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"31 sonnets" de GUILLEVIC

Publié le par Alexandre Anizy

Nous parlons aujourd’hui du poète GUILLEVIC (Eugène) pour 2 raisons : parce que la simplicité de ses vers nous a touchés à une époque, et parce qu’un lecteur assidu de notre blog en a parlé lors d’une note consacrée à ARAGON, nous donnant envie de le relire et de l’évoquer.

 
Il se trouve que nous connaissons GUILLEVIC à travers LE recueil « Trente et un sonnets » (Gallimard, édition 1980, avec la préface de Louis ARAGON), qu’il semble avoir renié par la suite : était-ce une commande politique de son Parti en 1954, (précisons : le Parti Communiste Français) était-ce une commande du Maître des Lettres Françaises, i.e. Louis ARAGON ?

Il est vrai que la préface a un air de condescendance.

Cependant, une fois encore (lire par exemple son texte « la nuit du 4 » - un poème de Victor HUGOpage 1341 à 1349 de La Pléiade, tome II) nous devons reconnaître le sens de l’observation et de l’analyse de Louis ARAGON : il voit l’essentiel et il l’exprime clairement tout en le mettant en perspective. Ainsi il écrit :

« Déjà le sonnet est devenu langage, et c’est l’essentiel, l’extraordinaire, simple langage, et tout le monde reconnaît, même à contrecoeur, la similitude qui subsiste entre le GUILLEVIC d’hier et celui d’aujourd’hui, le parler dépouillé, mesuré, cette haine de l’éclat, cette insertion de la pensée dans les mots comme des murs : j’ai toujours songé, lisant GUILLEVIC, à ces jardins du Vaucluse et du Gard (…) » (préface, page 17)

 
Dans les sonnets « aux hommes de plus tard », on trouve pêle-mêle l’ode au travailleur, la critique sociale, l’espoir des jours meilleurs, etc.

« Sa machine pour l’ouvrier n’était pas rien.

Il avait du plaisir à montrer qu’il savait

S’y prendre et vous tournait par exemple un rivet

Qu’il vous tendait avec un air presque olympien. »

 

« Vous qui ne devrez plus comme nous combiner

Comment payer le percepteur et la crémière, (…) »

 

Mais il est vrai que les sonnets relatifs aux « affaires », même s’ils sont bien tournés, ne nous interpellent pas.

 

Alors, ce qui nous a séduit hier et aujourd’hui encore, ce sont des vers comme ceux-ci :

Sonnet « matin »

« L’un trempe son pain blanc dans du café au lait,

L’autre boit du thé noir et mange des tartines,

Un autre prend un peu de rouge à la cantine.

L’un s’étire et se tait. L’autre chante un couplet.

(…)

Nous voulons être heureux, heureux, nous autres hommes. »

 

Sonnet « vous avez tellement grandi »

« Vous avez tellement grandi, vous êtes grandes,

Mes filles, maintenant. Souvent nous nous taisons.

Je me vois détourner vos yeux vers l’horizon

Et me voiler ce que chacune lui demande.

(…)

Il faut savoir. Vous êtes à côté de moi.

Je dois me dire que c’est bien, très bien. Les roses

Un jour s’ouvrent au vent, au soleil, à l’effroi. »

 
Et puis, à tous les écoliers, les lycéens, et bien sûr les enseignants,
Nous recommandons la lecture du  sonnet « l’école publique » : tout est dit sur ce qu’elle était encore au début du siècle dernier, et tout ce que nous lui devons tous.

 
Prochainement, nous parlerons du 1er livre de GUILLEVIC, « Terraqué », puisqu’on le présente comme son meilleur.

 
Alexandre Anizy

Les aliments restructurés et l'avenir dans nos assiettes

Publié le par Alexandre Anizy

80 % des produits que nous mangerons bientôt n’existent pas encore. Le contenu de l’assiette n’est déjà plus déterminé par le milieu social et la localisation, mais par les stratégies des grands groupes agro-alimentaires et les actions qui en découlent.

S’il faut démontrer leurs puissances, un seul exemple suffit : la consommation d’eau. Alors que la France possède une des meilleures eaux du robinet au monde, elle figure parmi les plus gros consommateurs d’eau en bouteille. D’un strict point de vue économique, le commerce de l’eau en bouteille est une aberration.

 
De fait, les aliments restructurés sont déjà sur nos tables, mais aussi celles des restaurants. Aux Etats-Unis, le secteur de la viande restructurée domine le marché avec 55 % des ventes.

Comment fabrique-t-on un aliment restructuré ?
Vous prenez des animaux que vous broyez et réduisez en bouillie ; celle-ci est ensuite re-structurée, re-fibrée, re-aromatisée, re-colorée, afin de reproduire le naturel qui correspond aux attentes du consommateur.
« Les « néfastes food » utilisent divers produits restructurés (« frites », « oignons », …). (…) On fabrique donc en série des plaques d’oignons (c’est tellement plus pratique pour la gestion des stocks), comme on produit des œufs restructurés sous forme de bâtonnets. »  Paul ARIèS (auteur de « la fin des mangeurs » et « le goût ») 

 
Aujourd’hui, les alicaments constituent déjà un marché juteux, dont le fameux yaourt à boire en petit conditionnement en est la plus illustre démonstration : 8 % du chiffre d’affaires de l’entreprise Danone.
Demain, les « cosmeto-food » se développeront dans la grande distribution.

 
Le développement de cette industrie agro-alimentaire implique la destruction de la paysannerie (1,5 milliard de travailleurs) pour rassembler la production dans les mains de 350.000 exploitants agricoles. Il demande aussi la généralisation de l’irradiation des aliments pour que les produits puissent voyager loin et longtemps sans pourrir. Comme le mot « irradiation » est fortement connoté, les professionnels lui préfèrent le terme d’ionisation.

 
Mieux que cela ?
« L’industrie a même inventé le « quorn » : le premier aliment sans rapport aucun avec l’agriculture puisqu’il s’agit d’un champignon (myco-protéines) que l’on peut faire croître sans fin. (…) Avec lui, l’alimentation n’est pas la fille de l’agriculture, mais la bâtarde de la chimie. » Paul ARIèS (la décroissance n° 49, mai 2008)

 
Alexandre Anizy

Le casse-tête de la mobilité géographique

Publié le par Alexandre Anizy

Un des grands thèmes du débat actuel est la mobilité géographique des salariés. Un spécialiste de la question, Eric LE BRETON (maître de conférences en sociologie à Rennes II ; auteur de « Domicile – Travail, les salariés à bout de souffle », édition les Carnets de l’info, 16 €), a tiré quelques enseignements de ses recherches.

« Jusqu’en 1975, pour se rendre au travail, les salariés parcouraient quelques dizaines de kilomètres, du centre-ville à la 1ère couronne … Ils vont à présent jusqu’à 120 km du centre de Paris, 50 km autour des villes de province. »

Sous le règne de Valéry GISCARD D’ESTAING, on baignait dans la routine du métro – boulot – dodo, dont tout le monde se plaignait, mais qui avait en soi des vertus rassurantes et structurantes pour tous.

On ne peut plus en dire autant aujourd’hui, quand on observe qu’une caissière de grande surface démarre à 8 H le lundi, à 10 H le mardi, etc. : comment voulez-vous organiser une vie familiale et sociale stable avec des horaires de travail pareils ?

 
Tout le monde est convaincu que posséder une voiture est une nécessité pour augmenter sérieusement son employabilité. Or 20 % des ménages français n’en ont pas, et d’autres n’ont plus les moyens financiers de l’utiliser.

Notons ici l’inégalité entre les catégories professionnelles : « (…) en une heure de voiture, un cadre dispose de 65 % de son marché d’emploi, un ouvrier de 51 %. »(Eric Le Breton)

 
Certains secteurs économiques (logistique, BTP, grande distribution, restauration, etc.) peinent à recruter : « (…) le facteur mobilité est à mon avis déterminant dans ces problèmes de pénurie. » (Eric Le Breton)

L’ANPE a étudié ces annonces qui ne trouvent pas de candidats : des entreprises excentrées, des visites clients ou fournisseurs à réaliser, des horaires atypiques. Il faut bien constater que certains n’ont tout simplement pas les moyens pour accéder aux emplois mobiles.

 
Que fait-on pour changer cela ?

Les maires comme Bertrand DELANOË préfèrent construire une ligne de tramway en centre-ville pour contenter leurs électeurs : réélection quasi garantie selon les statistiques. 

 
Alexandre Anizy

La presse crève aussi de son asservissement

Publié le par Alexandre Anizy

Les supports d’information, notamment la presse, sont en crise. Bien entendu, la maladie ne provient pas d’un seul virus. Parmi les causes, il en est une dont on ne vous parlera pas beaucoup : l’asservissement aux pouvoirs économiques et politiques.

« Trois groupes contrôlent désormais l’ensemble des journaux de l’Est, de l’Ouest et du Midi. Sur le plan national, malgré la disparition de plus d’une dizaine de titres en cinquante ans, le Figaro a perdu, depuis 1988, près de 100.000 lecteurs, le Monde près de 80.000, Libération près de 60.000. Et cela ne s’arrange pas. Au contraire. A quoi s’ajoute l’effondrement des recettes publicitaires. » (Jean-François KAHN, 17 mai 08)

 
Ce que nous disons n’est pas une nouveauté : il y a 40 ans, la presse avait déjà son DASSAULT, son BOUSSAC, par exemple. Mais le fait que cela soit aujourd’hui la règle générale constitue réellement un fâcheux franchissement de seuil, parce que chacun sait que le milieu des affaires n’aime ni les esclandres ni les manifestations sociales, pas même l’indépendance d’esprit de ses scribes. Voir les cas d’ Alain GENESTAR à Paris Match (groupe LAGARDERE), de Jacques ESPERANDIEU au Journal Du Dimanche (groupe LAGARDERE), d’ Eric IZRAELEWICZ à la Tribune (groupe LVMH de Bernard ARNAULT), toutes ces personnes n’ayant pas la réputation d’être des agitateurs …

 
Pour dynamiser leurs danseuses endormies qui entonnent quotidiennement la « chanson unique », leurs dirigeants font la chasse aux scoops pour se démarquer par rapport au nouveau support (Internet) et pour gommer l’effet désastreux de la similitude. Et patatras !
« L’atout maître des médias installés par rapport aux fourmis [les nouveaux supports électroniques, ndAA], c’est qu’ils sont crédités de savoir-faire, d’expérience. (…) Enchaîner les faux scoops, c’est toucher au cœur du pacte. C’est porter atteinte, non pas à un seul titre, mais à toute la presse. » (Daniel SCHNEIDERMANN, 19 mai 08)

 
Même le chevalier Jean-François KAHN ne l’exprime pas clairement, préférant le terme de complaisance. Mais lui au moins est prêt à lancer une nouvelle croisade pour empêcher la disparition du journal le Monde ou sa mise sous tutelle (qui « (…) constitueraient un crime contre la République », rien de moins) : il oublie que la bataille a déjà eu lieu.

Alors quelle solution reste-t-il pour les démocrates attachés à une presse quotidienne libre, i.e. indépendante des pouvoirs économique et politique ? En dernier recours, le lancement d’un quotidien, nous dit Jean-François KAHN. Vaste projet !

 
Alexandre Anizy

A la disposition du journal le Monde pour un VRAI SCOOP

Publié le par Alexandre Anizy

Le 10 mai 2008, le journal le Monde publiait sur une page des photos d’Hiroshima après l’explosion de la 1ère bombe nucléaire, avec le titre racoleur ad hoc.

Trois jours plus tard, c’est la piteuse mise au point du quotidien vespéral : les photos étaient probablement des faux (plutôt des victimes d’un tremblement de terre au Japon en 1923).

Ainsi, dans cette presse officielle dotée d’une armada de professionnels encartés, personne n’aurait relevé 2 bizarreries :

  • Les grands médias américains n’ont pas publié ces photos ;
  • La non carbonisation des corps.

Le journal le Monde n’est plus sérieux : ce n’est pas un scoop.

 
En fait, ce journal va sans doute plus mal que ne le pensent ses dirigeants et ses salariés, puisqu’ils en arrivent à passer par-dessus bord tout esprit critique, tant ils sont obnubilés par la nécessité du scoop pour retenir le chaland. (Depuis 1988, le Monde a perdu 80.000 lecteurs)

 
Par égard pour ce qui fut un journal de référence, nous souhaitons apporter notre modeste contribution dans la restauration de sa réputation : si le Monde veut un VRAI SCOOP, nous en tenons un à sa disposition. (Pour le coup, nous sommes sérieux !)

 
Alexandre Anizy

Pronostic sur l'affaire d'Outreau : les magistrats sortiront indemnes

Publié le par Alexandre Anizy

Cette semaine, le procureur de la République à Boulogne s/mer Gérald LESIGNE comparaît devant le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). C’est lui qui supervisait les travaux du jeune juge d’instruction Fabrice BURGAUD, et c’est lui qui a rédigé le réquisitoire définitif de renvoi aux Assises de 17 accusés. Un réquisitoire que le juge BURGAUD avait repris mot à mot dans son ordonnance finale.

Dans ce réquisitoire, on y trouvait des âneries comme :

  • Franck L. est poursuivi pour le viol d’un de ses enfants qui n’est pas encore né !;
  • Parce qu’il s’est laissé pousser une barbe fine, Alain M. est accusé de dissimulation (« cela changeait substantiellement les contours de son visage »).

Au premier procès à Saint Omer, c’est le procureur Gérald LESIGNE qui représentait l’accusation : il requérait la condamnation de 6 des 13 innocents, dont l’abbé Dominique W. pour de prétendus « gestes furtifs, très rapides » …

 
Devant la Commission parlementaire, le procureur Gérald LESIGNE n’a rien lâché : ni faute, ni erreur individuel. Juste l’usage d’une « sémantique inappropriée ».

Ainsi Outreau n’est qu’une défaillance collective : on ne fait maintenant que rechercher des boucs émissaires. Tout le monde judiciaire soutient cette thèse : que ce soit l’avocat du procureur, ou bien les syndicats de magistrats.

Pourtant, il faut poser la question de bon sens : qui tenait le stylo pour la rédaction du réquisitoire définitif et qui le signait ?

Le CSM ne sanctionne qu’en cas d’atteinte aux devoirs de loyauté et de rigueur. L’Inspection Générale des Services Judiciaires (IGSJ) a bien relevé quelques insuffisances de la part du procureur LESIGNE, mais elles ne constituent pas une faute puisqu’elles n’émanaient pas d’une volonté délibérée de porter atteinte aux droits de la défense.
 

C’est parce que la volonté délibérée est quasiment impossible à prouver que les magistrats sont quasiment irresponsables de leurs actes dans l’exercice de leurs fonctions.

Notre pronostic : le procureur Gérald LESIGNE sortira indemne.

Et que devient le jeune juge d’instruction Fabrice BURGAUD ?
Il mène avec ses avocats une guérilla procédurale.
Nous estimons qu’il agit intelligemment à cette occasion, parce que la recherche d’un responsable pour ce fiasco judiciaire n’est pas une vue de l’esprit. Qu’il bétonne son dossier nous semble par conséquent une sage précaution avant son passage probable devant le CSM dans un futur éloigné.

 
Ainsi finira cette affaire d’Outreau.
Et les innocents emprisonnés ? Ils sont sortis des griffes judiciaires : pour la plèbe, c’est déjà pas si mal, non ?

 
Alexandre Anizy

Pragmatisme et idéologie font bon ménage à l'Elysée

Publié le par Alexandre Anizy

Le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA démontre une nouvelle fois les forces qui l’ont amené aux plus hautes fonctions de l’Etat : pragmatisme et idéologie.

Commençons par le plus « noble ».
Le président ubiquiste avec ses affidés est le conquérant politique du « pouvoir de profit » (lire notre note du 9 mai 2008) pour les rentiers. C’est pourquoi il souhaite inscrire dans la Constitution une obligation d’équilibre budgétaire pour l’Etat, la Sécurité Sociale et les Collectivités territoriales. Pour défendre cette régression idéologique, il argue bien entendu de l’Europe, du moins celle qu’il vénère (le Royaume-Uni, l’Allemagne), qui a déjà gravé cette amputation économique de l’Etat dans ses lois d’airain.

Prenons une image : comment devrait-on appeler un homme politique qui déciderait d’envoyer son armée au combat avec les bras liés dans le dos ? Pour le moins, un irresponsable.

C’est pourtant ce que ce projet constitutionnel envisage, parce qu’ôter la liberté budgétaire au gouvernement, c’est l’empêcher d’être l’agent économique central du pays dont la mission est d’assurer le Bien-Être de tous, et non pas d’une clique.  

Poursuivons par le marchandage politique.
Pour faire passer sa régression constitutionnelle, le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA a besoin des 3/5ème du Congrès. Il a donc offert au groupuscule centriste d’Hervé MORIN (ceux qui lâchèrent si promptement François BAYROU) cet ajout au projet de révision, puisqu’il ne peut pas réintroduire la proportionnelle aux législatives comme ceux-ci le souhaiteraient. Il n’y a pas de cadeaux en politique : seulement des rapports de force et des compromis adaptés à la situation.

 

Même lorsqu’il semble faire une œuvre charitable (exemple : un service minimum à l’école pour aider ces pauvres parents d’élèves qui travaillent les jours de grève des enseignants,  car ce sont surtout les plus défavorisés qui sont dans l’embarras, n’est-ce pas ?), il fait de la politique : casser un bastion de l’opposition.

 
Alexandre Anizy

Claire CASTILLON n'est pas une pomme

Publié le par Alexandre Anizy

En 2002, Claire CASTILLON a publié un roman intitulé « la reine Claude » (Stock, 161 pages, 13,80 €) : elle aurait dû s’abstenir, puisqu’il ne parle que d’une sphère privée sans prétendre à autre chose, sans nous dire autre chose.

 
D’abord, ça commence par une citation de Jacques CHARDONNE, ce qui est de mauvaise augure : « (…) Je n’ai plus rien à dire à personne. »
Ce qui est parfaitement juste. Mais écrire 161 pages pour arriver à cette conclusion dénote un aveuglement sans doute provoqué par un égocentrisme d’adolescente et une capacité d’analyse modeste. Claire CASTILLON aime sa petite personne, comme Christine ANGOT.

 
Parlons du style.
La première phrase du roman est un bon aperçu de ce que le lecteur va déguster !
« C’est l’histoire de ma vie qui a croisé la tienne, c’est l’histoire de nos nerfs en crise, de deux malades qui n’ont que l’amour pour moteur, la rage de rester haut. »

Un grand amour de demoiselle digne de la collection Harlequin, si l’auteur avait fait l’effort d’en respecter le cahier des charges. Mais comme vous le voyez, ce sera plus chic, plus cosmo, plus germanopratin.

Deuxième et dernier paragraphe de la première page :
« Pompon, balle, boule ou nombril. Pelote, œuf, cerise, melon, abricot, pomme, pomme de terre, patate, carrément, nectarine, orange, clémentine, noix, noisette. Potiron. Reine Claude. »

Une avalanche de noms communs dans ce qui sera un empilement de phrases plus ou moins bien tournées.

 
Claire CASTILLON est une romantique qui met des gros mots dans sa soupe. Pour elle, on devine que ce doit être le summum de l’indépendance d’esprit et de la modernité.

 
Alexandre Anizy

Carla DEL PONTE en perdition

Publié le par Alexandre Anizy

Lorsqu’elle était procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex Yougoslavie (TPIY), l’obsession antiserbe de Carla DEL PONTE était préjudiciable à la réputation de cette juridiction exceptionnelle.

Il est vrai que ce Tribunal est déjà un fait du prince :

« En créant le Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie après les horreurs qui accompagnèrent l’éclatement de celle-ci, le Conseil de Sécurité a, en 1993, agi hors de ses compétences. Il donnait d’ailleurs à cette juridiction pénale d’exception des pouvoirs exorbitants, à commencer par la possibilité d’aménager elle-même la procédure suivie devant elle, ce qu’elle a fait à plus de douze reprises entre 1994 et 1997. » François TERRé, membre de l’Institut de France (le Monde 14 mars 2006 : « comment le TPIY a permis à MILOSEVIC de se poser en victime »)

Il est vrai aussi qu’elle poursuivait une action entreprise par son prédécesseur, la canadienne Louise ARBOUR, qui, deux semaines après avoir inculpé MILOSEVIC, fut nommée membre de la Cour Constitutionnelle du Canada … « Il n’y avait ainsi plus personne à qui poser des questions sur les raisons pour lesquelles on avait prononcé cette inculpation. » Stanko CEROVIC (« dans les griffes des humanistes », édition Climats 2001, 317 pages, 21,34 €)

 

Avant de partir précipitamment et sur ordre de son Ministre pour l’Argentine comme ambassadeur de la Suisse, Carla DEL PONTE s’est une nouvelle fois trompée. Dans son livre « la chasse, moi et les criminels de guerre » (publié en Italie), elle accuse les rebelles de l’UCK (Albanais du Kosovo) d’avoir commis les pires atrocités (prises d’organes pour le commerce) sur des Serbes et autres Slaves avant de les tuer : pire que cela pour un procureur, elle dit qu’elle n’a pas de preuves suffisantes, parce que les responsables de l’Otan l’auraient empêchée d’enquêter … Mais quand on prétend défendre des valeurs, le moins qu’on puisse faire n’est-il pas de les défendre personnellement, quitte à perdre son job de procureur en démissionnant pour cause de pression inacceptable, par exemple ?

Devinez qui a descendu ce procureur indigne dès la parution de son livre : son ancienne porte-parole Florence HARTMANN. Dans les termes suivants : elle "n’a pas le début d’une preuve" pour étayer ces accusations" ; "irresponsable" et "indigne" de présenter "comme des faits avérés ce qui, en réalité, a été impossible à prouver".

Comment doit-on appeler un procureur qui dénonce sans preuve ?

A deux reprises, Carla DEL PONTE s’est fourvoyée : comme juriste en acceptant le job de procureur du TPIY et comme ex procureur du TPIY.
Carla DEL PONTE est une femme en perdition. 

 
Alexandre Anizy

La mue forcée du Crédit Agricole

Publié le par Alexandre Anizy

Dans le dernier trimestre 2007, les gens bien informés, les experts de la finance, nous disaient que la France et ses banques seraient peu touchées par la crise financière enclenchée par les fameux « subprimes » : il faut bien rassurer le chaland.

Concernant le Crédit Agricole, nous constatons aujourd’hui que le total de ses dépréciations d’actifs (2ème semestre 2007 + 1er trimestre 2008) s’élève à 5,415 Milliards d’euros. A titre de comparaison, le Crédit Suisse, une des premières banques à avoir pris des mesures drastiques d’assainissement en 2007, a déprécié pour 5,196 Milliards d’euros d’actifs sur la même période.

Alors que toutes les banques françaises n’ont pas encore publié leurs résultats du 1er trimestre 2008 (on attend ceux de NATIXIS par exemple), le montant total de leurs dépréciations s’élève à 13,6 Milliards d’euros. Pour information, les analystes de Citigroup ont évalué à 32 Milliards le risque des banques françaises.

En ce qui la concerne, la banque du milieu rural (historiquement) semble enfin décidée à prendre le taureau par les cornes.

En effet, le Crédit Agricole vient d’annoncer la levée de 6 Milliards d’euros pour se mettre au niveau des normes prudentielles les plus conservatrices : après une déconfiture, il faut toujours aspirer aux normes les plus vertueuses pour rassurer … c’est le b-a ba de la communication.

Autre règle de base en période de crise : le choix d’un bouc émissaire.

Marc LITZLER, à peine installé aux commandes de la banque d’investissement du Crédit Agricole (été 2007), va être limogé : ce grand spécialiste des produits dérivés a eu le tort de parier sur la brièveté de la crise financière, manquant ainsi sérieusement de discernement …

A la Bourse comme sur les marchés très techniques, certains professionnels finissent par se comporter comme des joueurs de casino : ivres de leurs gains passés, ils persistent à miser même en étant seuls contre la banque. Chacun sait que le casino gagne à la fin de la partie …

Suites logiques de « l’opération vérité » du Crédit Agricole :

  • Recentrage sur les métiers que le Crédit Agricole maîtrise (banque de détails ; gestion d’actifs ; services financiers) ;
  • Comptes d’exploitation passés à la paille de fer ;
  • Cession d’actifs en perspective.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. D’autres banques suivront cet exemple. 

 
Alexandre Anizy