stabilisaient, accusent, en or [rappel : nous sommes alors dans le système de l’étalon-or (ndAA)], une nouvelle chute : en quatre mois, d’août à décembre, elles baissent de 15 %, alors que, dans les quatre mois précédents, elles n’avaient baissé que de 2 %. Pourquoi cette chute ? C’est que leurs prix sont le plus souvent cotés en livre sterling et que l’inertie joue en faveur de leur stabilisation, dans cette monnaie. » (p. 123 et 125)

En début de chapitre 8 (tome 1), titré « la crise rebondit », SAUVY affirme que « les conséquences de la dévaluation de la livre sont immenses (…). Tout se passe, en somme,  comme si la livre était restée la même et que les autres monnaies aient entrepris la folle gageure de se revaloriser d’un quart ou d’un tiers. » (p. 128)

Ce qui n’était pas tenable, et ne résista pas.

 

En décembre 2008, la FED, en phase avec le programme de relance du Président OBAMA, ne vient-elle pas d’initier une cascade ?

 

Alexandre ANIZY

DEXIA : du beau monde au Conseil

Publié le par Alexandre Anizy

Puisque nous avons parlé de Denis KESSLER le khmer blanc, évoquons DEXIA et le beau monde qui, comme ce lascar, siégeait à son Conseil d’Administration, comme par exemple : Augustin de ROMANET de BEAUNE (énarque ; directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations) ; Anne-Marie IDRAC (énarque ; présidente de la SNCF à cette époque) ; le franc mac François REBSAMEN (maire de Dijon, éléphant du PS).

 

Dans le cadre d’une bonne gouvernance, le conseil d’administration est le lieu où on débat et où on fixe la stratégie de l’entreprise. Par conséquent, les membres du conseil de DEXIA ne devaient pas ignorer les risques inconsidérés pris par la banque, notamment avec sa filiale américaine FSA (un « rehausseur de crédit »). Il serait saugrenu d’entendre autre chose sur ce point.

 

DEXIA a été sauvé de la faillite fin septembre 2008 par une injection de 6,5 Milliards d’euros et une garantie sur les emprunts de 145 Milliards. Depuis ce sauvetage, la capitalisation boursière de DEXIA a chuté de 60 %, soit déjà une perte de valeur pour la France de 4 Milliards.

Et ce n’est pas fini.

Car pour pouvoir vendre FSA, DEXIA a dû s’engager à conserver les mauvais risques de sa filiale, soit 16,5 Milliards de plus, dont un tiers pour la France.

 

Le Président Pierre RICHARD (un polytechnicien), le directeur belge Axel MILLER, ont remis leur démission (un peu forcée, semble-t-il) : il était difficile de faire moins.

Bruno DELETRé (polytechnicien, énarque), la personne en charge du « rehaussement de crédit », avait quitté DEXIA en juin 2008 pour rejoindre le cabinet de l’incompétent ministre Christine LAGARDE … où il est en charge de la supervision du secteur bancaire !

 

Mais qui s’est interrogé sur la responsabilité du conseil d’administration dans cette déroute financière ?

Osera-t-on demander des comptes à ce beau monde, notamment à l’énarque Augustin de ROMANET de BEAUNE (patron de la CDC, aujourd’hui à la manœuvre pour l’Etat français dans le cadre de la lutte contre la crise !), à l’énarque Anne-Marie IDRAC (aujourd’hui membre du gouvernement !) ?

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (III) : approche marxiste de Jean-Marie HARRIBEY

Publié le par Alexandre Anizy

(Jean-Marie HARRIBEY : vice-président d’Attac, professeur à l’université Bordeaux IV)

 

L’analyse

Il faut se pencher sur la « structure même du capitalisme néolibéral ».

Problème théorique : Jean-Marie HARRIBEY mélange Mode de Production Capitaliste et idéologie néolibérale, ce qui n’est pas pertinent.

Le système repose sur la libre circulation des capitaux et la dégradation des salaires, grâce à un concept politique « la mondialisation » justifiant le changement radical du rapport capital/travail (plus de profits, moins de salaires) par la bourgeoisie financière.

Remarque : parler de bourgeoisie financière nous semble théoriquement abusif et économiquement inutile.

Notre remarque vise à souligner l’usage d’un charabia, puisque Jean-Marie HARRIBEY lui-même affirme peu après : « La sphère financière et la sphère de la production ne sont jamais déliées, comme le dit MARX dans « le Capital ». (On ne lui fait pas dire, n’est-ce pas ?) 

« La crise sociale et économique montre l’insoutenabilité de ce mode d’accumulation des classes favorisées d’un côté et, de l’autre, la paupérisation des travailleurs de la planète mis en concurrence. »

 

Le projet

« Si on veut dépasser l’horizon du capitalisme pour poursuivre l’idéal de l’émancipation humaine ».

La finance : rétablir un contrôle strict des mouvements des capitaux ; limiter les produits dérivés ; abolir les paradis fiscaux et judiciaires ; instaurer une loi de limitation de la marge actionnariale.

Le secteur bancaire : créer un pôle monétaire et financier public ; initier des banques collectives publiques européennes.

Le social : inscrire dans les Constitutions que la part des travailleurs du supplément de richesse créée ne doit pas être inférieure aux gains de production ; instaurer un revenu maximum.

Le monde : penser un autre développement ; sanctuariser les biens publics inaliénables (l’air, l’eau, etc.) ou bien les réparer par les taxes spécifiques ; faire maîtriser par les collectivités les investissements liés aux reconversions (énergie, habitat, agriculture, etc.).   

 

Très vaste programme.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise : approche libérale de David THESMAR

Publié le par Alexandre Anizy

(David THESMAR : professeur associé à HEC ; membre du Conseil d’Analyse Economique)

 

L’analyse

« La crise n’est pas venue dans une absence totale de règles, mais à cause d’une mauvaise régulation du système. Le scandale est arrivé par les banques, déjà très régulées mais de manière inadaptée. »

Les régulateurs, comme la Commission bancaire française visée par THESMAR, ont adopté le laisser-faire quand les banques ne provisionnaient pas des risques liés aux engagements placés hors bilan.

Remarque : THESMAR oublie de dire que c’est notamment pour ne pas avoir à faire des provisions que les banques les ont mis hors bilan.

Les « externalités négatives » du système (le risque, la faillite bancaire, le phénomène de contagion, etc.) étaient insuffisamment intégrées dans les cadres d’évaluation.

Remarque : si vous croyez à l’autorégulation du marché, vous serez enclins à juger impossible le blocage du système (ce qui arriva pourtant).

Par sa politique monétaire laxiste, la FED d’Alan GREENSPAN a joué un rôle de pousse-au-crime.

Remarque : rappelons que ce sont notamment les amis libéraux de David THESMAR qui ont vénéré Alan GREENSPAN pendant des années …

C’est tout. C’est faible.

 

Le projet

La crise demande des réponses techniques et non pas politiques, « (…) ce qui signifie qu’arriver au G20 avec les gros sabots de la refonte globale du capitalisme serait contre-productif ».

« Ce n’est pas aux Etats de réglementer les systèmes de rémunération dans la finance ».

Instaurer un bonus-malus pour les traders, dont le solde ne se ferait qu’au bout de 10 ans.

Provisionner les activités risquées (vaste sujet, maigre réponse).

Faire migrer une grande partie des transactions de gré à gré.

 

Comme vous le voyez, ce sont des réponses techniques, dont l’imprécision nous laisse songeurs.  

En fait, le mantra de David THESMAR est : « Je ne crois pas à un Etat banquier ou actionnaire mais à un Etat strictement régulateur. »

 

Passé un certain stade, nous considérons que l’aveuglement idéologique frise la connerie.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (I) : approche keynésienne de Philippe MARTIN

Publié le par Alexandre Anizy

(Philippe MARTIN : professeur à l’université Paris I et à l’Ecole d’Economie de Paris ; chroniqueur économique de Libération)

Comme tous les économistes standard se disent keynésiens, la question subsidiaire est de savoir si Philippe MARTIN est un keynéso-classique (référence à l’équilibre IS – LM) ou bien un postkeynésien (quel courant ?).

 

L’analyse

Au plan macroéconomique, la crise est le résultat d’une politique monétaire trop laxiste (pan ! sur le bec d’Alan GREENSPAN), d’une libéralisation des marchés financiers qui a permis le déficit courant des Etats-Unis qui autorisait un endettement aberrant des ménages américains.

Au plan microéconomique, la crise est le résultat du laisser-faire, comme la mise hors bilan de produits toxiques ou la dissimulation de pertes par les banques classiques, comme le jeu de l’économie-casino pratiqué par les banques d’affaires, comme la création d’une bulle spéculative immobilière fondée sur l’endettement.

« Contrairement à l’analyse marxiste, si cette crise est consubstantielle au capitalisme, par nature instable, elle ne signe pas sa mort. Contrairement à l’analyse libérale, ce n’est pas le marché qui va sauver le capitalisme mais l’Etat, de retour par le biais d’une politique monétaire, fiscale, budgétaire et la rénovation de la réglementation financière. »

 

Le projet

Poser comme « principe que la stabilité financière internationale est un bien public mondial ».

Par conséquent, il faut repenser le rôle des institutions financières internationales, comme le FMI qui devrait recevoir de nouvelles ressources et qui devrait abandonner « le consensus de Washington » (libéralisation financière, rigueur budgétaire, privatisation, etc.).

Le G20 devrait s’accorder sur une réelle politique de relance globale et non pas sectorielle.

Actuellement, la politique monétaire est quasiment inefficace, car les banques ont désormais une aversion forte au risque. C’est donc aux classes pauvres et moyennes qu’il faut « envoyer un chèque » pour enclencher le multiplicateur keynésien (1 € distribué qui sera dépensé apportera des revenus supplémentaires qui seront dépensés à leur tour, etc.).

 

Alexandre Anizy

La question salariale est centrale, Mr PEYRELEVADE

Publié le par Alexandre Anizy

Les deux mois qui viennent de s’écouler ont montré l’impuissance totale des marchés devant l’hécatombe financière qui serait advenue sans l’intervention des Etats, dont le réarmement politique vient d’être déclenché.

Contrairement à New York et Washington, Bruxelles (la Commission européenne) a dévoilé sa sécheresse intellectuelle en étant incapable d’émettre des propositions concrètes pour faire face au séisme : l’idéologie libérale paralyse les cerveaux des commissaires et de leurs collaborateurs.

 

Mais ils ne sont pas les seuls attardés, malheureusement.

Ainsi, prenons le cas de Jean PEYRELEVADE : il continue de penser que la France a un problème avec la compétitivité de ses entreprises, ce qui nuit à son développement économique, et que par conséquent il convient de mener une politique d’offre, que nous schématisons par la poursuite de l’étranglement salarial et des cadeaux fiscaux et sociaux octroyés aux firmes, pour que la production française augmente. Or le polytechnicien brillant (un pléonasme ?) PEYRELEVADE oublie qu’il n’y a plus de demande pour cette production complémentaire puisque les 3 principaux marchés d’exportation de la France sont en récession depuis décembre 2007.

Même son diagnostic est réfutable. Dans les années 80, le parti mitterrandien au pouvoir, après avoir respecté son obligation morale de relance économique en 1981, a mené une politique de restructuration massive grâce aux nationalisations puis a initié la politique du « franc fort » en l’attachant fermement à un mark surévalué dans les années 90 : depuis des années, les statistiques internationales ne cessent de placer la France comme une des toutes premières destinations des investissements étrangers dans le monde et le travail français comme l’un des plus productifs.

Pour ces raisons, nous disons que Jean PEYRELEVADE se trompe simplement de médecine ou bien qu’il poursuit un autre objectif économique que la santé générale de la France.  

 

Maintenant, la corde de l’endettement (lire notre note du 27 octobre 2008 « La fin du capitalisme selon Immanuel WALLERSTEIN ») est cassée. Il faut par conséquent modifier la répartition de la valeur ajoutée.

La question salariale redevient centrale.  

 

Alexandre Anizy

Repères statistiques pour la crise de 2008

Publié le par Alexandre Anizy

Donnons quelques éléments statistiques, des repères pour suivre la situation actuelle en la relativisant.

 

Ce qui se passa après 1929 :

  • Baisse en 3 ans de 89 % de l’indice Dow Jones ;
  • Baisse en 4 ans de 50 % de la production industrielle américaine ; 
  • Baisse en 3 ans de 25 % du PIB des 7 grands pays industrialisés ;
  • Baisse de 66 % du commerce international ;
  • Taux de chômage à 25 % aux Etats-Unis, 33 % en Allemagne. 

 

Rappelons que si l’Histoire ne se répète pas, il lui arrive de bégayer.

 

Evolution des indices boursiers entre le 1 janvier et le 24 octobre 2008 (en %) :

  • Dow Jones (Etats-Unis) = (36,83)
  • Nikkei (Japon) = (50,03)
  • Eurostoxx (zone euro) = (46,97)
  • Dax (Allemagne) = (46,75)
  • Cac 40 (France) = (43,11)  (3 janvier 2008, indice à 5.540)
  • Footsie (Royaume-Uni) = (39,86)
  • Hang Seng (Hong Kong) = (54,63)
  • Bovespa (Brésil) = (50,72)

 

Observation de l’historien Jacques MARSEILLE (Point 16 octobre 2008):

« De 1987, date de fondation de l’indice CAC 40, à aujourd’hui, la hausse moyenne, inflation comprise, a été d’un peu plus de 6 %. Inflation déduite, le rendement « historique » de 4 % sur le siècle nous amène à l’indice 3.300 (…) ». Clôture du marché le lundi 27 octobre 2008 avec un CAC 40 à 3.067,35 points.

 

Le menu qui nous attend et dont personne ne connaît les proportions :

  • Le niveau de vie qui a déjà baissé en 2006 va encore diminuer ;
  • La consommation des ménages baissera ;
  • Les prix immobiliers vont chuter ;
  • L’effet de richesse étant anéanti, nouvelle incitation pour les ménages à réduire leur consommation ;
  • La réduction des profits des entreprises ;
  • La hausse du taux de chômage.

En septembre 2008, nous avons déjà sur la table tous les ingrédients actifs pour la spirale de la dépression.

 

Alexandre Anizy

La fin du capitalisme selon Immanuel WALLERSTEIN

Publié le par Alexandre Anizy

Immanuel WALLERSTEIN, sociologue américain mondialement réputé en histoire économique, s’est longuement exprimé dans un entretien paru dans le Monde du 12 octobre 2008.

 

« Nous sommes aujourd’hui clairement dans une phase B d’un cycle de KONDRATIEFF (…) », la phase A se situant de 1945 à 1975. « (…) dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer des profits, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. » Tout est alors fondé sur l’endettement, aussi bien de l’Etat que des entreprises et des ménages. Au jour d’aujourd’hui, le déclin apparaît réellement après l’explosion des bulles successives.

 

Ce temps du cycle long se conjugue à un moment de transition entre 2 systèmes de longue durée (la « période » de l’historien Fernand BRAUDEL qui s’est intéressé aux systèmes qui régissaient les rapports de l’homme à son environnement matériel).

Qu’est-ce qui caractérise le moment ? « (…) le capitalisme ne parvient plus à « faire système » au sens où l’entend le physicien et chimiste Ilya PRIGOGINE (…) », c'est-à-dire qu’il dévie trop et trop souvent de sa situation d’équilibre, ce qui l’amène à bifurquer. La situation devenant incontrôlable, la lutte s’installe entre tous les acteurs pour façonner un nouveau système : les contributions individuelles à cette édification sont pour beaucoup inconscientes. « Je [I.W] réserve l’usage du mot « crise » à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin. »

 

En fin de phase B du cycle KONDRATIEFF, on observe un temps de 2 à 5 ans durant lequel on détruit de la valeur, puis on entre dans une nouvelle phase A quand les conditions de réalisation d’un profit réel issu d’une nouvelle production matérielle sont réunies. Mais, puisque nous sommes dans la crise (cf. définition ci-dessus), il faudra patienter 10 ans environ pour y voir plus clair, 30 à 40 ans pour que le nouveau système émerge.

 

Conclusion logique d’Immanuel WALLERSTEIN : « (…) les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l’effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n’acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s’exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. »

 

Alexandre Anizy

 

P.S. : pour ceux qui voudraient en savoir plus, mais succinctement, sur la pensée de Fernand BRAUDEL, nous recommandons son livre court « la dynamique du capitalisme » (éd. Arthaud 1985, 121 pages, 49 FRF)

Repenser le capitalisme : Michel ONFRAY rappelle PROUDHON

Publié le par Alexandre Anizy

« Il faut produire des richesses avec la machine capitaliste, autrement dit la propriété privée et l’initiative individuelle, et répartir autrement les richesses, à savoir éviter la logique libérale (fort avec les faibles, faible avec les forts) au profit d’une logique solidaire (…). »

Michel ONFRAY ajoute : « Le temps est venu de la fraternité qui doit passer par la répartition équitable et juste des richesses. » (Point 16 octobre 2008)

 

Comme le philosophe, nous nous opposons au libéralisme (vous l’aviez compris). Mais nous constatons aussi qu’en matière d’organisation économique, à gauche du capitalisme nous ne trouvons rien, si ce n’est les applications monstrueuses de la logique marxiste.

 

Il est indéniable que le capitalisme sortira transformé de la crise profonde qui le secoue depuis plus d’un an. Qui peut dire la forme nouvelle qu’il endossera, puisque ce sera le résultat des luttes sociales à venir mais aussi, il faut le craindre, des guerres prochaines. Comme le dit le philosophe allemand Peter SLOTERDIJK :

« Faute d’un changement radical de notre comportement économique qui nous ferait passer d’une économie de l’avidité à une économie de la fierté, le XXIème siècle sera traversé par une guerre mondiale permanente. »

 

Il semble que pour sa part Michel ONFRAY donnerait un avantage (à ce jour) à un « capitalisme tribal », « (…) autrement dit l’une des modalités postmodernes de la mafia … ». Pour Peter SLOTERDIJK, c’est une hypothèse qu’il nomme « (…) capitalisme d’Etat autoritaire global qui établira sa domination sur les restes des peuples historiques. En revanche, les libertés post-démocratiques et post-nationales resteront réservées aux nouvelles élites. »

C’est cette perspective que nous évoquions dans notre note  du 2 février 2008 « L’Europe à la mode HAYEK est une économie communiste de marché ». Autrement dit, un Mode de Production Chinois (MPC) adapté.

 

Bien sûr, Michel ONFRAY entend faire barrage à ce devenir sinistre : d’abord en rappelant que « le principe de l’association et du mutualisme reste à explorer (…) Peut-être l’heure de PROUDHON est-elle venue … ».

 

Alexandre Anizy

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