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Un avant-goût de Danilo KIS

Publié le par Alexandre Anizy

Avec le récit intitulé « chagrins précoces » (Mille et une nuits, mars 2003, 125 pages, 10 € ; ou bien en Folio Junior), vous aurez un aperçu du talent de Danilo Kis (prononcer Kich).

Prises au hasard, puisque tout est dans tout, voici les deux premières phrases de l’histoire du pré à l’automne :

« Les artistes de cirque, les « athlètes » et les montreurs d’ours sont partis, l’automne touche à sa fin. Là, dans le petit champ, le rebut du Comte, comme on l’appelle, il ne reste plus que les traces de leur passage, le sol tassé et les herbes piétinées. » (p.47)

 

Danilo Kis a sous-titré son ouvrage « pour les enfants et pour les raffinés » : humour et ironie du bonhomme. Il n’empêche que vous retiendrez le style.

 

 

Alexandre Anizy

 

Pour l'inflation et l'hyperimpôt

Publié le par Alexandre Anizy

Pour Mathias Chauchat et Gaël Lagadec, nous serions maintenant au moment d’un choix économique crucial : hyperinflation ou hyper impôt (1) ? Nous regrettons qu’il n’ait pas envisagé la solution « inflation et hyper impôt ».

 

« La sortie de crise paraît bien incertaine. Plus l’économie réelle souffre, plus la Bourse pavoise. C’est simplement le fruit de l’abondance de liquidités des plans de relance. », écrivent-ils au commencement de leur article. C’est un constat indéniable.

Pour eux, la politique monétaire des banques centrales et budgétaire des Etats n’étaient « qu’un réflexe panique, une fuite en avant sans prétention ni d’anticipation ni de réforme ». Là, ils sont sévères, notamment avec le patron de la Fed, Bern Bernanke, économiste réputé qui a longuement étudié la crise des années 30.

 

« C’est une crise nouvelle. (…) C’est une « crise des actifs ». La spéculation autonomise la valeur des actifs : elle crée des bulles. » ;

« L’ajustement des valeurs d’actifs est inévitable et la crise est devant nous. » ;

« (…) la sanction des relances sera fatalement classique : l’hyperinflation ou l’hyper impôt. »

Mais comme l’hyperinflation est une menace pour la démocratie, dans la mesure où les possédants finissent par trouver un politicien à leur botte, il conviendrait de lui opposer « un volontarisme démocratique », qui organiserait notamment la déflation des actifs par l’impôt, soit « une stratégie de sortie de crise et de justice sociale ».

 

Si le diagnostic porté va à l’essentiel, force est de constater que Mathias Chauchat et Gaël Lagadec sont bien imprégnés de la théorie dominante. Si leur choix de l’hyper impôt est politiquement courageux, par les temps libéraux qui courent, leur rejet de l’inflation est un manque dans leur solution économique.

Il faut euthanasier le rentier, disait Keynes : c’est plus vrai que jamais.

 

 

Alexandre Anizy

 

(1) : Libération du 23 novembre 2009

 

L'hypocrisie du noble Olivier Pastré, économiste en Cercle

Publié le par Alexandre Anizy

Le noble Olivier Pastré, économiste en Cercle, vient de commettre un article dans Libération, une nouvelle salve conservatrice car sous la rhétorique gentiment iconoclaste se cachent des propositions calibrées pour que les affaires continuent comme avant.

 

Remarquons tout d’abord que le texte aurait mérité une correction soignée de la part de l’auteur, car en général les économistes visent à restaurer des équilibres fondamentaux et non pas des déséquilibres :

 « Aucun des déséquilibres fondamentaux de l’économie mondiale n’a été restauré. »

Mais peut-être est-ce le vrai désir d’Olivier Pastré, « banquier tunisien », qui s’est insinué ? (1)

 

Allons maintenant à l’essentiel de notre propos, en prenant l’exemple de l’économiste en Cercle, à savoir les normes comptables (IAS) et prudentielles (Bâle II).

« (…) il faut cesser de se vouloir « économiquement correct » et de passer son temps à s’interroger sur le « sexe des anges » réglementaires. »

N’est-ce point radical ?

« Faut-il suspendre les normes comptables (IAS) et prudentielles (Bâle II) ? » « Oui, il le faut à mes yeux. »

Notez qu’il s’agit seulement de suspendre … « si l’on veut se donner la moindre chance de sortir de cette crise à un coût économique et social qui ne soit pas exorbitant (…)».

Car « (…) c’est autant de rentes qui seraient ainsi menacées. »

Nous ne le lui faisons pas dire.

 

Mais alors, pourquoi le noble Olivier Pastré signait-il dans le Figaro du 2 janvier 2009, avec Bertrand Jacquillat, un papier dénonçant « le nouvel intégrisme des fonds propres bancaires » et soutenant la pratique des banques françaises (et continentales) ?

« Depuis que le gouvernement britannique a décidé de recapitaliser « ses » banques (et de porter ainsi le ratio de fonds propres de celles-ci à plus de 10 %) (…). (…) Ce couperet de 10 % apparaît ainsi comme une nouvelle « terre promise », un peu comme le taux de 15 % de rentabilité des fonds propres, quête du Graal des dirigeants d’entreprises il y a encore quelques mois. » ;

« Aussi la nouvelle mystique des 10 % ne nous paraît pas moins dangereuse, d’autant qu’en réalité ce ratio des fonds propres s’étage entre 5,9 % et 13,6 % dans les banques européennes. » ;

 

« Laissons donc les banques d’Europe continentale gérer la crise sans leur imposer un nouveau fardeau inutile. »

Le message de janvier avait le mérite d’être clair, n’est-ce pas ?

 

 

Mais après le tir au canon de janvier, le noble Olivier Pastré choisit maintenant la trêve diplomatique (la suspension des normes) pour le plus grand profit (futur) de ses collègues banquiers : parce qu’il y a des suspensions qui sonnent comme des abandons.

 

 

Alexandre Anizy

 

(1) : Président d’IM Bank

 

Toujours d'actualité le poète Victor HUGO

Publié le par Alexandre Anizy

Puisque dans la collection Omnibus (39 €) viennent de sortir les « Poésies intimes » de Victor Hugo, contenant les Contemplations, les Orientales et l’Art d’être grand-père, faisons ici une confession : nous ne le considérons pas comme le primat. Une récente lecture, complète cette fois-ci, de ses œuvres poétiques a confirmé notre appréciation passée.

Mais quel talent tout de même chez ce forçat de l’écriture !

 

Par exemple, dans « les Contemplations », vous retrouverez vieille chanson du jeune temps, que le chanteur Julos Beaucarne a si bien mis en valeur :

« Je ne songeais pas à Rose ;

Rose au bois vint avec moi ;

Nous parlions de quelque chose,

Mais je ne sais plus de quoi.

 

J’étais froid comme les marbres ;

Je marchais à pas distraits ;

Je parlais des fleurs, des arbres ;

Son œil semblait dire : « Après ? » (…) »

 

De la préface des « Orientales », à propos des critiques, citons ceci :

 

« Examinons comment vous avez travaillé, non sur quoi et pourquoi.

Hors de là, la critique n’a pas de raison à demander, le poète pas de compte à rendre. L’art n’a que faire des lisières, des menottes, des bâillons ;(…) » (Pléiade, tome 1, page 577)

 

 

Alexandre Anizy

 

André BRETON le césar trotskiste

Publié le par Alexandre Anizy

Il est question ici d’évoquer la furieuse manie de cet écrivain pour l’exclusion : rester le maître du courant surréaliste devait être son combat permanent. Au nom d’un purisme qu’il aurait incarné, André Breton adoubait et inéluctablement excommuniait ses religionnaires, comme Léon Trotski, ce stalinien raté.

« L’album Breton » (2008, collection Pléiade chez Gallimard) réalisé par Robert Kopp donne à voir et à lire le récit de cette maladie.

 

André Thirion dans « Révolutionnaires sans Révolution » (Babel, novembre 1999, 899 pages) apporte un excellent témoignage sur la vie du groupe surréaliste sous les ordres de Breton, qu’il juge ainsi : « Toutefois la personnalité dominatrice de Breton, son intransigeance, son goût pour les éclats, son penchant pour les rapports humains faits d’allégeance et de fidélité, une orgueilleuse délectation dans les ruptures (…) étaient peu favorables au développement autonome des forces dont il suscitait ou favorisait l’éclosion. » (p.172)

Cependant Thirion rend au césar Breton ce qui lui appartient : « (…) être amené à quitter le groupe surréaliste pour échapper à une sorte d’étouffement, ensuite que l’invention et la décision appartenait à Breton à peu près sans partage. Aragon accommodait, expliquait, corrigeait, mais la force créatrice c’était la pensée de Breton. » (p.349)  

 

 

Alexandre Anizy

 

Dalia GRYBAUSKAITE un modèle d'eurocrate

Publié le par Alexandre Anizy

Le 17 mai 2009, Dalia Grybauskaite est devenue Présidente de la Lituanie.

Née en 1956 au temps de l’empire soviétique, elle a pu étudier l’économie politique à l’université de Leningrad (diplôme en 1983) puis à l’Académie des sciences de Moscou (docteur ès sciences économiques en 1988). A Vilnius, elle enseigna sa discipline dans une école du Parti communiste … Puis les temps changent : le mur de Berlin tombe en 1989, les Lituaniens votent pour l’indépendance le 9 février 1991 … l’année où Dalia Grybauskaite part aux Etats-Unis pour compléter sa formation à l’université de Georgetown, et peut-être pour oublier un peu son « passé soviétique ».

En 1993, elle est négociatrice pour l’accord de libre-échange avec l’Union Européenne et dès 1994, ministre plénipotentiaire ; elle devient vice-ministre des Finances en 1999, et ministre de 2001 à 2004. En 2004, elle entre dans la Commission Barroso : comment pourrait-elle ne pas s’entendre avec cet ancien maoïste portugais (MRPP) devenu libéral ? 

Elle s’occupe de la réforme du budget de l’Union, avec succès.

 

La Lituanie étant gravement touchée par la crise actuelle, Dalia Grybauskaite en profite pour se présenter en « indépendante » à l’élection présidentielle : avec son bâton de commissaire européenne et son programme paradoxal (transparence dans la vie publique et lutte contre les oligarques : quel culot !), elle gagne au 1er tour avec 69 % des voix. Evidemment, elle sait être démagogue : par exemple en disant n’accepter que 50 % du salaire de président.

 

Si l’avenir de la Lituanie n’est pas forcément radieux, nous sommes sûrs que celui de Dalia Grybauskaite ne connaîtra pas de trou noir : aux moments opportuns, elle peut changer facilement de conviction. C’est pourquoi la Dame de fer lituanienne saurait parfaitement s’incruster dans l’économie communiste de marché qui nous attend peut-être.

 

Alexandre Anizy

 

Libérez Salah HAMOURI le Franco-Palestinien !

Publié le par Alexandre Anizy

Aujourd’hui, 1.707 jours de détention en Israël pour Salah Hamouri le Franco-Palestinien, qui a simplement dit qu’il était contre la colonisation.

 

Grâce à l’intervention du comédien François Cluzet, une brèche s’est ouverte dans le mur du silence médiatique (sur le plateau de France 2).

 

« J’irai chercher n’importe quel Français quoi qu’il ait fait, où qu’il soit », a déclaré naguère le Président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa, alors que Salah Hamouri croupit en taule israélienne depuis déjà 4 ans … Qu’attend-il pour celui-là ?

 

Oh ! bien sûr, Salah Hamouri n’est pas un grand bourgeois, comme l’est la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt … et il ne semble pas avoir fait Sciences-Po avec l’enseignant Dominique Galouzeau de Villepin. Et pis Israël n’est pas la Colombie.

 

Sont-ce des raisons suffisantes pour ne rien entreprendre ou pour baisser les bras ? On aimerait tant vous voir enfin communiquer sur le sujet Hamouri, Monsieur le Président …

 

 

Alexandre Anizy

 

Pour JOSPIN et MOSCOVICI, la politique est une question d'élégance

Publié le par Alexandre Anizy

Etant mis en cause par le Premier Ministre, le « socialiste » Lionel Jospin a cru bon de répondre dans les colonnes du quotidien vespéral :

« Sous ses airs de grand intendant dévoué (…) François Fillon se montre souvent agressif et peu respectueux des faits. (…) en imputant mon échec de 2002 à des « engagements jamais tenus ». C’est inélégant, impertinent et imprudent. »

Qu’il est drôle de lire un homme politique forcément brillant, puisqu’énarque, se plaignant de la rouerie de son adversaire !

A notre avis, en 2002, non seulement Lionel Jospin n’était plus socialiste, puisque son programme ne l’était pas, mais encore il n’était plus un « animal politique » : trop de temps passé sous les ors de la République, à s’accommoder, au nom de l’intérêt national évidemment, des exigences des familles fortunées comme Lagardère pour EADS … (lire http://www.alexandreanizy.com/article-7183428.html )

 

Quant au présomptueux Pierre Moscovici, le ridicule l’aura achevé avant même les « primaires socialistes » :

« A gauche, le mieux habillé, c’est moi. », dit le dandy déplumé.

C’est normal, puisque d’aucuns vous taillent de magnifiques costards !

 

 

Alexandre Anizy

 

Eric RAOULT n'aime pas l'opinion de Marie NDIAYE

Publié le par Alexandre Anizy

L’écrivain français Marie NDIAYE, qui vient de recevoir le prix Goncourt, trouve « cette France (de Sarkozy) monstrueuse », précisant que « Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux ».

 

C’est une opinion qui dérange le député Eric Raoult (UMP) : il a posé une question écrite au ministre de la culture pour connaître « sa position sur ce dossier et ce qu’il compte entreprendre en la matière », puisque cet élu considère que le récipiendaire aurait négligé « le devoir de réserve dû aux lauréats du prix Goncourt ».

Quand le lauréat du prix Renaudot Frédéric Beigbeder se moque des flics et du magistrat qui ont fait leurs boulots face à un consommateur de drogue dure, Eric Raoult à notre connaissance ne trouve rien à écrire ; quand la négresse Marie NDIAYE émet une opinion sur les amis politiques du sieur Eric Raoult, il demande des comptes au ministre …

 

« Petite Marie », qui vit aujourd’hui à Berlin, ne voyez-vous pas que partout dans le monde la tentation de dresser de nouveaux murs est toujours aussi forte ?    

 

 

Alexandre Anizy

 

4. Les tartuffes socialistes : Jean GLAVANY l'hypocrite vigie

Publié le par Alexandre Anizy

Le monde du travail, Jean Glavany ne doit pas connaître : né en 1949 et après de brillantes études en « sociologie et économie urbaines », en sciences économiques et politiques (disons au moins bac + 6), il est déjà embauché comme assistant parlementaire par le Parti Socialiste en 1976. Donc peu de temps pour l’entreprise …

Depuis cette année-là, il est dans la bulle politique.

Mais cela ne l’empêche pas d’être au comité stratégique du Groupe de Vincent Bolloré (un yachtman ami de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa) : son expérience professionnelle des affaires en fait une recrue de choix, c’est évident.

 

Il faut savoir aussi qu’il fut le secrétaire particulier du francisquain Mitterrand à partir de 1979, puis son Chef de cabinet à l’Elysée de 1981 à 1988. Il est forcément devenu membre du conseil d'administration de l'association des amis de l'Institut François-Mitterrand. On lui pardonnera naturellement sa « mitterrandolâtrie » : nul n’est parfait. 

Mais beaucoup moins ce genre de propos :

« Ce n’est pas à des parlementaires de demander la levée du secret-défense, mais à des juges. » (1)

Pour lui, rappelons ici Victor Hugo :

« On ne va point au vrai par une route oblique.

Sois juste ; c’est ainsi qu’on sert la république ;

Le devoir envers elle est l’équité pour tous ; »

Poème Pas de représailles dans « L’année terrible » (Pléiade, Œuvres poétiques tome 3, page 383) ;

Puis ceux-ci :

« Quoi ! rien de vrai ! le scribe a pour appui le reître ;

Toutes les robes, juge et vierge, femme et prêtre,

Mentent ou mentiront ; »

A Guernesey, poème VII, dans « l’Art d’être grand-père » (Pléiade, Œuvres poétiques tome 3, page 584) 

Se réfugier derrière les juges pour mieux taire la vérité, est-ce le dessein de cet élu du peuple ?

Que ce « socialiste » soit pour la République des juges, n’est-ce point étrange ?

 

Alexandre Anizy

 

(1) cité dans le Figaro du 29 octobre 2009, suite à la demande de levée du secret-défense de Charles Pasqua

 

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