Campagne pour l'élection de Patrick BESSON à l'Académie Française
Qui ne connaît pas Patrick BESSON ?
Ecrivain - Economiste. Propos sur l'économie, la littérature et la politique.
Qui ne connaît pas Patrick BESSON ?
Que se passe-t-il dans le petit monde des Lettres ? Depuis quelques temps, il semble que ça flingue dans les gazettes et autres supports plus spécialisés : la langue de bois et le renvoi d’ascenseur auraient-ils disparus par enchantement ?
Dans notre note du 6 août, nous écrivions qu’Olivier ADAM se relèvera après « falaises » et qu’on allait parler de lui à la rentrée. En effet, dans le mois d’août, on évoquait déjà son nom sur les listes des prix importants à cause de son nouveau roman. Quelle pitié !
Pour finir le costume, Alice FERNEY nous donne la vision du monde du jeune auteur photogénique en le citant : « On ne se remet jamais de rien, la vie est une merde, rien ne nous distingue vraiment les uns des autres, on ne se connaît pas »
Mazette ! Quelle profondeur !
Pour achever son papier, elle conclue : « A l’abri de rien est un roman dans l’air du temps, peu écrit, peu senti, plein de bons plutôt que de vrais sentiments (…) »
P.s :
Autre petit bonheur dans le Nouvel Observateur du 30 août, au sujet du dernier livre signé Simon LIBERATI : « Jamais l’influence de la colique sur la métaphysique n’avait été observée de si près. Le titre ? « Nada exist ». CQFD en 420 pages. » Grégoire LEMéNAGER, page 116.
Voir notre note du 22 août « la complaisance d’André ROLLIN … »
Marie DARRIEUSSECQ vient de publier un livre : « Tom est mort » (édition P.O.L.) L’éditeur de Camille LAURENS étant le même, celle-ci a pu lire avant publication le livre de la première : elle y a vu les traces verbales de sa propre histoire, plus exactement du livre qu’elle a tiré de sa propre histoire, dont le titre est « Philippe ».
Camille LAURENS enrageait d’être dépossédée de son œuvre - histoire : elle a dénoncé le « plagiat psychique » dans une revue littéraire.
DARRIEUSSECQ serait une récidiviste : Marie NDIAYE, une autre romancière, a dit éprouvée le même type de sentiment avec un autre livre de Marie DARRIEUSSECQ ; pour sa part, NDIAYE utilise le terme de « singerie ».
Camille LAURENS explique : « Dans le cas présent comme dans le précédent avec Marie NDIAYE, le déroulement suit une même logique : admiration, imprégnation/intériorisation, expression. Comme il s’agit d’un processus névrotique, il est peut-être inconscient. Admettons. » (In Libération du 30/8/07)
« Ce cri universelle des mères endeuillées, sur l’irremplaçabilité de l’enfant mort, Camille LAURENS semble penser qu’il est sa propriété privée. » Cela ressemble à un coup bas, Madame.
« Le propre de la douleur est de se croire unique, alors qu’elle est individuelle, et un roman peut en faire entendre l’universalité. »
Marie DARRIEUSSECQ commet ici une erreur fondamentale. Parce que chaque être humain est unique (la science l’a prouvé), la douleur ressentie ne peut qu’être unique. En affirmant que la douleur est individuelle, DARRIEUSSECQ donne à penser qu’elle n’appréhende les êtres que sous une dimension physique, c'est-à-dire dénuée de toute spécificité personnelle dans la dimension immatérielle.
Le corps n’est-il pas un sujet récurrent dans ses livres ?
Etant Normalienne, Marie DARRIEUSSECQ a beaucoup lu, et très tôt elle a compris que la reconnaissance germanopratine nécessitait le culot (aborder des sujets osés) et le brio stylistique : elle en fit usage immédiatement. Pour notre part, nous avons jugé dans « Naissance des fantômes » que son goût de l'image léchée et du vocabulaire étoffé l'emportaient sur la justesse des choses, ce qui nous dérange beaucoup. Exemple : elle écrit des trucs comme "...le bout des doigts s'engourdissait de nicotine ...". C’est ainsi qu’on enfume le lecteur.
En bref, Marie DARRIEUSSECQ est une précieuse moderne qui nous indiffère.
Selon Pékin, la Chine aurait accompli une révolution industrielle que les autres ont faite en un siècle. Qu’en est-il réellement ?
« Pékin ne fait pas mieux aujourd’hui que Tokyo ou Séoul hier. Ramené à la moyenne de ces 25 dernières années, le taux de la croissance chinoise n’est plus unique dans la région : 6,1 % par an entre 1978 et 2004 contre 8,2 % pour le Japon et 7,6 % pour la Corée du Sud, sur des durées comparables, à l’époque de leur décollage économique. » (Thierry WOLTON, « le grand bluff chinois, édition Robert Laffont, page 57)
De même, il faut remettre à sa place le niveau de la production chinoise : son PIB correspond à 5 % environ du PIB mondial, quand les USA représente environ 33 % et la zone euro 21 %. Avec une croissance de 3,1 % en 2003, les USA enregistrent une hausse de 321 Milliards USD de leur PIB, quand celui de la Chine augmente de 96 Milliards USD avec une croissance de 7,8 %.
Quelques incohérences dans les chiffres des années 90 :
Quand les taux annuels de croissance étaient de 8 % environ, d’autres chiffres indiquaient une baisse de la consommation d’énergie et une baisse de la production des principaux produits industriels ;
Les ventes au détail des biens de consommation s’accroissaient plus vite que les revenus des ménages, quand la loi économique veut qu’il y ait un rapport entre niveau des achats et taux des salaires.
Maintenant, les choses statistiques ont-elles changées ? Non.
En 2001, la croissance des PIB de l’ensemble des provinces dépassait de 11 % celle du PIB national. En 2003, l’écart s’est réduit.
En réalité, les statistiques chinoises sont gonflées, pour des raisons économiques et politiques. Selon Henri EYRAUD, cité par WOLTON, il faut au moins 8 % de croissance « officielle » pour qu’il n’y ait pas récession ; pour Cheng XIAONONG, 7 % de croissance équivalent à 3 % de croissance américaine, parce que l’héritage de l’économie planifiée est un frein pour le développement. Mais avec un tel taux, la majorité des entreprises chinoises ne fait pas de profit à cause de leur fonctionnement et de l’état de leur capital fixe. En 2001, « la Cour des Comptes chinoise » a accusé les 2/3 des 1300 plus grosses entreprises d’Etat de truquer leurs bilans : les P-DG y décident eux-mêmes des chiffres à publier !
Les dirigeants chinois n’ignorent pas l’état calamiteux de leur économie. C’est pourquoi ils ont permis, de 1980 environ à 2004, à 514.385 sociétés à capitaux étrangers d’investir en Chine 570 Milliards USD, et pas moins de 63 Milliards USD en 2006 ! Ces investissements directs étrangers (IDE) leur évitent de s’endetter (1/3 des IDE sont d’origine chinoise). Au début des années 2000, les filiales étrangères contribuaient pour 30 % à la production industrielle chinoise : elles représentaient plus de 60 % de la production dans les secteurs de la chimie, du textile, des machines et des équipements.
Quels sont les dindons de la farce chinoise ?
« En premier lieu, il y a eu les victimes des joint-ventures, ces co-entreprises qui ont permis aux industries locales (d’Etat pour la plupart) de profiter de l’argent étranger pour se renflouer. » (T. WOLTON, ibid., page 69) Exemple : les brasseurs Budweiser, Carlsberg, Guiness, Forter’s qui ont perdu 1 Milliard USD dans l’Eldorado chinois !
Quand les joint-ventures tiennent le coup, les étrangers comme VW et GM se sont retrouvés avec un partenaire chinois, comme le constructeur automobile Shanghai Saic, qui voulait rompre le contrat pour devenir maître de la production. N’est-ce pas ce qu’est en train de vivre en ce moment DANONE avec son partenaire chinois ?
Le Maglev allemand (train à lévitation magnétique).
AIRBUS + BOEING sont les perdants – perdants du ciel chinois, puisque Pékin va construire son propre avion, alors que AIRBUS a accepté d’installer en Chine une chaîne de montage pour l’A320 et que BOEING sous-traite certains de ses composants : un A320 vendu à la Chine ayant disparu (aucune immatriculation chinoise), le consortium européen est convaincu que l’appareil a été démonté et étudié pièce par pièce pour être copié (source : Air et Cosmos, mars 2007, cité par T. WOLTON). Sans commentaire.
Il faut signaler la clairvoyance de Monsieur Claude BéBéAR qui, lors d’un colloque au Japon en novembre
Selon Price Waterhouse Coopers, 26 % seulement des sociétés étrangères ont réalisé des bénéfices en 2004 ; en 2005, un rapport de AT Kearney précisait que sur 229 investisseurs étrangers, 38 % seulement avaient équilibré leurs comptes. Certains taisent leurs bilans, comme les Français, même si la plupart d’entre eux investissent sans risque grâce à la COFACE qui éponge leurs pertes : une assurance – garantie de l’Etat pour les marchés difficiles. On reconnaît bien dans cette pratique la marque du capitalisme français : un goût du risque modéré, très modéré, couplé au génie français de la débrouillardise, en l’occurrence faire payer par les contribuables anonymes les ratés de la marche triomphante de la mondialisation.
Une étude de BNP Pérégrine révèle que les marges brutes ont baissé dans 23 des 37 secteurs économiques de la Chine. Pourquoi ? Des marchés saturés où la guerre des prix fait rage.
La communauté des experts occidentaux semble miser sur 320 à 400 Milliards USD. A ce niveau de flou statistique, le terme « miser » nous paraît le plus approprié, parce que, pour les étrangers, l’Eldorado chinois ressemble beaucoup à un casino.
A suivre … le bluff commercial chinois (III)
En 2000, Mme Camille LAURENS a publié ce qui doit être son meilleur roman : « dans ces bras-là » (P.O.L 2000, 297 pages, 18,29 €).
Ce livre devrait être mis entre les mains de tous les hommes !
Nous gardons de sa brève rencontre au Salon du Livre du Touquet, où elle venait de recevoir le Prix du 1er roman des mains du Président du jury Patrick POIVRE D’ARVOR en personne, le souvenir d’une femme à la grâce et aux atours italiens.
Pour nous, Raymond BARRE était incontestablement un économiste de qualité : aujourd’hui encore, nous considérons que tout étudiant en sciences économiques doit avoir lu les 2 tomes remarquables de son « économie politique ».
L’incompétente ministre LAGARDE serait bien inspirée de les lire avant de nous canuler avec ses (?) avis à géométrie très variable.
A l’université de Paris VIII, dans les années 80, nous étions peu nombreux à connaître par le texte cet universitaire talentueux, qui avait su balayer tout le champ de l’économie politique et le présenter avec clarté et pédagogie. Mais avoir lu « son Barre » n’implique pas d’adhérer à ses choix théoriques, en particulier à son orthodoxie financière.
Pour le reste, le bonhomme fut à la hauteur des attentes de sa classe sociale.
Pour ces 2 gouvernants, juguler l’inflation était la priorité absolue et le chômage ne constituait qu’une variable d’ajustement… Les faits et les chiffres ne mentent pas ; les mots ne sont que des figures de rhétorique pour les tribuns contemporains.
Un homme politique « moderne », i.e. qui prend la politique comme un J.F. KENNEDY la pratiquait, ne reconnaîtra jamais cette vérité.
Nous nous souvenons de la dépréciation inexorable du franc par rapport au mark, malgré les recettes orthodoxes de Maître BARRE, qui fut incapable de dépasser l’horizon de sa formation classique : c’est finalement le peuple qui trancha avec bon sens en 1981 pour essayer une autre médecine …
Nous nous souvenons qu’un certain Maurice PAPON n’est devenu ministre que grâce à Raymond BARRE (et le Président GISCARD d’ESTAING, ne l’oublions pas celui-là).
Nous nous souvenons des propos lamentables du Premier Ministre BARRE après l’attentat de la rue Copernic : « (…) un attentat qui visait des israélites et qui a frappé des français innocents ».
Nous nous rappelons qu’à ce qui était en fait le soir de sa vie, Raymond BARRE défendait toujours l’ignoble Maurice PAPON et le professeur Bruno GOLLNISCH.
La boucle était fermée.
Faisons semblant d’oublier le reste, puisque « (…) même chez les hommes de référence, il peut y avoir des ombres » (François BAYROU, journal Aujourd’hui du 26 août 2007, page 7)
P.D. JAMES s'est lancée dans l'écriture de polars sur le tard. Elle a bien fait, puisqu’elle succède dignement à Agatha Christie.
Son héros Adam Dalgliesh est un aristocrate, ce qui n’est pas original pour une Anglaise, et un poète reconnu car publié, qui oeuvre aussi dans la police. C'est toujours bien ficelé et bien écrit.
En matière de rompol, c’est la référence anglaise.
Après une longue carrière à succès de metteur en scène pour le théâtre, la radio et la télévision, Andrea CAMILLERI s'est mis à écrire des polars : son héros, empreint d’une profonde humanité, s’appelle Salvo Montalbano, commissaire dans la ville de Vigata en Sicile.
"la forme de l'eau", "la voix du violon", "le voleur de goûter", "chien de faïence", "l'excursion à Tindari", "le tour de la bouée".
L’essentiel est en poche pocket.
Savourez en silence, comme le fait Montalbano.
En octobre 2005, Pékin publie « Construction de la démocratie politique en Chine », dans lequel il est rappelé fermement que le Part Communiste est l’avant-garde du peuple. Pour ceux qui veulent bien entendre, les dirigeants chinois affirment que c’est un peuple différent, que la Chine a des caractéristiques qui empêchent l’application de l’ensemble des règles de l’Occident capitaliste.
A Pékin, la ligne dominante dit que l’intégration du pays et son développement (i.e. « la hausse des forces productives », un mot d’ordre marxiste) dépendent de la stabilité interne : par conséquent, il faut maintenir le système qui doit encadrer idéologiquement cette nouvelle phase d’expansion. Comment le Parti réussit-il à maîtriser ce processus ?
Tous les dirigeants sortent de l’université Qinghua.
« Grâce à la mutation de ses élites, le PC aiguillonne et contrôle la modernité économique. La nouvelle classe des hommes d’affaires (…) est dépendante du pouvoir et captée par une couche privilégiée dont les membres de l’appareil communiste sont le cœur. Les apparatchiks forment la principale couche sociale privilégiée, celle qui contribue de façon décisive à la régulation et à la gestion du pays » Thierry WOLTON, « le grand bluff chinois », édition R. Laffont 2007, 183 pages, 16 €).
Soucieux de coller la théorie à la pratique, en bons marxistes-léninistes les communistes chinois ont adopté la théorie des 3 représentativités : avec elle, le PCC s’ouvre aux forces productives avancées, c'est-à-dire au peuple chinois dans sa diversité.
La Chine postmaoiste de DENG XIAOPING a complété le schéma avec un zeste de confucianisme dans le mode de gouvernement : sur les 5 relations fondamentales de CONFUCIUS, celle du père/fils est la plus importante, car elle aboutit au concept de réciprocité qui, à cause de la soumission du fils, autorise celui-ci à trouver une situation avantageuse indépendamment de son mérite réel. Ce sont les « taizi », i.e. les princes héritiers.
40 % des taxes prélevées sur les paysans n’ont pas de base légale et ne sont pas reversées dans les caisses publiques. (D’après Guy SORMAN cité page 43) Le développement a généré non pas une classe moyenne mais une classe de parvenus, dont le pouvoir d’achats est tributaire de ses relations avec le PC.
Alexandre Anizy
A suivre… le bluff économique chinois (II)