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181 articles avec notes generales

Chez Marco Garfagnini au château de Noirieux

Publié le par Alexandre Anizy

            Pour un dîner et une nuitée dans le 49, retenez le Noirieux.

 

            Si vous flânez dans le Maine-et-Loire, il est une adresse où le temps s'écoule paresseusement : le château de Noirieux à Briollay. Membre étoilé d'une confrérie de relais, il en honore le catalogue.

            Laissant la chapelle aux cathos qui font florès dans cette contrée, nous avons pleinement profité de la chambre embaumée, non sans avoir préalablement goûté à quelques plats du chef Marco Garfagnini :

* une poêlée de foie gras en millefeuille (un régal !) ;

* un ris de veau au fenouil (cuisson parfaite de la viande et du légume) ;

* baba au limoncello (un délice).

Pour accompagner ce repas, beaucoup d'eau évidemment, et sur le conseil du sommelier, un Rouge bio (1) de Vendée : La Chaume, Bel Canto 2015. Un vin de table de qualité.    

 

            On aurait aimé y rester plus longtemps, c'est vous dire...

 

Alexandre Anizy

 

(1) une carte des vins avec pas mal de vins bio : bravo ! (ras le gosier des produits abondamment pesticidés !)

Gérard Bossé dans son île angevine

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans le centre d'Angers, rendez-vous chez un Big Chief  : Gérard Bossé.

             De retour en Anjou, il eût été presque indécent que nous ne goûtassions point la cuisine proposée par Gérard Bossé dans son restaurant étoilé : une île.

            Que dire, sinon que son menu dégustation est un enchaînement de saveur et une démonstration sans affèterie d'une maîtrise totale du métier : les bons produits valorisés par la technique du Chef.  

 

Alexandre Anizy

 

 

Le Favre d'Anne est un havre

Publié le par Alexandre Anizy

            Où découvrir une saveur angevine ?

            Le chef Pascal Favre d'Anne possède un talent que nous apprécions particulièrement : la mise en assiette. Il sait colorer ses créations culinaires : les variations harmonieuses défilent sans temps mort sur la table soigneusement dressée dans un décor sage.

            Faut-il évoquer le faux pas de ce ballet gastronomique ? Oui. Si le Jurançon fruité titilla agréablement les papilles, le Châteauneuf-du-Pape agît comme un rouleau compresseur...

            Le Favre d'Anne est un havre de saveur dans la cité angevine. 

 

Alexandre Anizy

Dans le mille au Lucas Carton

Publié le par Alexandre Anizy

Le premier des talents est sans doute celui d'oser affirmer qu'on en regorge. Le jeune chef Julien Dumas l'a, en plus de celui qu'il démontre au Lucas Carton.

En cette belle journée d'octobre, dans le menu Dégustation du Lucas Carton nous avons savouré un foie gras subtilement préparé, accompagné d'un Riesling Kabinett Sonnenuhr 2013 (Moselle allemande) de grande qualité, comme le rouget qu'un chablis ne peut pas mettre en lumière. Passons vite sur le pigeon en harmonie ordinaire avec un Côtes du Rhône, pour évoquer la finesse du premier dessert (une assiette noire ou rouge foncé soulignerait mieux la blancheur).

Si Julien Dumas mérite son ♠ et qu'il œuvre pour en conquérir un deuxième, il pourrait obtenir un ♠♣ s'il valorisait plus les végétaux. D'ailleurs pour se différencier, dans un contexte d'excès de protéines animales dans l'alimentation et dans la perspective d'une future pénurie alimentaire, pourquoi ne s'attèlerait-il pas à la création d'un plat novateur à base d'insectes... ?

Alexandre Anizy

Alessandro Pascali au Furnirussi Tenuta dans les Pouilles

Publié le par Alexandre Anizy

Entre Lecce et Otrante (Serrano, précisément), découvrez un havre de paix où officie le Chef Alessandro Pascali (♣).

Dans le Salento, campagne pouilleuse où l'on peut voir les ravages de la bactérie Xylella fastidiosa dans les champs d'oliviers, il existe un domaine agricole spécialisé dans la figue au cœur duquel se loge un hôtel d'une simplicité luxueuse, le Furnirussi Tenuta : dans cet antre règne Alessandro Pascali, un jeune Chef bourré de talent (♣) (1).

Alain Ducasse, avec qui le maestro italien a travaillé à Saint-Tropez, a retenu cette adresse dans sa Châteaux&Hôtels Collection.

Alexandre Anizy

(1) Dans ses plats, Alessandro Pascali joue beaucoup avec les saveurs des végétaux ― chez lui, la règle des 3 saveurs de Bernard Loiseau n'est pas de mise ―, mettant aussi en valeur les poissons et les viandes, sans parler des pâtes ! Dans notre tableau gastronomique (très limité et très subjectif), il obtient un ♣ (sur une échelle de 3).

A titre de comparaison, L'atelier de Robuchon Drugstore Etoile n'obtient qu'un ♣ parce qu'il ne met pas assez en valeur les végétaux.

L'affaire Bismuth Sarkozy sur la balance de Patricia Simon

Publié le par Alexandre Anizy

Dans l'affaire des écoutes téléphoniques qui perturbe le rebond politique de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, quelle ne fut pas notre surprise en voyant le nom de Patricia Simon, redoublée par la lecture d'un article dithyrambique frisant l'hagiographie dans l'iconoclaste quotidien néoconservateur : en effet, au regard de certaines performances passées de ce magistrat, on peut se demander si la vérité y trouvera son compte, sachant que le droit conçoit toujours le sien.

Par exemple, en novembre 2009, dans le procès des marchés truqués des Hauts-de-Seine, dont les services du Conseil Général sous l'autorité directe d'une certaine Isabelle Balkany (bien connue à l'Elysée sous Sarkozy de Nagy Bocsa) sont visés par les magistrats, le procureur Philippe Courroye (bien connu à l'Elysée sous Sarkozy de Nagy Bocsa) n'a retenu que le favoritisme et la prise illégale d'intérêt, écartant les accusations d'escroquerie et de détournement de fonds publics et ne poursuivant in fine que des exécutants. Mais que pouvait faire le juge d'instruction Patricia Simon dans cette affaire commencée en l'an 2000, face à une Police Judiciaire qui perd en avril 2007 une pièce à conviction importante, face à une Direction nationale des investigations financières (DNIF) qui renâcle à l'accompagner pour une perquisition à la mairie de Levallois (le repaire du couple Balkany) ? Y en a qui vont chercher la croissance avec les dents (disait-il), et puis d'autres... allez savoir : des années de travail judiciaire pour en arriver à la condamnation de lampistes. Quel succès !

Voici ce qu'écrivait récemment un médiacrate :

« La justice fait peur par l'insupportable longueur de ses procédures, par l'arbitraire de sa coercition, notamment la mise en détention provisoire, et par l'aléatoire de ses décisions. La justice fait peur, parce que les instructions semblent trop souvent menées à charge, et les tribunaux, trop rarement impartiaux. La justice fait peur, enfin, parce qu'elle ne cesse d'apparaître comme une institution politisée.» (Express n° 3273 du 26 mars 2014)

Si même Christophe Barbier le dit sans appel, on comprend la peur des honnêtes gens lorsqu'ils sont confrontés à l'institution judiciaire.

Pour illustrer cette peur, prenons par exemple une affaire du tribunal de grande instance de Nanterre (références : Parquet 0525738005, Instruction 14/06/1) : lorsque le juge d'instruction Patricia Simon émet précipitamment une ordonnance de refus d'informer le 10 avril 2006, la Chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Versailles,

« Considérant que le juge d'instruction régulièrement saisi d'une plainte avec constitution de partie civile a le devoir d'instruire (...) qu'il ne peut se limiter à un examen abstrait de la plainte faisant suite à une seule audition de la partie civile (...) » (Arrêt n° 803 du 18 octobre 2006),

infirme cette ordonnance et fait retour de la procédure au même juge d'instruction. En langage profane, on dirait que Versailles demande à Patricia Simon de travailler un peu plus.

Chacun devine ou apprend à ses dépens qu'il ne faut jamais confondre la justice avec la vérité judiciaire, au royaume républicain de France comme ailleurs. Que croyez-vous qu'il arrivât au deuxième round de cette affaire de Nanterre ? Après avoir rempli le dossier de paperasses prouvant qu'il y avait bien eu cette fois-ci enquête et confrontation, donc une recherche formelle de la vérité, le juge d'instruction Patricia Simon émit derechef une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire (22 novembre 2007), dans laquelle figure cette fois un surprenant mensonge,

« (...) et que par ailleurs la demande d'acte ne répond pas aux prescriptions légales en ce qu'elle n'est pas adressée par voie recommandée, elle sera rejetée (...) »,

ce que la Chambre d'instruction de la Cour de Versailles, dans son Arrêt rendu le 27 mai 2008 reconnut timidement de la sorte :

« (…) le magistrat instructeur par ordonnance en date du 22 novembre 2007 (…) indiquait également, à tort, que la demande n'avait pas été déposée dans les formes légales. »

Sur ce constat navrant, la partie civile lâcha l'affaire, considérant comme le grand juriste Jack Lang qu' « Il y a trop de relents d'Ancien Régime dans le système pénal français (...) » (Libération du 30 décembre 2008).

Le magistrat Patricia Simon connaît son droit, c'est entendu, mais les résultats obtenus ainsi que les remarques de ses pairs montrent que, parfois, il semble manquer de cette ferveur républicaine nécessaire pour dépasser les pesanteurs sociologiques d'un pays sclérosé. Comme le soutient le courant américain du "réalisme juridique" (sociological jurisprudence), « l'acte de juger est avant tout le produit d'une activité humaine pratique » (Des juges sous influence, numéro 2015/4 de la revue Cahiers de la justice, coédition Ecole Nationale de la Magistrature - Dalloz), et comme l'exprime à sa façon l'avocat Jean-Pierre Mignard (un ami de l'hôte élyséen d'aujourd'hui), « le problème c'est que dans la hiérarchie du parquet, plus on monte et plus le cerveau judiciaire disparaît derrière le cerveau politique ! » (Monde daté du 16 octobre 2009).

C'est pourquoi nous pensons que le juge d'instruction Patricia Simon, avec son savoir-faire, est une bonne pioche pour le néoconservateur Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa : l'arrêt de la Cour d'appel en mai 2016 en est la première manifestation.

http://www.alexandreanizy.com/2016/05/dans-l-affaire-bismuth-sarkozy-commence-a-s-en-sortir.html

Alexandre Anizy

Dans l'affaire Bismuth, Sarkozy commence à s'en sortir

Publié le par Alexandre Anizy

Patatras pour les juges Patricia Simon et Claire Thépaut !

L'affaire Bismuth (corruption et trafic d'influence à la Cour de Cassation) était la seule qui risquait de couler le néoconservateur Sarkozy de Nagy Bocsa en l'empêchant de se présenter comme candidat : l'obstacle vient de s'effondrer grâce à l'irrégularité commise par les juges Patricia Simon et Claire Thépaut.

En effet, la Cour d'Appel estime dans son arrêt que « les juges d'instruction ont commis un excès de pouvoir qui fait nécessairement grief aux intérêts des parties », parce qu'elle considère que la suspension de l'information a couru jusqu'au 22 mars 2016 : les convocations de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa et de Thierry Herzog les 8 octobre et 20 novembre 2015 étaient donc irrégulières.

L'instruction reprend avec une convocation au début de juin.

Dans une affaire aussi sensible, il est bon de se demander pourquoi les juges d'instruction Patricia Simon, qui n'est donc pas la "crème du métier" que Libération nous vendait il y a peu (1), et Claire Thépaut ont-elles cédé à une impatience ?

Quoiqu'il en soit, le rythme sénatorial auquel évoluera cette affaire Bismuth augmentera le risque d'erreurs... Le bouquet final sera-t-il un vice de procédure ?

Alexandre Anizy

(1) Libération du 3 juillet 2014 : "Magistrats et avocats considèrent que Patricia Simon est une grande professionnelle" ; "Et c'est une grosse bosseuse".

EDF : le Capital à la manoeuvre

Publié le par Alexandre Anizy

Aujourd'hui dans le Journal Du Dimanche, deux cadors de l'oligarchie apportent leur soutien au projet anglais insensé de EDF.

Nous passons vite sur l'incompétent Pierre Gadonneix, qui a le talent de transformer des carrosses en citrouilles, et à qui EDF doit des milliards de dépréciations pour son internationalisation ratée :

http://www.alexandreanizy.com/article-etincelles-d-edf-et-pierre-gadonneix-sevit-toujours-59188609.html

Quant à Thierry Breton, dont nous avons déjà dit le bien que nous en pensons,

http://www.alexandreanizy.com/article-thierry-breton-un-autre-professeur-tournesol-de-l-econo-globish-44309717.html

son propos est plus intéressant, puisqu'il vient de défendre à la commission des Affaires étrangères son projet européen de sécurité et de défense, qu'il résume ainsi :

« L'Etat doit faire tourner ses participations au mieux de ses intérêts patrimoniaux. Je déplore qu'il n'ait pas su le faire entre 2007 et 2012, période durant laquelle il n'a rien vendu. Aujourd'hui, nous pouvons profiter d'une abondance de liquidités à taux zéro, voire négatifs. Cela crée une opportunité exceptionnelle pour les investissements à long terme. Pour financer des projets de modernisation de pans entiers de notre économie en matière de transport, de transition énergétique, de réseau haut débit en créant des fonds d'infrastructure. C'est l'idée que je défends à travers la création d'un fonds européen de sécurité et de défense. »

L'élisphère approuve le projet en filigrane, puisque Breton a fait un tabac à la commission.

Nous observons donc ce dimanche une montée au créneau des administrateurs de l'oligarchie pour encourager EDF dans ce projet des 2 EPR anglais. On remarque aussi la prudence du président de EDF Jean-Bernard Lévy qui veut toujours y aller, mais en s'assurant dès maintenant que l'Etat français crachera bien au bassinet au moment catastrophique.

Alexandre Anizy

EDF et SNCF sont 2 futurs Titanic

Publié le par Alexandre Anizy

Au début des années 2000, pour se mettre en conformité avec le dessein bruxellois du "marché unique européen", la SNCF fut éclatée. L'infrastructure du réseau ferroviaire fut logée dans RFF. Des technocrates imbéciles crurent malins de charger d'un maximum de dettes cette nouvelle société, délestant du même coup le fardeau de ce qui restait de la SNCF, ce qui lui permettait de continuer à s'endetter pour financer son développement "tout TGV". Dès sa naissance, RFF n'a jamais eu et ne pouvait pas avoir la possibilité de réussir sa mission : nous étions peu nombreux à le dire à cette époque. A peine 15 ans plus tard, quelle est la situation du rail en France ?

  • le FRET (transport de marchandises) est passé de 55 milliards de tonnes par Km au début des années 2000 à moins de 20 milliards en 2014 ;
  • la dette du groupe SNCF s'élève à 44,4 Milliards d'euros, celle de Sncf Réseau (i.e. l'ex RFF) s'élève à 34 Milliards d'euros en 2014 et elle augmente chaque année de 3 Milliards ;
  • faute de moyens financiers, les infrastructures et les matériels n'ont pas été entretenus dans un état satisfaisant, ce qui est la cause de l'accident de Brétigny.

On peut dire en résumé que le rail français s'est approché dangereusement de la situation anglaise de 1980 : le délabrement.

Nous pensons que cette situation n'est pas pour déplaire à certains, comme nous allons l'expliquer.

Dans ses comptes 2015, le groupe SNCF a déprécié la valeur de ses actifs de 12 Milliards d'euros : 2,5 Mds pour Sncf Mobilités et 9,5 Mds pour Sncf Réseau. Concernant la première entité, le parc de TGV est dévalorisé de 1 Md, et comme la nouvelle ligne Tours - Bordeaux est jugée déficitaire avant même son ouverture en 2017 (comment peut-on en arriver à cette situation lamentable alors que nous sommes sur un marché mature ?), ils complètent de 1 Md pour les rames récemment acquises. A ceci, il faut ajouter une dépréciation de 450 millions pour les actifs de Gare & Connexions, la filiale de Sncf Mobilités qui détient les gares, suite à une décision de l'Autorité de régulation ferroviaire (Arafer) lui demandant de baisser ses prix pour l'utilisation de ses équipements. Concernant l'entité Sncf Réseau, la valeur des voies ferrées est maintenant de 33 Mds, soit une diminution de 10 Mds : la dette de Sncf Réseau étant refinancée à hauteur de 6 Mds chaque année, le coût de cette opération va forcément augmenter à cause de la baisse de cet actif.

On pourrait penser que ce nettoyage de bilan est le premier pas vers un retour à une gestion sérieuse de la SNCF. Que nenni ! Le 1 mars, l'Autorité de régulation du fer (Arafer), toujours elle, a d'une part refusé l'augmentation des tarifs de péage demandée par Sncf Réseau, et d'autre part exigé une remise à plat générale des tarifs de cette entité... parce qu'ils seraient trop chers, notamment pour les TGV. Faisons ici 2 observations :

  • si Sncf Réseau baisse ses tarifs, son problème crucial d'aujourd'hui, à savoir l'insuffisance de l'investissement et la maintenance du réseau, va s'aggraver : compte tenu de ce qu'il convient de penser des "départs pour convenance personnelle" dans le monde des affaires, n'est-ce pas pour cette raison que son président Jacques Rapoport a démissionné le 19 février 2016, refusant de cautionner cette fuite en avant irresponsable qui provoquera d'autres accidents, d'autres "futurs homicides involontaires de voyageurs" ? ;
  • croyez-vous que Sncf Mobilités pourrait profiter de la future baisse des prix pour redresser ses comptes ? Non ! Il va l'utiliser pour baisser les prix des billets des voyageurs, afin de remplir les fameux TGV low cost, comme disent ces pédants.

Le médiatique Guillaume Pépy a beau se gargariser des "vrais chiffres" 2015, selon son expression, à savoir 2.000 suppressions d'emplois et 653 millions d'économie dans les frais généraux (comme il dirige "sa structure" depuis de nombreuses années, on est en droit de poser 2 questions : n'y-avait-il pas avant 2015 une gabegie acceptée par le même Pépy ? ou bien n'est-ce pas encore des économies qui fragiliseront au final l'entreprise ?), la réalité le rattrapera à nouveau comme à Brétigny, parce que la fuite en avant prévaut dans le groupe SNCF.

Cette fuite en avant que nous dénonçons, on la retrouve aussi dans les agissements scandaleux de certains dirigeants du rail dans l'instruction judiciaire en cours pour l'accident de Brétigny. En effet, grâce au Canard enchaîné, le public sait que la "Direction de la SNCF" a mis à la disposition du personnel, avant son audition par les juges d'instruction, de "conseillers juridiques maison" pour les briefer (ce conseil par exemple : aller les mains vides à l'audition... c'est aux juges de poser les bonnes questions, de trouver les documents, n'est-ce pas ?). Pire : les juges ont découvert qu'un haut cadre de la SNCF a sollicité des faux documents visant à montrer qu'il y aurait eu une maintenance effectuée sur le site de Brétigny... et un fort soupçon entoure justement une fiche technique allant dans ce sens (comment un technicien, qui ne se souvient pas d'avoir réparé l'aiguillage, peut-il avoir rédigé une fiche pour ce travail alors même que les tableaux de service indiquent qu'il ne bossait pas à Brétigny ce jour-là ?). Pour nous, la messe est dite : quand une entreprise joue aux marges de la légalité et voire plus pour masquer ses fautes, il est à craindre que l'effondrement moral des dirigeants et le délabrement des biens conduiront à de nouvelles catastrophes.

Venons-en au fond : force est de constater que la loi ferroviaire d'août 2014, qui a reconstitué le groupe ferroviaire SNCF avec 2 entités (Sncf Mobilité et Sncf Réseau), n'a en fait rien résolu du point de vue financier. Pourquoi ? Parce que la SNCF doit être in fine privatisée, pour répondre au mieux aux exigences de la Commission Européenne pour le "marché unique" (conçu en 1985 par le social-traître Jacques Delors). Si on garde en vue cet objectif ultime, on comprend que le nettoyage du bilan 2015 ne peut que plaire aux futurs acheteurs potentiels (nous faisons l'hypothèse que la montagne de dettes sera comme d'habitude logée dans une société publique ad hoc lors de la casse finale, selon le principe maintenant bien connu du public : privatisation des profits, socialisation des pertes) ; on comprend aussi que l'administration effarante de l'énarque Guillaume Pépy est en adéquation avec l'objectif de privatisation, et c'est parce qu'il respecte sa feuille de route que ce sinistre individu est indéboulonnable (la rumeur dit qu'il chercherait un nouveau poste prestigieux pour descendre au plus vite du train : on le comprend... laisser couler une nouvelle fois une larme photogénique sur le site d'un prochain accident dramatique, ça ferait un peu chochotte).

A ce jour, EDF a un endettement de 37,4 Milliards d'euros, et elle a chiffré à 55 Milliards les travaux de carénage (amélioration de la sûreté de ses 58 centrales) entre 2014 et 2025, un montant que la Cour des Comptes a porté à 100 Milliards d'ici 2030. A cette montagne de dettes, est-il raisonnable d'en ajouter 23 Milliards avec les 2 EPR anglais, sachant que le gouvernement anglais a déjà abandonné sa principale promesse ?

Quant à la technique, parlons-en avec le désastreux chantiers de Flamanville (6 ans de retard, un coût passé de 3,5 à 10 Milliards d'euros) :

« Les cuves d'EPR doivent avoir en tout point une résistance d'au moins 60 joules, or certaines zones sont loin du compte, parfois même à 36 joules seulement. Mais l'Autorité de sûreté nucléaire (qui n'a aucune autorité sur les exploitants et n'assure absolument aucune sûreté) cherche par tous les moyens - dérogations, comités d'experts, diversions, écrans de fumée, poudre aux yeux, etc. - à autoriser EDF à utiliser quand même sa cuve défaillante. » (1)

Car en 2015, malgré la mise en garde de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) sur le rejet de la calotte inférieure et du couvercle, ce qui serait une catastrophe (pour démonter le fond de la cuve déjà installé, il faudrait casser une partie du cœur nucléaire... soit encore des années de retard pour ce chantier !), AREVA et EDF ont décidé de continuer les travaux : « C'est un pari industriel, un pari économique que nous assumons » (2), a déclaré un directeur d'EDF (approuvé par son collègue d'AREVA). En entendant de tels propos incongrus, il n'est pas exagéré d'affirmer que ce dossier est géré à la roulette russe.

Il faut maintenant évoquer la nouvelle mission de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) dévoilée par son directeur, Jacques Repussard :

« Après l'accident de Fukushima, (...) et l'IRSN a maintenant une mission de pédagogie vis-à-vis du public. La doctrine elle-même n'a pas changé (...). Mais le problème de calcul, lui, reste entier, avec celui des marges de sécurité retenues pour décider des limites et de la durée de l'évacuation. » (3)

Dit autrement : on conteste le thermomètre... et on bourre le crâne du public (c'est ce qu'ils appellent "faire de la pédagogie") grâce aux avis péremptoires de nouveaux experts (en phase avec la "nouvelle mission").

Quand les experts commencent à changer les cadres pour que les données tombent dans la nouvelle configuration autorisée, nous sommes concrètement dans la manipulation scientifique, ce qui n'augure jamais rien de bon.

D'ailleurs, en parlant d'experts, en voici un qui doit être bien informé de ces questions puisqu'il est membre du Conseil d'AREVA NC (on imagine qu'il n'est pas là pour toucher les jetons de présence, n'est-ce pas ?), l'économiste Pierre-Noël Giraud : il annonce quelques Fukushima d'ici la fin du XXIIe siècle :

« Certaines zones, peut-être très vastes, seront abandonnées aux déserts, y compris radioactifs en raison de quelques Fukushima que nous n'éviterons pas. » (4)

Pierre-Noël Giraud, vous pouvez le croire puisque "c'est pas un imbécile, c'est un polytechnicien", aurait pu dire Fernand Raynaud.

EDF est en difficulté, à la fois industrielle et financière. Après une première connerie en Angleterre, le rachat aberrant de la société British Energy (achetée 15,8 Mds€, l'entreprise ne cesse d'être dépréciée dans les comptes EDF car elle a été surpayée),

http://www.alexandreanizy.com/article-20239227.html

et

http://www.alexandreanizy.com/article-21844867.html

tout est en place pour en commettre une nouvelle avec le projet Hinkley Point qui pourrait devenir l'iceberg coulant l'EDF-Titanic déjà délabré.

La valeur boursière d'EDF a déjà explosé, passant de 87 € à 10,15 € (8 mars 2016 à 14h40). Si le Pdg Jean-Bernard Lévy et son Conseil d'administration se lancent dans la folle aventure des 2 EPR anglais, c'est l'entreprise qui implosera du fait de sa dette et/ou des futurs accidents industriels.

D'un autre point de vue, ce projet anglais, soutenu par le ministre banquier Emmanuel Macron - énarque vaguement philosophe et prétendument économiste -, s'il occasionne une future cessation de paiement d'EDF, n'est-il pas un moyen simple et juteux pour les banques et les autres acteurs financiers de mettre la main sur EDF via une privatisation au rabais qui laisserait le "bon business au marché" et les dettes dans une société publiques ad hoc ?

En conclusion, nous disons que SNCF et EDF sont 2 Titanic plombés par leurs dettes : l'iceberg qui se dressera devant ces 2 entreprises se nomme "délabrement", et il causera la chute définitive suite à un accident d'ordre financier ou catastrophique.

Alexandre Anizy

(1) Stéphane Lhomme, dans La décroissance, février 2016.

(2) Canard enchaîné du 2 mars 2016.

(3) Journal Du Dimanche du 6 mars 2016.

(4) L'homme inutile. Du bon usage de l'économie, Odile Jacob, octobre 2015, p.115.

Enfin un honnête politicien !

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis 32 ans, l'élisphère a laissé prospérer des hommes dont nous n'aurions pas signé le certificat d'honorabilité : les Balkany à Levallois-Perret, le Tapie sous Mitterrand et Sarkozy, etc. Il ne fallait pas être trop scrupuleux : l'essentiel était que tous les néo-conservateurs se tiennent la main pour imposer la farandole européiste.

Lundi 7 décembre 2015, chose rarissime, un politicien a fait ce qu'il avait dit : pas de fusion, pas de consigne de vote, conformément à son slogan "ni système, ni extrêmes".

Nicolas Dupont-Aignan est un honnête homme.

Il arrive que de belles fleurs poussent sur du fumier.

Alexandre Anizy

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