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Le 14 de Jean Echenoz

Publié le par Alexandre Anizy

 

Dans sa dernière production, 14(éditions de Minuit, 2012, livrel de 123 pages), Jean Echenoz survole la Grande Guerre, i.e. "la boucherie". Est-ce bien raisonnable ? Il a composé une œuvre rabougrie qui ressemble à la séquence d'un surfeur : petits efforts pour atteindre et attendre le moment où on s'ébroue pour prendre la vague, et pénétrer dans un tunnel mortifère que le personnage quittera pour se libérer dans le sexe de sa femme.

 

Force est de constater que nous n'avons ni décroché, ni bu la tasse.

 

Si nous sommes admiratifs devant le dépouillement architectonique, la capacité à réduire les choses en une expression simple et explicite (nous pensons aux scènes de tranchée), la question du style reste problématique, non pas que nous ignorons les efforts de raffinement lexical, mais dans ce long travelling le rythme boitille quand il faudrait glisser.

« Là – ronflement rauque du couteau à pain sur la croûte, tintement de petites cuillers dans les effluves de chicorée -, ses parents achèvent leur petit déjeuner : peu d'échanges perceptibles entre Eugène et Maryvonne Borne : grondeuses déglutitions du directeur d'usine, exhalaisons mélancoliques de l'épouse du directeur d'usine. » (p.21-22)

Nous observons que le terme ronflementest inapproprié [dans sa quête de préciosité, l'auteur ne nous épargnera pas les adverbes saugrenus comme mêmementou bien mauvaisement, que la teigne Beigbedera également relevé ¹], que la répétition de l'adjectif petitsigne un relâchement dans le vocabulaire, que l'abus des deux-points ne trouve pas grâce à nos yeux, que la répétition voulue de directeur d'usineparaît insignifiante tout en contribuant à la claudication générale que nous avons soulignée.

 

En refermant le livre, nous nous sommes interrogés : un auteur endormi a-t-il émergé depuis Lac ? (lire la note du 7 août 2008) On en doute : la qualité inégale de l'écriture ne parvient pas à contrecarrer la vacuité des propos de l'écrivain Echenoz.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(¹) : chronique du zigoto dans le Figaro Magazine du 9 novembre 2012, où nous avons ri en lisant que « 124 pages pour 2 millions de morts : ce n'est pas un roman, c'est une compression de César ».

 

 

L'erreur politique de Jacques Généreux et du Parti de Gauche (PG)

Publié le par Alexandre Anizy

 

L'économiste en chef du Parti de Gauche Jacques Généreux vient de mettre à jour son livre Nous, on peut !(Points Seuil, septembre 2012, 206 pages, 5,90 €), dans lequel il énumère les mesures prioritaires à prendre dans le cadre d'une transformation citoyenne, ce qui globalement ne nous pose pas de problème. Sauf que le calendrier politique est fondée sur une vision utopique de la construction européenne, qui fait fi de la réalité.

 

Quel est le fondement de la stratégie ?

« La gauche de transformation écologique et sociale, celle qu'incarne aujourd'hui le Front de Gauche, est internationaliste. Elle est pro-européenne et non pas anti-européenne (…). » (p.177)

Nous n'en doutons pas.

« Si l'on postule qu'il est impossible de s'affranchir partiellement d'un accord sans rompre intégralement cet accord, alors la question de la sortie de l'euro est indissociable de celle de la sortie de l'Union Européenne. » (p.177)

Ce raisonnement défie la réalité : tous les pays de l'UE n'étant pas dans la zone euro, si un membre de l’euro-landdécide d'abandonner cette monnaie, alors il se retrouve dans le cadre juridique des autres nations (Royaume-Uni, etc.). Le fait d'être internationaliste ne doit pas empêcher la défense de l'intérêt national comme étape nécessaire à un dépassement du cadre européen néolibéral. La dialectique, camarades !

 

Quel est le calendrier politique du PG ?

Si les autres pays ne veulent pas changer le statut de la Banque Centrale Européenne (BCE), alors la France doit modifier les statuts de sa BC pour qu'elle puisse « concourir directement au financement de l’État et/ou à refinancer les banques publiques à taux réduit » (p.171). Cette reprise en main n'implique pas techniquement une sortie de l'euro, même si elle se fait en violation du traité de l'union monétaire.

Mais la riposte technique des eurocrates ne se fera pas attendre, puisque « la BCE peut théoriquement décider de déconnecter le marché monétaire d'un pays rebelle du réseau monétaire de la zone euro, ce qui revient, par exemple, à séparer un marché de l'euro émis en France du marché des euros créés dans le reste de l'Union. Cela équivaut à une exclusion de la zone euro. » (p.171)

La crise politique étant ouverte, et l'amputation du pays rebelle étant juridiquement impossible, « elle contraint à ouvrir des négociations sur le statut de la BCE ». A notre avis, pas du tout : le pourrissement de la situation obligera le pays rebelle à sortir de l'euro. On pourrait penser qu'on arrive alors au même résultat, mais ce n'est pas le cas parce qu'on aura perdu de longs mois, retardant ainsi l'application la plus rapide possible de l'ensemble du projet politique. Or, la réussite immédiate du programme économique dépend aussi de son instantanéité. Autrement dit, on aura augmenté le risque d'échec sans gain en contrepartie.

 

 

Alors pourquoi cette stratégie tarabiscotée qui sous-estime la puissance des intérêts nationaux et la force du blocage idéologique ?

« La stratégie proposée ne fait sens qu'en tant qu'étape susceptible de provoquer le choc nécessaire pour briser la domination du bloc néolibéral au sein de l'Union et de forcer à la renégociation d'un traité instaurant les conditions d'une union monétaire soutenable. » (p.180)

A cela nous répondons d'une part qu'en matière économique, si on veut augmenter ses chances de succès, il est préférable de bâtir un programme sans dépendre du bon vouloir des autres, et d'autre part que c'est plutôt la réussite d'une politique de transformation écologique et sociale dans un pays qui contribuera à disloquer le bloc néolibéral européen.

 

En vérité, ce n'est pas en ignorant les faits et les rapports de force au sein de l'UE, que l'on bâtit un calendrier politique dans le seul but de se différencier d'un adversaire politique, à savoir le FN. Comme l'écrit Jacques Sapir :

« Il faut rappeler ici qu'idées, notions et concepts ne sont pas brevetables. Ils appartiennent à tous et donc à personne. » (p.21)¹

Puisque la sortie de l'euro² est la clé de la réussite du projet économique du PG, l'inscrire dans le programme aux élections aurait été judicieux et payant, car en matière électorale, la cohérence d'un projet paie plus que la différenciation mercatique.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(¹) : Jacques Sapir, Faut-il sortir de l'euro, Seuil janvier 2012, 192 pages, 14,90 €

(²) : on peut sortir de l'euro (monnaie unique) pour entrer dans un autre euro (monnaie commune), mais ce n'est qu'une voie dépendant beaucoup des autres …

 

 

La nouvelle fracture territoriale selon Laurent Davezies

Publié le par Alexandre Anizy

 

Dans les années 80, il était de bon ton de parler de la "France exposée" et de la "France protégée". Grâce à une recherche pointue sur les statistiques, Laurent Davezies remet ça au goût du jour en détaillant une nouvelle fracture territoriale dans un livre : La crise qui vient(Seuil – République des Idées, octobre 2012, 112 pages, 11,80 €)

 

« Quatre France prennent forme sous nos yeux :

  • une France productive, marchande et dynamique, concentrée dans les plus grandes villes, où se forgent les nouveaux atouts de la compétitivité du pays (36 % de la population) ;

  • une France non productive, non marchande et pourtant dynamique, située à l'ouest d'une ligne Cherbourg-Nice, qui vit d'une combinaison de tourisme, de retraites et de salaires publics (44 % de la population) ;

  • une France productive, marchande et en difficulté, composée de bassins industriels déprimés, principalement dans la moitié nord du pays, dont le déclin semble difficile à enrayer (8 % de la population) ;

  • une France non productive, non marchande et en difficulté, située également dans le nord-est du pays et faite de territoires si frappés par le déclin industriel qu'ils dépendent essentiellement des injections de revenus sociaux (12 % de la population). » (p.8)

 

On le voit : la segmentation est beaucoup plus élaborée que celle d'autrefois, et le travail fouillé réserve des surprises quant à la résistance aux crises. Nous remercions l'auteur de ne pas avoir édulcoré, enjolivé les perspectives noires pour certains segments. C'est un ouvrage sérieux que tout homme politique digne de ce titre doit avoir en tête lorsqu'il préconise une politique économique pour le pays.

« L'univers dans lequel nous entrons aujourd'hui a besoin de nouveaux arbitrages publics entre croissance, développement social et cohésion territoriale. » (p.15)

 

 

Pour le constat, l'analyse des statistiques, Laurent Davezies est objectif. Pour les pistes de transformation du paysage socio-économique territorial, ça coince gravement du côté de l'exposé puisque seule la théorie dominante a droit de cité dans la discussion : la preuve en page 79.

« Que ce soit dans l'euro, ce qui exige des ajustements structurels immédiats, ou hors de l'euro, par le biais d'une dévaluation qui favoriserait à court terme les exportations, il faut améliorer la compétitivité du pays et renouer avec des taux de croissance durables. »

Dans le paragraphe suivant, en 8 lignes, l'auteur souligne les difficultés des mesures d'austérité pour atteindre leurs objectifs [pour notre part, nous aurions mis en évidence l'incohérence économique et l'inefficacité sur le terrain – voir les résultats au Portugal, en Espagne, en Grèce …]. Puis il assène son verdict sans discussion :

« Il ne nous reste donc que la voie de l'ajustement structurel aux conditions actuelles de l'économie européenne et mondiale. »

Ce raccourci péremptoire (le "donc"fait sourire) entame l'estime que nous commencions à porter à cet universitaire.

 

 

Il est vrai que dans une collection dirigée par Pierre Rosenvallon, il n'y a pas de place pour l'honnêteté intellectuelle, un luxe qu'il ne s'autorise pas dans son combat idéologique.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

 

L'économiste absent Liêm Hoang-Ngoc et la duperie de Hollande

Publié le par Alexandre Anizy

 

Parlons d'abord du livre de sieur Liêm Hoang-Ngoc, économiste de profession à l'université Paris I, sorti en novembre 2011 : Les théories économiques. Petit manuel hétérodoxe. (éditions La Dispute, 192 pages, 17 €). Comme c'est la promesse d'un manuel hétérodoxe qui nous y amena, disons de suite qu'elle n'est pas tenue. Pour autant, nous considérons que c'est un ouvrage sérieux et utile pour un étudiant de fin de 1er cycle qui voudrait échapper au gavage mainstream ¹,ou simplement pour un homme curieux, parce qu'il balaie plutôt bien le spectre des théories économiques en renvoyant aux sources dans les notes de bas de page. Il n'a que l'inconvénient de son avantage : la brièveté.

 

Tout au long de l'ouvrage, l'auteur présente correctement les théories (le faisant courtement, il réalise parfois un tour de force qu'il convient de saluer), et sans surcharger son propos de critiques systématiques (et pourtant nécessaires, ô combien !).

« En ce début de millénaire, les économistes néoclassiques représentent le courant de pensée dominant. Loin d'être homogène, il est néanmoins unifié par une vision commune des causes du chômage, de l'efficience des marchés, du rôle de la monnaie. Ses auteurs prônent de concert, malgré quelques nuances, une certaine orthodoxie budgétaire. » (p.61)

« La pensée économique dominante contemporaine ne forme pas un ensemble homogène. Elle est composée de courants mettant l'accent chacun sur des hypothèses particulières et ayant chacun leur objet de prédilection. Le débat macroéconomique est certainement le lieu de l'affrontement théorique le plus vif entre auteurs parlant le langage du "mainstream". » (p.99)

En effet, les spectateurs de Ce soir (ou jamais) seraient étonnés si on leur apprenait que, en dernière analyse, un Daniel Cohen pense comme un Pascal Salin.

Ce qui nous importe aujourd'hui, c'est ce que l'économiste Liêm Hoang-Ngoc note à propos des politiques d'austérité :

« Ces politiques de "consolidation budgétaire" [i.e. la réduction de la dette de l’État par une baisse des dépenses publiques afin de diminuer les impôts … ce qui devrait stimuler la dépense privée et par conséquent créer de la croissance ; dans quel délai se déroulerait cette séquence idyllique, cette promesse, cela reste un mystère... NdAA], actuellement à l’œuvre dans l'Union Européenne, font pourtant montre de leur incapacité à réduire les déficits publics et à relancer la croissance. » (p.116)

 

 

Laurent Mauduit est un journaliste sérieux : souvenons-nous de son livre sur Alain Minc, le parangon du CAC 40,

http://www.alexandreanizy.com/article-6418871.html

Dans un article du 17 novembre (Marianne), il feint de découvrir (nous lui accordons ce crédit) la duperie de Hollande :

« (…) progressivement, on comprend que la politique qui se met en place a une cohérence forte, s'inscrivant dans une philosophie économique qui a été à l'évidence mûrement réfléchie. Mais une philosophie qui n'avait pas été affichée pendant la campagne présidentielle. »

De quoi parle-t-il ? De la signature du traité Merkozy tel quel, avec ce ridicule addendum sans valeur juridique relatif à une promesse de croissance, mais qui fixe le cap prioritaire sur les fameux 3 % (qui ne seront pas respectés) ; de l'allègement des charges sociales patronales pour réduire le coût du travail, alors que cette mesure déjà appliquée depuis 20 ans n'a jamais créé d'emplois ; de la TVA sociale qui revient maquillée en rose pour faire peuple ; du pacte de compétitivité dont les 20 Milliards d'euros finiront dans les poches des actionnaires avides …

« (…) il suffit de lire les rapports en faveur du "choc de compétitivité" publiés en janvier par l'Institut de l'entreprise ou en mars par l'Institut Montaigne pour comprendre que le gouvernement a été puisé dans des rapports patronaux pour construire la charpente idéologique de sa réforme. »

Et ce n'est pas fini : des 60 Milliards d'euros d'économie à réaliser en 5 ans par une régression de l’État et de la protection sociale, par une nouvelle organisation territoriale.

Avec, nous vous l'annonçons dès maintenant, en cerise sur le cadeau aux patrons réactionnaires, la casse du code du travail pour flexibiliser le marché du travail, ce qui ne changera rien pour l'armée de réserve qu'on veillera à maintenir à un niveau élevé pour continuer à inoculer le venin de la peur du chômage, mais qui fera jouir de satisfaction l'héritière Parisot qui pourra rejoindre un placard doré.

C'est pourquoi nous vous annonçons aussi que Hollande se soumettra dans l'année qui vient aux nouvelles exigences de Mutti Merkel.

 

Pour notre part, nous n'avons jamais pensé que le culbuto molletiste Hollande pût agir autrement, compte tenu de son histoire personnelle, de sa formation HEC et ENA, de son inspiration idéologique (avoir pour mentor le social-traître Delorsest la garantie d'une soumission aux ploutocrates, avec en prime les pleurnicheries catho...) dès le début de sa carrière professionnelle. Nous sommes donc sans regret puisque :

Le jour du 6 mai dernier,

Nous étions sur l'oreiller :

Voter pour un même bonnet,

Faut être le dernier des niais.

(sur un air de Georges Brassens, évidemment)

 

 

Mais qu'en pense le député européen, le secrétaire national adjoint en charge de l'économie au "Parti socialiste", Liêm Hoang-Ngoc himself ? On ne sait pas. Convaincu en tant qu'expert que les politiques d'austérité en Europe n'ont rien résolu, Liêm Huang-Ngoc ferme sa gueule alors qu'il est sensé défendre les intérêts du peuple : peut-être souffre-t-il de schizophrénie, comme d'autres membres du "Parti radical cassoulet" ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(¹) : expression qui fait florès chez les économistes, et qu'on peut traduire en l'espèce par … théorie dominante.

 

 

 

Ces ignorants qui gouvernent : papy Rocard et benêt Fillon

Publié le par Alexandre Anizy

 

Michel Rocard est un vieux monsieur qui refuse de décrocher : pour continuer à exister dans les médias, il n'hésite pas à prendre des positions iconoclastes, à parler "sans tabou", comme ils disent aujourd'hui. Quitte à dire des conneries.

 

Partisan de l'exploitation du gaz de schiste, papy Rocard a trouvé un argument fracassant grâce à sa mémoire … qui flanche :

«Quand on sait que le gaz de Lacq était extrait par fracturation hydraulique sans dégâts sur place, on s’interroge. »

Ce qui est faux, comme le confirme Nicolas Terraz, directeur général de Total Exploration-Production France, qui gère les puits aquitains :

«Les réservoirs disposent, c’est exact, de réseaux de fractures naturelles. La roche (du calcaire) a dû être stimulée, mais pas par fracturation hydraulique. La technique de l’acidification a été utilisée. Elle permet de faire migrer plus facilement les poches d’hydrocarbures vers le puits. C’est différent de la fracturation hydraulique, où l’injection à haute pression d’un fluide (mélange d’eau, de sable et d’adjuvants chimiques) ouvre dans le schiste des fissures qui peuvent s’étendre sur plusieurs centaines de mètres.» (Monde du 16 novembre) 

 

Ce fut une surprise d'entendre le prudent François Fillon tresser des lauriers à ce drôle de canasson :

«Comme Michel Rocard– décidément un des esprits les plus éclairés du pays – l’a dit : le gaz de Lacq était extrait par fracturation hydraulique et ça ne faisait de peine à personne…» (idem)

 

Quelle leçon peut-on retenir de ces interventions péremptoires ?

Il serait fou de penser que le pouvoir rend ignorant, puisque nous le sommes tous, mais fort sage de ne pas oublier que l'omniscience n'est l'apanage de personne.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Le pape Michel Aglietta, le scribe Herman Van Rompuy, la voie chinoise

Publié le par Alexandre Anizy

 

Alors que le Parlement européen a rejeté la candidature de Yves Mersch au directoire de la BCE pour cause de discrimination sexiste (jusqu'en 2018, 23 mâles gouverneront cette institution grâce à …),

le président du Conseil européen Herman Van Rompuy,

 

« flamingant à visage humain qui cache sous des airs patelins de fermes convictions : [comme] les francophones vivant en Flandre doivent s'intégrer ou partir, et que les droits dont jouit cette minorité linguistique (…) doivent disparaître » (Libération du 20 novembre 2009 : Jean Quatremer, le propagandiste-journaliste de l'eurocratie),

dont la femme Geertui Windels–Van Rompuy

s'associe en politique avec l'indépendantiste flamand Ludo De Becker, ex extrémiste (really ?) du parti xénophobe Vlaams Belang¹,

en bref, un "respectable" adversaire des "valeurs européennes",

 

a lancé discrètement et pendant le week-end de la Toussaint, parce que ces gens-là ont en réalité horreur des Lumières, la procédure écrite dite « du silence » : si aucun État ne s'y oppose avant dimanche soir, Yves Mersch sera automatiquement nommé au directoire.

« Flagrant déni de démocratie européenne » regrette le propagandiste Quatremer, un journaliste soumis aux quatre vents de l'illusion postdémocratique, quand il ne s'agit que d'une routine européenne.

 

 

Quant à Michel Aglietta, le pape de "l'école de la régulation, il ne nous a pas étonné en cornaquant Guo Bai, jeune chercheuse à HEC (quelle horreur hic et nunc !), pour redécouvrir en bon marxien le Mode de Production Chinois (MPC) …

« L’ Empire n'a pas connu de classes sociales, mais une masse de population rurale qui représentait encore, en 1950, 95 % de la population. Comment l’État central se relie-t-il à cette structure sociale sans classe ? Par la formidable invention des Han : des fonctionnaires recrutés au titre de leurs compétences et non de la naissance. » (M. Aglietta, in Humanitédu 2 novembre 2012),

tant il est vrai que les régulationnistesont toujours apprécié la centralité de l’État.

Mais de là à voir dans "la voie chinoise"actuelle autre chose qu'une resucée du vieux MPC, il faut être gentiment bienveillant pour les princes rouges tyranniques, et intellectuellement infecté par l'idéologie néolibérale. En signant cet essai avec Guo Bai, Michel Aglietta doit se croire pertinent et iconoclaste : alors qui dira au pape qu'il est nu ?

 

Ce week-end, un pape marxien et un scribe maquillé libéral ont montré dans les faits et dans les têtes que nous vivons en économie communiste de marché, c'est à dire en route vers la servitude, comme nous l'écrivions déjà le 2 février 2008 dans : L’ Europe à la mode HAYEK est une économie communiste de marché.

http://www.alexandreanizy.com/article-16224090.html

 

 

Alexandre Anizy

 

P-S du jeudi 8 novembre : paradoxalement, c'est l'Espagne seule qui a bloqué le coup du scribe Van Rompuy. 

 

) : pour les élections municipales du 14 octobre 2012 à Rhode–Saint Genèse.

(²) : d'autres nous reconnaissons le prestige, notamment Robert Boyer et Benjamin Coriat.