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L'affaire BOULIN s'en ira à vau-l'eau

Publié le par Alexandre Anizy

28 ans après, la fille du ministre Robert BOULIN, dont nous saluons le courage et la persévérance dans ce combat pour la restauration de l’histoire de son père, demande au procureur général de Paris la réouverture d’une instruction sur le réputé suicide de son père. En effet, de nouveaux témoignages l’auraient confortée dans ses doutes.

Il y a des choses étonnantes dans cette affaire dont la thèse officielle est la noyade volontaire dans 50 cm d’eau après ingestion de valium.

Le 30 octobre 1979, le corps est officiellement découvert par les gendarmes à 8 h 40 en forêt de Rambouillet, alors que Raymond BARRE explique qu’il a été réveillé à 3 h pour apprendre le suicide de Robert BOULIN avec des barbituriques !

Une 2ème autopsie pratiquée en 1983 révèle plusieurs fractures au visage passées sous silence lors de la 1ère autopsie : si on veut maintenir la thèse officielle, il faut accepter l’idée que le suicidé BOULIN s’est méchamment cassé la gueule, avant d’avaler du Valium et de se coucher dans 50 cm d’eau dans une forêt.

Mais que peut-on faire concrètement, dira peut-être un juge d’instruction « très professionnel » et plein de compassion, quand les bocaux contenant les organes de Robert BOULIN ont été détruits, que le flacon du sang de Robert BOULIN a été volé à l’Institut médico-légal ?

Madame Fabienne BOULIN-BURGEAT, si vous obtenez l’ouverture d’une nouvelle instruction, nous craignions que ce ne soit que par décence (le respect dû à votre honorable père) et pour la forme : sans preuve matérielle, un 2ème non-lieu est quasiment certain.

Nous nous souvenons de ce temps-là : du suicide dans une prison allemande sous haute surveillance du dangereux terroriste BAADER (18 octobre 1977), de l’assassinat du député DE BROGLIE (24 décembre 1976), de l’assassinat de l’ancien ministre FONTANET (1 février 1980) …

On vivait une époque formidable, disait le regretté REISER.

Alexandre Anizy

 

La vengeance du pachyderme ALLèGRE

Publié le par Alexandre Anizy

Claude ALLèGRE est un chercheur mondialement reconnu. Il s’est aussi lancé dans la politique, ce qui n’est pas sa meilleure trouvaille.
Lionel JOSPIN, son ami de 30 ans, lui confia le ministère de l’Education Nationale, où la jeune Marie-Ségolène ROYAL devait l’assister. ALLèGRE décida qu’il fallait dégraisser le mammouth : il aurait dû montrer l’exemple.
Beaucoup de ses petits camarades lui en voulurent de mettre les pieds dans le plat. Craignant une insurrection bureaucratique, Lionel JOSPIN vira le pachyderme ALLèGRE, son ami de 30 ans.

Depuis ce jour, Claude ALLèGRE tourne en rond : il écrit des articles dans l’Express qui sont de plus en plus sévères pour ses amis socialistes. Pour finir, il s’opposa à la candidate démocratiquement élue de son parti pour l’élection présidentielle. Pire, il prit langue avec l’adversaire : un maroquin était peut-être en jeu. Puis ce fut une mission que le pachyderme ALLèGRE refusa, dit-il, parce que le gouvernement aurait eu l’outrecuidance d’interférer avec ses préconisations lumineuses.

Samedi 26 mai, Claude ALLèGRE disait encore pis que pendre de François HOLLANDE qui « (…) a accumulé les combines pensant qu’il finirait candidat. (…) HOLLANDE, lui, a préféré s’entourer de magouilleurs incompétents. » Pour ALLèGRE, les gens biens aujourd’hui, les experts, ce sont des types comme Martin HIRSCH, Jacques ATTALI, Bernard KOUCHNER, Denis OLIVENNES : ils sont presque tous au gouvernement, ou bien si proches des gens du pouvoir actuel, qu’on est enclin à se demander s’ils doivent renouveler publiquement leur attachement au PS et aux valeurs « de gauche » comme ils disent.

Vous l’avez compris : le pachyderme ALLèGRE n’a jamais digéré, lui le chercheur mondialement reconnu, d’avoir été largué sans ménagement par son ami JOSPIN et raillé par ses camarades. Cette blessure d’amour-propre a peu à peu empiré : c’est aujourd’hui une plaie béante qui suinte la rancune et le dégoût.

Maintenant le pachyderme ALLèGRE flingue ceux qu’il côtoyait autrefois. Un exemple : « ROYAL n’a pas le talent nécessaire mais une niaque pas possible. (…) ROYAL risque de prendre le leadership de la gauche. Elle va tenter de refaire une sorte de FGDS (parti de MITTERRAND en 1965, c’est nous qui précisons). »

Il déteste tellement les socialistes ; il voudrait tant pouvoir leur nuire, qu’il commence déjà à dresser des lauriers au-dessus de la tête de Bertrand DELANOë, parce qu’il serait le seul, selon ALLèGRE, à résister à ROYAL et donc à pouvoir postuler pour la fonction suprême.

Comme c’est curieux : SARKOZY de NAGY BOCSA a eu des mots gentils (puisque plus que nécessaire) à l’égard du maire de Paris la semaine dernière. Devons-nous rappeler que le pachyderme ALLèGRE a fréquenté le président ces derniers temps ?

Nous l’avons déjà écrit : en politique, l’art consiste à se choisir son adversaire. Pour 2012, les amis des médias de SARKOZY de NAGY BOCSA sauront répéter avec DELANOë (ou un autre) ce qu’ils ont fait avec ROYAL pour 2007. Amoureux de l’art, nous admirerons la montée en puissance de l’oiseau préféré de l’oligarchie.

 
Nous pouvons dire que les agissements récents de Claude ALLèGRE nous paraissent répugnants. Mais comme nous comprenons ses motivations profondes, les turpitudes le rendent simplement humain, trop humain.

Alexandre Anizy

La haine de la démocratie de Jacques RANCIèRE

Publié le par Alexandre Anizy

Par convention, nous débutons notre propos par une anecdote, de celles qui sont sensées captiver les auditeurs avant le discours formaté et donc ennuyeux du manager. Au moment du référendum sur la Constitution européenne, Thierry ARDISSON (un moment d’égarement : nous plaidons coupables) organisa dans son émission « tout le monde en parle » un mini – débat caricatural entre Philippe TESSON le réactionnaire et Jean-François KAHN le moderne. Nous nous souvenons que TESSON affirma que la voix d’un Bernard ARNAULT vaut quand même plus que celle d’un français lambda. Autrement dit, dans notre République où tous les électeurs sont égaux puisque chaque voix ne vaut qu’une voix, d’aucuns comme Philippe TESSON pensent que la voix de quelques uns (comme lui nous supposons) pèsent plus que celles de citoyens ordinaires.

 
Nous tenons à présenter « la haine de la démocratie » de Jacques RANCIèRE, parce que nous considérons qu’il met en évidence la véritable ligne de fracture dans la société française.

Tout d’abord, il convient de parler de la critique de la démocratie avec ses 2 formes historiques : l’art des législateurs aristocrates qui ont voulu composer avec la démocratie en préservant 2 biens, à savoir le gouvernement des meilleurs et la défense de l’ordre propriétaire (la rédaction de la Constitution américaine en est un bon exemple, nous dit RANCIèRE) ; la lutte contre la démocratie formelle est la voie vers la démocratie réelle (Karl MARX). Cette distinction établie, RANCIèRE expose l’objet de son livre : la nouvelle haine de la démocratie. « Aucun d’eux ne réclame une démocratie plus réelle. Tous nous disent au contraire qu’elle ne l’est déjà que trop. (…) c’est du peuple et de ses mœurs qu’ils se plaignent, non des institutions de son pouvoir. » (p.9).

En 1975, dans « the crisis of Democracy », un argument majeur de ces partisans était que la démocratie entraîne le déclin de l’autorité, ce qui aboutit à un rejet des sacrifices requis par l’intérêt commun. « Le bon gouvernement démocratique est celui qui est capable de maîtriser un mal qui s’appelle simplement vie démocratique. (…) ce qui provoque la crise du gouvernement démocratique n’est rien d’autre que l’intensité de la vie démocratique. » (p.13). En conséquence, les experts énoncent le paradoxe démocratique : « (…) la démocratie, comme forme de vie politique et sociale, est le règne de l’excès. Cet excès signifie la ruine du gouvernement démocratique et doit être réprimé par lui. » (p.15).

A l’orée des années 80, le discours antidémocratique trace de la démocratie les traits naguère mis au compte du totalitarisme. Le livre « Penser la Révolution française » de François FURET est important, même si à l’époque on n’avait pas vraiment saisi le double ressort de la thèse : remettre la Terreur au cœur de la révolution démocratique, c’était bien sûr casser l’opposition classique. Totalitarisme et démocratie ne sont pas 2 vrais opposés. La Terreur était consubstantielle au projet de la révolution démocratique : une nécessité inhérente à son essence. Déduire la terreur stalinienne de la terreur jacobine n’était pas franchement neuf.

Mais la critique de la Terreur est à double fond, la première étant que « (…) le péché de la révolution n’est pas son collectivisme, mais au contraire son individualisme » p.20. Autrement dit, la Révolution française a été terroriste pour consacrer les droits des individus. FURET remettait à l’honneur une lecture prédominante au début du XIXème siècle : (…) la Révolution est la conséquence de la pensée des Lumières et de son principe premier, la doctrine protestante élevant le jugement d’individus isolés à la place des structures et des croyances collectives. » (p.21). « (…) toute la dramaturgie révolutionnaire était fondée sur l’ignorance des réalités historiques profondes qui la rendaient possible. (…) La Révolution, dès lors, ne pouvait être que l’illusion de commencer à neuf (…) que l’artifice de la Terreur s’efforçant de donner un corps imaginaire à une société défaite. » (p.21).

FURET faisait référence à Claude LEFORT (« l’invention démocratique » Fayard 1981) mais s’appuyait beaucoup plus encore sur l’œuvre d’Augustin COCHIN (un royaliste de l’Action Française) qui dénonce « les sociétés de pensée (et la démocratie moderne », Paris Copernic 1978) comme étant à l’origine de la Révolution. « Le libéralisme affiché par l’intelligentsia française dans les années 80 est une doctrine à double fond. Derrière la révérence aux Lumières et à la tradition anglo-américaine de la démocratie libérale et des droits de l’individu, on reconnaît la dénonciation très française de la révolution individualiste déchirant le corps social. » (p.22). Ce double ressort de la critique de la Révolution française permet de comprendre l’inversion du discours sur la démocratie après l’effondrement de l’empire soviétique : le concept de totalitarisme n’a plus d’usage. Dès lors, la critique des droits de l’homme reprenait à la manière d’Hannah ARENDT (ils sont une illusion car ils sont les droits de cet homme nu qui est sans droits) ou à la manière marxiste (ils sont les droits des individus égoïstes de la société bourgeoise). « Le tout est de savoir qui sont ces individus égoïstes » (p.23).

« A mesure que le narcissisme croît, la légitimité démocratique l’emporte, fût-ce sous le mode cool » (Gilles LIPOVETSKY, « l’ère du vide », cité p.29) Ainsi était établi que la démocratie était le règne du consommateur narcissique variant ses choix électoraux comme ses plaisirs intimes. Si la société est gouvernée par la seule loi de l’individualité consommatrice, alors c’est la ruine de la politique … et le retour d’ARISTOTE, ARENDT et Léo STRAUSS pour restaurer le sens pur d’une politique délivrée des aberrations du consommateur démocratique.

« Le discours intellectuel dominant rejoint ainsi la pensée des élites censitaires et savantes du XIXème siècle : l’individualité est une bonne chose pour les élites, elle devient un désastre de la civilisation si tous y ont accès. » (P.36)

RANCIèRE revient alors à la question du principe de gouvernement par le truchement d’un retour aux Grecs. « C’est là effectivement que la politique commence (…) quand il invoque une nature qui ne se confonde pas avec la simple relation au père de la tribu ou au père divin. » (p.47)
7 titres sont recensés par l’Athénien pour occuper l’une ou l’autre position (commander ou obéir) dans les cités comme dans les maisons. Le 7ème titre est l’absence de titre, qui est pour l’Athénien le plus juste : le choix du dieu hasard, le tirage au sort. Procédure démocratique par laquelle un peuple d’égaux décide de la distribution des places supérieures ou inférieures. « Là est le trouble le plus profond du signifié par le mot de démocratie. » (p.47)

La démocratie est d’abord un gouvernement anarchique, i.e. fondé sur l’absence de titre à gouverner. Les modernes, nous dit RANCIère, ont trouvé pour la démocratie des principes et des moyens appropriés : la représentation du peuple souverain par ses élus. Ils font semblant d’oublier ces modernes que le tirage au sort était un remède au gouvernement d’une certaine compétence, celle des hommes à prendre le pouvoir par la brigue : le fait de désirer le pouvoir n’est pas une idée naturelle ni pour PLATON ni pour les constituants français ou américains. « Mais PLATON sait parfaitement ce qu’ARISTOTE énonce dans la « Politique » : ceux qu’on appelle les « meilleurs » dans les cités sont simplement les plus riches, et l’aristocratie n’est jamais qu’une oligarchie, soit un gouvernement de la richesse. » (p.51) L’histoire nous montre qu’il existe 2 grands titres à gouverner : l’un qui tient à la filiation humaine ou divine, l’autre au pouvoir de la richesse. « Les sociétés sont habituellement gouvernées par une combinaison de ces 2 puissances (…) » (p.53).

« Le pouvoir des meilleurs ne peut en définitive se légitimer que par le pouvoir des égaux. C’est le paradoxe que rencontre PLATON avec le gouvernement du hasard (…). C’est celui que HOBBES, ROUSSEAU (…) rencontrent à leur tour (…). L’égalité n’est pas une fiction. » (p.55)  « La société inégalitaire ne peut fonctionner que grâce à une multitude de relations égalitaires. C’est cette intrication de l’égalité dans l’inégalité que le scandale démocratique vient manifester pour en faire le fondement même du pouvoir commun » (p.55). C’est pourquoi vous entendez aujourd’hui certaines personnes préférer le mot équité au mot égalité.

« Les sociétés, aujourd’hui comme hier, sont organisées par le jeu des oligarchies. Et il n’y a pas à proprement parler de gouvernement démocratique. » (p.59) 
« (…) la représentation n’a jamais été un système inventé pour pallier l’accroissement des populations. (…) Elle est, de plein droit, une forme oligarchique, une représentation des minorités qui ont titre à s’occuper des affaires communes. (…) La représentation est dans son origine l’exact opposé de la démocratie. Nul ne l’ignore au temps des révolutions américaine et française. » (p.60)

« Il est aussi faux d’identifier démocratie à représentation que de faire de l’une la réfutation de l’autre. » (p.61)

 
On en vient à la question suivante : qu’est-ce qu’un processus démocratique ? « (…) l’action de sujets qui, en travaillant sur l’intervalle des identités, reconfigurent les distributions du privé et du public, de l’universel et du particulier. » (p.69)  « Le processus démocratique est le processus de cette remise en jeu perpétuelle. (…) C’est ce déplacement inhérent à la politique elle-même que refuse l’idéologie dite républicaine. Celle-ci réclame la stricte délimitation des sphères du politique et du social et identifie la république au règne de la loi, indifférente à toutes les particularités. » (p.70)  Exemple : l’idéologie républicaine a posé comme dogme la séparation entre l’instruction (transmission des savoirs) incombant au public et  l’éducation (affaire privée). Les républicains attribuent à l’école publique 2 fonctions : instruire le peuple de ce qui lui est utile et former l’élite capable de s’élever au-dessus de l’utilitarisme. « Le mal absolu, c’est la confusion des milieux. Or la racine de cette confusion tient en un vice qui a 2 noms équivalents, égalitarisme et individualisme » (p.74)  C’est à dire Mai 68, pour être concis.

Mais ces libéraux qui vomissent l’individualisme soixante-huitard ne sont-ils pas de farouches partisans des libertés individuelles ? Que refusent-ils exactement ? « (…) la possibilité que n’importe qui en partage les prérogatives. La dénonciation de l’individualisme démocratique est simplement la haine de l’égalité par laquelle une intelligentsia dominante se confirme qu’elle est bien l’élite qualifiée pour diriger l’aveugle troupeau » (p.76)

N’est ce pas ce que monsieur TESSON nous a montré en un raccourci exceptionnel (car pour une fois le masque de l’hypocrisie était tombé) sous le regard médusé d’un Jean-François KAHN et l’œil amusé d’un Thierry ARDISSON ?

 
Nous vous laissons le soin de découvrir le dernier chapitre intitulé « les raisons d’une haine ». Juste un avant-goût.
« Les maux dont souffrent nos démocraties sont d’abord les maux liés à l’insatiable appétit des oligarques. » (p.81)  « Nos gouvernants se donnent comme tâche essentielle (…) de gérer les effets locaux de la nécessité mondiale sur leur population. (…) Sans doute importe-t-il assez peu, dans la logique consensuelle, que le choix populaire désigne un oligarque de droite ou de gauche. » (p.86)

Quelle est la fin poursuivie par l’oligarchie étatique ? Constituer des espaces interétatiques (OMC, FMI, Commission européenne, etc.) affranchis des servitudes de la légitimité nationale et populaire.  « La nécessité historique inéluctable (les forces de la mondialisation, nous précisons) n’est en fait que la conjonction de 2 nécessités propres, l’une à l’accroissement illimité de la richesse (i.e. le capital, nous précisons), l’autre à l’accroissement du pouvoir oligarchique. » (p.90)

Alexandre Anizy

Faits et gestes (communication non verbale II)

Publié le par Alexandre Anizy

D’abord, le geste du président SARKOZY de NAGY BOCSA pendant son allocution à l’Hôtel de Ville de Paris où il était reçu par le maire Bertrand DELANOË, que nous avons vu sur le petit écran. Que dit le président à cet instant précis ? De mémoire, le message était « (…) je respecte (…) » l’opposition ou bien les adversaires politiques. Mais au moment où il prononce ces mots « je respecte … », son bras gauche main tendue balaie le pupitre pour finir presque à hauteur de l’épaule gauche : le geste qui écarte, qui rejette quelque chose ou quelqu’un. C'est-à-dire quasiment le contraire des paroles prononcées. 

Ensuite comme nous, vous avez remarqué l’omniprésence du président SARKOZY de NAGY BOCSA : le bon peuple de France n’ignore rien de l’emploi du temps présidentiel, y compris les joggings. Surtout les joggings, diront certains. Car sur ce plan le président SARKOZY de NAGY BOCSA est en harmonie : une politique de réformes, donc de mouvements, conçue et orchestrée par un homme en mouvement. L’image du joggeur SARKOZY de NAGY BOCSA dépoussière la fonction (un objectif du message visuel) et ringardise les images statiques des opposants : les Américains ont vu Bill CLINTON jogger pendant des années. La référence du président français ne serait-elle pas plutôt CLINTON que KENNEDY ? En tout cas, les communications des 2 leaders ont été examinées à la loupe pour une bonne adaptation.

De plus, nous mettons aujourd’hui en exergue le comportement séditieux du patron de presse Jean-Marie COLOMBANI (un atavisme peut-être ?) : parce qu’il n’a pas été reconduit dans ses fonctions conformément aux statuts de l’entreprise LE MONDE, ce patron regrette son éviction anti-démocratique et en appelle au Conseil de Surveillance pour sauver son poste ! Mais quand il a pris le pouvoir en 1994, avec prolongation en 2001, COLOMBANI n’avait rien à dire sur les statuts de l’entreprise et surtout, quand il avait le pouvoir, il n’a jamais œuvré pour changer les statuts … qu’il n’apprécie plus aujourd’hui.
COLOMBANI est soutenu dans les journaux par un autre grand patron de presse (et d’autres activités), un collègue et ami (de gauche, paraît-il), avec les mêmes arguments pro – démocratiques et anti-contractuels : M. Claude PERDRIEL ignore-t-il les statuts de ses sociétés (en un mot, le Droit) dans la gestion de ses affaires ? Il est permis d’en douter.

Démocratie, que ne fait-on pas en ton nom ?

Enfin, nous relevons un fait dans le XIIème arrondissement de Paris, où Arno KLARSFELD vient d’être parachuté. Comme personne n’ignore que cet homme a été garde frontière de Tsahal (armée israélienne), il reçoit un bon accueil de la communauté juive de la circonscription où l’UMP risque de perdre le siège, puisque Marie-Ségolène ROYAL y a devancé SARKOZY de NAGY BOCSA de 900 voix.
Réponse immédiate du Parti Socialiste à ce parachutage de dernière minute ? Le suppléant Alexis CORBIèRE était remplacé par Karen TAÏEB, épouse d’un animateur de l’Association pour le bien-être du soldat israélien.

Les actes en disent souvent plus long que les discours.

Nous sommes déjà dans une France de communautés : les partis politiques suivent la pente.

Alexandre Anizy

Patrick BARD comme Jennifer Lopez et Antonio Banderas

Publié le par Alexandre Anizy

Dans les salles obscures des cinémas, le public découvre en ce moment l’univers des maquiladoras à Ciudad Juarez, ville mexicaine à la frontière des USA, dans le film « les oubliées de Juarez » avec Jennifer LOPEZ et Antonio BANDERAS.
Dans un polar signé Patrick BARD dont le titre est « la frontière » (points poche n°1102, mai 2003), il retrouvera ce thème : l’histoire est bien ficelée, mais il est dommage que le style ne soit pas à la hauteur du sujet abordé.

Nous signalons qu’en 2004, Patrick BARD a publié un 2ème polar, « l’attrapeur d’ombres » (points poche n° 1318, mars 2005), qui débute à Sarajevo pendant la guerre récente : histoire de safaris humains organisés, de snipers …

Malheureusement, la structure du polar est trop morcelée, et la fin n’est pas convaincante. 

Alexandre Anizy

ROYAL et HOLLANDE l'offensive continue

Publié le par Alexandre Anizy

Dans l’art d’asphyxier ses opposants, le couple ROYAL – HOLLANDE n’est pas le dernier de la classe. Depuis la défaite royaliste et après une éphémère tentative de croiser le fer avec la responsable de l’échec (i.e. Marie-Ségolène ROYAL) entreprise par Dominique STRAUSS-KAHN, les opposants se sont vite rabattus sur le Premier Secrétaire pour incarner cette non victoire, comme dirait la madone.

De fait, dès le lundi 7 mai, ROYAL gagnait la 1ère manche en ne devenant pas la cible des éléphants. Au Conseil National qui se tenait quelques jours après, elle reprenait la main en proposant une désignation très rapide du candidat socialiste pour 2012 et en précisant qu’il valait mieux que le candidat soit aussi le futur patron du parti.

Une nouvelle initiative du couple royaliste montre que l’étouffement des voix contestataires se poursuit. En effet, François HOLLANDE restait fragilisé par les attaques permanentes des opposants, alors que la campagne électorale bat son plein. Il fallait donc ôter cette épine.

En affirmant qu’il ne comptait pas demander le renouvellement de son mandat de Premier Secrétaire, HOLLANDE vise 2 objectifs : se donner du temps en faisant cesser les attaques personnelles avant le prochain Congrès (novembre 2008) et retirer un argument aux opposants strauss-kahniens en particulier, puisqu’il est ridicule de combattre un Premier Secrétaire qui dit ne plus être sur le futur terrain des manœuvres, comme le dit Stéphane LE FOLL, le directeur de cabinet de François HOLLANDE.

Nous constatons que la courte période suivant la défaite est parfaitement maîtrisée par le couple royaliste.

Alexandre Anizy

Dominique STRAUSS-KAHN et le Rubicon (II)

Publié le par Alexandre Anizy

En admettant que Dominique STRAUSS-KAHN franchisse le Rubicon, il doit préalablement (c’est mieux) choisir entre 2 options. Nous considérons comme acquis le fait qu’il se positionnera au centre, gauche bien entendu : peu importe l’appellation retenue.

Option n° 1

Disposant du nombre suffisant de députés, STRAUSS-KAHN peut créer son groupe parlementaire. Fort de cette tribune nationale, il mène sa stratégie de différenciation par rapport à son ancien parti et à son rival centriste François BAYROU.

Ce scénario est difficile, parce que l’espace politique sera encore réduit, d’une manière ou d’une autre, par le président SARKOZY de NAGY BOCSA. La possibilité d’éliminer BAYROU et la représentante du Parti Socialiste au 1er tour présidentiel est faible mais non nulle.

Option n° 2

La meilleure configuration pour ce scénario est celle où BAYROU n’a pas pu créer son groupe parlementaire pour cause d’effectif insuffisant. Dans ce cas, STRAUSS-KAHN pourrait négocier en position de force son entrée dans le MoDem en apportant ses troupes et ses députés pour constituer le groupe parlementaire.

Si cette option possède un avantage certain par rapport à la précédente, à savoir l’absence d’un concurrent au centre, elle présente un obstacle supplémentaire : il faut éliminer BAYROU dans une compétition interne pour qu’il renonce à être candidat, voire appui STRAUSS-KAHN dans sa campagne. Cette hypothèse de retrait, voire de soutien, est hautement improbable, compte tenu de la personnalité de BAYROU.

Dans ce scénario, l’objectif réaliste serait de prendre le pouvoir dans le MoDem en phagocytant BAYROU, l’obligeant en désespoir de cause soit à se présenter en homme seul soit à la tête d’un groupuscule.

 
Dans tous les cas, le parcours du combattant STRAUSS-KAHN n’est pas sans embûches. Mais à nos yeux, la scission avec ses variantes est la seule voie possible pour être dans l’arène en 2012. 

Alexandre Anizy

Dominique STRAUSS-KAHN et le Rubicon (I)

Publié le par Alexandre Anizy

Le 6mai 2007 à 20 heures, Dominique STRAUSS-KAHN était sur France 2 en direct pour tirer sur le Quartier Général du Parti Socialiste après la défaite royaliste. Il était offensif, ce qui n’est pas courant avec cet « éléphant ». Mais patatras ! Une semaine plus tard, il se plaçait à nouveau dans un schéma défensif, en ayant fait machine arrière à propos du responsable de l’échec électoral.

En effet, pour ne pas déplaire aux militants (ah ! les fameux sondages …), il a positionné François HOLLANDE dans sa ligne de mire et non plus la candidate. Ce changement tactique est-il bien raisonnable ? Non, évidemment. Car qui était le candidat ? Marie-Ségolène ROYAL. Qui a mené politiquement – à défaut de l’avoir dirigée – cette campagne électorale ? Marie-Ségolène ROYAL. Qui donc est le responsable du résultat ? Marie-Ségolène ROYAL. Les subalternes n’ont que des responsabilités secondaires.

Le bon sens a déjà quitté l’équipe de STRAUSS-KAHN le conquistador.

Au Conseil National à la Mutualité, Dominique STRAUSS-KAHN a donc vidé son sac sur un Premier Secrétaire de second plan, quand la madone avait déjà quitté la salle (quelle élégance ! quel respect de ses « petits camarades » !) pour tenir une conférence de presse – trottoir, où elle portait réellement son attaque dans le parti : elle le faisait quand elle le souhaitait et où elle ne risquait aucune contestation immédiate (DSK devrait lire « l’art de la guerre » de SUN-TSE). Sur le chemin de la Dame, on sait être offensif.

Force est de constater que 2 semaines à peine après la défaite, STRAUSS-KAHN en est déjà réduit à commenter les propos de sa rivale qui est bien épaulée par son concubin. Sur l’échiquier socialiste, STRAUSS-KAHN la joue plus KARPOV que FISHER. S’il maintient sa ligne qu’il croit offensive, il arrivera dans 12 ou 18 mois (faisons confiance au concubin et à l’appareil du parti qu’il maîtrise pour bien gérer cette échéance), épuisé par une guerre picrocholine contre des vassaux, tandis que la madone auréolée des sondages et retirée sur son Aventin parviendra quasiment à retrouver une nouvelle virginité politique. La débandade strauss-kahnienne est au bout de cette route : il ne pourra pas prendre le parti pour l’utiliser dans la future bataille présidentielle.

 
Dominique STRAUSS-KAHN peut-il avoir une autre stratégie de conquête élyséenne ? La réponse est oui. Mais elle nécessite une prise de risque.

Si STRAUSS-KAHN n’a pas les clés du Parti Socialiste aujourd’hui, ni même le poids pour imposer une révolution de palais dans le mois à venir, si STRAUSS-KAHN comprend qu’il ne pourra jamais obtenir le pouvoir dans ce Parti Socialiste avec son niveau d’équipement actuel (ressources financières et humaines), il doit alors en tirer la conclusion logique : bâtir un parti à sa disposition pour 2012.

Quand doit-il le créer ? Juste après les élections législatives de juin 2007, une dernière escarmouche brutale contre le Quartier Général lui permettra de rompre en emportant ses troupes. Dans l’art de la scission, STRAUSS-KAHN a un expert (ex trotskiste, c’est pas rien de le dire !) en la personne de Jean-Christophe CAMBADéLIS, qui a déjà compris la décomposition du Parti Socialiste (autre argument prouvant son inutilité pour DSK) en le comparant à un tonneau : « Les planches sont pourries, il ne reste plus que les cercles de fer qui l’entourent. Les cercles représentent les différentes structures du parti (dont les élus), qui ne souhaitent pas de modification mais la défense de leurs intérêts et de leur situation ».

 
Si STRAUSS-KAHN veut être sur le champ de bataille en 2012, avec une armée solide en ordre de marche, il doit, selon nous, emprunter le chemin de la rupture. STRAUSS-KAHN a-t-il les ressources psychologiques pour franchir le Rubicon ? Nous en doutons.

Alexandre Anizy

Bataille idéologique selon Susan GEORGE

Publié le par Alexandre Anizy

En France, avec l’arrivée du président SARKOZY de NAGY BOCSA, on peut dire qu’une bataille idéologique s’est achevée sur une victoire de la droite. Pour Susan GEORGE (voir Libération du 15 mai 2007, page 22), « la mondialisation néolibérale, c’est en dernière analyse la victoire idéologique de ceux que j’appelle les gramsciens de droite parce qu’ils ont compris le concept « d’hégémonie culturelle » forgé par le penseur marxiste Antonio GRAMSCI (…). La classe dominante triomphe lorsqu’elle est arrivée à faire penser les gens comme ils doivent penser. Si l’on arrive à occuper la tête du peuple, nul besoin de coercition : les cœurs, les mains et les votes suivront. »

Aux USA, nous dit Susan GEORGE, bien plus d’un milliard de dollars a été dépensé par des fondations privées pour que la pensée de droite se répande et devienne le « sens commun » des décideurs, des intellectuels, des cadres supérieurs et moyens, des professions libérales, etc.

Dans les années 80, sous l’impulsion de REAGAN et THATCHER, la bataille idéologique faisait rage face à un bloc communiste à la dérive (à titre anecdotique : nous nous souvenons des cours extraordinaires – par la forme - du professeur Alexandre ADLER, qui a bien changé depuis ces temps glorieux). 1989 est l’année de toutes les défaites. Mais il fallait ensuite gagner la bataille des idées pour asseoir pour longtemps l’emprise du capitalisme en mode libéral.

Pour nous, il apparaît clairement que cette guerre idéologique a été remportée parce qu’elle s’appuyait sur des faits objectifs : l’échec concret d’une économie centralement planifiée et l’absence d’une nouvelle doctrine. Néanmoins, la droite a compris que ces 2 conditions favorables n’étaient pas suffisantes pour dominer totalement : il fallait aussi combattre idéologiquement pour assurer politiquement la victoire économique incontestable.

Aujourd’hui en France, même l’opposition ne parle que d’économie de marché (avec sa rustine « sociale » pour faire peuple), d’Europe fédérale ouverte à tous les vents mauvais, de régulation d’une mondialisation incontournable parce que de toute façon bénéfique pour tous. Le bon sens populaire a montré qu’il rejetait cette « pensée - kit », ce qui ne signifiait pas qu’il allait adhérer aux sirènes des démagogues royalistes.

Pour Susan GEORGE, membre du Conseil scientifique d'ATTAC, « il n’y a pas de combat plus urgent que celui de la connaissance, si ce n’est celui de l’unité (…). La connaissance n’est pas un luxe ni le fait d’une quelconque minorité, (…) Plus on la partage, plus elle est féconde, plus elle augmente. Elle est le carburant du mouvement alter mondialiste. ».

Outre qu’il a une certaine connotation « new age » (i.e. une bondieuserie pour bobos inoffensifs), cet outil ou cette arme nous paraît bien dérisoire pour engager une bataille idéologique : où sont les faits, les concepts, la doctrine ?

Alexandre Anizy

Le ghetto français d'Eric MAURIN

Publié le par Alexandre Anizy

Nous tenons à présenter le livre d’Eric MAURIN « le ghetto français » (Seuil octobre 2004, 94 pages, 10,50 €), dont le sous-titre est évocateur : enquête sur le séparatisme social. C’est un remarquable travail d’analyse des données de l’enquête Emploi menée chaque année par l’INSEE, couplée à un travail statistique d’évaluation de la répartition de chaque catégorie sociale de l’enquête et à une comparaison avec une situation théorique de mixité parfaite (i.e. les membres de chaque catégorie sociale étant répartis de manière parfaitement aléatoire sur l’ensemble du territoire).

Le premier constat est simple : la ségrégation urbaine, dont les « quartiers sensibles » ne sont que la partie visible, est le fruit d’un « verrouillage général, durable et silencieux des espaces et des destins sociaux ». Eric MAURIN ajoute : « Les mêmes passions qui poussent à se détourner des « ghettos pauvres » président à la sécession des « ghettos chics » à l’autre bout de la chaîne, et alimentent au passage les dynamiques de cloisonnement qui traversent toute la société. » (p. 7)

La cause profonde de ce séparatisme social est « (…) la précocité et l’irréversibilité des mécanismes d’enfermement des individus dans des destins écrits d’avance ». (p. 8) Ce phénomène est apparu à l’orée des années 80 (l’ère mitterrandienne) et la ghettoïsation a commencé par le haut : « (…) l’œuvre des élites qui mobilisent toutes leurs ressources pour se mettre à l’écart » ; « (…) le degré de concentration des personnes les mieux diplômées est plus intense encore que celui des personnes les mieux rémunérées » (p. 14) ; « Les ghettos les plus fermés sont des ghettos de riches ».

La recherche obstinée de la meilleure école primaire (et suivantes) occasionne une course à l’entre soi que le prix du logement permet de réaliser : « Au fil des recensements généraux de la population, la dérive est sans appel : au fur et à mesure qu’elles gagnent en importance, les classes supérieures repoussent les classes moyennes vers les périphéries (…) » (p. 19). C’est la qualité du voisinage qui prime sur celle de l’immeuble ou de la maison.

Ainsi, les enfants sont placés dans un état d’enfermement social : « Les enfants dont les parents ont fait des études courtes n’ont quasi aucune chance (c’est nous qui soulignons) d’interagir avec des enfants ou des adultes ayant dans leur famille l’expérience d’une scolarité longue » (p. 33) ; « La mixité sociale représente une valeur (…). Pour autant, les comportements résidentiels – y compris et surtout ceux des élites du pays – sont en opposition avec cet objectif. » (p. 39)

Eric MAURIN compare la France à d’autres pays, USA notamment : pour résumer, on peut dire que la France n’a pas de leçon à donner en matière de ségrégation territoriale par exemple. Il esquisse aussi quelques axes impératifs d’une politique de changement. Il affirme par exemple : « Il serait utopique d’espérer désamorcer la concurrence pour les meilleurs lycées en gardant l’enseignement supérieur tel qu’il est, avec des grandes écoles ultra - élitistes, des filières universitaires de relégation, et très peu de passerelles entre les deux. » (p. 87)

Dans ces conditions, peut-on blâmer les parents qui adoptent cette stratégie d’évitement social et qui mènent cette chasse impitoyable aux meilleures écoles, collèges, lycées ? La réponse est non évidemment, si on raisonne dans un cadre strictement individuel, parce qu’ils font des choix rationnels.

En effet, on ne gagne pas contre le marché, même quand le marché est sous l’emprise d’un mouvement déraisonnable. C’est André ORLEANS qui a analysé dans ses travaux le comportement des acteurs sur les marchés financiers, où il est paradoxalement rationnel de suivre « un marché emballé ».

 
La stratégie rationnelle des individus ne peut être contrecarrée que par un changement radical des règles du jeu social, imposé par un Etat légitimé par un vote démocratique, où les valeurs qui régissent la société auraient été clairement débattues.
Encore faut-il que chaque individu croie en la sincérité des autres. Comme en économie, c’est une question de confiance.

Alexandre Anizy

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