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La Grèce sur le chemin de la servitude

Publié le par Alexandre Anizy

 

Les 2 familles qui représentent l'oligarchie par alternance depuis 50 ans environ ayant jeté l'éponge après avoir ruiné le pays – non sans calculs sordides pour leurs avenirs -, la Grèce est désormais aux mains de gens qui se disent avant toutes choses des techniciens, quasiment apolitiques mais ayant admis à leur table des gens de l'extrême droite, chargés d'appliquer les mesures prescrites par le FMI, la BCE et les Chefs d’États de l'Europe Allemande.

 

Parce qu'une politique de restriction budgétaire est une aberration dans une économie exsangue,

« Par quel miracle l'austérité généralisée pourrait-elle soutenir l'activité économique ? C'est évidemment le contraire qui se produit. Quand je vois les demandes faites à l'Italie, à la fois de baisser la dette publique à court terme et de pratiquer une politique de croissance … C'est surréaliste. » Jean-Paul Fitoussi (la Tribune du 21 novembre 2011)

leur feuille de route mènera au désastre.

 

A moins d'un sursaut national sous l'égide d'une tête nouvelle qui parviendrait à contenter le peuple tout en ménageant l'oligarchie dont elle serait issue, la classe dominante n'aura plus d'autres choix que de recourir à l'armée pour sauvegarder ses intérêts : un nouveau cycle de 50 ans s'ouvrirait (10 ans de dictature, puis le retour à la démocratie avec les vieilles badernes des mêmes familles politiques … ).

 

Quand on observe les gouvernements de techniciens que les "marchés"imposent en Europe Allemande (notamment l'Italie), la future refonte des Traités qui placeront les États sous la coupe d'eurocrates non élus (la "nouvelle Constitution"n'étant surtout pas validée par un référendum populaire, mais par des parlementaires issus et/ou représentant l'oligarchie), on comprend que l'Europe Allemande est sur le chemin de la servitude, comme nous l'évoquions déjà les 1 et 2 février 2008.

http://www.alexandreanizy.com/article-16193103.html

http://www.alexandreanizy.com/article-16224090.html

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Grèce : avoir raison depuis le début de la crise

Publié le par Alexandre Anizy

 

Qui est vraiment sérieux depuis le début de la crise de la mondialisation ? Les experts qui glosaient sur la crise financière, les résolutions des G20, les plans de sauvetage à répétition … ou bien ceux qui comme nous dénonçaient notamment l'erreur fondamentale de la construction européenne néolibérale.

Relisons nos articles, et particulièrement celui du 2 mai 2010 :

http://www.alexandreanizy.com/article-une-autre-solution-pour-la-grece-suspendre-le-paiement-de-la-dette-publique-sortir-de-l-euro-relocaliser-le-financement-de-l-etat-49647294.html

 

 

Et maintenant, que disent les experts qui n'ont rien prévu depuis 2006, et les décideurs qui n'ont rien compris depuis 20 ans ?

Commençons par Valéry Giscard d'Estaing.

« La décision de faire participer la Grèce à la monnaie unique était une grave erreur. » (Monde du 17 novembre 2011)

Pourquoi le dire seulement aujourd'hui ?

« Retourner à la drachme, c'est faisable, même si c'est sans doute difficile à réaliser. » (idem)

Alors qu'on serine aux oreilles des Européens depuis de longs mois, que ce serait une catastrophe pour l'Union Européenne …

 

Poursuivons avec Martin Wolf, journaliste imprégné de la théorie dominante.

« Sur le long terme, la 4ème et dernière option de M. Roubini paraît la plus probable : soit l'ensemble de la zone euro s'ajuste, soit elle éclate. » (Monde du 15 novembre 2011)

L’Allemagne veut mettre l'Europe au régime drastique, surtout ses partenaires, oubliant (vraiment ?) que c'est « la brutale austérité des années 1930-1932 qui amena Adolf Hitler au pouvoir » (idem).

« Une telle approche contrôlée [le scénario décrit par Wolf n'est pas irréaliste. NDAA] de la réintroduction d'une nouvelle drachme serait la solution la moins coûteuse. Mais elle susciterait la contagion. » (ibidem)

 

Terminons avec le conseil de Paul Krugman (prix Nobel d'économie) à la Grèce : imiter l'exemple argentin de 2001.

 

Qu'a fait l'Argentine ? Défaut sur sa dette publique en 2001, dévaluation du peso. Et retrait des demandes de prêts au FMI (qui n'en revenait pas !). Conséquence : chute de 11 % du PIB en 2002 … puis le pays est sorti peu à peu de l'enfer pour connaître 8 années de croissance à plus de 8 % par an (sauf en 2008 et 2009 – 6,8 % et 0,9 %), il a renégocié sa dette (décote de 75 %) et remboursé d'un coup en 2006 les 10 Milliards de dollars qu'il devait au FMI.

 

 

Mais les décideurs persistent dans l'erreur : la Grèce aux mains d'eurocrates fanatiques va s'enfoncer dans l'horreur économique, voire politique.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Les Verts minent la Politique

Publié le par Alexandre Anizy

 

En politique, les partis écologistes ne sont que les véhicules momentanés des politiciens opportunistes (on peut réécouter la chanson de Jacques Dutronc) : pour la France, citons les cas de Christophe Girard et d'Aurélie Filippetti (cf. les notes sur ces 2 zozos). Sous la houlette de la fluctuante Cécile Duflot, les Verts viennent de signer un accord électoral avec le PS pour les législatives 2012, qui est un bon exemple de la bassesse politicienne.

 

En effet, on peut résumer ainsi ce pacte : nous oublions nos exigences sur l'arrêt du nucléaire contre un certain nombre de circonscriptions réservées nous assurant la probable constitution d'un Groupe de députés Verts à l'Assemblée nationale en 2012.

Ce qui n'est pas assez dit dans les médias : le parti de Duflot coulant financièrement à pic (au bord de la faillite, selon leur trésorière Éva Sas), il devait impérativement vendre ses convictions contre des parts de marché (i.e. un minimum de 1,5 millions de voix aux législatives de 2012, sachant qu'une voix rapporte 1,70 € de l'État), selon Marianne, l'hebdomadaire moraliste qui emploie un directeur tricheur, le dénommé Macé-Scaron (cf. note sur le plagiaire).

 

Le comportement vénal du parti des Verts mine la politique, puisqu'il confirme l'absence d'éthique chez des prétendants aux fonctions électives.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

Avec Goran Petrović qui s'égare

Publié le par Alexandre Anizy

 

Incontestablement, comme on peut le remarquer avec son cinéroman « sous un ciel qui s'écaille » (les allusifs 2010, 192 pages, 16 €), l'écrivain serbe Goran Petrovića un ton personnel, une manière d'écrire les choses où l'humour, l'ironie, la bouffonnerie font bon ménage.

 

Citons pour exemple le titre d'un chapitre :

« Même au paradis, les gens colleraient partout leurs chewing-gums » (p.27)

Et plus longuement :

« Soit dit en passant, le camarade Avramovitch levait aussi sans raison la main droite en d'autres situations : lors d'une promenade en ville ou dans un jardin public, au marché, pendant qu'il lisait son journal, regardait la télévision, se tenait assis sur son balcon, flemmardait allongé sur son lit matrimonial, et il l'a même levée à l'église de la Trinité, le jour où il a fini par s'y rendre, quand sa femme, après l'avoir harcelé pendant des semaines, a réussi à le décider d'aller assister au baptême de l'enfant d'un proche parent. Avramovitch n'a cédé que pour préserver la paix du ménage, cette cellule fondamentale de la société. Il s'est habillé avec soin, a garni la poche de poitrine de son veston de ses neuf stylo-billes. » (p.46)

 

Pour autant, Goran Petrović a-t-il un style, i.e. une vision du monde ou plus modestement de l'existence humaine ? Non. Du moins dans son cinéroman, où il enquille les personnages sans leur donner une véritable consistance.

C'est pourquoi au fil des pages de cette galerie de portraits, l'intérêt du lecteur s'étiole comme la poiscaille qui s'écaille.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Le talent de Vladimir Pištalo

Publié le par Alexandre Anizy

 

Ceux qui penseraient que le peuple serbe suivait unanimement la chienlit nationaliste à la fin du siècle dernier devraient lire sans tarder « Millénaire à Belgrade » (Phébus, septembre 2008, 274 pages, 20,90 €), le bon roman de Vladimir Pištalo.

 

En racontant l'éparpillement inéluctable d'un groupe de Belgradois, l'auteur dévoile les déchirements d'une jeunesse perdue dans ce qui fut un naufrage : tel un radeau sans gouvernail, la Yougoslavie filait de cascade en cascade …

 

Le projet romanesque est servi par une écriture ciselée :

« Après la guerre, lorsqu'il fit un tour dans Belgrade, Bané Yanovitch eut l'impression d'une ville irréelle. Celui qui rentrait de la guerre s'étonnait de voir que les gens étaient capables de confondre ce mirage civil avec la vie. Après la boue de Slavonie, Belgrade paraissait d'une beauté envoûtante. » (p.112)

 

Bien que Vladimir Pištalo possède un style, il n'est pas parvenu à livrer une fin de roman satisfaisante. Mais ce n'est qu'un bémol pour ce texte de qualité.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

 

 

 

Les enfants gâtés de Philippe Hériat (Goncourt 1939)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Philippe Hériat, pseudonyme de Georges Raymond Payelle (famille de fonctionnaires et magistrats) né en 1898, débute sa carrière dans le cinéma avant de publier son premier roman en 1931 (prix Renaudot). Son roman « les enfants gâtés » (Gallimard, 289 pages), tome 2 d'une saga, est primé par le prix Goncourt en 1939.

 

Dans ce livre, Hériat raconte l'émancipation d'Agnès Boussardel par rapport à sa famille bourgeoise obnubilée par la défense et l'accroissement de son patrimoine. L'ouvrage est bien structuré, et l'écriture soignée. Cependant, le style est ampoulé à force de préciser les détails anodins, d'expliquer les arrière-pensées des personnages au milieu des scènes … Le rythme est ralenti sans contrepartie esthétique. Dommage.

 

« Notre vie n'est faite que de cela. De ce chevauchement alterné ; de cette imbrication, parmi nos sensations neuves, de nos sensations antérieures et de la notion qui nous en vient d'un coup. Nous imitons ces architectes italiens de la Renaissance qui incorporaient à leurs constructions nouvelles les pierres des anciens Colisées. » (p.59)

 

Définissons le style de Philippe Hériat : une sorte de Bernard Clavel empêtré parfois dans un essai vaguement proustien de psychologie.

Évidemment, il souffre de la comparaison des deux côtés.

 

Un détour chez Hériat est tout de même possible pour les amateurs.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Post-scriptum :

n'est-il pas curieux d'attribuer le Goncourt 1939 à un livre décrivant les mœurs de la grande bourgeoisie, avec un titre équivoque puisqu'il atténue la force de la critique morale portée par l'héroïne ?

 

 

 

La petite leçon de Claude Arnaud

Publié le par Alexandre Anizy

 

Dans « Qu'as-tu fait de tes frères ? » (Grasset, juin 2011, 374 pages), Claude Arnaud romance sa vie tourbillonnante, qui va de Lutte Ouvrière puis de la Gauche Prolétarienne aux back rooms parisiens, en passant par une Université dont nous chérissons le projet initial.

 

A force de voir tomber les noms, on se dit qu'il en fait trop.

 

La leçon ? Le héros se voit comme une succession de personnages et de masques, qu'il ne renie pas, considérant que chacun l'a aidé à devenir ce qu'il est. Interesting, isn't it ?

Comme ce roman n'en est pas vraiment un, on se dit que le petit Claude a encore feinté pour se dissimuler dans cette histoire narcissique.

 

 

Alexandre Anizy

 

La propriété de Carole Martinez

Publié le par Alexandre Anizy

 

Avec « du domaine des Murmures » (Gallimard, juin 2011, bouquinel), Carole Martinez nous gratifie d'une histoire merveilleuse, i.e. pleine de bizarreries des temps anciens. Elle a peaufiné son expression de sorte que le lecteur baigne dans les eaux troubles des croyances médiévales.

Sommes-nous pour autant ébahis par l'ouvrage ? Que nenni !

 

Carole Martinez est en train de s'enfermer dans une tour d'écriture, d'où elle n'émettra périodiquement qu'un produit réservé à un public de jouvencelles, attardées ou non. Dommage.

 

 

Alexandre Anizy