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L'absurdité de Cheng

Publié le par Alexandre Anizy

            Sisyphe à la mode de François Cheng. 

 

 

Creuser vers la profondeur du dedans,

C'est affronter les défis du dehors.

Plus on gravit la transcendance sans nom,

Plus on appréhende en soi le sans-fond.

 

 

François Cheng

(Enfin le royaume, Gallimard, mars 2018)

  

Ambulance haïku de Richard Brautigan

Publié le par Alexandre Anizy

            A bien y réfléchir, il y a un poème de Brautigan pour chaque moment de l'existence.

 

 

Ambulance haïku    

 

Un morceau de poivron vert

            est tombé

du saladier en bois :

            et alors ?

 

 

Richard Brautigan

(C'est tout ce que j'ai à déclarer, Le Castor astral, édition bilingue, novembre 2016)

Ali Zamir n'est pas Dérangé

Publié le par Alexandre Anizy

            Le monde francophone a besoin d'un espace de dialogues et d'échanges, où chacun pourrait plus facilement découvrir des créateurs comme Ali Zamir.

 

 

            Grâce à un journal pas forcément culturel, nous apprîmes qu'Ali Zamir, écrivain comorien bourré de talent, venait de publier son troisième roman, titré Dérangé que je suis (Le Tripode, hiver 2019, 17 €).

            « Le ciel n'était qu'un monde majestueusement illuminé par ces nymphes autour de l'astre de la nuit. Ce soir-là, la lune aveuglait le regard et moi, je n'étais qu'un grain, un pépin qui flottait dans un océan. Mon regard était captivé par cet éblouissement, ma pensée capturée comme une proie, mon corps laissé comme un objet aux côtés des Pipipi. » (p.133) (1)

            Tout le livre est à l'avenant : un style magnifiquement ciselé. La langue est si bien travaillée que le texte vire à la préciosité, puisque l'architectonique est ténue. Pourtant, Dieu sait que la situation comorienne génère bien des misères et des injustices, autrement dit des drames. Alors ne désespérons pas : puisque le zéphyr de la bienveillance a déjà touché Zamir, viendra le moment de la restitution de son humaine compréhension.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) La répétition de regard gâche un peu le paragraphe.

 

Correspondance de Ginsberg

Publié le par Alexandre Anizy

            Quelque chose (en nous) de Ginsberg.

 

 

Chaque jour

 

Le Lama était assis

dans son lit

avec son gratte-dos

en bambou

son dentier

dans un grand

verre d'eau

posé au soleil

sur l'appui de la fenêtre

 

Allen Ginsberg

(Poèmes, Christian Bourgois éditeur, novembre 2012)