Pourquoi la Russie ne doit rien payer à GML

Publié le par Alexandre Anizy

            Il y a environ 30 ans, l'Empire soviétique s'écroulait. Il finissait dans les mains d'un ivrogne, Boris Eltsine, qui livrait pour une poignée de kopecks les actifs socialistes aux vautours de toutes espèces, en n'oubliant pas de remplir ses poches suisses.

            Vous faisant grâce des péripéties de la pseudo économie de marché, on résume la situation actuelle en rappelant que GML n'est que le fruit avarié d'un braquage fondateur.

 

            Considérant qu'ils ont été volés par les propriétaires actuels de l'ex empire pétrolier Ioukos (qui était le principal actif de GML), de nouveaux prédateurs forcément utilitaristes qui ont "l'intelligence" de respecter les intérêts de la pas toujours Sainte Russie, les actionnaires de GML ont engagé une procédure devant la Cour d'arbitrage de La Haye pour réclamer une indemnisation de 100 milliards de dollars.

            La décision de la Cour est prévue lundi 28 juillet.

 

            Cette affaire GML est symptomatique du devenir de l'économie mondialisée, car des jugements privés ont déjà obligé des autorités publiques à des dédommagements. Et si l'indécent Traité Transatlantique voit le jour, il entérinera cette pratique juridique qui veut que le droit ne dépende plus du politique (Carl Schmitt doit en souffrir dans sa tombe, mais pas les ordo-libéraux allemands qui règnent sur l'Europe). Mais avec cette affaire GML, il est possible que nous franchissions un nouveau seuil : la morale s'incline devant le droit.

 

            Car selon nous, l'affaire GML est l'illustration d'une déclinaison de l'arroseur arrosé et de l'adage chanté par Georges Brassens :

« (...) prends garde aux recéleurs,

qui dit que ces gens-là sont pis que les voleurs »

            (Stances à un cambrioleur)

 

            C'est pourquoi en bonne morale le peuple russe n'a rien à payer à ces gredins.

 

 

Alexandre Anizy