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Jean-Claude Juncker : le futur parrain de l'Union Allemande (i.e. UE)

Publié le par Alexandre Anizy

            Depuis plus d'un mois, Mutti Merkel est à la manœuvre pour imposer son homme à la tête d'une Commission européenne qui sera à la pogne de l'Allemagne.

            Qui est Jean-Claude Juncker ?

            Depuis 20 ans, c'est le patron du paradis des voyous fiscaux, i.e. le Luxembourg.

 

            Cette nomination sera hautement symbolique.

 

 

Alexandre Anizy

 

L'Europe est morte à Pristina en 1999 selon Jacques Hogard

Publié le par Alexandre Anizy

            Le témoignage titré L'Europe est morte à Pristina, que vient de publier le colonel Jacques Hogard [son grade au moment des faits] sur la guerre au Kosovo (printemps - été 1999), apportent quelques informations sur les agissements de nos "amis américains, britanniques et allemands" (Hugo & Cie, mai 2014, livrel à 7,49 €).

 

            A partir du 14 mars 1999, Jacques Hogard est un observateur de qualité puisqu'il est en première ligne :

« Mon groupement est constitué d'éléments d'élite de l'armée française, appartenant tous aux forces spéciales : parachutistes du 1er RPIMa, commandos Marine "Hubert" et "de Montfort", commandos parachutistes du CPA n° 10, et équipages avec leurs hélicoptères Puma, du DAOS et de l'ESH. »

Ces gens-là ne sont pas des enfants de choeur. Il constate alors vite :

« (...) malgré toutes les vertueuses protestations à l'époque de mon chef britannique, le brigadier [général de brigade, ndAA] Mason, que Britanniques, Américains et Allemands laissent au Kosovo lors du retrait de la Kosovo Verification Mission (KVM) le 20 mars un nombre important de leurs soi-disant "observateurs", afin de porter assistance aux rebelles albanais de l'UCK en grande difficulté face à l'armée serbe. »

Il dit aussi qu'à partir de 1996, les maffieux de l'UCK (« ... Agim et Ekrem Gashi, Xhavit Haliti, Sabit Gashi (futur "ministre" de la culture (!) du pseudo gouvernement d'Hashim Thaçi et proxénète notoire), etc. Ces parrains aux objectifs initiaux évidemment plus maffieux que politiques ...») commencent leur essor

« ... et d'instruire les premiers "combattants", sous l'égide du BND, les services spéciaux allemands. L'Allemagne, forte de ses succès de 1992 en Croatie et en Slovénie, cherche en effet par tous les moyens à affaiblir la Yougoslavie. Et puis, n'a-t-elle pas une forte tradition historique de soutien à la cause albanaise ? » [référence à la collaboration des Kosovars au régime nazi]

En une phrase, Hogard rappelle que l'Allemagne a assisté la Croatie et la Slovénie, notamment en les armant comme le relevait dès 1991 le général français Gallois. Mais en fait, dès 1979 l'Allemagne, avec à la tête du BND un Klaus Kinkel qui deviendra ministre des Affaires étrangères en 1993, active les nationalistes croates de l'intérieur et de l'extérieur.

 

            Autrement dit, et pour aller à l'essentiel du propos de Jacques Hogard, la négociation de paix à Rambouillet fut pire qu'une fumisterie, un traquenard pour justifier la guerre contre la Serbie, comme nous l'avions déjà vu, notamment avec Stanko Cerović (Dans les griffes des humanistes, Climats, janvier 2001, 317 pages, 21,34 €) :

            http://www.alexandreanizy.com/categorie-1215229.html   (2008)

            (concernant l'Ukraine de 2014, lire la conclusion prémonitoire de cet article)

 

            Nous comprenons l'amertume du soldat Hogard, mais il se trompe quand il pense que l'Europe est morte à Pristina en 1999. L'idéal européen est mort en 1991 lorsque l'éclatement de la Yougoslavie a commencé sous la poussée germanique et américaine. Il n'y a que le francisquain Mitterrand, un vieux monsieur malade ivre du pouvoir et du luxe de la monarchie républicaine, pour ne pas l'avoir compris ou l'avoir sciemment ignoré en misant sur la fuite en avant de l'euro, que l'Allemagne a retournée à son avantage. C'est ce que nous écrivions déjà en décembre 2007 :

            http://www.alexandreanizy.com/article-14316222.html  

 

 

Alexandre Anizy

 

La confrérie de Jerusalmy

Publié le par Alexandre Anizy

            Après une vie militaire bien remplie, Raphaël Jerusalmy se lance dans d'autres activités, dont le commerce de livres anciens. C'est sans doute à cause de cette affaire qu'il eut l'idée de son deuxième roman titré La confrérie des chasseurs de livres (Actes Sud, août 2013, 316 pages, 21 €).

 

            Dans ce roman d'aventures, Jerusalmy plonge le poète François Villon dans une aventure abracadabrantesque. C'est pourquoi, malgré un style et un canevas irréprochables, on ne parvient pas à le prendre au sérieux. Dommage pour Villon !

 

 

Alexandre Anizy

 

A la découverte d'Emile Moselly

Publié le par Alexandre Anizy

            En 1907, Emile Moselly publiait Jean des Brebis ou Le livre de la misère (en livrel gratuit d'excellente facture chez Bibebook), un recueil de six nouvelles relatant les conditions de vie du bon peuple de France.

 

            Jean des Brebis dépeint un moment de l'existence d'un pâtre lorrain :

« Cette année-là, la fête du Comice agricole devait se célébrer à Sexey-aux-Groseilles et le paisible village était en révolution.

C'était un grand honneur pour le petit bourg, joliment situé au bord de la Meuse claire, au bas d'un coteau planté de vignes, parmi les prairies dont le velours tendre s'étendait sans un pli au fond de la vallée. »

Le village est en effervescence, et Moselly de ramener le lecteur à la réalité sociale par une description sans fioritures mais de haute tenue littéraire  :

« Et de temps en temps arrivaient aussi des chariots remplis de paille, descendus des plateaux lorrains où le sol est maigre, où la vie est chétive et misérable. Revêtus d'une couche de boue desséchée, ceux-là étaient traînés par de pauvres haridelles, des bidets au poil jaune et hérissé, où n'avait jamais passé la tondeuse, et qui avaient l'air, sous leur rude toison, de chevaux cosaques. Les harnais étaient rafistolés tant bien que mal avec des bouts de ficelle, et les paysans qui les conduisaient étaient rudes et pauvres, vêtus de coutil mince à bon marché, et leurs cheveux blonds, décolorés comme une filasse, leurs barbes rudes, le poil boueux des chevaux, tout cela avait la même teinte misérable et terne, la teinte des chaumes détrempés par la pluie, dont la fuite monotone emplit l'immensité des champs, par les soirs d'automne humides et frissonnants, alors que de longues flaques d'eau s'allument vaguement au creux des sillons d'argile. »

Le pâtre intelligent, que la nature n'a pas physiquement gâté, a contribué à l'élection du député Arsène Mitouret (longtemps vétérinaire) en faisant campagne pour lui. Il va découvrir l'ingratitude et le mépris de classe.

« Enfin, il venait, LUI, le député, l'Arsène Mitouret, comme on chuchotait dans la foule : un bel homme, très jeune, qui portait beau, avec une belle barbe blonde qui enveloppait son visage d'un nuage doré. Le plastron largement échancré de son gilet laissait voir la chemise de lingerie fine magnifiquement barrée par un ruban tricolore.»

L'Arsène, ce gentleman bonimenteur, fait son discours de comices, déjà en vue des prochaines échéances électorales, tenant « haut et ferme le drapeau des revendications agricoles ». L'Arsène, il nous rappelle le culbuto molletiste Hollande lorsqu'il ciblait son adversaire (« la Finance ! », vous souvenez-vous ?) dans un spectacle ignominieux.

 

            Nous vous invitons à découvrir Emile Moselly et la chute de son histoire.

 

 

Alexandre Anizy

La reprise de Maurice Genevoix

Publié le par Alexandre Anizy

            Bientôt sur les tables des librairies, les ouvrages de Maurice Genevoix vont réapparaître, puisque nous allons commémorer le centenaire du commencement de la Grande Boucherie de 14-18. Nous espérons que les éditeurs auront le bon goût de promouvoir ses romans et récits de la Loire (1), ne serait-ce qu'en format livrel comme l'est déjà Raboliot ?

 

            Longtemps nous nous sommes tenus à l'écart de cet académicien qui fut secrétaire perpétuel de la respectable institution, quand nous n'étions qu'un jouvenceau ruant dans la naphtaline ! Le temps ayant fait son œuvre, il nous plaît aujourd'hui de souligner ce talent-là.

 

            Faisons simple en citant l'incipit de Raboliot :

            « Depuis la veille, l'œillard de l'étang, grand ouvert, tirait : cela faisait à la surface de l'eau un entonnoir aux parois luisantes, un tourbillon tranquille et fort, si continûment régulier qu'il apparaissait immobile. Mais, par instant, quelque feuille morte, quelque brindille de jonc flottante, aspirée d'un attrait invincible, accélérait son glissement peu à peu, et, basculant soudain, s'engouffrait en chute vertigineuse. »

 

            Bon Dieu quel style ! Et tout à l'avenant ! Alors, ne boudez pas ce plaisir.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Rassemblés dans la collection Omnibus, 1184 pages, 25 €.