Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ivo Andrić dans la Pléiade, crénom !

Publié le par Alexandre Anizy

Grâce à deux romans extraordinaires, dont nous offrons ici des échantillons pour en goûter la prose, Ivo Andrić devrait selon nous entrer dans la Pléiade.

 

« Ainsi l’homme fraude avec lui-même et devient avec le temps de plus en plus et sans fin débiteur envers lui-même et envers tout ce qui l’entoure. » (La chronique de Travnik, éditions Motifs, juin 2011, p.36)

« Cela signifiait que tous les chemins ne faisaient avancer les hommes qu’en apparence, qu’en réalité ils les faisaient tourner en rond, comme les labyrinthes trompeurs de contes orientaux, et ils l’avaient finalement conduit là, parmi ces papiers froissés et ces brouillons en désordre, en un point où le cercle recommençait, comme à chaque autre point de ce cercle. Cela signifiait qu’il n’existait pas de voie médiane, ce chemin bien droit qui menait à la stabilité, à la tranquillité et à la dignité, mais qu’en réalité tout le monde tournait en rond, en suivant toujours le même chemin trompeur, et que seuls changeaient les gens et les générations qui, trompés en permanence, avançaient sur ce chemin. (…) On avançait, c’était tout. Et avancer n’avait de sens et de dignité que si l’on savait trouver ce sens et cette dignité en soi. Point de chemin, point de but. On avançait, c’était tout. On avançait, on se fatiguait, on s’usait. » (Idem, p.653)  

 

 

« Il arrive en effet que survienne une de ces années exceptionnelles dues à l’action conjuguée et particulièrement bénéfique de la chaleur du soleil et de l’humidité de la terre, lorsque la large vallée de Višegrad frémit d’une force débordante et d’un besoin général de féconder. La terre se gonfle et tout ce qu’elle renferme encore de vivant germe, bourgeonne, se couvre de feuilles et de fleurs et donne au centuple. On voit clairement le souffle de fécondité, on le voit vibrer comme une vapeur bleuâtre au-dessus de chaque sillon et de chaque motte. Chèvres et vaches lancent des ruades et se déplacent avec peine à cause de leurs mamelles pleines et gonflées. Les ablettes, qui chaque année au début de l’été descendent le Rzav par bancs entiers pour frayer à son embouchure, affluent en telle quantité que les enfants les attrapent par seaux dans les bas-fonds, puis les rejettent sur la berge. Même la pierre poreuse du pont se gonfle d’humidité, comme si elle était vivante, nourrie de cette sorte de vigueur opulente qui émane de la terre et plane sur toute la ville comme une chaleur agréable et joyeuse dans laquelle tout respire plus vite et s’épanouit avec plus d’exubérance.

De tels étés ne sont pas fréquents dans la vallée de Višegrad.

Mais lorsque cela arrive, les gens oublient tous les malheurs qu’ils ont connus et ne pensent pas à ceux qu’ils pourraient encore connaître, ils vivent de la vie trois fois plus intense de cette vallée touchée par une fécondité miraculeuse et ne sont eux-mêmes qu’une part du jeu de la chaleur, de l’humidité et de la sève débordante. » (Un pont sur la Drina, poche biblio, p.312)

 

Substance de Matthias Marc

Publié le par Alexandre Anizy

            Hubert-Félix Thiéfaine l’a chantée, Matthias Marc l’a sublimée !

Nous parlons du mets franc-comtois par excellence, la cancoillotte, que vous trouverez en commençant le menu vibration (en 7 temps) du chef Matthias Marc dans son repaire parisien : un plat-signature d’une texture originale (le velouté du fromage enrobant le craquant iodé d’œufs de truite). L’artiste enchaîne avec des gnocchis à la saucisse de Morteau, des Saint-Jacques en 3 notes (une composition subtile), un ris de veau onctueux… Le bonheur il est là, y’a pas à tortiller !

 

En substance

Nous étions,

La confiance

Par billions !  

Par Matthias

Nous fumons :

Il enchâsse  

Le Dragon !

 

Alexandre Anizy  

 

Coeur de Jules Supervielle

Publié le par Alexandre Anizy

Coeur

 

Suffit d'une bougie

Pour éclairer le monde

Autour duquel ta vie

Fait sourdement sa ronde,

Coeur lent qui t'accoutumes

Et tu ne sais à quoi,

Coeur grave qui résumes

Dans le plus sûr de toi

Des terres sans feuillages,

Des routes sans chevaux,

Un vaisseau sans visages

Et des vagues sans eaux.

 

Mais des milliers d'enfants

Sur la place s'élancent

En poussant de tels cris

De leurs frêles poitrines

Qu'un homme à barbe noire,

― De quel monde venu ? ―

D'un seul geste les chasse

Jusqu'au fond de la nue.

 

Alors de nouveau, seul,

Dans la chair tu tâtonnes,

Coeur plus près du linceul,

Coeur de grande personne.

 

Jules Supervielle

(Oeuvres poétiques complètes, La Pléiade)

 

 

Le déluge de Dolores Redondo

Publié le par Alexandre Anizy

            Le talent peut-il jaillir sans travail ?

 

Nous ne le pensons pas et En attendant le déluge, le dernier opus de Dolores Redondo (Gallimard, 2024), en fait une nouvelle fois la démonstration (lire ici ).   

Au diable la redondance, parce que Redondo le vaut bien ! 

 

Alexandre Anizy  

 

La halle aux grains de Michel et Sébastien Bras

Publié le par Alexandre Anizy

A l’occasion de l’exposition Arte povera, nous sommes revenus à la Bourse du commerce quarante années plus tard. A l’époque, elle hébergeait un établissement de la chambre du commerce et de l’industrie de Paris, ce qui n’empêchait pas, malgré l’effervescence régnante, de deviner la majesté du bâtiment. Si les temps ont changé, n’est-ce pas un retour à sa destination originelle ?

Quoi qu’il en soit, le lieu a retrouvé une splendeur augmentée grâce au travail de l’architecte japonais Tadao Ando, dont le principe nous rappelle le musée Guggenheim de New York.

 

Arte povera nous enchanta, forcément : les arbres de Guiseppe Penone, les miroirs de Michelangelo Pistoletto…

 

Au dernier étage de l’édifice, Michel et Sébastien Bras ont logé un restaurant-café pour rassasier prosaïquement les visiteurs après leur festin spirituel. Mais là aussi, quel talent sans chichi ! En entrée, la maîtrise de la cuisson d’une endive ; en plat, l’alliance subtile des produits autour d’un poisson de Saint-Jean-de-Luz ; en apothéose, la légèreté d’un dessert mêlant chocolat, riz soufflé, banane et cardamome.  

Au fait, commencez par le cocktail maison à base de coing !

 

Alexandre Anizy  

 

Sandrine Rousseau vote contre l'abrogation de la loi scélérate de retraite à 64 ans

Publié le par Alexandre Anizy

            Sans vergogne, Sandrine Rousseau s’est rangée dans le camp antisocial.   

Comment devient-on une parlementaire pourrie sous couvert d’une douteuse « pureté idéologique » ? La semaine dernière en Commission des affaires sociales*, la députée de la 9ème circonscription de Paris Sandrine Rousseau a voté contre la proposition d’abrogation de la loi scélérate de retraite à 64 ans.

Tout simplement en s’abstenant, ses collègues du soi-disant Nouveau Front Populaire (LFI, PS, EELV) ont carrément enterré la proposition.

 

Avec des élus de cet acabit, les gens de peu pourront crever au boulot.   

 

Alexandre Anizy  

 

Source : Les Echos du 24 octobre 2024, Hadrien Valat.

 

 

Portrait du médiocre Michel Barnier

Publié le par Alexandre Anizy

            La Bruyère avait raison !

 

« Les esprits justes, doux, modérés, (…) vont jusques à un certain point qui fait les bornes de leur capacité et de leurs lumières ; ils ne vont pas plus loin, parce qu’ils ne voient rien au-delà ; ils ne peuvent au plus qu’être les premiers d’une seconde classe, et exceller dans le médiocre. »

La Bruyère, Les caractères, dans Œuvres complètes, La Pléiade, 2009, page 88.  

 

« Il y a des gens qui parlent un moment avant que d’avoir pensé. Il y en a d’autres qui ont une fade attention à ce qu’ils disent, et avec qui l’on souffre dans la conversation de tout le travail de leur esprit ; ils sont comme pétris de phrases et de petits tours d’expression, concertés dans leur geste et dans tout leur maintien ; ils sont puristes, et ne hasardent pas le moindre mot, quand il devrait faire le plus bel effet du monde ; rien d’heureux ne leur échappe, rien ne coule de source et avec liberté : ils parlent proprement et ennuyeusement.

La Bruyère, Les caractères, dans Œuvres complètes, La Pléiade, 2009, page 155. 

 

En permanence les glaviots du tartuffe Boris Vallaud

Publié le par Alexandre Anizy

Le tartuffe Boris Vallaud passe à confesse et pleure misère.

 

Ayant hérité d’une circonscription en or (celle du député mitterrandien Henri Emmanuelli), l’énacrate Boris Vallaud a failli dégager le 7 juillet 2024. Comme ses complices, il ne comprend pas l’ingratitude des électeurs, lui qui a tant fait pour les gens de peu selon ses dires.

Mais la vérité finit par se savoir, même à Saint-Sever. Il est difficile de se dédouaner quand on a fait partie de l’équipage élyséen du culbuto molletiste François Hollande, comme le bankster Macron : lire notre ancien billet http://www.alexandreanizy.com/2019/10/8.les-tartuffes-socialistes-boris-vallaud.html

 

Risquant de recevoir le boulet de la défaite aux prochaines législatives, le parisien Boris Vallaud se met en scène en racontant la misère de France qui se déverse dans sa permanence électorale. De toute cette souffrance, le haut fonctionnaire puis député Vallaud n’y est pour rien, bien sûr. Oh ! Il fut bien malhabile à ses débuts parlementaires, tant il était encombré de lui-même… mais maintenant il sait : fi de la politique ! Il prône une démocratie fraternelle. « On me dira que la fraternité n’est pas un projet politique ? Je crois au contraire que c’est le seul qui vaille. » Plus de politique, pas de promesses, juste de l’amour ! Boris parle comme l’abbé Pierre !

 

Voilà le nouveau sermon du tartuffe Vallaud pour endormir les petites gens, comme le fait si bien sa Pimprenelle. Hélas ! Le mot socialiste continuera à sortir de la bouche de ce faux curé, comme autant de glaviots sur les tombes des Communards.

 

Alexandre Anizy  

 

Ce que l'on sait de Didier Migaud

Publié le par Alexandre Anizy

            Didier Migaud est un apparatchik pistonné portant le badge PS de la ligue libérale-radicale.  

 

 

Extrait de notre billet du 20 avril 2020 (lire ici ).

 

            Avant de diriger la Cour des Comptes, le politicard Didier Migaud avait déjà montré son obsession de la rigueur budgétaire. Il est le coauteur de la Loi organique relative aux lois de finances (2001), qui prétend notamment améliorer l'efficacité de l'Etat grâce à une logique d''objectifs et de résultats. L'Etat doit être géré comme une entreprise, c'est la doxa des hommes du Pouvoir. Le problème, c'est que Didier Migaud ne connaît rien au monde de l'entreprise.

Né en 1952, fils du notaire de Château-Chinon chez qui François Mitterrand dînait parfois (3), Didier Migaud, diplômé de Sciences Po Lyon et titulaire d'un DESS de droit public, finit donc ses études vers 1975 (quid du service militaire ?) et entre sur recommandation du francisquain Mitterrand dans le cabinet de Louis Mermaz (un fidèle du bourgeois de Jarnac) ; il grandit sous l'aile de son patron et devint député en 1988, etc.

Didier Migaud est un apparatchik pistonné portant le badge PS de la ligue libérale-radicale qui, bien qu'il ne connaisse pas l'entreprise, a voulu en appliquer le bréviaire managérial dans l'Etat. Sait-il au moins aujourd'hui le fondement nazi de cette théorie du management ? (lire ici )  L'ignorance doublée d'incompétence sera couverte du manteau de la vertu. 

            Seulement voilà, en matière de vertu, le vulgum pecus découvre dans le Canard enchaîné (4) l'autre visage débectant de Didier Migaud : parce qu'il peut déjà prétendre à 3 pensions de retraite (conseiller régional, député, 1er président), l'infâme a des "exigences" en matière de pognon pour prendre la présidence de la HATVP (7.033 euros bruts mensuels + indemnité de fonction de 9.500 euros nets par an) en quittant la Cour des Comptes, où il touchait 14.500 euros nets par mois, avec secrétariat particulier, abonnement téléphonique professionnel et salle à manger privative. Hors-sol depuis 1988, ce personnage n'est plus en capacité de comprendre l'obscénité de ses exigences.

            Pour Didier Migaud et l'élisphère, l'austérité c'est bon pour l'Etat et les gens de peu.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Ce rapport est disponible sur la Toile : fichier nommé 59342_grippe_A_H1N1.pdf.

(2) Louis Hausalter, Marianne du 17 avril 2013. Excellent article.

(3) Dixit Didier Migaud dans l'article publié par l'imMonde du 9 février 2010.

(4) Canard enchaîné du 19 décembre 2019, repris par le blog librejugement.org

 

 

Un autre eden pour James Lee Burke

Publié le par Alexandre Anizy

Il y avait longtemps que nous n’avions pas lu un « noir mélancolique » de James Lee Burke, sans doute l’un des plus grands auteurs américains du genre (lire ici ). Un autre eden (Rivages noir, 2024) nous permit d’en retrouver la patte.

Hélas, si le versant psychologique y est soigné, le versant surnaturel masque la débilité de l’affaire en nous ennuyant. De plus, malgré la palanquée de personnes remerciées par l’auteur, il est navrant de voir une Mustang rouge (c’est au mitan des années 1960 que Ford sortit cette voiture ; p.27/222), quand la présentation de l’ouvrage situe l’action au début des années 1960… Ce n’est pas sérieux.

Oublions vite cet opus, peut-être alimentaire.  

        

Alexandre Anizy  

 

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>