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La rancune de l'affligeant Liêm Hoang-Ngoc

Publié le par Alexandre Anizy

            Rejeté de la liste socialiste des Européennes, l'eurodéputé sortant Liêm Hoang-Ngoc a décidé de créer un "club des socialistes affligés" : ce sera son ticket d'entrée dans l'espace médiatique, en plus de sa casquette d'économiste keynésien. La démarche serait estimable, si on n'ignorait pas le passé du triste sire (1).

 

            En effet, tant qu'il était eurodéputé, ce keynésien-là s'exprimait peu dans les médias, et en tout cas sans la pugnacité fortement inspirée de la rancune d'aujourd'hui : lire nos billets de 2009 et 2012 ci-dessous.

http://www.alexandreanizy.com/article-32658578.html

et

http://www.alexandreanizy.com/article-l-economiste-absent-liem-hoang-ngoc-et-la-duperie-de-hollande-112636624.html

 

            Avant d'être affligé, Liêm Hoang-Ngoc est surtout affligeant pour tous ceux qui pensent que l'homme politique doit défendre l'intérêt général plutôt que de quérir un fauteuil bien rémunéré.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

(1) Dans le même registre, nous mettons la désormais sénatrice Marie-Noëlle Lieneman, comme exemple de la version "gauche de gauche" de ce parti radical-cassoulet. Lire notre billet du 17 juin 2009 ci-dessous.

http://www.alexandreanizy.com/article-32748665.html

L'art de la Blitzverkauft de Patrick Kron

Publié le par Alexandre Anizy

            Le Pdg d'Alstom Patrick Kron a mené dans le plus grand secret des discussions avec General Electric, si on donne un peu de crédit au ministre Arnaud Montebourg. Puis il a attisé les feux, pour que l'offre de GE demeurât la seule complète au moment d'un vote précipité du conseil d'administration : l'art de la Blitzverkauf. N'est-ce pas la règle dans la nouvelle grammaire des affaires au temps de la mondialisation ? 

 

            Sitôt le dépeçage d'Alstom  bien accroché, Kron a lancé la phase personnelle de son programme : un plan de communication à faire pâlir d'envie le moindre des perdreaux du global business. Nous ne vous renverrons évidemment pas au magazine populiste dirigé par un fils à maman, puisque l'article affiche un surdosage de cirage : "Comme tous les grands fauves", "c'est un combattant", "il a la peau dure", "il n'a peur de rien", "la tête haute dans l'adversité", etc.  Forcément, dans les 4 pages dithyrambiques, le journaleux n'a pas oublié le petit paragraphe modérateur, histoire d'avoir sa conscience professionnelle toujours en bandoulière : "il est assez agressif et a un don pour se fâcher avec eux. Le client est roi partout, mais pas chez Alstom. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles la société va si mal...". En effet. Mais parlons franchement : ce média peut-il éclairer les lecteurs alors qu'il est dans le FOG ?

 

            Alors, que pensons-nous de ce Kron patron ? Lorsqu'il prend la tête d'Alstom en 2003, le ministre Sarkozy de Nagy Bocsa décide d'intervenir en apportant l'argent des contribuables dans les caisses de l'entreprise. Un grand bol de cash !  Ce qui donna du temps à Patrick Kron pour restructurer le mastodonte. Ni plus, ni moins. Et aujourd'hui, Alstom a de nouveau un besoin impératif de capital. L'histoire se répète donc, mais entre temps, d'aucuns auront pris leurs bénéfices.

 

            Dans cette Blitzverkauft, nous posons la question que personne n'aborde malgré la nouvelle grammaire des affaires au temps de la mondialisation, que 2 exemples édifiants viennent étayer (vente de SFR à Numéricable en 2014 : Jean-René Fourtou aura une fonction correctement rémunérée dans la future structure ; vente de GDF à SUEZ : la rémunération totale Jean-François Cirelli a presque triplé en 2008 (1) pour cause de réalignement sur celles de Suez). Quel pourrait être le bonus - comme ils disent - pour Patrick Kron dans la vente à General Electric ?  

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) CGT.fr du jeudi 9 avril 2009

 

 

Premier amour de Tourgueniev

Publié le par Alexandre Anizy

        Après la rudesse du monde sans pitié de César Fauxbras, il n'est pas interdit de pénétrer dans un autre milieu pour un thème universel (quid novi ? l'amour), surtout quand Tourgueniev tient la plume.

        Pour faire connaissance avec cet écrivain russe, pourquoi pas une longue nouvelle, Premier amour (livrel gratuit), puisque l'auteur y décrit avec beaucoup de subtilité les affres d'un jouvenceau ? Il ne fait pas de doute que vous apprécierez le style limpide et la concision du propos.

 

 

Alexandre Anizy 

Viande à brûler. Journal d'un chômeur de César Fauxbras

Publié le par Alexandre Anizy

 

Un éditeur au fait de la misère sociale en développement accéléré a eu la bonne idée d'aller fouiner du côté des années trente pour y repêcher un auteur oublié, César Fauxbras, qui était en ballotage au Goncourt de 1935 avec son roman Viande à brûler. Journal d'un chômeur (éditions Allia, mars 2014, livrel à 4,49 € ).

 

Dans ce livre, l'auteur raconte sans fioritures la chute sociale d'un jeune fondé de pouvoir, qu'il fait vivre auprès d'autres chômeurs nécessiteux. L'histoire est bien rythmée, le style en adéquation avec le milieu qu'il dépeint. Par exemple :

« Sans cesser de maugréer, il remplit une formule que je portai au commissariat, pour légalisation. De là, je me rendis au Service du Chômage, qui fonctionne dans une annexe de la mairie. C'est une espèce de hangar, coupé par une cloison longitudinale afin que les serviettes et les torchons, je veux dire les bureaucrates et les chômeurs, ne se mélangent pas. (...) J'appris ainsi qu'un chômeur ne mérite pas plus d'égards qu'un apache. » ( p.4 et 6 )

Si le traitement social du chômage (une expression horrible des technocrates qui gouvernent) a changé depuis les années 30, la dèche est redevenue une situation permanente pour un bon nombre de (non)travailleurs. Tina serait plutôt Tini.

 

César Fauxbras montre les difficultés ordinaires et les affres des déclassés. Il faut croire qu'au fond, rien ici, non, rien n'a changé.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Milan Kundera est un garnement

Publié le par Alexandre Anizy

            On sait que Milan Kundera a soigneusement contrôlé l'édition de son œuvre dans la collection de la Pléiade (Gallimard, en 2011), parachevant ainsi son travail d'écrivain. Et voilà qu'il sort de son chapeau une nouvelle fugue romanesque titrée La fête de l'insignifiance (Gallimard, mars 2014, 142 pages, 15,90 €). Que faut-il en penser ?

 

            D'une part, nous y voyons comme un pied-de-nez à son éditeur français (1) et au milieu littéraire qui l'avait déjà enterré : Milan est resté un garnement qui rit sous cape de son audace relative. Au soir de sa vie, Kundera veut montrer qu'il fut et qu'il demeure à jamais un homme libre.

 

            D'autre part, cet opus inespéré n'est pas sans importance, puisqu'on y trouve à la fin cette approche philosophique :

« L'insignifiance, mon ami, c'est l'essence de l'existence. Elle est avec nous partout et toujours. (...) il faut l'aimer, l'insignifiance, il faut apprendre à l'aimer. (...) Respirez, D'Ardelo, mon ami, respirez cette insignifiance qui nous entoure, elle est la clé de la sagesse, elle est la clé de la bonne humeur... » (p.139)

Parce que le monde ne serait qu'un chaos, qu'il serait stupide de prendre au sérieux.

            Pour autant, l'homme libre doit-il accepter la représentation du monde imposée à tous par la volonté agglomérée de seulement 1 % de la population ? Pour autant, faut-il excuser l'attitude des collabos de 1942, ou bien celle des mouchard de la Guépéou ?

 

 

            Finalement, dans notre monde paradoxal, il n'est pas étonnant que le vieux monsieur grognon que nous avons salué un matin d'été au Touquet soit l'auteur de cette juvénile plaisanterie, qui n'est pas une sottie.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

(1) Il semble que Gallimard ait modérément apprécié puisque, ayant inscrit La fête de l'insignifiance dans la bibliographie de ce livre, il a commis une erreur (volontaire ?) lorsqu'il précisa que « Tous ces livres sont publiés en deux tomes dans la Bibliothèque de la pléiade, avec préface et biographies des oeuvres par François Ricard ».

 

De l'ignorance de Milan Kundera

Publié le par Alexandre Anizy

            Après  La lenteur, dont nous avons dit le bien que nous en pensions (1), Milan Kundera a composé deux autres fugues (2) : si nous restons dubitatif sur L'identité ( peut-on affirmer qu'une œuvre soit réussie si l'intention n'apparaît pas évidente dès la première lecture ? ), nous ne faisons aucune réserve sur L'ignorance.

 

            Dans le troisième volet de ce qui était appelée la trilogie française (3), Kundera aborde le thème du retour au pays natal, ou plus précisément de la difficulté de ce retour. Il montre des moments psychologiques qui aboutiront à l'évidence d'une impossibilité de revenir, en tout cas pour Josef.

 

            Prenons un de ces moments psychologiques : Irena retrouve à Prague ses anciennes amies.

« En Bohême, on ne boit pas de bon vin et on n'a pas l'habitude de garder d'anciens millésimes. Elle a acheté ce vieux vin de Bordeaux avec d'autant plus de plaisir : pour surprendre ses invitées, pour leur faire fête, pour regagner leur amitié.

Elle a failli tout gâcher. Gênées, ses amies observent les bouteilles jusqu'à ce que l'une d'elles, pleine d'assurance et fière de sa simplicité, proclame sa préférence pour la bière. Ragaillardies par ce franc-parler, les autres acquiescent et la fervente de bière appelle le garçon.

Irena se reproche d'avoir commis une faute avec sa caisse de bordeaux ; d'avoir bêtement mis en lumière tout ce qui les sépare : sa longue absence du pays, ses habitudes d'étrangère, son aisance. » (Pléiade, tome II, page 477)

Et d'autres subtilités sont révélées durant cette rencontre condensée dans un court passage.

 

            Du point de vue formel, i.e. la fugue romanesque, L'ignorance est un chef d'œuvre.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1)   http://www.alexandreanizy.com/article-21222716.html

 

(2) Kundera considère que ses romans écrits en tchèque ont l'architectonique d'une sonate, tandis que ceux en français ont celle d'une fugue. Dans l'édition La Pléiade, que l'écrivain a minutieusement contrôlée, on renvoie le lecteur à une analyse musicologique de L'ignorance par Massimo Rizzante ( « L'Art de la fugue romanesque », L'Atelier du roman, n°33, mars 2003).

 

(3) Ceci n'est pas anodin : jusqu'en février 2011, Kundera interdisait la traduction des 3 textes ( L'ignorance fut publié en 2003 ) dans sa langue natale.

 

 

Le franc mac Valls larguera Hollande en 2016 si...

Publié le par Alexandre Anizy

            Contraint de feindre l'attention au mécontentement exprimé dans les urnes, le culbuto molletiste Hollande a décidé d'en profiter pour ménager son avenir : en choisissant comme Premier Ministre le franc mac Valls pour continuer sa politique économique catastrophique pour la France, mais pas pour les Français huppés, il se donne les moyens de saper la popularité de l'impétrant (ne serait-ce que par l'usure ordinaire du pouvoir), et de le "tuer" en 2015 pour expier la prévisible débâcle socialiste aux élections régionales.

            Mais il est probable que le franc mac Valls a d'ores et déjà programmé le moment d'une démission tapageuse, à savoir peu avant le vote de 2015. Cependant, comme l'ivresse du pouvoir ne l'épargnera pas, il est possible qu'il se sente au-dessus des contingences électorales. Alors le couperet tombera.

 

            Et si Hollande ne peut pas exécuter la manœuvre sacrificielle, alors c'est Valls qui aura la main pour un largage tonitruant au début de 2016, soit le premier acte de sa campagne présidentielle.  

 

            Dans ce théâtre de marionnettes soumises à l'oligarchie, on cherchera en vain le commencement d'un intérêt pour l'avenir de la France et de son peuple.

 

 

Alexandre Anizy

 

Le duel d'Arnaldur Indridason

Publié le par Alexandre Anizy

            L'islandais Arnaldur Indridason a eu la bonne idée d'écrire un polar (Le duel , Métailié Noir, 2014, livrel à 13,99 € - beaucoup trop cher les Métailié !) avec en toile de fond le grand match Fisher - Spassky pour le titre mondial. Il le bâtit avec minutie et maestria.

            Le livre est d'autant plus plaisant qu'il met en scène Marion Briem, et non pas son héros Erlendur Sweinsson : ce n'est pas une nouveauté puisque Marion est un personnage récurrent dans des romans précédents, mais ceux qui lisent Indridason régulièrement apprécieront cette première enquête.

 

 

Alexandre Anizy

 

La forteresse de Meša Selimović

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans ce troisième livre de Meša Selimović que nous vous conseillons, La Forteresse (Motifs, novembre 2007, 536 pages, 10 €), vous serez plongés dans le Sarajevo du XIXe siècle, sous la domination turque, où ne pas se taire n'était pas sans conséquences. L'auteur y aborde les thèmes de la destinée et du sentiment de culpabilité : il le traite avec la sagesse et le style que nous lui connaissons.

            Au lieu de succomber aux sirènes médiacrates qui vous bombardent simultanément de louanges sur quelques derniers produits formatés d'éditeurs industriels, sortez des sillons tracés d'une presse littéraire de connivence, lisez tranquillement un grand roman de Meša Selimović : La Forteresse.

 

 

Alexandre Anizy

 

L'âpreté de Maylis de Kerangal

Publié le par Alexandre Anizy

            Réparer les vivants , le roman clinique de Maylis de Kerangal (Verticales, décembre 2013, livrel à 13,99 € - trop cher !)  est un livre poignant, malgré la sécheresse du style due aux faits objectifs relatés avec minutie et précision.

            Incontestablement, c'est une réussite.

 

 

Alexandre Anizy