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Andrea CAMILLERI a-t-il décroché la lune ?

Publié le par Alexandre Anizy

En janvier 2008, les éditions Fleuve Noir sortait un nouveau livre du vieil Andrea CAMILLERI titré « la lune de papier » (224 pages, 20 €), où il nous est permis de retrouver le commissaire Montalbano, qui a des soucis de concentration tant il est sous le feu de deux femmes bien différentes, mais si séduisantes.

La conclusion … sera magnanime : si ce n’est pas le meilleur polar de CAMILLERI, cela reste d’une haute tenue.   

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (III) : approche marxiste de Jean-Marie HARRIBEY

Publié le par Alexandre Anizy

(Jean-Marie HARRIBEY : vice-président d’Attac, professeur à l’université Bordeaux IV)

 

L’analyse

Il faut se pencher sur la « structure même du capitalisme néolibéral ».

Problème théorique : Jean-Marie HARRIBEY mélange Mode de Production Capitaliste et idéologie néolibérale, ce qui n’est pas pertinent.

Le système repose sur la libre circulation des capitaux et la dégradation des salaires, grâce à un concept politique « la mondialisation » justifiant le changement radical du rapport capital/travail (plus de profits, moins de salaires) par la bourgeoisie financière.

Remarque : parler de bourgeoisie financière nous semble théoriquement abusif et économiquement inutile.

Notre remarque vise à souligner l’usage d’un charabia, puisque Jean-Marie HARRIBEY lui-même affirme peu après : « La sphère financière et la sphère de la production ne sont jamais déliées, comme le dit MARX dans « le Capital ». (On ne lui fait pas dire, n’est-ce pas ?) 

« La crise sociale et économique montre l’insoutenabilité de ce mode d’accumulation des classes favorisées d’un côté et, de l’autre, la paupérisation des travailleurs de la planète mis en concurrence. »

 

Le projet

« Si on veut dépasser l’horizon du capitalisme pour poursuivre l’idéal de l’émancipation humaine ».

La finance : rétablir un contrôle strict des mouvements des capitaux ; limiter les produits dérivés ; abolir les paradis fiscaux et judiciaires ; instaurer une loi de limitation de la marge actionnariale.

Le secteur bancaire : créer un pôle monétaire et financier public ; initier des banques collectives publiques européennes.

Le social : inscrire dans les Constitutions que la part des travailleurs du supplément de richesse créée ne doit pas être inférieure aux gains de production ; instaurer un revenu maximum.

Le monde : penser un autre développement ; sanctuariser les biens publics inaliénables (l’air, l’eau, etc.) ou bien les réparer par les taxes spécifiques ; faire maîtriser par les collectivités les investissements liés aux reconversions (énergie, habitat, agriculture, etc.).   

 

Très vaste programme.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise : approche libérale de David THESMAR

Publié le par Alexandre Anizy

(David THESMAR : professeur associé à HEC ; membre du Conseil d’Analyse Economique)

 

L’analyse

« La crise n’est pas venue dans une absence totale de règles, mais à cause d’une mauvaise régulation du système. Le scandale est arrivé par les banques, déjà très régulées mais de manière inadaptée. »

Les régulateurs, comme la Commission bancaire française visée par THESMAR, ont adopté le laisser-faire quand les banques ne provisionnaient pas des risques liés aux engagements placés hors bilan.

Remarque : THESMAR oublie de dire que c’est notamment pour ne pas avoir à faire des provisions que les banques les ont mis hors bilan.

Les « externalités négatives » du système (le risque, la faillite bancaire, le phénomène de contagion, etc.) étaient insuffisamment intégrées dans les cadres d’évaluation.

Remarque : si vous croyez à l’autorégulation du marché, vous serez enclins à juger impossible le blocage du système (ce qui arriva pourtant).

Par sa politique monétaire laxiste, la FED d’Alan GREENSPAN a joué un rôle de pousse-au-crime.

Remarque : rappelons que ce sont notamment les amis libéraux de David THESMAR qui ont vénéré Alan GREENSPAN pendant des années …

C’est tout. C’est faible.

 

Le projet

La crise demande des réponses techniques et non pas politiques, « (…) ce qui signifie qu’arriver au G20 avec les gros sabots de la refonte globale du capitalisme serait contre-productif ».

« Ce n’est pas aux Etats de réglementer les systèmes de rémunération dans la finance ».

Instaurer un bonus-malus pour les traders, dont le solde ne se ferait qu’au bout de 10 ans.

Provisionner les activités risquées (vaste sujet, maigre réponse).

Faire migrer une grande partie des transactions de gré à gré.

 

Comme vous le voyez, ce sont des réponses techniques, dont l’imprécision nous laisse songeurs.  

En fait, le mantra de David THESMAR est : « Je ne crois pas à un Etat banquier ou actionnaire mais à un Etat strictement régulateur. »

 

Passé un certain stade, nous considérons que l’aveuglement idéologique frise la connerie.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (I) : approche keynésienne de Philippe MARTIN

Publié le par Alexandre Anizy

(Philippe MARTIN : professeur à l’université Paris I et à l’Ecole d’Economie de Paris ; chroniqueur économique de Libération)

Comme tous les économistes standard se disent keynésiens, la question subsidiaire est de savoir si Philippe MARTIN est un keynéso-classique (référence à l’équilibre IS – LM) ou bien un postkeynésien (quel courant ?).

 

L’analyse

Au plan macroéconomique, la crise est le résultat d’une politique monétaire trop laxiste (pan ! sur le bec d’Alan GREENSPAN), d’une libéralisation des marchés financiers qui a permis le déficit courant des Etats-Unis qui autorisait un endettement aberrant des ménages américains.

Au plan microéconomique, la crise est le résultat du laisser-faire, comme la mise hors bilan de produits toxiques ou la dissimulation de pertes par les banques classiques, comme le jeu de l’économie-casino pratiqué par les banques d’affaires, comme la création d’une bulle spéculative immobilière fondée sur l’endettement.

« Contrairement à l’analyse marxiste, si cette crise est consubstantielle au capitalisme, par nature instable, elle ne signe pas sa mort. Contrairement à l’analyse libérale, ce n’est pas le marché qui va sauver le capitalisme mais l’Etat, de retour par le biais d’une politique monétaire, fiscale, budgétaire et la rénovation de la réglementation financière. »

 

Le projet

Poser comme « principe que la stabilité financière internationale est un bien public mondial ».

Par conséquent, il faut repenser le rôle des institutions financières internationales, comme le FMI qui devrait recevoir de nouvelles ressources et qui devrait abandonner « le consensus de Washington » (libéralisation financière, rigueur budgétaire, privatisation, etc.).

Le G20 devrait s’accorder sur une réelle politique de relance globale et non pas sectorielle.

Actuellement, la politique monétaire est quasiment inefficace, car les banques ont désormais une aversion forte au risque. C’est donc aux classes pauvres et moyennes qu’il faut « envoyer un chèque » pour enclencher le multiplicateur keynésien (1 € distribué qui sera dépensé apportera des revenus supplémentaires qui seront dépensés à leur tour, etc.).

 

Alexandre Anizy

Rachida DATI et les magistrats quasi intouchables

Publié le par Alexandre Anizy

Dans l’affaire de Metz, le Garde des Sceaux n’a pas agi, à notre connaissance, en dehors de la loi et des règlements. Par conséquent, il convient de s’interroger sur la signification de cette pétition de 534 magistrats, qui exigent de Rachida DATI des excuses publiques à l’égard du substitut de Sarreguemines.

 

Quiconque s’intéresse un peu à la chose judiciaire apprend vite que les magistrats sont dans l’exercice de leurs fonctions quasiment intouchables. Apparemment, ce n’est donc pas suffisant pour une partie remuante de cette corporation : ils voudraient aussi humilier un ministre qui n’a fait que son devoir.

 

Cette offensive ne tombe pas par hasard, puisque le Garde des Sceaux a déjà fait amende honorable sur cette affaire de Metz. Alors que veulent-ils réellement de plus ? Avoir aussi le pouvoir de désigner leur ministre et celui de le répudier, par exemple pour crime de lèse-magistrat ?

 

« Quelle étrange demande que celle « d’excuses publiques », qui constitue les magistrats comme des commissaires politiques de la pire espèce ! », écrit l’avocat général à la Cour d’Appel de Paris Philippe BILGER, avant d’ajouter : « (…) une telle contestation profondément politique qui a pour but de « finir » une personnalité déstabilisée. C’est moralement lâche (…) » (Le Figaro 21 novembre 2008)

 

Philippe BILGER ne doit pas s’inquiéter pour l’image de cette caste : les citoyens ordinaires ont compris depuis longtemps que la morale n’a pas sa place dans les palais de l’administration judiciaire, ni même la justice, puisque c’est un concept supérieur au Droit.

 

Alexandre Anizy

Vincent PEILLON le prétendant bourgeois

Publié le par Alexandre Anizy

Bien qu’il ne soit plus un jeune loup (né le 7 juillet 1960), Vincent PEILLON a conservé son appétence : par exemple, l’ambition de devenir Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Qui écrira sur « l’épaisseur de son ego », puisque son « cogito » volatil n’emprunte que le chemin utile à la prise du palais de Solferino ? 

 

Vincent PEILLON est un homme paradoxal :

  • Se dire socialiste … quand on est le fils d’un banquier et d’un médecin chercheur (amie des CHARPAK et BEAULIEU …) qui ignore la misère d’un monde qu’on dit représenter … ;
  • Etre un « chasseur de pouvoir » viré (de son poste de député de la Somme en 2002) par de réels chasseurs électeurs …    

 

Bien au chaud dans son Institut Edgar Quinet (organisme de formation ciblant les élus – socialistes de préférence ? - : une clientèle à sa portée, de toute façon), et à Strasbourg (député européen), PEILLON le prétendant bourgeois peut ourdir sa conquête du parti : quoi qu’il arrive, il ne connaîtra les affres ni des chômeurs, ni des pauvres.

 

Alexandre Anizy

Benoît HAMON l'apparatchik

Publié le par Alexandre Anizy

Né le 26 juin 1967, Benoît HAMON est membre du Parti Socialiste depuis 1987. Après avoir obtenu une licence d'histoire, il débute sa carrière en 1991 comme Assistant Parlementaire du député PS Pierre BRANA. Jeune rocardien, il devient le premier Président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) en 1993 quand Michel ROCARD est le boss du PS, puis Conseiller pour la Jeunesse auprès de Lionel JOSPIN, le nouveau patron. De 1997 à 2000, il est au cabinet de Martine AUBRY, ministre de l'Emploi et de la Solidarité.

Compte tenu de sa formation et de son « expérience professionnelle », d’aucuns se demandent si son poste de Directeur du planning stratégique de l'institut de sondage IPSOS de 2001 à 2004 ne serait pas une erreur de casting.

Il est élu conseiller municipal en 2001, député européen en 2004. Autant dire que ce bonhomme ne connaît rien des ouvriers et des employés, c'est-à-dire des gens qu’il est sensé représenter. Mais au PS, c’est le contraire qui fait exception !

Il a donc été rocardien, puis jospiniste, puis proche de Laurent FABIUS en 2006. Maintenant, il bosse à son compte.

Etant passé par tous les râteliers du PS, l’apparatchik Benoît HAMON pourrait rafler la mise si les éléphants se neutralisent. Dans ce cas, son élection au poste de Premier Secrétaire ne serait qu’une trêve dans la guerre des chefaillons : l’œil du cyclone en quelque sorte.

Alexandre Anizy

Andrew LAHDE, l'oligarchie, Henri de CASTRIES

Publié le par Alexandre Anizy

A 37 ans, diplômé à UCLA, le californien Andrew LAHDE était « le patron le plus performant du secteur des hedge funds », selon le Financial Times : il a gagné des millions de dollars avec la chute des « subprimes ». Fortune faite, il a fermé sa boutique financière en quittant le milieu avec panache, puisqu’il a rédigé une lettre iconoclaste, qui a circulé dans les salles de marchés, où perçait le ressentiment à l’encontre des classes dirigeantes : « Des idiots dont les parents ont payé la prépa, Yale puis le MBA à Harvard. Ces gens qui ne valent pas l’éducation qu’ils ont reçue (…) [formant] une aristocratie (…) [qui lui a] rendu plus facile la tâche de trouver des gens assez stupides pour prendre [ses] contreparties ».

Un Jérôme KERVIEL qui a gagné ses paris.

 

Pour la France, il vous suffit de mettre les tickets ENS, Polytechnique, ENA (suivie de l’Inspection des Finances, de préférence), HEC et Centrale (dans une moindre mesure).

 

Parce qu’il est conscient du problème politique posé par les cadeaux offerts aux banquiers, le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA se chercherait un bouc émissaire dans cette corporation, selon le Canard enchaîné. Notre avis : un banquier français qui ne possèderait aucun ticket mentionné ci-dessus est un candidat idéal.

 

Enfin, si vous souhaitez rire un peu, nous vous conseillons de (re)lire l’article du patron d’AXA, Henri de LA CROIX de CASTRIES, paru en août 2007 dans le Monde : une communication savante sur les marchés financiers, où il était question de salade niçoise, de mutualisation des risques … Un visionnaire que vous avez peut-être vu et entendu récemment dans la cour de l’Elysée rendre compte de la réunion des grands acteurs financiers avec le Président.

 

Alexandre Anizy

Le comte Xavier de MAISTRE plus fort que Christine ANGOT

Publié le par Alexandre Anizy

Cadet d’une famille aristocratique savoisienne, Xavier de Maistre, frère du philosophe contre-révolutionnaire Joseph de Maistre, entrait en carrière militaire (est-ce mieux qu’embrasser une religion ?) à 18 ans : parce qu’il est aux arrêts dans sa chambre pendant quarante-deux jours, il rédige « le voyage autour de ma chambre » (œuvre complète du comte Xavier de MAISTRE, préface de Mr SAINTE BEUVE, Garnier Frères Libraires éditeurs), que son frère fait publier en 1794. Dans cette œuvre légère, monsieur le comte Xavier de MAISTRE nous parle de sa personne avec détachement en parodiant le genre du récit de voyage.

 

« Le lit nous voit naître et nous voit mourir ; c’est le théâtre variable où le genre humain joue tour à tour des drames intéressants, des farces risibles et des tragédies épouvantables. – C’est un berceau garni de fleurs ; - c’est le trône de l’amour ; - c’est un sépulcre. » (p. 12)

Il nous parle beaucoup de son « système de l’âme et de la bête » :

« Je me suis aperçu par diverses observations, que l’homme est composé d’une âme et d’une bête. – Ces deux êtres sont absolument distincts, mais tellement emboîtés l’un dans l’autre, ou l’un sur l’autre, qu’il faut que l’âme ait une certaine supériorité sur la bête pour être en état d’en faire la distinction. » (p. 13)

« C’est ainsi que, dans mon voyage, je vais prenant des leçons de philosophie et d’humanité de mon domestique et de mon chien. » (p. 63) 

 

Le comte complétera son voyage par une suite intitulée « expédition nocturne autour de ma chambre » (même référence), dans laquelle il nous dit cette fois-ci son « Système du Monde » : « Je crois donc que l’espace étant infini, la création l’est aussi, et que Dieu a créé dans son éternité une infinité de mondes dans l’immensité de l’espace. »

 

L’écri-nain pipole Christine ANGOT (lire notre note du 4 septembre 2008 « le dernier fatras de l’écri-nain pipole Christine ANGOT ») n’a donc rien inventé, hormis peut-être ses histoires gynécologiques : il lui manque seulement le style.

 

Quand on lit « les prisonniers du Caucase » (même référence), on constate sans surprise la vision ethnocentrique que portait le comte Xavier de MAISTRE sur les hommes du Caucase :

« Les montagnes du Caucase (…). Leurs féroces habitants, séparés par le langage et par des intérêts divers, forment un grand nombre de peuplades (…) animées par le même amour de l’indépendance et du pillage. Une des plus nombreuses et des plus redoutables est celle des Tchetchenges (…). Les hommes en sont beaux, courageux, intelligents, mais voleurs et cruels (…). » (p. 249)

On croirait presque entendre un moscovite d’aujourd’hui.

 

Alexandre Anizy

La bonté de François CHéRèQUE

Publié le par Alexandre Anizy

Nous connaissons tous la particularité du syndicat CFDT qui est sensé défendre les salariés : une certaine propension à signer (quelquefois seul) des textes de régression sociale, au nom de l’intérêt général bien entendu. La patrie n’a pas encore été invoquée, mais ça ne saurait tarder.

François CHéRèQUE n’est pas responsable de cette approche paradoxale du syndicalisme : avant lui, Nicole NOTAT avait bien enfoncé la doctrine dans le crâne des permanents, dans le prolongement de la pratique d’Edmond MAIRE et de Jacques CHéRèQUE (le papa de François). Mais il vient de commettre un article, sous forme d’entretien, à Marianne, dans lequel il nous balance pêle-mêle :

Il faut créer un statut de l’entreprise européenne, un projet en gestation à Bruxelles et qui ne manquera pas de rogner les ailes des droits des salariés : un coup de pousse au patronat européen ;

Le Président de la République nous dirigerait vers « l’étatisme libéral ».

Un oxymoron en guise de concept, très fort ! Nous lui suggérons, pour les temps prochains, « la dictature humaniste ». 

Franchement, avec de tels concepts, on sent bien que le niveau s’élève pour répondre aux réelles préoccupations des salariés.

 

Particulièrement en forme, François CHéRèQUE a salué le talent de Raymond SOUBIE (conseiller social spécial du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA : on dit que le franc mac Xavier BERTRAND ne fait rien dans le social sans l’aval de ce bonhomme) dans l’hebdomadaire Challenges (du 30 octobre) : « Car Raymond SOUBIE a réussi, à la fois dans le public et dans son parcours de chef d’entreprise. Il est riche et désintéressé. »

Si vous connaissez un riche qui ne soigne pas son intérêt (c'est une question d'utilitarisme), faites-nous signe : nous ne manquerons pas d’étudier le spécimen.

 

La bonté est une qualité innée chez François CHéRèQUE

 

Comme pour son père Jacques ou pour Nicole NOTAT, la République ou les investisseurs  ne seront pas aveugles devant le talent.

 

Alexandre Anizy

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