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notes culturelles

John McLAREN un bon plan question finance

Publié le par Alexandre Anizy

Pour ceux qui aiment les polars dans le milieu de la finance, notamment les fusions acquisitions, John McLAREN a écrit un ouvrage sympathique avec « les taxis noirs » (poche points n° 1123).

Alexandre Anizy

Philippe DJIAN un reste à emporter

Publié le par Alexandre Anizy

Nous avons découvert Philippe DJIAN en 1986 avec « maudit manège » : c’était aussi l’année où sortait le film de Jean-Jacques BEINEIX tiré du roman « 37°2 le matin » que nous n’avons pas lu pour cause de cinéphilie. Quelques années après avoir lu Charles BUKOWSKI, nous avions l’impression de retrouver une ambiance, une certaine philosophie de la vie où on décapsule beaucoup de canettes de bière : un écrivain, putain, c’est d’abord le style … nous répétait souvent DJIAN à cette époque. On a toujours rien contre ce principe.
Bref, on aimait bien DJIAN et on a continué à l’apprécier malgré les snobinards germanopratins.

Justement, « ça, c’est un baiser » (Gallimard 2002, 384 pages, 19,90 €) fut éreinté par la critique à sa parution. Pourtant, un polar à la façon de DJIAN mérite le détour. Contrairement à ce que dit un article du Monde ou de Libération du moment, le roman est bien construit et l’auteur a su adapter son style au genre policier.
Ce n’est pas du CRUMLEY en version française, c’est du DJIAN en noir ! 

Parce que c’est un écrivain, DJIAN essaie tous les genres : il faut croire que c’est son plaisir. Ainsi, il s’est coltiné au genre érotique avec « vers chez les blancs » (Gallimard, 2001), à sa manière toujours, mais en ayant bossé son sujet, le bondage en l’espèce.
En ce moment, il s’adonne, avec succès semble-t-il, à la série américaine avec son « doggy bag ».

Pour ceux qui apprécient ou apprécieront le lascar, nous signalons son livre « ardoise », où il rappelle sa dette envers quelques écrivains. Tout en évoquant ces créanciers, il continue à parler de lui.
Citons : « (…) qui donc oserait prétendre que le style n’est qu’une question de musique ? (…) Il est donc temps d’ajouter que le style est à la fois une musique et une manière de regarder les choses, ou si l’on préfère une attitude ou encore une façon d’être, ou un point de vue, dans le sens où il s’agit de choisir la place, l’emplacement à partir duquel on observera le monde. » (Ardoise, Julliard, page 30).
Du grand DJIAN, comme d’habitude.

Alexandre Anizy

Leif DAVIDSEN vaut MANKELL ou NESBO

Publié le par Alexandre Anizy

Nous avons découvert cet auteur danois avec son livre « la femme de Bratislava » (folio janvier 2006 ; éditions Gaia 2004, édition originale Danemark en 2001).
Du grand art. Rien à jeter dans cette histoire policière dans le monde de l'espionnage sur fond de guerre des Balkans.

Puisque quand on aime, on ne compte pas, nous avons enchaîné avec "le Danois serbe" (éditions Gaïa 2001) : un franc-tireur serbe bosniaque est recruté par la mafia russe, qui a accepté un contrat de l'Iran sur une femme écrivain, genre Rushdie. La cible sortira de la clandestinité à Copenhague.  Une histoire bien ficelée et bien écrite.

Nous plaçons Leif DAVIDSEN à la hauteur de Henning MANKELL, ou de  Jo NESBO dont nous avons parlé dans une note précédente.

Alexandre Anizy

L'actualité de Roger VAILLAND

Publié le par Alexandre Anizy

Les élucubrations des uns et des autres sur le « travailler plus pour gagner plus » et l’enthousiasme de la patronne du MEDEF, l’héritière PARISOT (voir note d’hier), nous ont ramenés à la littérature : au livre « 325.000 francs » (poche, 3,33 €) de Roger VAILLAND précisément.

Cette histoire d’ouvriers qui décident de travailler plus, beaucoup plus, pour sortir de leur condition, nous semble particulièrement d’actualité. La fin donne à méditer.

Peu importe le parcours politique de l’écrivain ou son éthique de libertin.

Alexandre Anizy

Jonathan LITTELL et les bienveillantes

Publié le par Alexandre Anizy

Disons tout de suite que ce roman est une somme, qui méritait à la fois son succès en librairie et ses récompenses littéraires (prix Goncourt ; prix de l’Académie Française), parce qu’aucun livre proposé à ce moment-là n’osait aborder un sujet d’une telle ampleur en tenant la distance.

Des rumeurs ont circulé dans le petit monde de l’édition sur le fait que le manuscrit de Jonathan LITTEL aurait été remanié par l’éditeur : peu nous importe aujourd’hui. De même, des articles ont souligné les erreurs historiques : nous citons par exemple la critique de Edouard HUSSON (« les bienveillantes, un canular déplacé », Figaro du 8 novembre 2006), dont la radicalité nuit à l’adhésion de sa thèse.

En refermant le livre, nous étions estomaqués par le fait que notre attention avait été maintenue jusqu’au bout, mais nous étions perplexes devant le choix de l’auteur pour un « nazi intellectuel », alors que son projet initial était de nous présenter un nazi ordinaire et ses actes : la contradiction est forte.

 "Un nazi bien trop subtil", est le titre d'une critique de Josselin BORDAT et Antoine VITKINE dans Libération du 9 novembre 2006 : elle analyse en détail notre réserve.

De plus, le héros Max Aue n'est pas un homme ordinaire : nous pouvons dire que pour le commun des mortels, c'est encore un "monstre".
Ce roman est donc un échec littéraire, parce qu’il ne répond pas au projet initial de l'auteur : il en est même l’opposé.

Le roman d'un bourreau nazi ordinaire, replacé dans son contexte historique comme le fait LITTEL, reste à écrire : mais est-ce possible ?

Alexandre Anizy

Le premier roman de Louis CARZOU

Publié le par Alexandre Anizy

On ne parle pas beaucoup des premiers romans en général. Notre note sur Orhan PAMUK nous a remis en mémoire celui de Louis CARZOU.

Nous avons eu le plaisir de discuter avec cet auteur au Salon du Livre du Touquet : c’est un homme courtois, d’origine arménienne, qui a la nostalgie de l’Orient lorsqu’il présente le merveilleux visage d’une mosaïque. Il travaille comme rédacteur en chef adjoint chez LCI : personne n’est parfait.

Son roman « la huitième colline » (éditions Liana LEVI 2006, 171 pages, 17 €) repose sur une construction solide et non linéaire : une histoire de famille s’appuyant sur le drame arménien, avec un personnage central bien cadré. Le style est soigné, ce qui rend la lecture agréable malgré la gravité du sujet historique.

Pour ceux qui ignoreraient tout du génocide arménien, ce roman pourrait aussi faire office d’un modeste préambule.

Alexandre Anizy

Orhan PAMUK n'a pas la grosse tête

Publié le par Alexandre Anizy

Pour commencer, il nous faut avouer que nous n’abordons jamais les écrivains en fonction des prix qu’ils ont obtenus, ce qui ne veut pas dire que nous méprisons les prix ou que nous doutons de leurs critères réels d’appréciation. Orhan PAMUK a reçu le Prix Nobel de littérature en octobre 2006 : cette Académie a vraiment couronné un grand écrivain.

Comme nous nous sommes un peu intéressés à l’histoire de la Turquie, un grand pays qu’il convient de ne pas négliger ni insulter, notre attention s’est portée sur cet écrivain contemporain dont on disait le plus grand bien dans la presse spécialisée. Nous avons donc découvert PAMUK en lisant son roman « mon nom est rouge » : un meurtre chez les miniaturistes turques. Un livre excellent que nous ne conseillerons pas pour une première approche de PAMUK.

Car dans ce cas de figure, c’est « neige » (Gallimard 2005, 486 pages) qui est préférable. L’histoire du retour d'un poète turc, exilé politique en Allemagne, dans la ville du bout d'Anatolie de Kars où des filles voilées se suicident, où un mini coup d'Etat est réalisé par une fraction de l'armée et surtout le 1er acteur ... ceci permet de dresser un tableau complexe de la Turquie d'aujourd'hui.

C’est le seul livre politique de PAMUK.

Pourtant, il vit en exil car il a reçu des menaces de mort : « (…) ceux qui me menacent ne lisent pas mes romans ! Ce sont mes propos, lors d’interviews, qui me valent ces agressions, et non mon travail d’écrivain. »
L’ambition de Orhan PAMUK est modeste : « (…) ma vision de ma vie : je n’entends pas diriger les consciences ; (…) écrire des histoires. »
« Soyons sérieux : le but de la littérature n’est pas de servir l’humanité. (…) en explorant le plus profond de l’âme humaine, il peut écrire des livres qui, d’une certaine façon, seront peut-être utiles à l’humanité. (…) Servir l’humanité est une conséquence, pas un but. »
« Je suis écrivain, pas commentateur. »
(extraits d’un entretien dans l’Express n° 2913 du 3 mai 2007)

Ne croyez pas que cet excès de modestie nuise à l’importance de cet homme : Orhan PAMUK est un grand écrivain.

Alexandre Anizy

 

Corinne MAIER et le "no kid"

Publié le par Alexandre Anizy

Nous apprécions les écrits de Corinne MAIER : une femme qui vit en Belgique et qui se moque des pièges à cons de mai sur son blog ne peut pas être antipathique.

D’ailleurs son livre « bonjour paresse » (Folio 2005, 5,32 €) nous plut en son temps, parce qu’elle avait su évoquer la comédie des relations humaines dans le monde de l’entreprise : un petit bijou d’humour, sans méchanceté. Son employeur de l’époque ne le trouva pas à son goût : il se couvrit de ridicule en lui cherchant des noises.

Aujourd’hui, Corinne MAIER sort un livre intitulé « no kid, quarante raisons de ne pas avoir d’enfant » (édition Michalon). Dans Libération du 5 juin 2007, elle expliquait ainsi sa démarche : « On baigne dans un tel angélisme : c’est forcément merveilleux d’avoir des enfants et il faut être de bons parents ! ». Elle ajoute : « Depuis 5, 10 ans, on subit un discours dominant et pathos sur la joie de la maternité. »
Elle n’a pas vraiment tort, n’est-ce pas ?

Concernant la maternité, le sens maternel, le rapport mère / nourrisson, etc., nous recommandons la lecture du livre iconoclaste de Eliette ABECASSIS « un heureux événement » (Albin Michel 2005, 220 pages) : ce livre nous a fait l'effet d'une commande, mais c'est bien fichu (on sent quand même le procédé narratif), alerte, drôle. On arrive vite au bout sans déplaisir. Par prudence, nous le déconseillons aux femmes enceintes !

Corinne MAIER, qui est une mère de famille (2 enfants), a pris les précautions d’usage pour ne pas embrigader des jeunes filles dans une voie qu’elles pourraient regretter beaucoup plus tard. En son temps, il nous semble que Simone de BEAUVOIR n’eut pas les mêmes égards avec ses lectrices.

L’engagement des intellectuels, c’est très bien. Mais lorsqu’il porte sur des choses parfois irréversibles (avoir ou ne pas avoir d’enfants ; partir au maquis ; etc.), nous devenons plus circonspects, voire carrément hostiles quand il s’agit par exemple des « va-t-en guerre ».

« Mourir pour des idées … d’accord, mais de mort lente ! » chantait Georges BRASSENS. C’est notre credo.

Alexandre Anizy

KENNEDY John Tool le charme de la conjuration

Publié le par Alexandre Anizy

Suite à notre note d'hier sur Douglas KENNEDY, il nous a semblé urgent de vous recommander ce livre.

Si vous n’avez pas encore lu « la conjuration des imbéciles » de John Tool KENNEDY, changez immédiatement votre programme de lecture pour inclure en 1ère ligne ce CHEF D’ŒUVRE.
Un dessin féroce de l’Amérique,
De l’humour, de l’ironie, du sarcasme, de l’irrespect à chaque page !
(Poche 10/18, 9,30€)

Alexandre Anizy

Post-scriptum :
Nous n’appliquons pas le programme d’un personnage de « la nausée » de Jean-Paul SARTRE. C.Q.F.D. par ce P-s.

KENNEDY Douglas le charme discret de l'Amérique

Publié le par Alexandre Anizy

Comme tout écrivain américain de qualité, Douglas KENNEDY vit en Europe (Londres et un peu de Paris), après un passage à Dublin. Depuis quelques temps, il nous est d’autant plus précieux que c’est un auteur sans éditeur aux USA : nous nous devons de le cajoler, car il le mérite bien de toute façon.

Puisqu' on parlait beaucoup de lui dans les milieux bien informés, nous décidâmes de le découvrir en commençant par son 1er livre, dont le titre est « cul-de-sac » (folio policier n° 421, avril 2006) : c’est une sorte de huis clos dans le bush, mais nous sommes loin de Arthur UPFIELD. De l’originalité et un bon travail.

Avec « les charmes discrets de la vie conjugale » (édition Belfond, septembre 2005, 21€), il a changé de catégorie bien sûr. L’originalité et la construction romanesque minutieuse se sont affirmées : le rythme est juste, la profondeur psychologique des personnages s’est étoffée … et le plaisir de lire est au rendez-vous.

Comme il vient de publier « la femme du Vème », vous pouvez goûter à un de ses précédents livres pour la mise en bouche : vous choisirez la toile de fond en fonction de votre envie du moment.

Alexandre Anizy