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Rezvani en échec

Publié le par Alexandre Anizy

Rezvani est un artiste complet : il sait tout faire.

Cependant, nous déchantâmes à la lecture de son roman « fous d’échecs » (Acte Sud, 1997, 271pages, 128 FRF).

 

Si on comprenait la raison de cette construction romanesque, le style rebutait.

Alors dans ce cas, sans hésitation, on ferme le livre à mi-parcours.

Le temps nous est compté. Comme à tous.

 

 

Alexandre Anizy

 

L'intranquillité lexicale de Philippe Lefait

Publié le par Alexandre Anizy

 

En répondant favorablement à une "commande" d'un éditeur, Philippe Lefait nous a gratifié d'un « petit lexique intranquille de la télévision » (stock, avril 2011, bouquinel de 159 pages, 13,99 €) qui permet aux spectateurs innocents de découvrir les questions de médias à travers les interrogations subjectives d'un professionnel, qui essaie d'

« obtenir une parole qui ne soit pas celle que distillent dans la tournée des plateaux télévisés ces invités récurrents que vendent les services de presse est le désir de tout journaliste. » (P.L, page 70).

Le monde médiatique est en pleine mutation, mais l'auteur ne fantasme pas sur la plus-value démocratique des contributions citoyennes :

« Certains sujets nécessiteront toujours du temps, un savoir, une compétence, une expertise pour un nouveau journal, sur écran ou sur papier, recentré sur l'essentiel : une possibilité citoyenne de penser le monde. » (PL, p.127-128)

 

Malgré l'usure du temps, Philippe Lefait a gardé ses fureurs :

« elles sont intactes depuis trois décennies, font du bien et posent à l'infini la question de ce métier confronté au dévoiement de l'esprit public et au spectre facile de la république bananière. »

Nous lui en sommes gré.

 

Un journaliste-animateur, même du Nord – Pas de Calais, qui cite l'ardennais André Dhôtel ne peut pas être mauvais, nous n'en démordrons pas !

Que Philippe Lefait court pour bien nous entretenir.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

"à rebours" de Joris-Karl Huysmans

Publié le par Alexandre Anizy

 

Lire Huysmans est un plaisir qu'un lecteur raffiné doit connaître sous peine de passer pour un rustre, car personne n'oserait reprendre le flambeau d'une prose alanguie et daubeuse :

« Il est juste d'ajouter que si son admiration pour Virgile était des plus modérées et que si son attirance pour les claires éjections d'Ovide était des plus discrètes et des plus sourdes, son dégoût pour les grâces éléphantines d'Horace, pour le babillage de ce désespérant pataud qui minaude avec des gaudrioles plâtrées de vieux clown, était sans borne. » (« à rebours », Joris-Karl Huysmans, édité en 1884, bouquinel gratuit sur Feedbooks, page 30)

 

Mais qui se soucie encore de ratiociner sur les mérites des Anciens ? Qui s'intéresse aux activités d'un oisif décadent comme l'est Des Esseintes, l’antihéros de ce livre culte, qui méprise l'humanité :

« En même temps, il aperçut les libres penseurs, les doctrinaires de la bourgeoisie, des gens qui réclamaient toutes les libertés pour étrangler les opinions des autres, d'avides et d'éhontés puritains, qu'il estima, comme éducation, inférieurs au cordonnier du coin. » (à rebours, idem, p.9)

Se délecter de la prose ciselée de Huysmans dans « à rebours » est une parenthèse dans nos vies encombrées de futilités et d'obligations factices.

 

Être à rebours s'imposait aujourd'hui pour marquer cette millième note.

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Bernhard Schlink et l'élite allemande décomplexée

Publié le par Alexandre Anizy

 

En lisant « la circoncision » de Bernhard Schlink (Folio, septembre 2009, 85 pages), nous étions consternés par la banalité du thème et des propos : l'amour et ses difficultés entre un Allemand thésard à New York et une Américaine de confession juive dont la famille a connu l'enfer des camps.

 

Une fois le livre refermé, quelle en est l'écume ? En opposition au geste d'amour de l'Allemand, son énervement quand le passé infâme est évoqué.

En le publiant en 2003, Bernhard Schlink ne se plaçait-il pas dans la tendance politique de l'élite allemande décomplexée qui s'émancipe du passé nazi, puisque le temps aurait déjà fait son œuvre et que l'Allemagne aurait donné suffisamment de gages ? Sur ce sujet, n'est-il pas dans la ligne du philosophe Peter Sloterdijk ?

 

 

Alexandre Anizy

 

L'album du Graal dans la Pléiade

Publié le par Alexandre Anizy

Ceux qui ont la possibilité d’acquérir ou la chance de lire les albums « cadeaux » de la collection Pléiade, savent le soin apporté pour offrir un livre de qualité.

En 2009, « l’album du Graal » n’a pas failli à la tradition : richesse de l’iconographie, expertise du commentateur Philippe Walter.

 

Pour notre part, nous fûmes surpris en apprenant que la présence du graal ne serait pas l’apanage de l’abbaye de Glastonbury : « D’autres centres sur le continent ont pu relayer le mythe et l’attacher à d’autres sites significatifs. » (p.150) Notamment à Corbény, au sud-est de Laon. (Rappelons que le château du graal se nomme Corbénic).

« Le graal participerait ainsi de plusieurs propagandes royales antagonistes : celle des Plantagenêts en Grande-Bretagne et celle des Capétiens en France. » (p.150)

 

 

Alexandre Anizy