Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le resquilleur Carrez cache le scandaleux Macron

Publié le par Alexandre Anizy

            Pendant le week-end, la télévision d'Etat serinait la petite affaire Gilles Carrez, ce député briscard auteur d'une loi complexe dans l'immobilier qui a essayé de resquiller les Recettes publiques au moyen d'une lecture bizarre des règles relatives à l'ISF, un impôt que les riches cupides n'aiment pas payer. Cet homme-là doit faire partie du club des "qui ne tente rien n'a rien"...

            Laissons monsieur Carrez avec sa morale à deux sous.

 

            Pendant ce week-end, la télévision d'Etat n'a rien dit sur le scandaleux Emmanuel Macron, alors que le magazine Marianne venait de révéler qu'il avait bossé chez Rothschild tout en restant haut fonctionnaire, ce qui est bien entendu interdit.

 

NB : lecteur (rapide et occasionnel) de ce magazine, nous n'avons aucune sympathie pour Marianne, dirigé par la fripouille intellectuelle Joseph Macé-Scaron (1), ou pour Mediapart, dirigé par un Edwy Plenel qui doit sa carrière à ses "amis" de la Police, avec un Fabrice Arfi qui semble protéger ses "amis" de la Justice (2).

 

            Il semble d'ailleurs que le scoop de Marianne n'ait pas été repris par la grande presse. Il est vrai qu'elle vit plus ou moins bien grâce aux subventions de l'Etat... L'Elysée et Matignon auraient-ils veillé à la tranquillité de monsieur Macron ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Joseph Macé-Scaron est un plagiaire patenté.

(2) Mediapart refuse de publier une tribune sur la juge d'instruction Patricia Simon (les écoutes de Sarkozy de Nagy Bocsa) que la grande presse a encensée...

 

Visage slovène de Brina Svit

Publié le par Alexandre Anizy

            Sur une table de notre bibliothèque municipale favorite, nous avons remarqué le titre singulier : Visage slovène, dans la blanche de Gallimard (septembre 2013, 154 pages, 14,90 €). Peut-on réduire toute une population en un visage ? avons-nous pensé illico. Alors on saisit le livre et on lit la quatrième de couverture :

            « Ma mère venait de mourir, je n'étais plus la fille de personne. En fixant son dernier visage, j'avais envie de comprendre quelque chose au mien, à cet héritage qui se transmet par la langue maternelle et s'appelle identité. Ce n'était pas l'identité tranquille et évidente qui m'intéressait, mais celle des exilés, ceux qui en sont plus conscients que les autres et qui doivent lutter pour la garder. »

Pour ce faire, Brina Svit va s'intéresser à la communauté slovène de Buenos Aires, après avoir assouvi son unique passion dans un précédent voyage : tango. Et parler du Polaco. En imitant un peu W.C. Fields, nous disons qu'une femme qui aime le tango et Gombrowicz ne peut pas être franchement mauvaise.

 

            Nous avons embarqué. Le voyage fut agréable parce que nous étions en résonnance, mais il nous semble que tout un chacun peut être sensible à cette quête.

            « Oui, c'était ça, son viejo, exactement : il prenait donc des notes en espagnol, mais les calligraphiait en cyrillique. Pour que ses ouvriers ne les comprennent pas, mais aussi pour continuer à tracer des ponts partout, même entre les langues. » (p.125)

Une pratique étonnante, n'est-ce pas ? Autant que Gombrowicz sous la plume de l'auteur. A la fin de sa vie, lorsqu'il se marie avec Rita, Gombrowicz lui dit : « Maintenant tu es entrée dans la littérature polonaise. » Rien que ça.

 

            Les écrivains sont des êtres impossibles.

 

 

Alexandre Anizy

 

Lire et promouvoir le Joseph de Marie-Hélène Lafon

Publié le par Alexandre Anizy

            Sans tarder et pour deux raisons, il faut lire et promouvoir Joseph de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel, août 2014, en livrel à 8,99 € - un prix raisonnable) : d'abord, pour ceux de la ville, connaître le monde agricole à travers la vie d'un élément de base (Joseph, le commis de ferme), et qu'il ne doute pas de la véracité du tableau général ; puis découvrir un auteur qui mérite mieux que les recensions ordinaires du milieu littéraire parce qu'il apporte un style singulier, i.e. une vision, quand tant d'autres vont piocher dans la vie de personnages célèbres le talent qui leur fait cruellement défaut.

            Marie-Hélène Lafon, c'est du costaud, et son Joseph peut s'apprécier comme une extension particulière de l'essai de Christophe Guilluy (La France périphérique).

 

            Nous avons du mérite à encenser cet écrivain, compte tenu de notre prévention à l'égard du point-virgule qui règne dans le texte, taillant dans les phrases pour suggérer une vie à la découpe.

            « La voiture était la Peugeot du père qui tenait encore le coup ; après ses cuites Joseph la nettoyait, surtout pour les odeurs. Il était très maigre, ses mains tremblaient, il n'envisageait pas les gens ; et quand on réussissait à attraper son regard qui vous traversait sans vous voir, on ne soutenait pas longtemps ce vertige. » (p.54-55/68) 

Mais l'usage intensif du point-virgule parvient à le sublimer, lui conférant l'importance d'un pivot : le monde comme un enchevêtrement de murets, bloquant les élans. 

 

Cette vision, Marie-Hélène Lafon l'avait dès le commencement :

            « J'espère pour elles de la douceur ; je l'espère ; je ne la suppose pas ; il n'y a pas d'indices. Parfois, le petit miracle d'une robe choisie advient. La peau parle. Celles-là, je les surprends, furtives, aux détours d'un été. Il est court, ici, l'été. Mon regard les sait ; mais je ne peux pas. Je ne peux rien vouloir. » Le Soir du chien, prix Renaudot des lycéens 2001.

Dans ce premier roman, on trouve aussi :

            « Il m'a parlé comme ça mon frère ; il revenait du service. C'était plus un gamin. Moi je l'ai pas fait le service, j'ai été déclaré soutien de famille. Je lui ai répondu. Il a toujours été plus malin que moi. La mère le disait : il est plus vif, il a toujours le dernier mot. Elle était de son côté. »

Un même sort : exemption pour cause de soutien familial. Mais pas que ça.

 

            C'est ainsi que Marie-Hélène Lafon construit patiemment un chef d'œuvre : il n'est pas nécessaire d'attendre son achèvement pour en faire votre Compagnon, puisque le tout est dans chaque partie.

 

 

Alexandre Anizy