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Honte au populiste Urvoas !

Publié le par Alexandre Anizy

 

En 2009, présentée par Jean-Louis Borloo et l'héritière Nathalie Kosciusko-Morizet, la loi de l'écotaxe¹ est votée par le PSUMP, dont fait partie le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas³. En 2011, l'aile sarkozyste du PSUMP a repoussé tactiquement l'application de cette loi pour ne pas aggraver ses déboires.

A l'automne 2013, alors que dans le pays les ingrédients pour une jacquerie s'accumulent, les benêts de l'aile hollandaise du PSUMP, dont fait partie Urvoas, persistent à mettre en place cette loi de l'écotaxe.

 

Alors la tempête se leva en Bretagne. Que fit l'opportuniste Urvoas pour ne pas désespérer ses électeurs ?

« C'est pourquoi je plaide, sans remettre en cause le principe de l'écotaxe que j'ai votée, pour son ajournement² dans une volonté d'apaisement. » (Urvoas dans le Figaro du 29 octobre 2013)

Que ne ferait pas le populiste Urvoas pour dorloter sa clientèle et préserver ainsi ses futurs revenus ?

Honte à vous Jean-Jacques Urvoas !

 

Alexandre Anizy

 

 

(¹) : mardi 29 octobre, nous avons observé une nouvelle fois l'art de l'esquive du pitoyable Borlooqui n'était pas à son siège de l'Assemblée pour défendre son texte, et le retournement de veste de l'héritière NKM avec l'aplomb et la morgue de sa caste technocratique.

Pour connaître tout le bien que nous pensons de cette petite dame de vertu, lire notre billet :

http://www.alexandreanizy.com/article-23751181.html

 

(²) : notons que le ministre Marylise Lebranchu, politicienne de tendance aubryste qui fit carrière dans le Finistère, a repris ce matin même l'élément de langage d'Urvoas, et non pas celui de son chef, le Premier Ministre Ayrault (à savoir : « suspension »).

(³) : Urvoas n'est pas un petit soldat du PSUMP, puisqu'il est président de la commission des lois de l'Assemblée nationale.

 

 

 

Tristan Garcia est un mauvais faiseur

Publié le par Alexandre Anizy

         Personne n’a dit au normalien Tristan Garcia qu’il n’était pas obligé d’écrire : c’est dommage. Les tables des librairies ont gagné des produits racoleurs, et ce "jeune homme" a raté sa première vie puisqu'il s'acharne depuis 6 ans à balancer sur le marché au moins un bouquin par an, afin de prendre une place significative dans le champ culturel. Bon courage, mon petit...

 

         En août 2008, il sortait avec succès (les éditeurs ne crachent pas sur les avantages du "réseau corporatiste") un premier roman parfaitement ciblé pour le bruit médiatique : Marais, sida, jeunesse bohème… En cet automne 2013, il va cartonner avec son Faber. Le destructeur (Gallimard, août 2013, en livrel au prix exorbitant de 15,99 €). La nouvelle cible ? Les vieux cons de 68 et leurs rejetons de 83. Dans le concert de louanges pas toujours désintéressées qui accompagna la parution de l'objet, nous serons donc un grain d’honneur de la littérature.

 

         Commençons par dire que le carriérisme congénital de Garcia se révèle déjà dans le titre, en n’osant pas le pur oxymoron « Faber destructeur » : on flatte d’un côté les germanopratins qui se piquent de culture, et de l’autre côté on soigne sa courbe des ventes.

         Poursuivons en relevant des expressions ridicules comme « l'odeur médicamenteuse des peupliers noirs », « Entre les murs écroulés de livres ». Hulm, c'est pathétique... Voulant œuvrer coûte que coûte chaque année et peut-être aspirant, quién sabe, à devenir le Lucky Luke de l'édition française, l'écrivailleur Garcia en vient à négliger le style et le reste.

         Finissons avec la pensée profonde de l'auteur : « Nous étions des enfants de la classe moyenne d'un pays moyen d'Occident (…) une génération après une révolution ratée. » 68, une révolution ? Sans doute est-ce là le fruit d'un abus de "Que sais-je ?". Quant à la vision moyenne des choses, elle s'inscrit dans un courant d'air houellebecquien, qui s'exporte bien il est vrai.

 

         Ayant usé ses culottes sur les bancs d'une grande école publique, tous frais payés et rémunéré par-dessus le marché, Garcia régurgite les leçons d'architectonique. Malheureusement, il veut tellement épater le lecteur que son roman tourne en eau de boudin. 

         Le faiseur Garcia est le Zéro de la rentrée.

 

Alexandre Anizy

Notre voeu pour Ramon Diaz-Eterovic

Publié le par Alexandre Anizy

Modestement mais avec la passion d’un aficionado, nous souhaitons contribuer en France à la découverte de Ramon Diaz-Eterovic. Aujourd’hui nous vous recommandons le deuxième vœu (éditions Métaillié, 2013, en livrel au prix exorbitant de 11,99 €)

 

Dans cet opus, Heredia part à la recherche de deux vieillards : un inconnu et son père. La quête sera difficile pour les deux fils. Mais une lueur d’espoir traverse l’ouvrage, puisque Griseta revient progressivement dans le cercle intime du détective privé.

 

Bien sûr, nous rappelons que l’important, chez Ramon Diaz-Eterovic, c’est le style, c'est-à-dire une vision de la société chilienne exprimée dans un phrasé doucereux et chaloupé.

 

Por favor, exaucez notre vœu ! Faites grimper Ramon Diaz-Eterovic dans les palmarès de vente.

 

 

Alexandre Anizy

 

Jean Hatzfeld revient du pas de tir

Publié le par Alexandre Anizy

Encore la guerre de Bosnie ! Est-ce que les écrivailleurs français manqueraient d’imagination ? Est-ce que la perspective d’un funeste centenaire attiserait les espoirs commerciaux des éditeurs ? Toujours est-il qu’après Samoyault et Montéty (1), voilà Jean Hatzfeld dans les librairies avec Robert Mitchum ne revient pas (Gallimard, août 2013, livre à 17,90 €, livrel à 12,99 € - un prix honteux !) : un titre ridicule pour accrocher le chaland.

 

Des causes de la guerre vous n’en saurez rien. Hatzfeld veut surtout nous parler d’une discipline olympique, le tir, qu’il situe dans un cadre propice au développement romanesque. Incontestablement, il a bûché : les armes, la technique (il paraît que l’école yougoslave brillait en ce temps-là). Pour le reste, en tant qu’ancien reporter de guerre blessé à Sarajevo, il connaît la topographie des alentours et les drames du siège de cette ville.

Ajoutons qu’il nous épargne le manichéisme germanopratin qui situait la méchanceté et l’ignominie du côté serbe, et qu’il montre par des détails combien les fils de l’humanité ne sont jamais rompus dans une folle époque guerrière, comme par exemple lorsque Josip le coach belgradois va conseiller puis régler un ressort de l’arme de Vahidin, le champion bosniaque aux Jeux de Barcelone.

 

Jean Hatzfeld a du métier (2). Il le prouve avec son dernier roman. 

  

 

Alexandre Anizy

 

 

PS : si l’éclatement (et ses conséquences) de la Yougoslavie vous intéresse, lisez les auteurs locaux d’envergure internationale comme Slobodan Selenić (meurtre avec préméditation), Igor Štiks (le serpent du destin), Dubravka Ugresić (le ministère de la douleur) (voir nos billets sur ces livres).

 

 

(1) lire les billets suivants :

http://www.alexandreanizy.com/article-tiphaine-samoyault-est-une-bete-de-cirque-119507215.html

http://www.alexandreanizy.com/article-la-deroute-de-montety-et-les-moeurs-de-l-edition-120471868.html

(2) : beaucoup de confrères toujours bienveillants dans la presse pour saluer à chaque fois son nouveau produit … les mœurs de l’édition, écrivions-nous pour le Montéty. 

 

 

Pourquoi pas le Goncourt pour Pierre Lemaître ?

Publié le par Alexandre Anizy

Nous n’étions pas chauds au commencement de cette lecture, puisqu’il semblait parler des poilus de la Grande Boucherie quand tant d’autres écrivains impliqués l’ont déjà racontée avec talent et brio. A quoi servirait un tel livre en 2013 ?

 

En réalité, avec Au revoir là-haut (Albin Michel, 2013, livrel à 15,99 € - un prix honteux !), Pierre Lemaître raconte une arnaque relative aux monuments aux Morts, sur fond de gueules cassées.

Il faut s’appeler François Busnel pour valider une accroche publicitaire évoquant les Années Folles…  (1).

Comme l’auteur a déjà noirci de la page blanche avec des polars que la presse a encensés et les jurys récompensés, le lecteur constate vite la bonne tenue de l’ouvrage, aussi bien l’architectonique que le style.

Prenons l’incipit :

« Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu’à la propagande qu’à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu’elles s’écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, des types morts de rire en recevant une balle allemande. »

Mise à part "prêter un crédit", une formule pas très heureuse, vous avez une idée du propos, du rythme de la phrase chez Lemaître, dans ce roman.

 

Au revoir là-haut  de Pierre Lemaître nous fait penser aux Fruits de l’hiver de Bernard Clavel, parce que c’est un livre vaguement  iconoclaste sur la guerre (et l’après-guerre, en l’occurrence). Du coup, on se dit qu’il mériterait le Goncourt 2013, puisque rien n’émerge du marigot germanopratin dans cette rentrée littéraire (2).

Et cette fois-ci, il n’y aura pas un Aragon pour claquer la porte de Drouant.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1)   : combien touche-t-il pour ce genre de prestation ?

(2)    : Pitié, évitez la Tuil (e) !

 

La déroute de Montéty et les moeurs de l'édition

Publié le par Alexandre Anizy

 

Etienne de Montéty vient de commettre un roman : la route du salut (Gallimard, septembre 2013, livrel à 13,99 € - un prix honteux !). Derrière l'histoire banale racontée platement se cache une idéologie nauséabonde.

 

Voyons l'histoire : des Français d'origines diverses vont finir par combattre en Bosnie. La construction des personnages n'est pas habile, puisqu'elle nous fait penser (sans l'égaler, heureusement pour Montéty !) au Quatre-vingt treize de Victor Hugo, qui est une référence dans la médiocrité. Quant au style, il ne subjuguera personne, et le catalogue de marques en rebutera quelques uns. Il commence d'ailleurs comme ça :

« Les moteurs dégageaient une forte odeur de gas-oil. Devant la gare routière où d'ordinaire stationnaient les autocars de la Transmont, une dizaine de camions, des Skania, des Mercedes venus d'Allemagne, des Tam sortis des usines de Maribor, manœuvraient dans la poussière. »

Six pages plus loin :

« Sur le bord du chemin stationnaient les gros LKT, les tracteurs forestiers, les seuls capables de tirer les camions embourbés. »

On stationne beaucoup chez Montéty (à n'en pas douter), qui aurait pu donner une marque de tronçonneuse pendant qu'il y était. Nous vous épargnons les paroles de chansons anglaises (Sex Pistols, Police, etc.) : est-ce pour faire djeuns vintage ?

 

Comme Etienne de Montéty n'est pas un imbécile, pourquoi raconte-t-il cette guerre bosniaque, dont il n'a probablement aucune expérience personnelle (ni de la guerre, ni de la Bosnie) ? Pour délivrer son message amalgamé ? Les armes de guerre circulant en France dans le Milieu proviennent des Balkans (c'est un fait), et ce sont des combattants musulmans français qui les auraient introduites (c'est une hypothèse) pour entamer une future guerre de bastions communautaires (en filigrane dans les dialogues du roman). Disons-le simplement : à sa manière, Montéty contribue à inoculer les virus de la haine et du fanatisme.

Venant d'un autre Tartempion, on en resterait au premier degré : par facilité, un écrivailleur en manque d'argent pisse un bouquin en deux mois pour renflouer sa caisse. Mais comme Montéty a déjà commis une biographie de Thierry Maulnier (collaborateur de Je suis partout et de l'Action Française – presse d'extrême-droite pendant les années noires de la France), un essai sur Kléber Haedens (secrétaire de Charles Maurras pendant l'Occupation), un livre d'entretien avec Hélie de Saint-Marc (haut gradé parachutiste putschiste de 1961 à Alger), nous constatons qu'il nage volontiers dans les eaux bouillonnantes de la pensée réactionnaire. La France moisie a plus que jamais pignon sur rue, maîtrisant les outils de propagande à son avantage.

 

Que fait-on dans le monde de l'édition pour laisser publier un produit fade comme La route du salut ?

Etienne de Montéty étant journaliste, et mieux encore patron du Figaro littéraire, il offre à son éditeur la garantie d'une couverture médiatique minimale lui permettant d'écouler le tirage initial de l'ouvrage : business as usual.

Le renvoi d'ascenseur est la règle d'or de ce milieu, pas plus propre que l'autre. Voici un exemple : dans le Figaro littéraire, Sébastien Lapaque loue les mérites d'un opus de Benoît Duteurtre, Le retour du Général (Fayard, mars 2010) :

« Ce livre intelligent règle son compte à toutes les grossièretés de notre époque sans négliger aucun détail. On songe aux farces de Marcel Aymé et de Jacques Perret, mais ces deux-là auraient préféré tuer le Général lorsqu’il était vivant plutôt que le ressusciter une fois qu’il était mort. C’est à l’élégance effrontée de Jean Dutourd que Benoît Duteurtre se rattache avec cette histoire réelle et rêvée, fraîche et revigorante comme un ruisseau de printemps. » ;

Dans le Figaro du 9 mai 2013, Eric Zemmour chronique le dernier essai de Duteurtre titré Polémiques, comme le fit aussi Frédéric Beigbeder dans le Fig Mag(faut faire djeunpour ce coco au pif enfariné !) …

Et voilà le Duteurtre qui pond son article de lèche :

« Dans cet excellent second roman, Montéty prend le temps qu'il faut pour poser ses personnages. » (Marianne du 5 octobre 2013)

Ouais, mon gars, il prend tellement son temps qu'on voit les ficelles du magicien !

Bref, vous avez compris la combine dans le monde de l'édition.

 

Conclusion : monsieur de Montéty est un homme de droite, à défaut de droiture.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Désolés par un Marcel Gauchet myope et pusillanime

Publié le par Alexandre Anizy

Gauchet ! Voilà un intellectuel qui clabaude depuis des décennies, puisque l’extrémisme centriste est l’alpha et l’oméga de son horizon politique, pour finir par révéler la médiocrité de ses sentiments dans un entretien (Marianne du 28 septembre 2013) : les Français méritent leurs dirigeants veules parce qu’ils ont peur « d’entendre la vérité sur le fond de la situation du pays ». On connaît la chanson…

 

Mais quelle est cette vérité ?

« Ils ne sont pas prêts à sortir de l’euro : ils ont même très peur de cette hypothèse. »

Dans quel monde suranné vit Marcel Gauchet ? Les journaux publient depuis longtemps des sondages (1) où il apparaît que progressivement les Français n’ont plus apprécié l’euro, ayant fait le diagnostic de ce piège monétaire infernal !

« La prise de risque n’est vraiment pas au programme : celui qui s’y risquerait n’irait pas loin, c’est un fait. »

Oui, c’est un fait qu’en conseillant (2) aux autres de ne pas sortir du cadre :

« L’Europe, d’une manière générale, demeure une vache sacrée à laquelle il est hors de question de toucher. (…) Il n’est même pas envisageable de renégocier quoi que ce soit ! » ;

Tout en espérant que :

« ce blocage morbide finisse par provoquer une prise de conscience collective » ;

Marcel Gauchet prouve sa myopie intellectuelle doublée de pusillanimité (3).

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) : notamment les sondages Ifop de septembre 2012 et de janvier 2013.

(2) : le monsieur est reçu à Matignon, par exemple.

(3) : Parlons d’un autre triste sire : dans le JDD du 29 septembre, le populiste Philippe Doucet (maire PS d’Argenteuil) veut « des marqueurs populaires » pour maquiller son néolibéralisme irremplaçable (il n’y a pas d’autre politique possible, n’est-ce pas ?) ; à notre avis, il pense d’abord à sauver son mandat, surtout le pognon et les privilèges qui vont avec.