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Dennis LEHANE l'artisan

Publié le par Alexandre Anizy

Dennis LEHANE est un bon artisan du polar.

« Sacré » (rivages poche n° 466, 411 pages, 8,40 €) en est une belle démonstration, parce que c’est un roman bien ficelé, écrit dans un style alerte, mais sans éclat.

 
Alexandre Anizy

Arsenic et BENCHETRIT (Samuel)

Publié le par Alexandre Anizy

Ci-dessous, un échantillon – pastiche des « chroniques de l’asphalte » du bonhomme.

 
« - Sam, j’te crois pas !
-        
Mais, j’te jure, putain, que cet enfoiré m’a viré !
-        
A l’hosto et viré de Pizza 30 ! A ta place j’aurais la rage, mec.
DRING, DRING, DRING
-        
Décroche pour moi, et inspecte.
-        
Allo, qui cause ? (…) Oh ! dure l’annonce, t’es gonflée la meuf !
-        
C’était ?
-        
Ursula.
-        
Et alors ?
-        
Veut pas te parler, mec : elle te plaque, c’est tout.
-        
LA SALOPE ! LA SALOPE ! LA SALOPE ! LA SALOPE !
-        
Le téléphone d’la cité le balançait hier : elle bougeait avec Riri le tambourin, qui claque un max de thunes chez les bourges …
-        
Elle va l’aider à cracher le pognon, tu peux me croire !
-        
Sûr, sûr… Dur, dur : tu perds ton job de livreur de pizza parce que tu t’es planté hier, et ta gonze te largue now !
-        
Remue pas le pif dans la noire !
-        
Ouais, ouais… Mais comment t’es tombé, hier ?  
-        
J’ai dérapé sur une marguerite ! »

 Consternant, n’est-ce pas ?
C’est avec de telles merdes qu’on empoisonne les primo – lecteurs stimulés par la presse pipole.

 
Si Samuel BENCHETRIT a déposé sa prose chez un éditeur, peut-être inculte mais sûrement bon marchand, il incombe à ses lecteurs de tirer la chasse.

 
Alexandre Anizy

Le milliardaire philosophe Bernard-Henri LEVY encense Benazir BHUTTO

Publié le par Alexandre Anizy

(Lire les notes du 13 octobre et du 17 octobre 2007)

 
L’assassinat de Benazir BHUTTO est un crime, et quelle que soit la victime, un crime reste un crime.

Mais quand on est un intellectuel patenté, comme le milliardaire philosophe Bernard-Henri LEVY, il convient de raison garder.
Ce que le monsieur ne fait pas dans son article paru hier dans Libération.

 
Nous vous épargnons le style pathétique du bonhomme, qui nous rappelle en moins bien, forcément, les discours inspirés d’André MALRAUX.

 
Nous vous faisons grâce de son appel ridicule aux grands chefs d’Etat pour qu’ils honorent de leurs présences les funérailles de Benazir BHUTTO. 

 
Lorsqu’on se pique de géopolitique, il est souhaitable de regarder lucidement les faits pour ne pas s’enticher d’une personnalité douteuse en la dressant en icône de la liberté en terre d’islam :

Qui a été condamnée dans son pays à 2 reprises pour corruption ?

Qui a aidé les fameux talibans à prendre le pouvoir à Kaboul en 1996 ?

Qui a été condamnée en Suisse pour blanchiment d’argent ?

Qui s’est autoproclamée dirigeante à vie du PPP ?

Qui s’est alliée aux Etats-Unis pour son retour au pays ?  

 
C’est en niant ces faits que des gens comme le milliardaire philosophe Bernard-Henri LEVY contribuent au rejet du « bon génie des Lumières » (expression du monsieur).

 
Alexandre Anizy
 

N.B. : le nouveau Libération d’Edouard de ROTHSCHILD et de Laurent JOFFRIN se veut défenseur de « valeurs » (de gauche ?). Est-ce pour cette raison qu’il publie quasi instantanément cet article partisan et affligeant de son actionnaire et membre du Conseil de Surveillance, le milliardaire philosophe Bernard-Henri LEVY ?

Même le Figaro de Serge DASSAULT n’a pas osé un éloge posthume. 

 

Les archaïques des Banques Centrales VI

Publié le par Alexandre Anizy

(Lire notre note I du 21 novembre 2007 « Les archaïques des Banques Centrales », note II du 30 novembre, note III du 11 décembre, note IV du 20 décembre, note V du 27 décembre 2007)

 
La thèse officielle des banques centrales est la suivante :

« Il n’y a donc pas de « conflit d’objectifs » pour la politique monétaire : stabiliser le prix des biens et services et stabiliser le prix des actifs est équivalent, donc il n’y a pas de motif à créer un objectif séparé de stabilité des prix des actifs. » (Patrick ARTUS, « les incendiaires. Les banques centrales dépassées par la globalisation », édition Perrin août 2007, p.81)

 

Ben BERNANKE (FED) a même soutenu qu’ajouter cet objectif contribuerait à faire apparaître une variabilité intenable de la politique monétaire.

 
Si c’est vraiment la même chose, les évolutions respectives doivent pouvoir le confirmer.

Aux Etats-Unis :
de 1996 à 2006, l’inflation a varié de 2 à 3,5 % par an ;
de 1998 à 2003, les prix de l’immobilier ont varié de 6 % par an ;
de 2004 à 2006, les prix de l’immobilier ont varié de 10 % par an ;
de 1996 à 2000, les cours boursiers ont été multipliés par 2,5.

Dans la zone euro :
Inflation autour de 2 % ;
Prix de l’immobilier ont augmenté de 12 % par an en 2004-2005.

Au Royaume-Uni :
De 1998 à 2005, inflation extrêmement faible ;
Certaines années (1999-2000, 2002, 2004) les prix de l’immobilier ont augmenté de 15 à 25 % par an.

Au Japon de 1986 à 1989, avant la crise patrimoniale :
Inflation inexistante ;
Cours boursier multipliés par 3 ;
Les prix des maisons ont augmenté de 40 à 60 %.

« En réalité, prix des biens et services et prix des actifs sont totalement déconnectés, et leurs évolutions posent deux problèmes distincts aux banques centrales. » (Patrick ARTUS, idem, p.82)

 

Autres arguments des banques centrales pour défendre leur thèse officielle.

Savent-elles mieux que « le marché » le bon prix d’un actif ? Non.

Pour les cours boursiers, cela est sans doute vrai ; mais lorsque les prix des maisons, au Royaume-Uni, en Espagne, en Australie, doublent relativement aux prix des biens et services, même un banquier peut comprendre qu’il s’agit d’une hausse excessive.

 

Le comportement dit d’aléa de moralité.

Ce comportement vient de la théorie de l’assurance : si une voiture est assurée contre le vol, son propriétaire ne fait plus attention à la fermer.

Ainsi, si les BC stabilisent les prix des actifs, les détenteurs de ces actifs auront une assurance contre le risque de variation de ces prix, donc ils ne feront plus attention à leurs investissements risqués…

Cet argument est valable pour les actions, mais pas pour l’immobilier résidentiel qui n’est que marginalement un investissement financier risqué.

 

Les prix des actifs ne sont pas contrôlables.

Faux. Les prix de l’immobilier dépendent directement du crédit, que les banques centrales peuvent facilement contrôler.

 

 
Bien entendu, ce n’est pas la stabilité des prix de l’immobilier qu’il faut prendre pour objectif, mais des limites raisonnables à leurs variations. Encore faut-il agir à bon escient : si les BC attendent des prix d’actifs et des taux d’endettement élevés pour monter les taux d’intérêt, elles provoqueront la même catastrophe, toutes choses égales par ailleurs, qu’au Japon dans les années 90.  

Maintenant prenons le cas des Etats-Unis.

En 2007, la dette des ménages correspond à 130 % de leur revenu contre 90 % en 1996, avec des défauts de paiement très bas jusqu’à la crise des « subprime » cet été, sachant que les intérêts payés aujourd’hui sont inférieurs à ceux de 1990 : faut-il agir pour arrêter la progression de la dette ?

Lorsque de 1995 à 2000, le Nasdaq (indice de valeurs technologiques) a été multiplié par 7, il ne fait guère de doute qu’il fallait limiter cette hausse par une politique monétaire restrictive.  

Ce que fit la Banque d’Angleterre en 2004, quand le prix relatif des maisons a doublé depuis 1996.

 

 
Depuis 10 ans, l’orientation de la politique monétaire mondiale dépend beaucoup de la politique monétaire et de change des pays émergents.

L’intégration des marchés financiers est une réalité : la banque ou l’assureur japonais peut acheter, à partir de ses ressources monétaires nationales, des actions, des obligations, des actifs immobiliers aux Etats-Unis ou en Europe. Dans ces 2 zones, les marchés des actifs dépendent aussi de la politique monétaire du Japon. 

L’accumulation des excédents commerciaux dans les réserves de change correspond à la politique chinoise : c’est une création de monnaie. Exemple : un exportateur chinois qui est payé en dollars les apporte à sa banque locale pour obtenir de la monnaie domestique (yuan) ; compte tenu de la politique de change quasi fixe menée par la BC chinoise, le banquier apporte les dollars à la BC chinoise qui les achète en créant des yuans. « (…) il y a donc bien parallèlement accumulation de réserves de change et création monétaire, qui alimente la liquidité mondiale. » (Patrick ARTUS, idem, p.95)

La liquidité mondiale circule, comme nous venons de le voir : ce mécanisme explique 90 % de la hausse des liquidités. Ce qui signifie que l’influence des banques centrales des grands pays est faible.

Exemple des taux d’intérêt à long terme aux Etats-Unis et dans la zone euro : « Les marchés obligataires sur le dollar et sur l’euro sont des marchés complètement internationaux, où les investisseurs étrangers ont un poids très important ; de ce fait, l’équilibre des marchés obligataires, qui détermine les taux d’intérêt à long terme, dépend de la politique monétaire mondiale (…) c'est-à-dire dépend des politiques d’accumulation des réserves de change dans les pays émergents beaucoup plus que des choix de politique monétaire (des niveaux de taux d’intérêt à court terme) aux Etats-Unis et dans la zone euro. » (Patrick ARTUS, ibid., p.97)

 
En fait, la FED et la BCE ne contrôle que les taux d’intérêt à court terme.

 
En 2006, Ben BERNANKE (FED) a écrit que le niveau bas des taux d’intérêt à long terme était dû à l’abondance de la liquidité mondiale. La BCE continuait de penser que c’était dû à sa crédibilité.

 

Alexandre Anizy

 
A suivre … les archaïques des banques centrales VII

Les archaïques des Banques Centrales V

Publié le par Alexandre Anizy

(Lire notre note I du 21 novembre 2007 « Les archaïques des Banques Centrales », note II du 30 novembre, note III du 11 décembre, note IV du 20 décembre)

 

La question de la coordination des politiques structurelles (budget, fiscalité, marché du travail, etc.) et de la politique monétaire se pose bien, notamment dans la zone euro, puisque les réformes structurelles (déréglementation des marchés des biens et du travail – initiée par le démocrate CARTER, rappelons-le ici) ont été réalisées aux Etats-Unis dans les années 80.

 

Depuis 1995, les gains de productivité dans la zone euro varient autour de 1 %, parce que l’investissement productif est insuffisant (notamment dans les nouvelles technologies), parce que les gains de productivité dans les services (financiers, distribution, aux entreprises) sont faibles, parce que les dépenses de Recherche et Développement sont insuffisantes, parce que les efforts pour l’Enseignement supérieur sont insuffisants.

 

De 2000 à 2005, la productivité par tête aux Etats-Unis est supérieure à celle de la zone euro de 2,2 points par an. Les dépenses de Recherche et Développement représentent 2,7 points du PIB aux Etats-Unis et seulement 1,8 dans la zone euro : 75 chercheurs pour 10.000 emplois aux Etats-Unis pour seulement 29 dans la zone euro ; 21.000 dollars dépensés par étudiant aux Etats-Unis pour seulement 10.000 dollars dans la zone euro. Il n’y a donc pas de mystère concernant l’écart des gains de productivité entre les Etats-Unis et la zone euro.

 

 
Face à la détérioration des finances publiques, les gouvernements sont enclins à augmenter la pression fiscale indirecte : en 1997, le Japon a élevé le taux de TVA de 2 points, l’Allemagne de 3 points en 2007.

L’expérience japonaise montre que les résultats sont négatifs voire catastrophiques, puisqu’on obtient : hausse des prix et baisse de la demande intérieure, défauts d’entreprises aboutissant à une crise bancaire, chute des prix des actifs (actions, immobilier).

Une politique de restriction budgétaire couplée à une stimulation de la demande serait plus judicieuse. S’inspirer de l’exemple suédois où les dépenses publiques sont passées de 72 % à 60 % du PIB. Mais dans un tel cas de baisse forte des dépenses publiques et de l’emploi, il faut contrecarrer la contraction de la demande, et par conséquent la baisse de l’activité, par une expansion monétaire. En Suède, durant cette période de réformes structurelles, le taux d’intérêt à court terme passe de 11 % à 4 %, et le taux de change de la couronne suédoise par rapport au mark allemand chute de 30 %.

Pour réussir le changement, il faut impérativement agir simultanément sur les politiques structurelles et les politiques monétaires. Or, la BCE jouit d’une indépendance totale grâce au Traité fondateur, et l’euro imperator TRICHET y veille, comme le mari jaloux étouffe sa conjointe.

« Cette définition « étendue » de l’indépendance exclut donc la coordination entre la politique monétaire et les politiques de réforme structurelle. » (Patrick ARTUS, « les incendiaires. Les banques centrales dépassées par la globalisation », édition Perrin août 2007, p.70)  

 

Dans l’état actuel des mentalités et des rapports de force, nous constatons que la zone euro est dans une impasse économique.

 

 
Alexandre Anizy

 
A suivre … les archaïques des Banques Centrales VI

Hérésie de Charles WILLEFORD

Publié le par Alexandre Anizy

Ce livre est à conseiller à tous ceux qui se piquent de culture artistique, car Charles WILLEFORD a réussi une bonne description du marché de l’art avec son polar « hérésie » (rivages poche, 183 pages, 7,40 €).

 
Un critique d’art rencontre un peintre français célèbre et va monter LA mystification du siècle. Les surprises vous attendent.

 

Alexandre Anizy

Paul LACMAIN et la critique de la poésie

Publié le par Alexandre Anizy

Critique de la poésie.
C’est le titre d’un poème de Paul ELUARD (Pléiade, tome I, p.404)

 
« C’est entendu je hais le règne des bourgeois
Le règne des flics et des prêtres
Mais je hais encore plus l’homme qui ne hait pas
comme moi
De toutes mes forces.

 
Je crache à la face de l’homme plus petit que nature
Qui à tous mes poèmes ne préfère pas cette critique

        De la poésie. »  


On peut retrouver l’imprégnation de cette virulence dans le recueil  « Dérision » de Paul LACMAIN.
(Bibliothèque François Mitterrand,
Tolbiac - Rez-de-jardin, magasin EL 8- Y- 9589 (19))

Avec la même ironie.
L’humour en plus peut-être.

 

Alexandre Anizy

La sincérité de Paul ELUARD

Publié le par Alexandre Anizy

Contrairement à Louis ARAGON, nous ressentons chez Paul ELUARD une sincérité intrinsèque que le travail poétique n’a pas effacée. 

 
Dans « capitale de la douleur », nous aimons particulièrement :

 
« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

(…)

Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards. »

 

 Alexandre ANIZY

La renommée du poète Louis ARAGON II

Publié le par Alexandre Anizy

S’il fallait retenir un poème de Louis ARAGON, nous choisirions « il n’y a pas d’amour heureux », que Georges BRASSENS a mis en musique et chanté.
(Question : BRASSENS a-t-il expliqué pourquoi il avait écarté la dernière strophe du poème ?)

 
N’oublions pas Léo FERRé et « l’affiche rouge ».

 
Mais c’est Jean FERRAT qui plaça la poésie d’ARAGON sur un piédestal disproportionné. Il puisa dans l’œuvre d’après la Libération.
En découvrant sur le papier les vers sélectionnés, on les fredonne avec le crooner français.

Le recueil « le Fou d’Elsa » est un fatras prétentieux.

En refermant le 2ème tome de la Pléiade, on se dit que Louis ARAGON est un grand poète, dont l’habileté est indéniable. Il est paradoxal qu’un si bon faiseur méprise MALLARMé et VALéRY.

 
Alexandre Anizy

La renommée du poète Louis ARAGON I

Publié le par Alexandre Anizy

L’œuvre poétique complète de Louis ARAGON vient de sortir dans la collection « pléiade » : le travail des spécialistes en charge de cette édition est encore une fois remarquable.

 
En le lisant, aujourd’hui, on trouve des perles d’une naïveté, d’un asservissement, d’un aveuglement, par rapport à l’URSS.

La crédulité touche même les hommes cultivés.

Le poème « front rouge » est assez représentatif de cette époque tourmentée, les années 30.

« Prélude au temps des cerises » avec son éloge du Guépéou vous révoltera … par tant de bêtises.

 

Mais écartons cela (oublier serait funeste).

Et lisons les recueils « le crève-cœur », « les yeux d’Elsa », « la diane française ».

A nos yeux, c’est la période faste du poète ARAGON : ce qu’il dit, ce qu’il vit, ce qu’il espère, est une symbiose des humeurs profondes, viscérales, de la patrie.

 

Alexandre Anizy

 

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