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Bientôt le protectionnisme ?

Publié le par Alexandre Anizy

De nos jours, poser la question d’un retour au protectionnisme ou plus exactement oser remettre en cause le libre échangisme vous classe immédiatement parmi les extrémistes, de gauche ou de droite, ou bien un archaïque.

La question centrale est la suivante : le libre échange avec la Chine, par exemple, devrait permettre aux consommateurs européens d’obtenir des produits manufacturés à des prix inférieurs à ceux offerts par les unités de production européennes. Est-ce vraiment le cas ? Par exemple, le jouet qui était fabriqué dans le Jura et acheté toutes taxes comprises 100 € en France, lorsque sa production est délocalisée en Chine, à quel prix TTC revient-il sur le marché ? Globalement, on ne peut pas dire que ces produits reviennent avec une baisse de 5 % : les consommateurs n’ont pas vu ce mouvement général de baisse des prix, ce que l’indice INSEE a confirmé.

Ce qu’on observe, c’est : les usines européennes ferment et les emplois industriels diminuent ; les produits importés n’apportent pas de bénéfices monétaires aux consommateurs. C’est un jeu perdant-perdant.

 

« Dans nos relations avec la Chine, nous ne profitons pas des supposés bénéfices du libre échange. C’est pour cela que le retour d’un nouveau protectionnisme est inéluctable. » Jean-Luc GRéAU (in Libération du 9 juillet 2007, page 14) J-L GRéAU n’a rien d’un hurluberlu : c’est un ancien lobbyiste au CNPF puis MEDEF, qu’il a quitté en 2004.

Il précise : « Le problème c’est que ces nouveaux pays (il parle de la Chine et de l’Inde, A.A.) ont choisi un mode de développement qui privilégie la croissance de leurs exportations au détriment de l’énorme potentiel de leur demande intérieure et donc d’un certain progrès social. »

En effet, on sait que la pauvreté a augmenté en Chine : voir nos notes sur le bluff chinois.

 

3 décisions majeures de la Chine montrent que les choses n’évolueront pas autrement :

  • Hausse de 30 % des droits de douane à l’importation de certains biens d’équipement ;
  • Création d’une société à capitaux publics pour construire demain un avion de ligne chinois concurrent de Boeing et Airbus ;
  • Investissements sur les marchés financiers en utilisant une partie des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe continue à se dépiauter.

 
Ce n’est pas le cas des USA. Par exemple, Hillary CLINTON et Barack OBAMA ont dans leurs programmes une proposition de loi visant à taxer les produits importés de Chine tant que ce pays n’aura pas réévalué sa monnaie (le yuan). Pourquoi ? Pour aller vite et en dernière analyse, c’est parce qu’« il n’est pas tenable dans un pays à forte croissance que depuis 30 ans les salaires réels des travailleurs peu ou pas qualifiés, soit un tiers des gens, stagnent. Cela crée des tensions et commence à affecter la classe moyenne. » Jeffry FRIEDEN (Professeur à Harvard) (in Figaro du 11 juillet 2007).

Les Américains ont laissé depuis longtemps aux Européens le soin d’appliquer aveuglément chez eux l’idéologie qu’il véhicule par ailleurs pour dominer les échanges : chez eux, le pragmatisme règne toujours, même chez les politiques. Par exemple, il est absurde de prétendre que REAGAN avait instauré une politique de l’offre.  


Mais pour les eurocrates libéraux comme Nelly KROES, Peter MANDELSON ou Alistair DARLING (nouveau ministre des Finances anglais), c’est pêle-mêle «une politique purement défensive », « la concurrence n’est pas un gros mot », « le patriotisme économique est une absurdité ».

Quant au social-traître Pascal LAMY, directeur général de l’OMC, il affirme que « la mission de l’institution (l’OMC, A.A.) correspond à mes engagements : réguler les échanges pour faire reculer la pauvreté » (in Libération du 29 septembre 2007).

En tout cas, la pauvreté intellectuelle s’est aggravée en Europe.

Alexandre Anizy

Philippe POLLET-VILLARD un bon coup d'essai

Publié le par Alexandre Anizy

Philippe POLLET-VILLARD est né à Annecy en 1960. Il est réalisateur de profession. "L'homme qui marchait avec une balle dans la tête" (Flammarion août 2006,345 pages) a obtenu le Prix du 1er roman du TOUQUET en novembre 2006.

Une histoire à rebondissements, bien équilibrée. Un style (humoristique de par le décalage du narrateur) est maintenu sur toute la distance, ce qui n’était pas gagné d’avance. C’est un 1er roman d'excellente facture.

Si POLLET-VILLARD ressemble un peu au chanteur MIOSSEC, il ne fréquente pas la dive bouteille, ce qui ne le rend pas antipathique !

Alexandre Anizy

Chine : à propos du livre de Thierry WOLTON (VII)

Publié le par Alexandre Anizy

Avec « le grand bluff chinois » (édition Robert Laffont, avril 2007, 183 pages), Thierry WOLTON a réalisé une bonne étude, qui s’appuie sur des sources sérieuses citées. Nous en avons résumé les lignes de force dans les 6 notes précédentes consacrées à ce sujet.

D’aucuns souligneront le manque de données chiffrées, l’absence de tableaux comparatifs, l’impasse sur la réfutation des objections possibles à la thèse présentée élégamment : mais est-ce vraiment sérieux si on admet que les statistiques officielles contiennent, pour le moins, de sérieuses incohérences ? A notre connaissance, l’objectif de Thierry WOLTON n’était pas d’écrire une thèse pour l’Université ni une communication pour un colloque d’experts.

Nous écrivons étude et non pas enquête : Thierry WOLTON nous a épargné le plan du journaliste d’investigation qui mouille sa chemise sur le terrain pour rapporter des témoignages et des notes de voyage.

Frédéric PAGèS, dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2007 (page 6), a commenté finement ce livre : « Riche en citations, pauvre en choses vues, ce livre passionnant mais unilatéral tient souvent, lui aussi, de l’atelier d’assemblage. Mais il est salutaire : aux Occidentaux fascinés par les grandes murailles de papier, il incite à faire preuve d’un peu plus de bravitude intellectuelle. »

Alexandre Anizy

P.s :
Prochainement, sur ce sujet, une note sur le MPC.

La Chine est un dragon de papier (VI)

Publié le par Alexandre Anizy

Dans les années 80, le monde des affaires enviait les NPI asiatiques (Corée du Sud, Japon, Taïwan, Singapour, Hong-Kong), et les économistes écrivaient beaucoup d’articles pour les revues spécialisées et les colloques, à cause notamment de leurs taux de croissance à 2 chiffres, leurs parts de marché en expansion, leurs produits submergeant les vieilles économies. Et puis la crise frappa ces pays et brisa cette vague d’admiration. Il semble que le phénomène se soit reproduit avec la Chine.

Rappelons quelques éléments.

« Chez les dragons et les tigres, comme en Chine maintenant, l’Etat jouait les premiers rôles dans l’ordonnancement économique, primat était donné aux industries d’exportation et les investissements étrangers représentaient le principal moteur de la croissance. La compétitivité de leurs produits reposait aussi, en grande partie, sur une main d’œuvre abondante, disciplinée et peu coûteuse. » (Thierry WOLTON, le grand bluff chinois, page 156).

Résumons l’enchaînement des faits qui provoquèrent l’arrêt brutal du développement de ces NPI : une perte de confiance des investisseurs (des travailleurs peu qualifiés dont les salaires augmentent, une productivité médiocre, des produits de qualité faible, l’absence de personnel qualifié, le poids excessif des capitaux étrangers, un environnement qui se dégrade… : toutes ces informations finissent par arriver au cerveau des décideurs et des traders moutonniers) qui provoque une crise boursière se transformant en crise financière avec la découverte des créances douteuses dans les bilans des banques locales, ce qui aboutit à une crise économique qui met en évidence la mauvaise gestion (gouvernance dit-on aujourd’hui) des grandes entreprises qui inondaient les marchés occidentaux avec leurs produits « à petits prix »…

Pourquoi la Chine n’a-t-elle pas été touchée par cette crise asiatique ? Parce que sa monnaie est quasiment inconvertible, parce qu’elle n’a pas de bourse locale significative, ce qui lui évita l’effondrement des valeurs.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

En bons marxistes léninistes, les dirigeants chinois ont privilégié le développement des forces productives, l’industrialisation à outrance : ils sont scotchés au stade secondaire (l’industrie) quand le mode de production capitaliste a changé (d’aucuns parlent de « capitalisme cognitif ») avec une croissance provenant essentiellement du secteur tertiaire. La Chine s’est condamnée à devenir l’atelier du monde.

Mais pour ce faire, « En raison de son parc industriel vieillot et de sa main d’œuvre peu qualifiée, la Chine utilise 2 fois plus d’énergie que les autres pays d’Asie – 7 fois plus que le Japon – pour produire une unité de PIB. Le pétrole est au cœur du problème. (…) Le pays est condamné à (en) importer toujours plus pour satisfaire une consommation qui devrait augmenter de 80 % d’ici à 2010.» (T. WOLTON, idem, page 159)

Tous les ans, la Chine connaît des pannes d’énergie généralisées dans quasiment toutes les régions, des arrêts de production de plusieurs jours  dans de grandes entreprises : c’est le signe avant-coureur de la crise à venir. Faute de ressources suffisantes dans le monde, la Chine ne peut pas reproduire le modèle économique des grands pays industriels qui est fondé sur les sources d’énergie fossiles et l’exploitation des sous-sols.

L’économie chinoise va donc s’enrayer avant que d’être florissante.

Ecologiquement, la Chine est gravement malade (puisqu’elle a suivi l’exemple du grand frère russe communiste). Exemples : 70 % des eaux usées du pays entier ne sont pas traitées ; les déchets sont généralement enfouis sous terre ; pour les ¾ des rivières, la pêche est impossible et l’eau ne peut servir à l’irrigation.

Démographiquement, l’horizon va vite s’assombrir. En 2040, la Chine comptera 430 millions de vieux, soit 30 % du total. En moins de 20 ans, la Chine passera d’une population adulte à une population vieillissante.

L’endettement est une grosse menace économique : la dette publique chinoise est évaluée à 70 ou 150 % du PIB, selon les estimations. Les prélèvements obligatoires augmentent plus vite que le PIB. Les investisseurs étrangers n’aiment pas ce genre de statistiques.

Concernant les brevets, le score chinois n’est pas folichon : 0,3 % du stock des brevets internationaux, contre 35,6 % pour les USA et contre 25,6 % pour le Japon. Les 2/3 des brevets déposés par la Chine sont étrangers.

Selon l’OCDE, les dépenses de Recherche et Développement s’élèvent à 136 Milliards USD pour la Chine, soit un peu plus que le Japon (130 Milliards USD), mais moins que l’Union Européenne (230 Milliards USD) et surtout que les USA (330 Milliards USD). De plus, la priorité est donnée au développement et non pas à la recherche fondamentale.

 
En conclusion, nous pensons que si la Chine est l’avenir du monde, on peut être certain que ce ne sera pas le paradis. Mais reprenons ici l’alternative présentée par Thierry WOLTON : « De 2 choses l’une, ou la République Populaire réussit son pari et devient la 1ère puissance de notre planète – ce qui est douteux -, alors, nous n’avons pas fini d’en souffrir, ou la bulle économique se dégonfle et le pays s’effondre, provoquant un vaste trou noir qui aspirera une partie de l’économie mondiale. » (T. WOLTON, ibid., page 182)

Alexandre Anizy

P.s : à suivre, note VII.
Et prochainement, sur ce sujet, une note sur le MPC.  

La posture christique ou la dérive de ROYAL

Publié le par Alexandre Anizy

JOSPIN la taupe austère qui se marre, celui qui donne sans vergogne des leçons de politique et de morale à tout le monde, n’a pas su retenir ses mots venimeux contre Marie-Ségolène ROYAL : c’est le signe de son ultime impuissance.
Dorénavant, qui se souciera des aigreurs jospiniennes ? Il est vraiment temps qu’il se retire en emmenant sa belle adorée sur l’île de Ré.

La « madone du PS » aurait pu répondre par le mépris, du genre : « Je ne réponds pas aux aigreurs d’un loser rancunier », ou bien « la défaite politique du quasi septuagénaire JOSPIN a provoqué son naufrage, chère Simone ». Par l’humour, du genre : « Relativisons : les vacheries d’un SM valent bien les flatteries d’un VIP, et inversement ».

Pas du tout ! Marie-Ségolène ROYAL, un zeste de Vichy, persévère dans sa posture christique lorsqu’elle réplique : « Si j’étais Jeanne d’Arc, on m’aurait brûlée ! » ; « Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Le discours royaliste est en train de dériver vers un féminisme victimaire (voir l’article de Caroline FOUREST dans Libération du 20 septembre 2007), avec une posture christique comme arme politique, ce qui donnera des slogans du genre :

« Croyants de tous les pays, unissez-vous… derrière mon tailleur blanc ! »

Alexandre Anizy

Le futur revirement français sur la question turque

Publié le par Alexandre Anizy

Devant la Commission BALLADUR, le Secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes Jean-Pierre JOUYET (vous savez bien, l’énarque ami de 30 ans du « couple » HOLLANDE ROYAL, un Gracque 40 qui se prétendait socialiste) a préconisé une réforme : supprimer l’obligation du référendum pour toute nouvelle adhésion d’un pays à l’Union Européenne.

Ainsi, il faut croire que pour le sieur JOUYET, le peuple ne doit pas être souverain pour ce genre de choses : ils s’arrangent si bien entre eux à Bruxelles et ailleurs, les eurocrates. Nous sommes même convaincus qu’ils se voient comme l’avant-garde de la communauté européenne, qui doit éduquer les peuples qui n’auraient pas compris que le mal qu’on leur fait est pour leur bien…

JOUYET, un gracque 40 de la gauche défaite, n’est pas démocrate mais républicain (voir notre note « la haine de la démocratie » du 29 mai 2007).

Bien sûr, il s’exprimait à titre personnel, mais après avoir obtenu le feu vert de l’Elysée : une sorte de liberté accordée par le maître.

Comme la France a accepté que les négociations avec la Turquie pour son adhésion à l’Union Européenne s’ouvrent en cette fin d’année, cette salve tirée sur la souveraineté du peuple en la matière nous indique que l’oligarchie française trouvera au moment opportun la formule qui la libérera de toutes les entraves constitutionnelles et démocratiques.
L’oligarchie européenne veut la Turquie dans son espace économique : elle l’aura. Le reste n’est que promesse électorale printanière vite oubliée.

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Alexandre Anizy

Pays-Bas et Europe : l'oligarchie va décider à la place du peuple

Publié le par Alexandre Anizy

Vous vous souvenez : en 2005, le peuple hollandais rejetait le projet de constitution européenne, comme les Français.

Pour ratifier le nouveau traité simplifié, le gouvernement hollandais vient de décider qu’il soumettrait le texte au Parlement.  L'oligarchie  va voter à la place du peuple .

Pour la France, nous parions qu’elle suivra cet exemple.

Alexandre Anizy

Lydie SALVAYRE et sa "conférence de Cintegabelle"

Publié le par Alexandre Anizy

L’idée de base de « la conférence de Cintegabelle » (poche points) était séduisante. Malheureusement, Lydie SALVAYRE a raté la réalisation : le style n’est pas à la hauteur du projet.

Alexandre Anizy

Une capitulation de la pseudo élite française

Publié le par Alexandre Anizy

Le protocole de Londres, dont le projet de ratification a été approuvé par le Conseil des Ministres du 24 août, va marginaliser la langue française dans le domaine de la propriété industrielle, puisque seulement 7 % des brevets seraient disponibles en français au lieu de 100 % actuellement.

On avait déjà des dirigeants français, comme l’euro imperator TRICHET, qui s’exprimaient en anglais dans des assemblées internationales où le français est une langue officielle. On a maintenant l’abandon officiel d’une obligation nationale.

En affirmant que cet abandon « sera de nature à faciliter le dépôt et l’obtention des brevets par des entreprises françaises », l’incompétent ministre LAGARDE, ex avocat en Amérique, a encore perdu une occasion de se taire.

 
Selon nous, les décideurs et les fonctionnaires qui ont de près ou de loin participé à cette capitulation, sont probablement de la même étoffe que ceux qui, le 24 octobre 1940, choisirent Montoire-sur-le-Loir au lieu de Londres.

Alexandre Anizy

Comment les vassaux comme Bernard TAPIE peuvent être remerciés?

Publié le par Alexandre Anizy

Bernard TAPIE le casseur d’entreprise (méthode abrégée : j’achète une entreprise en difficulté en promettant devant le Tribunal de Commerce de sauver les emplois – le maximum d’emplois -, puis dès que j’ai juridiquement les mains libres, je sabre dans le personnel, je vends les actifs juteux, bref je restructure pour pouvoir présenter le bébé à un tiers, en général un concurrent qui rachète des parts de marché … et qui va lui aussi restructurer …) a appelé à voter SARKOZY DE NAGY BOCSA. Il a même participé à quelques émissions, donné quelques entretiens.

Tout effort méritant une récompense, le cas TAPIE nécessite quelques méandres, vu le passé judiciaire et politique du lascar. Alors ?

Bernard TAPIE est en procès avec le CDR et l’EPFR (les sociétés créées pour liquider le Crédit Lyonnais) qui n’ont jamais voulu transiger.
Jean-Pierre AUBERT, Président du CDR, vient de partir en retraite. Son successeur devait être un haut fonctionnaire, Gérard BARBOT, qui en dernière minute s’est vu préféré Jean-François ROCCHI. Le Président de l’EPFR Bertrand SCHNEITER attendait le renouvellement de son mandat par Bercy : à la dernière minute, il est remplacé par un autre fonctionnaire, Bertrand SCEMANA.

Ce sont des nominations approuvées par l’Elysée.

On parie que ces nouveaux Présidents vont décréter qu’il vaut mieux un arrangement avec TAPIE plutôt que de prolonger l’affaire judiciaire.
Après la transaction et quand TAPIE aura payé ses dettes, fiscales notamment, on parie qu’il lui restera bien quelques millions d’euros : de quoi se refaire, comme dirait Nanard !

Si les nominations sont réelles, le reste n’est qu’une hypothèse, bien sûr.

Alexandre Anizy