Un WENDEL bouté hors de Lorraine
Dans la 8ème circonscription de la Moselle, l’UMP présentait un candidat spécial, Alain MISSOFFE, membre de la famille WENDEL. Quelle erreur pour un parti qui pratique la mercatique quotidiennement et d’habitude talentueusement ! Car enfin, amener un WENDEL sur le terrain des exploits familiaux, il faut être soit ignares soit provocateurs.
Pour ceux qui ne comprendraient pas, de WENDEL finançait une ligue nationaliste et paramilitaire, les Croix de Feu (les 3 piliers idéologiques du mouvement sont « Travail, Famille, Patrie », dans un esprit de « réconciliation nationale » : c’est du PETAIN avant l’heure) du Comte François de LA ROCQUE, qui sera dissoute en 1936 comme les autres ligues fascistes.
« (…) même si DORIOT persista dans son refus d’un antisémitisme de principe, pour des raisons qui n’étaient pas désintéressées, semble-t-il ; c’est ce qui semble pouvoir être inféré d’un entretien qu’il eut en novembre 1938 avec WENDEL et au cours duquel ce dernier, qui comptait probablement parmi les subventionneurs du parti, le mit en garde contre l’antisémitisme. » (Philippe BURRIN, « la dérive fasciste », Seuil, page 296).
On ne peut pas dire que WENDEL eut un comportement absolument républicain dans les années 30.
Le 10 juillet 1940 à Vichy, le sénateur François de WENDEL n’a pas pris part au vote (pour les pleins pouvoirs à PETAIN) comme s'étant excusés de ne pouvoir assister à la séance, ce qui est quand même moins glorieux que de voter contre.
Mais la Révolution nationale de PETAIN ressemblait tant au programme des Croix de Feu.
Le Comité des Forges fut dissous par le gouvernement de Vichy en 1940 et remplacé par le Comité d'organisation de la sidérurgie (La Chambre syndicale de la sidérurgie française lui succéda en 1945). Le maître des forges François de WENDEL était très hostile aux occupants allemands, ce qui le différenciait de PETAIN.
C’est un membre de cette famille au passé pas toujours très républicain et démocrate qui vient d’être battu aux législatives : nous en sommes heureux.
L’élue s’appelle Aurélie FILIPPETTI : c’est une bobo du 5ème arrondissement de Paris qui a jailli, à peine sortie de l’ENS, dans le milieu politique grâce aux Verts. Ambitieuse, avant la débâcle de son parti, elle s’est ralliée à Marie-Ségolène ROYAL, ce qui n’est pas une référence à nos yeux, vous l’avez compris.
Aurélie FILIPPETTI est une fille d’ouvrier lorrain. Elle est l’auteur d’un roman intitulé « les derniers jours de la classe ouvrière » (poche, 4,75 €). Elle a fait campagne, ce qui était judicieux, sur son origine sociale et contre la famille WENDEL. Le front classe contre classe a encore de beaux jours devant lui, n’est-ce pas madame FILIPPETTI ?
Alexandre Anizy