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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 07:45

Les deux mois qui viennent de s’écouler ont montré l’impuissance totale des marchés devant l’hécatombe financière qui serait advenue sans l’intervention des Etats, dont le réarmement politique vient d’être déclenché.

Contrairement à New York et Washington, Bruxelles (la Commission européenne) a dévoilé sa sécheresse intellectuelle en étant incapable d’émettre des propositions concrètes pour faire face au séisme : l’idéologie libérale paralyse les cerveaux des commissaires et de leurs collaborateurs.

 

Mais ils ne sont pas les seuls attardés, malheureusement.

Ainsi, prenons le cas de Jean PEYRELEVADE : il continue de penser que la France a un problème avec la compétitivité de ses entreprises, ce qui nuit à son développement économique, et que par conséquent il convient de mener une politique d’offre, que nous schématisons par la poursuite de l’étranglement salarial et des cadeaux fiscaux et sociaux octroyés aux firmes, pour que la production française augmente. Or le polytechnicien brillant (un pléonasme ?) PEYRELEVADE oublie qu’il n’y a plus de demande pour cette production complémentaire puisque les 3 principaux marchés d’exportation de la France sont en récession depuis décembre 2007.

Même son diagnostic est réfutable. Dans les années 80, le parti mitterrandien au pouvoir, après avoir respecté son obligation morale de relance économique en 1981, a mené une politique de restructuration massive grâce aux nationalisations puis a initié la politique du « franc fort » en l’attachant fermement à un mark surévalué dans les années 90 : depuis des années, les statistiques internationales ne cessent de placer la France comme une des toutes premières destinations des investissements étrangers dans le monde et le travail français comme l’un des plus productifs.

Pour ces raisons, nous disons que Jean PEYRELEVADE se trompe simplement de médecine ou bien qu’il poursuit un autre objectif économique que la santé générale de la France.  

 

Maintenant, la corde de l’endettement (lire notre note du 27 octobre 2008 « La fin du capitalisme selon Immanuel WALLERSTEIN ») est cassée. Il faut par conséquent modifier la répartition de la valeur ajoutée.

La question salariale redevient centrale.  

 

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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