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Mariage annulé de Lille : Rachida DATI parle-t-elle sans le vouloir ?

Publié le par Alexandre Anizy

Suite de notre note du 2 juin 2008 « la virginité en question juridique ».

Dans l’affaire du mariage annulé pour cause de non virginité (comme si la virginité était une qualité essentielle d’une personne …), le Garde des Sceaux Rachida DATI a d’abord dit que ce jugement était aussi un moyen de protéger la jeune fille qui souhaitait sans doute se séparer rapidement.

Si le but recherché était seulement la séparation rapide, il existe un moyen que le Garde des Sceaux ne peut ignorer, comme le juge lillois d’ailleurs : le divorce. Simple et rapide.
Mais ce n’est pas le chemin juridique emprunté par le mari : une question fondamentale de droit était donc aussi posée dans cette affaire dès son commencement.

Il semble que le juge lillois, comme le Garde des Sceaux, ait répondu à un problème particulier en ignorant la portée de la question juridique de fond.

Devant le tollé que ce jugement a provoqué, Rachida DATI s’est ravisée : elle a demandé au parquet de Douai d’interjeter appel.
Dans sa jeunesse, Mme DATI avait « décidé sans le vouloir » son mariage, qu’elle fera annuler de suite.
Dans sa jeunesse, Mme DATI avait rempli un dossier administratif de telle sorte que, sans le vouloir, elle donnait l’impression d’être diplômée de l’ISA (à l’époque, c’était en quelque sorte le MBA de HEC, pour faire simple), ce qui n’est pas le cas.

Compte tenu de la place importante que le Garde des Sceaux occupe dans l’Etat, il est légitime de poser la question suivante : lorsque Rachida DATI intervient, d’une façon ou d’une autre, le fait-elle en le voulant et de son plein gré ?

 
Alexandre Anizy


EADS est déjà allemand

Publié le par Alexandre Anizy

La semaine dernière, les médias ont révélé l’existence de 2 documents qui dénoncent le déséquilibre croissant entre l’Allemagne et la France dans Airbus et EADS. Nous avions annoncé cette évolution dans notre note du 20 juillet 2007 « EADS la sourde lutte continue », après la réorganisation de juillet 2007.

Louis GALLOIS, le patron officiel d’EADS, a répliqué que le document rédigé par des cadres toulousains était « habile, avec ce qu’il faut de vérité pour rendre crédible ce qui est faux ». (le Point du 29 mai 2008) Mais qu’est-ce qui est faux dans le document ? Louis GALLOIS ne le précise pas. Pour la réduction des effectifs, la France a déjà donné avec 1.815 postes supprimés, tandis que l’Allemagne débute à peine le processus. Louis GALLOIS a demandé de rattraper ce retard dû à une législation sociale différente : « Ce retard doit être rattrapé ; je l’ai dit à Airbus ». Ah ! S’il l’a dit …

Airbus avait décidé d’envoyer une équipe de câbleurs français à Ham bourg pour récupérer les informations nécessaires : le 10 mars, ils ont été virés de l’atelier allemand par les salariés et leur syndicat IG Metall. Le patron d’Airbus, l’allemand Thomas ENDERS a-t-il pris des sanctions pour ce refus de coopération des hambourgeois, comme l’aurait fait un patron d’une société normalement constituée et correctement dirigée ?

Mais comme le disait déjà Thomas ENDERS en 2007, « nous ne sommes pas dans une entreprise normale »

On sait que les retards de l’A380 sont dus aux problèmes de câblage à Hambourg, que Thomas ENDERS a longtemps niés (voir note du 20 juillet). Dans une entreprise normale, les mesures correctrices et les réformes nécessaires auraient été mises en application sur le champ. Il s’avère aujourd’hui que c’est encore Airbus Allemagne qui est coresponsable (avec les motoristes) du retard de l’A400M : un problème de câblage à l’usine de Brême …

Que fait le patron officiel d’EADS Louis GALLOIS face à ces problèmes industriels allemands à répétition ?

 
Nous rappelons ici l’avis d’un homme du métier en 2007 (voir note du 20 juillet), Jean-François KNEPPER, coprésident du comité européen d’AIRBUS (FO) : « A force de négociations politiques depuis 35 ans qu’existe AIRBUS et 7 ans qu’existe EADS, les Allemands grignotent petit à petit de l’influence, du pouvoir, du management, et sont en train de s’approprier ni plus ni moins que l’industrie aéronautique, d’espace et de défense européenne. »

Ce que confirme un 3ème document, au sein même d’EADS, qui vient de revenir sur « la volonté allemande d’hégémonie » et « les transferts massifs, et sur une longue période, d’emplois et de compétences de la France vers l’Allemagne. » 

 
Alexandre Anizy

La virginité en question juridique

Publié le par Alexandre Anizy

Dans l’affaire de l’annulation du mariage à Lille, on peut penser que le Droit est une chose trop sérieuse pour être confiée à des juristes.

De quoi s’agit-il ? En vertu de l’article 180 du code civil, un juge a annulé un mariage.

Article 180 du code civil :

« Le mariage qui a été contracté sans le consentement libre des deux époux, ou de l’un d’eux, ne peut être attaqué que par les époux, ou par celui des deux dont le consentement n’a pas été libre.
S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage. »

Jusqu’à ce jour, la virginité ne faisait pas partie des qualités essentielles.
Si rien n’est entrepris pour saisir la Cour de Cassation, alors ce jugement fera jurisprudence : la virginité deviendra une « qualité essentielle de la personne ».

 
Gageons que si une femme demande demain la nullité de son mariage pour cause de non-virginité de son époux, elle sera déboutée, ne serait-ce que parce qu’il lui sera difficile d’en apporter la preuve …

Alors quoi ? Cela veut dire que cette nouveauté jurisprudentielle lilloise ne vaudra que pour les femmes.

 
« L’annulation revient à légitimer le principe d’exigence de la virginité pour les filles majeures avant le mariage. » Marie-Ségolène ROYAL la madone Déate (Journal du Dimanche, 1 juin 2008)

Pour une fois que nous approuvons une pensée de Patrick DEVEDJIAN, citons-le : « la décision de Lille (revenait) à introduire la « répudiation » religieuse de l’épouse dans la loi ». (Figaro 31 mai 2008)

Dans une République laïque, cela s’appelle une régression.


Alexandre Anizy

INDRIDASON ne boit pas la tasse avec "l'homme du lac"

Publié le par Alexandre Anizy

Le dernier polar d’ Arnaldur INDRIDASON, « l’homme du lac » (édition Métaillé 2008), mérite le détour.

Avec « la voix » (lire notre note du 16 mars 2008), nous avions émis quelques réserves sur son procédé romanesque.
Aujourd’hui, nous constatons que le passé du flic et les affaires familiales ont été mises en sourdine. Cette fois-ci, le double récit est maîtrisé.

Dans Libération du 21 février 2008, on pouvait lire sous la plume de Sabrina CHAMPENOIS : « On glisse à Arnaldur INDRIDASON que, comment dire, ses romans nous paraissent « atmosphérique ». Parce qu’ils prennent leur rythme dans les états d’esprit plus que dans l’action, parce qu’ils peuvent flotter, comme entre deux eaux, c’est d’ailleurs leur grand charme, cette oscillation non-prescriptrice. » On abonde.

Pas de longueur, un style à la hauteur : ne boudons pas notre plaisir !

Alexandre Anizy

Finance mathématique et NABOKOV

Publié le par Alexandre Anizy

C’est une anecdote qui prolonge notre note économique d'hier, « le paradigme vermoulu de la finance mathématique selon Christian WALTER ». 

Il y a quelques temps, dans l’émission « ce soir ou jamais » de Frédéric TADDéI, un expert réputé mondialement en finance mathématique, en l’occurrence c’est une Française, avait été invité pour évoquer la crise des subprimes. Forte de son prestige qu’elle ne devait en aucune manière ternir par une prise de position inconsidérée, la dame suivait scrupuleusement les notes écrites qu’elle avait sous les yeux.
Le conformisme des spécialistes fait frémir quelquefois.

 
En entendant ces paroles lénifiantes, nous fîmes une drôle d’association : nous revîmes Vladimir NABOKOV lisant méthodiquement ses fiches quand Bernard PIVOT l’interrogeait dans son émission « apostrophe ».

Mais chez TADDéI, point de « théière ».

 
Alexandre Anizy

Paradigme vermoulu de la finance mathématique selon Christian WALTER

Publié le par Alexandre Anizy

Dans un article récent (Libération 26 mai 08), le professeur d’université Christian WALTER pose cette question : « Combien de temps devra-t-on encore attendre pour que les établissements financiers ou bancaires installent dans leurs processus de gestion de contrôle des risques (de marché ou de crédit), des modélisations probabilistes adaptées à la nature exacte de l’incertitude affectant les variations boursières ? »

Très vite, il suggère la réponse en nous donnant des informations sur le fonctionnement de ce milieu professionnel restreint.

Si les modèles probabilistes en finance mathématique, qui ont le défaut de ne pas être conformes à la vulgate des prix Nobel des années 80, existent (en la matière, « l’école française » jouit d’une réputation excellente grâce à ses publications), la résistance des universitaires américains bloque l’utilisation de ces modèles dans le milieu : « L’orthodoxie financière tient sous sa domination forte et sans failles les publications scientifiques. ».

Christian WALTER illustre son propos d’un exemple concret : « Sait-on par exemple qu’aujourd’hui, alors que de plus en plus d’institutions financières de gestion de l’épargne longue sont conduites à observer qu’une diversification maximale (conforme à celle prônée par la théorie du portefeuille de MARKOWITZ, consolidée par le modèle d’équilibre de marché de SHARPE – les prix Nobel 1990) ne représente pas la meilleure composition d’un portefeuille pour la protection de l’épargne à long terme et que, dans certaines situations, c’est au contraire une certaine « concentration » de titres qui serait appropriée, cette question est quasiment taboue et interdite de débat dans les congrès les plus prestigieux de la finance internationale. »

 
Dans ces conditions, quand donc les financiers changeront-ils de paradigme ? Christian WALTER donne une réponse par le biais d’une citation de Pierre DUHEM (chimiste, philosophe) : les modèles scientifiques changent « quand les colonnes vermoulues ne peuvent plus supporter un édifice qui branle de toutes parts ».
En guise de conclusion peu optimiste, Christian WALTER s’interroge : combien de pertes avant qu’on « reconstruise un édifice qui pense adéquatement l’incertitude ? »

 
Pour notre part, nous pensons qu’en matière économique nous vivons dans un univers d’incertitude radicale.
Cette notion keynésienne est soulignée par Edwin LE HéRON dans sa thèse de 3ème cycle (« Neutralité et contraintes monétaires. Une théorie monétaire de l’investissement », 1984 ; directeur de recherche Alain BARRèRE) : « Jamais le sujet keynésien ne possède une information parfaite. L’incertitude est une incertitude radicale, c'est-à-dire non probabilisable. » (p. 228)

Alexandre Anizy

Les poulets chlorés américains nous envahiront-ils ?

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis 1997, il est interdit d’importer en Europe des volailles américaines traitées (dioxyde de chlore, chlorure de sodium acidifié, phosphate trisodique, acides peroxydés). Mais en 2005, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) concluait à l’absence de risque toxicologique lié à l’utilisation de ces produits chimiques.

Et voilà la Commission Européenne qui revient sur le sujet sous la pression américaine : c’est le commissaire à l’industrie Günter VERHEUGEN qui s’investit beaucoup sur le projet de règlement présenté par la Commission le mercredi 28 mai.
Malgré le refus de 21 ministres européens de l’agriculture la semaine précédente, dont le français Michel BARNIER et l’allemand Horst SEEHOFER.

On peut s’interroger sur les raisons du forcing de la Commission : les ministres n’auraient-ils plus aucun pouvoir ? Le degré de sincérité des ministres qui se disent opposés aujourd’hui, mais demain ?

On peut vraiment s’interroger sur le forcing de la Commission, quand on sait que des unions de consommateurs européens affirment que « la politique européenne basée sur (…) l’utilisation de mesures d’hygiène de l’étable à la table a fait ses preuves et s’est révélée plus efficace pour réduire la contamination, notamment par la salmonelle. »

 
Il paraît que le projet n’aboutira pas en l’état … ce qui laisse entendre qu’il en restera bien quelque chose. A Bruxelles, les hypocrites ne sont pas ceux à qui l’on pense. 

 
Alexandre Anizy

Histoire de la Table

Publié le par Alexandre Anizy

Cette note complète celle du 24 mai « les aliments restructurés et l’avenir dans nos assiettes ».

Pour « manger » et « parler », les Egyptiens utilisaient le même hiéroglyphe, suggérant ainsi un rapport entre les 2 oralités. Ils inventeront des aliments comme le pain et le vin. Le pain étant le symbole de la vie éternelle, ils le mangeaient en y ajoutant un peu de poudre minérale ; le vin symbolisant la communication avec l’au-delà, ils le consommaient rituellement.

Pour « manger » et « partager », les Grecs utilisaient le même mot. Manger seul était par conséquent un acte antisocial. « La table grecque, obligatoirement diurne, est relativement frugale, contrairement au symposium nocturne, moment consacré à la boisson et structuré pour permettre la circulation de la parole. » (Paul ARIèS, la décroissance n° 49, mai 2008)

Les Romains poursuivront cette obligation de partage avec une consommation excessive, ce qui amènera les empereurs à édicter les « lois somptuaires » pour limiter la débauche. Des lois qui dresseront un calendrier des aliments interdits … que les Romains s’empresseront de contourner, soit avec la « cuisine dite des supercheries » (à un aliment interdit, donner l’apparence et le même le goût d’une chose autorisée), soit avec la « cuisine dite des métamorphoses » (à un aliment légal, donner l’apparence d’une chose interdite). Grâce aux Romains, le génie culinaire progressera à pas de géant.

L’essor du christianisme permettra un renouveau, puisque c’est la première religion sans interdit alimentaire.

Ensuite, pour ce qui concerne l’alimentation française, l’affaire prend une tournure politique.

D’abord, le Roi Soleil nomme une commission pour inventer la cuisine française digne de pénétrer dans ses palais : l’art des sauces, de la décoration et du style de service en sortiront. A cette époque, on crée le champagne (Dom Pérignon), la meringue, les viandes aromatisées …

 
A l’époque des philosophes des Lumières, « (…) la table est l’endroit où se forge, mieux que dans les livres, la capacité de jugement : un individu capable de différencier les saveurs serait plus à même de différencier les idées, donc d’être tout à la fois bon mangeur, bon père de famille et bon citoyen. La formation du goût (donc aussi du dégoût, car l’un ne va pas sans l’autre) devient un enjeu politico-philosophique. » (Paul ARIèS, déjà cité)

 
Enfin la Révolution Française, voulant unir les ventres, les coeurs et la raison, adoptait le service ternaire actuel : entrée, plat principal, dessert. En structurant le repas, le ternaire permet de penser l’alimentation et les saveurs. La « cuisine du tiède » est délaissée au profit de l’opposition chaud / froid, de même que les mélanges sucré-salé seront remplacés par la distinction des 4 saveurs (salé, sucré, amer, acide).

 
Si 1789 s’est intéressé à nos assiettes, lutter aujourd’hui contre la malbouffe n’est donc pas un petit combat.

 
Alexandre Anizy

Montpellier : les francs-maçons à la rue ?

Publié le par Alexandre Anizy

C’est une bien triste nouvelle.
Parce qu’une association de contribuables (sans doute des républicains irresponsables ou pis encore …) en a saisi le tribunal administratif de Montpellier, celui-ci vient de juger illégales les subventions reçues (de la municipalité, de la région, pour environ 500.000 euros) par les francs-maçons de la ville pour rénover leurs temples, parce qu’on devient franc-maçon par cooptation, ce qui n’est guère conforme aux règles d’égalité de la République, et parce que l’utilisation des temples ne correspond pas à un intérêt local ou régional pour la population.

On peut s’étonner de voir les chantres de la laïcité, de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, être logés grâce aux subventions publiques.

Bien que la mairie et les maçons aient fait appel, le jugement est exécutoire : les francs-maçons doivent rembourser de suite les crédits publics obtenus. A Montpellier, seront-ils délogés ?

Si des contribuables sourcilleux du bon droit et du bon emploi des deniers publics s’emparaient de ce jugement pour attaquer en justice dans d’autres villes de France, il est sûr que les francs-maçons pourraient se faire du mouron.

 
Alexandre Anizy

La débandade idéologique de Bertrand DELANOË

Publié le par Alexandre Anizy

Alors voilà le scoop : Bertrand DELANOË est libéral ET socialiste.
Mazette ! Combien de conseillers en communication pour accoucher d’une pareille ineptie ?

« Mais je vous le dis tout net : je ne réfute pas mécaniquement ce vocable, « libéral ». Et quand il s’applique à une doctrine politique, au sens global, je crois même qu’un militant socialiste devrait le revendiquer. En revanche, ce qui est inacceptable pour un progressiste, c’est de hisser le « libéralisme » au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l’Etat et laisser-faire économique et commercial. » Bertrand DELANOË (extrait de « son livre » intitulé «de l’audace », édition Robert Laffont, 290 pages, 20 €)

 
Le problème, Monsieur DELANOË, c’est que le libéralisme est une doctrine (vous l’écrivez : « Qu’est-ce que le libéralisme ? C’est une doctrine d’affranchissement de l’homme (…) ») : elle est donc constituée d’éléments formant un ensemble cohérent.
Par conséquent, s’affirmer libéral tout en refusant les principes économiques de cette doctrine vous place d’emblée dans une mouvance hétérodoxe, voire hérétique.
A titre de comparaison, peut-on vanter le catholicisme en le purgeant de l’Immaculée Conception ? La démarche serait pour le moins particulière.  

 
Voyons les références théoriques du « nouveau DELANOË » :
« Au nom de cet héritage intellectuel-là, celui de MONTESQUIEU, de John LOCKE, (…) je suis libéral. »
Intéressant. John LOCKE est l’auteur des « Lettres sur la tolérance », des « Considérations sur les conséquences de la diminution de l’intérêt et de l’augmentation de la valeur de l’argent », du fameux « Essai sur l’entendement humain ». John LOCKE voulait être utile à l’existence sociale des hommes : l’économie n’était pas absente de ses pensées, comme on le voit dans sa bibliographie.
Si DELANOË se réfère à John LOCKE, il lui appartient d’en saisir toute la portée, sous peine de médiocrité.

Mais en fait, Bertrand DELANOË se lance dans le champ de bataille politique de 2012 en maquillant son « vide idéologique » d’une toilette libérale taillée à sa convenance : le tout manque forcément de rigueur intellectuelle. La posture libérale du bonhomme craquera sous le feu nourri de ses concurrents (ils ne sont pas adversaires, puisqu’ils pensent la même chose en dernière analyse), qui auront l’avantage de la cohérence idéologique et de la sincérité.

Concernant le PS, Bertrand DELANOË plaide pour un « parti de managers ». Là encore, il se trompe : gouverner un pays, ce n’est pas comme gérer une boutique. 

C’est parce qu’il n’a aucune vision idéologique personnelle, aucune ambition sociale nouvelle, que Bertrand DELANOË a trouvé ou accepté le titre de son livre  « De l’audace ». 

La différenciation par les mots, mais le maintien des maux.

Ses conseillers auraient pu lui expliquer que faire allusion à la formule célèbre du révolutionnaire DANTON guillotiné pour cause de trahison pouvait difficilement passer pour un acte progressiste.

 

Alexandre Anizy